INTRODUCTION
Les Égyptiens embaumaieDt leurs morts ^ et les procédés qu'ils employaient étaient assez parfaits pour en assurer la conservation indéfinie : yoilà un fait dont les pyramides , les caveaux et toutes les sépultures de l'Egypte nous ofiï*ent des preuves irrécusables. Mais qùeUes furent la cause et l'origine de cette coutume? Nous n'avons, pour répondre à cette question^ que des hypothèses et des conjectures. En l'absence de documents de qudque valeur, chacun a expliqué selon la tournure de son esprit , ou la nature de ses études , un usage dont le point de départ se perd dans la nuit des temps. tJn ancien nous dit que les Égyptiens prenaient ce soin de la conservation des corps , parce qu'ils croyaient que l'âmé restait dans le corps tant qu*il subsistait. — ^Cassien, d'autre part ^ prétend qu'on avait inventé cette méthode parce qu'on ne pouvait enterrer les morts tout le temps de l'inondation. Hérodote, dans son troisième livre, observe que l'embaumement avait pour
objet de soustraire les cadavres à la yoracité des animaux : Ils ne les enterraient pas, dit-il ^ de peur qu'ils ne fussent mangés des versj et ils ne les brûlaient pas , parce qu'ils considéraient le feu comme une bête féroce qui dévore tout ce qu'il peut saisir. — La piété filiale et le respect pour les morts sont, selon Diodorè de Sldte^ fei sentiments qui inspirèrent aox Egyptiens l'idée d*em«* iM^umer les corpSi -^ De Maillet , dans sa vo* let^ tre sur l'Egypte, rapporte seulement les tâoUAt religieux de l'origine des embaumements : t Les prêtres et les sages de l'Egypte ensei^àreni à leurs concitoyens qu'après un certain nombre do siècles, qu'ils faisaient monter à tï^nte ou qna<^ rante mille ans, et auquel ils fixaient l'époque de la grande réyolution où l'univers devait se re^ trouver au point où il avait commencé à sa nais^ sance, leurs âmes retourneraient dans les mêm^s corps qu'dles avaient d'abord habités. M ais^ pour arriver, après la mort, à cette résurreoticin mn-* ]iaitée,deux chosesétaient absolumentuécessairesi la première, que les corps fussent soigneusement préservés de la comq)tion et assez bien ccmservéi pour que les âmes pussent y habiter de nouveau; la seconde, que des pâûtencec^ subies penAmt ee long ej^ce d'aiMiées, que de nmbtem^^cMûÈé
(3) fimdéB par les morta # 0u offarts à leur toteblkm pAr teon piMMi «t teitfi anâs» ejtpiasmit le» âmtoi qu'eu» Miraient tiommiieli im$ te tempe â6 lëW prraiMrtt llabitatioQ sur Ift terrea A oee eoflditiiEms^ eucteiiieiit obsëryéet, ces àflieiSi sépà^ véee de leurs corl»* deYeieot y rentrei? à TanlTée de Dette gràtide réyolntion qu'ils attândmënti isû douteidr de tout ce qui s'était passé pendit le temps du preUiier séjomP , et les rendre immortèli cmome ëflôMuâmês. EUeé avaient encore te priVi« lége de éommuniquer te mâqie' bonheur auk ani» maux qu'eUes ataient ehéris, pourvu que teUrs cmrpri^ renfiarmés dans te même tombeau^ s'y fus^ amit égalmnènt conservée. G'ëst en vertu de cette croyance que Fou trouve taUt d'oiseatiK» de chats et d'autres animaux embaumés presque avec autant de soin que les corps mêmes qui ; avaient été depûsési TeUe était l'idée du bon-» heurparftdt dont ils espàraient jouir flans cette Uouveite vie. Dans l'attente de cette résurrectteui. les àm» habitaient cependant les aû*s les plus voi-» sins des draieures où reposaient lest corps qu'elles avalât animés. -^ Mais la superstition seule n'a pas dû engager les hommes à garfantir de la des«^ tructâoïi là dépouffle mortélte des personnes qu'ils avaient ch^i» vivantes. J'aime Mes mietix cher*
cher la source de cet usage dans le SNitiment qui snrrit aux objets endevés à notre affection par lé trépas. Puisque la mort moissonne indistinctement les humains^ qu'elle ne respecte ni Tamour ni Fami* tié , puisque les liens les plus chers et les plus sacrés sont impitoyablement brisés par elle 5 n'estil pas dans la nature des cœurs sensibles de chercher en quelque sorte à éluder une séparation douloureuse p en consenrant les restes des personnes qu'ils aimèrent et dont ils furent aimés? L'amour, là tendresse et l'amitié ne finissent pas ayec les objets qui les ont fait naître ; elles leur survivent, elles les suivent jusque dans le tombeau et ne cessent qu'avec nous. » (Bory-de-Saint-Yincent, Essais sur Us tles Fortunées. Embaumements des Guanches.) ^— Le même auteur ajoute : c L'usage de conserver les corps morts, qui ne fut national -que chez les Égyptiens et Guancbes , c'est-à-dire , chçz les hommes les moins instruits et chez la nation la plus savante, est 9 comme nous l'avons dit plus haut, la preuve d'une sensibilité profonde chez les nations dans lesquelles il se généralisa. Sans doute une police éclairée ne contribua pas peu à l'introduire, à l'étendre et à l'affermir : il prouve un gouvernement intelligent et plein de sollicitude pour le bcMiheur des sujets» »
^ L'opinion de Yolney, reproduite et admise par M. Pariset dans son Mémoire sur les causes de la peste, a beaucoup de rapports avec celle qui précède. « Dans une popidation nombreuse , sous un cliinat ardent et sur un sol profondément humecté pendant quelques mois chaque année , la rapide putréfaction des cadavres est un levain de peste et. de .maladies. Frappée de ces fléaux mem> tri^rs, rÉgypte a travaillé de bonne heure à les détruire; et de là sont venus, d*un côté, Tusage d'inhumer les corps loin de la terre habitée ; et de Fautre , Fart si is^nieux et si simple de prévenir la putréfaction par Tembaumem^t : seconde pré^ rantion, phis importante, plus eflicace, dont la prenûke ne dispensait pas , et qui , supposant des essais, des tâtonnements, des expériences, n*a pu «e présenter que la dernière : art peu diq^en** dieux, d'une implicite, d'une facilité qui en rendit sur-le-champ l'application populaire , générale et probablement uniforme pour tous^les cadteivre& La recherche et le luxe vinrent plus tard. »
Les sentiments auxquels les auteurs cités rapportent l'origine des embaumements chez les Égyptiens existent tous , et dans l'homme isolé , et dans les associations humaines. Tel individu a pu fah:^ emjKtumçr le§ corp? de ses parents ou
pip de* oMrtifi d'égeisoio, d'Intérêt periWQ^s M astvf , par 4» metUidfraidttbrité» d'wtérèt «ih miB( tel jHitra enin a rCQU do ioo cffur» ^ IM nnHweiita dheteeig Ifi mÎMîoii laintQ dQ«(»MN ver Jssrastai dn penowiea qui lu fiuwt ebtaM, Mak anoun de cet mobdei n'a le cirswtèrB dagé* ■éraUté, de peifiétuité qui ocHnacra iui.«iag« et I9 md populaire ; le gouvemement a dmo ^iiM^ ffolr pçuF hii doontr la forcie de la loi*
I/C9 anâneots «(dilet d^eoUep. d« Nipwt»
ia «én^tion fiimnt sau» dtatt la vriPdiâ» «t font «ann prairre qu'ils nmirèrHit l'art limnNf iee eMbaonemwti, fi qii'tla loMit MrtQiit terfrr quét par |«a légUditmiiïk i« ualwe é'tillMn* iwr •e sot farAiant, donnaridéa praniàra Ae m modfrdt «Nipervatk^i pour lea roatea de IMittm «td««M? flunix I la momie (1) dea sabba. piiémBènç mê»r id » fti| ime téréladoo pfMir QB penpto^ fiift «t ë
(1) M9^w W M^mi$ ; réorn^oy^^. ^ 4^ mç4. 9*est
y^s Iû)ÇR cornue j^ Iq jç^wtjl Kirdber yeut q^ue i9<<m, soit u^ mot persan j^ et. le P. Martini uq doqi arabe j^(|ui ^- '^ni0ç e^A corps desséché* Quelques savants font Tenir nM* m!e, à*amomatny nom dhme plante aromatique. Je fîVrb ces coDJeetures aux étymologlMes. '* '
La auîte de notre travail montrent ^ nonsTe^é^ tons, la tiaisoa iaimple de ces faits : eHe avait été saisie déjà par M. le comte de Gaylus, qai, d«is un mémoire lu à F Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, œ 1 749 , s'exprimait ainsi : « Les Égyp^ tiens , sdmi les apparences , doivmt l'idée de lenrg iMmiesi aux corps qu^Ms tronvaient dessédiés dans {•s sriiies IxiMants qni se voimt dans nne putie de rÉgypta^ cpn^ enkrvw |iar les vents , ensevdiis^ sent les voyagnirs et oonservaot leurs corps , ea eonsumant les graisses^ et les diabrs, sans altâr^ k peftQ. •
RoutHe ne doute peint non plus que les corps? éeaœchésdanslessaMes n'aient fait natfre chez le» Égyptîœs k)s prefloiàres idées de. la dessiccation ■rtîlfcièH&
Dan» pofre Ustoire générale de la conservatiim 4as coips httoiainâ^ la momie des sableset crileii^ qfn» dies circonstances locakei dfflâmites ont pré-^ •ervéea de la curruptloti auront donc la première fèace, et rarl d'emlNnmèr tes morts chez les Égyptiesa et chez, les Guancèes occupcara la seconde. €et art, comme ftou» l'avons dit , présente chea ces peuples un oaraetàre de généralité qui ne repai^tdans awcun autre pays. Nulle part, non plus, la* ptooédéide coBsercatioo ne sont aus;» efficaces.
(8) et ces deux peuples sont les seuls qui aient su donner à leurs momies la puissance de réaster à la destruction.
Nous verrons ensuite cet usage se peirpétoor chez les Juifs, chez les Grecs, chez les Romains et chez les peuples modernes; mais il n*a plus le caractère de généralité : ce n'est plus une loi, une institution sociale; les croyances religieuses, la superstition , l'intérêt personnel, les motifs de sa-* lubrité ne font plus une obligation d'y recourir. Les sentiments de yénération, de respect, d'attachement, auxquels nous avons donné la priorité sur tous les autres, suffisent pour conserva celte coutume, et ils la conservent pendant une longue suite de siècles , depuis les Juifis jusqu'à nous. — Josôph commanda aux médecins qu'il avait à son service d'embaumer le corps de son père; ce qu'ils exécutèrent, comme il le leur avait opdonné, et quarante jours s'y passèrent {Ge$èèse). *— Saint Jean nous apprend que Nicodème apporta cent livres d'un mélange de myrrhe et d'aloès poor embaumer le corps de Jésus-Christ, qu'ils enve« loppèrent en des linceuls avec des aromates, selon la manière d'ensevelir ordinaire aux Juifs. — Des témoignages de même nature, transmis par les historij^ns, nous montrent cet usage en vigueurcheàsles
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(9) Perses, les Arabes, les Éthiopiens, etc., pour les rois, les princes et les personnes de distinction , naxquelles on n'anrait pas cru rendre le respect dû à leur mémoire si Ton n'avait pas consenré précieusement ce qui en restait.
Corippns, dans Toraison funèbre de Temperenr Justinien, s'exprime ainsi sur Tembaumemrat de cet empereur :
Thara sabœa cremant, flagrantia mille locatîs lofandunt pateri8,'et odoro balsama succo, Centum aliœ specîes ; uDg^entaque mira feruntur Tempua in œternum sacram seryaatia corpus (i).
Les Romains, toutefois, se contentaient souvent de laver les cadavres et de les frotter de quelques parfums :
' Tarquinii corpus bona femina larit et unzit (a).
Les momies des Egyptiens, qui se distinguent de celles des autres peuples par l'état admiriAIe de
(i) On fait brûler l'enT^ens de l'Arabie; les baumes et les parfums de toute espèce remplissent mille coupes, et le corps est à jamais préservé de la corruption par les essences d'une propriété admirable.
(a) Une fenmie bienfaisante lava le corps de Tarquia •t le frotu de parfums^
ismnerratioD ddns lequel nous les voyons mcore PQJQUrd'biii, ont été popp les savants un sujet tfétmles et de recherclies intéressantes; poqr lea ignorants , iine cause d^tonnement et de crainte superstitieuse; pour lesnédeeuis, un remède, une panaoée lûDg^tmips ai vogue. L'hitfoire do Polo- Mià BiuwU prouve tout ce qu'mi leur attribuait d'influence maléfictante. Il avait acheté à Al«an^ drie denu momies d'Egypte, Fune d'homme , l'autre de femme, pour les emporter en Europe, et il le» avait vm% en m. pièces qu*tt avait enfermées séparénrat en autant de coffres ftiits jj'écorceç d'arbres séchées, et dans un septièmç coffre il avait mis les idoles qui s*é talent trouvées dans les corps de ces deux momies. Mais comme les Turcs défendent la vente et le transport de ces ca* davres, 9'imapnant que les chrétien^ en pourraient çpuiposer quelque sortilège qui causerait du malj^iiç à leur nation , ce seigneur polonais s'avisa de gagner par le vin et par l'argent un Juif qui avait la commission de visiter les ballots et les marchandises; ce qui réus^t, puisque ce commissionnaire fit Qt^fir^er d[an§ le vaîi^seau tous ces coffres, disant que c'était des coquillages qWon portait eu ËurQpç^ àvfM: q^ dfi^ monter en mer> je titouval, div^il, un prêtre qui revenait de Jénisideft, et cpiin»
9mv9At wbfwr «on voywe wqs te seisoniitqQ^ j9
dMs nofre mvire. Un jour qii^i ç« bon hoganif 4tei)t«Pi i^réyiaii^Q, uns furleiw^ teoq^tid i»'élfî?«| et il bous avertit qu'outre K^ <|a^er il voyait ^ prads ûbitti€les à notire voyage par ctevf speclres 9Ri 1» f^dufti^at €ootiQPoU3incflM* La tooip^ fiirie Je ie timUai d^^ vlsloonaira , parce qnçi jo m PI6 Mrrâi jwPMs wagîo^ que m«9 momies fm pfiuialent ttre te eauM. Maî^ j^ fus ol^Ugé é^m )a snil» 4e ebwg^ de 9entîffi««t , qqand il ^'fm\» «ne nMvelte bo wrasqno pl«9 r^de et plus dwger iMse ^e la |NPomièr@, et quapd )f)9 ?peçtras aprr pà(rw«|t dœeeliQf à notro prêtre paoâ^Pt ^% laisaitMi prière», mos la %we 4'uq bomm^ /^ dHme f^mme ¥ât«8 oopme étaient me$ mcwi^ Quand la ^»npdte («t uq fm apisée^ JQ'^ j^i; flaorètement m vm hs «ept «offirea; oo qvî a» pot nianiMiiiB s'etéetUer si9«oz «t^Q^^e^t pcrm^ i|ne la mitK ^'m lAt paa avwtl. AIojbi ^t l^àz , fl noiifi fyromit que oon» n'aurions p)qa ^9 tanqiftté i m 4{iti wriva effaetivei^aW, et jo bon fBËiM n'eut pliiaâtYtoiaBs, J'eq^ ipa répi^KniHi^c fiéiâ» du e^italne pa«r avoir «p^barqii^ daiM fm ^nteeatt «ea mwm mnreimimlkf^ la mw avjît «neé grand» antipslbiSf I^ss ^^Qlsggi^ ^X^»
( lâ )
de Crète, où nousmoaillâmes, justifièrent ma cooduite, reconnaissant qu'il était permis aux chrétiens de transporter de ces cadavres mumm^ pour le soulagement des infirmes , et que l'Eglise. D*en défendait pas Tusage.
Le jugement des théologiens de l'tle de Crète prouve que remploi de la momie comme médica** ment était universellement adiius. D'après Diosco^ride 9 elle échauffe et dessèche au second d^ré; elle soulage la douleur de tête , guérit la migraine, la paralysie, Tépilepsie. Merveilleuse contre le vertige, les assoupissements, antidote contre les poisons de toute espèce , les morsures des bêtes venimeuses, elle convient, selon Rhasis, pour les crachements de sang, ruptures de vaisseaux, plaies, etc. ; en un mot, pas de remède plus efl^ eace pour le corps humain , que le corps humain pris en médicament. Une drachme de l'huile mih miale de Paracelse préservait de Fattehite de tout poison pour vingt-quatre heures; les formules de Crottins f de F émet y de Clauderus avaient des effets tout aussi mirifiques. — L'eau divine de Scroder était la pierre de touche à Faidë de la^ quelle on connaissait à l'avance l'issue d'une nlala** die : une drachme de cette liqueur était mêlée »vec neuf gouttes de isang du malade oq avec une double
quantité de son urine; si ces liqueurs ne se pou- Talent mêler, c'était une marque infaillible d'une mort prochaine, au lieu que si elles s'unissaient sans répugnance , on pouvait attendre dans les Tingt-quatre heures la santé et la guérison du malade. — Le grand roi François P' portait au cou un morceau de momie comme préservatif de tous maux : préservatif impuissant!
J'ai placé à dessein , après un exemple de superstition , les faits qui constatent Tineplie ou le charlatanisme des gens de l'art, parce qu'il me semble instructif de conserver la progression ascendante , la marche du moins au plus , dans le ridicule et l'absurde , comme en toute autre chose.
La difficulté de se procurer assez de momies pour la consommation fut l'occasion d'un trafic abominable , contre lequel s'élevèrent beaucoup de médecins. « La cruelle avidité du gain croissant tous les jours , on en est venu à embaumer avec le sel et l'alun les corps de ceux qui étaient morts ou de ladrerie , ou de peste , ou de vérole, afin d'en tirer, quelques mois î^près, la pourriture cadavé* reuse qui en distillait, et la vendre pour vraie et l^itime momie ; et même on ne fait psvs difficulté , aujourd'hui, pour donner le nom de momie aux cadavre» qui se trouvent dans les déserts de l'Ai^bie^
etd'M faire prendre intérieurement aux knfidâdisv {Dûfen&u). tëi caractères de la n^omie de bonM ^alité avaient été cependant bien détènnuiéa. tNe Mut pas momies, dit Penicher, les corps desséchés dans les sables de la lybie ^ ni ceux ettserelfs àt conservés éous les neiges, ni les corps submergéf dftns la mer et desséchés sur les cAtes juscpi'à k dernière noirceur, tai les pendus desséché» au so« Ml; car ceui-là ne sont d'aucun usage »( jdfli^. Simtarei). Le Pissa«phaltum ^ qui est la mooli« des Arabes et des anciens , ainsi que l'ont ctvk Sérapion et Avicenne^ n'est point celle que noua devrons $ car l'odeur en est désagréable, et elle ne peut avoir d'autre vertu qu'un mélange de pÂsL et à'ûsphalium. La momie n'est pas non plus une ôertidné liqueur qui découle des cercueils dei édrps embaumés, dont Dioscoride et Matbiote font mention, et qui n'est, à proprement parler^ qu'une dissolution des humeurs, tnêlées, abreuvées et pénétrées des aromates qui composent l'embau-» moment. André ùrypàius nous enseigne que la bonne momie doit être rougeâtre, légère, grasse, et avec quelque odeur. Mais comme les matines des embaumements varient beaucoup, ainsi que leur qualité , que les corps peuvent être plus ou moins bien conservés, que même il se peut faire
( ^5) ^'ils fKtfedt êiû][)bilCttlléi^, il a pftfll cOUV^ntA» de compoisâl' tiûë momie ffiéllioâiqûemèm digéra» Parmi les nômbreuseB foiliiiil«s dé iMtntN oA» cinales , nous nous contetiterotiiï de èitêf ici ceM Aé Cirdlim.
Momie de CfOlHuê. GIioisis6è;2 le tSOMtH d'tttt pendu, préférant cëttx qui ont le poil rout , pahM que , dand cette sorte de tempérament, lè sang est plus ténu ; la chair imprégnée des aroiuàt A est mell« leure, étant remplie d'un soufre et d'un sel bbLiémi'' que; il doit être âgé environ de tingt^qnatre ans^ sain, entier et de bonne constitution. YouS préndres des morceaui de la chair de ce cadavre ; ttsèêtaimt meilleurs sHls étaient d'nn homme tivûnt, comme des cuisses, des fesses, nettoyés de leurs ifaisseatis^ veines, artères, nerfs et grosse, et vous les \9^ verez fortement avec l'esprit de vin^ puië vous le» exposerez au soleil et à la lune pendantdeox joitts^ dans un temps sec et serein , afin que Tactioti des rayons de la lumière de ces deux astres, surtout dii soleil, exalte et débarrasse les principes ocMcèntrés dans ces chairs; vous les saupoudrerez dé myrrhe, de styrax-calamite^ d'aloèb, de safran, qui font la base de l'élixir de propriété de Para-celse; les ayant auparavant frottés avec du vrai baume, tous les mettress en macération pendant
( i6 ) doiUEe ou quinze jours dans un vaisseau bien Jxmché, avec d'excellent esprit-de-vin et de sel, qui font par eux-mêmes une e^ce de baume ; au bout de ce temps 5 vous les retirerez et les ferez goutter et sécher au soleil 5 et les mettrez derechef pendant un même espace de temps, et de la même manière , macérer dans d'autres esprits de la même nature, pour les exposer ensuite au soleil ou au feu , comme on fait pour les jambons : de la chair ainsi préparée serait une excellente momie. » Tout en reconnaissant que l'usage de la momie en médecine est un des abus les plus étranges et les plus extravagants de l'empirisme , la momie oiBcinale de CroUius doit être considérée comme un progrès, puisqu'elle n'offre point les dangers attachés à l'emploi des autres momies ; elle fut même un bienfait, car ce médicament, dépouillé de ce qu'il avait de merveilleux , ramené aux proportions d'une drogue ordinaire, fut apprécié à sa juste valeur, et bientôt oublié.
L'art des embaumements fut porté, chez les Egyptiens et chez les Guanches, à un degré de perfection que ne purent atteindi^e aucun des peuples qui s'y livrèrent à lem* exemple. Que soût cependant les momies de ces pays? Ce sontji selon la définition de K. P. ISorcher, des corps
fiffcis et remplis de drogues- odoriférantes, ann watlques et ])alsamiques, propres à arrêter le trsh Taîl de décomposition putride. De nombreuses ÎQcisions faisaient pénétrer dans les cavités et dans l'épaisseur des tissus les matières consena-* ^rices ; au rapport d'Hérodqte, de Diodore de Sicile et de Porphyre , le crâne était vidé ou par les narinesfi ou par une ouverture pratiquée dan^ Tun des orbites } les oi^es contenus dans la poi^ trine et dans l'abdomen en étaient retirés et mis dans un coffre. «Les ï^gyptiens, dit Plutarque, tirent les intestins des cadavres , et après les a^oir montrés au soleil , ils les jettent comme la cause de toutes les fautes que l'homme a commises.»
Les m^Mlemes ont adopté un mode de préparar tion analogue» et de nos jours» avant mes recbei^ ches sur la conservation des matières animales» tef( procédés de l'embaumement étaient long^ et conv- ]diqués.
Dans le Dictionnaire de Médecine &à t^^ Tolunei (Paris» iS35)» M. Murât trace eu ces termes les r^es de l'embaumement ;
«Avant de commencer cette opération» il faut se procurer les ol^ts suivants ; de l'alcool saturé de cauqpJure ; du vinaigre camphré ; un v^nis composé avec les baumes du Pérou et de Copahu» le styrai
( i8) Uqoide, les boiles de muscade^ de laTande, de thym, etc., del'aloool saturé de protochkmune de mercure; une pondre composée de tan, de sel décrépité, de quinquina, de cascariDe, de menthe, de bajoin , de castoréum , de bitume de Judée, etc. Toutes ces substances, mêlées et réduites «poudre très-fine, sont arrosées d'huiles essmtieDes. La poudre de tan doit former à peu près b moitié du poids, et le sel un quart; il faut aussi mettre à b disposition de la personne chargée de Fembaumement un certain nombre de bandes, du Unge, des éponges, du fil ciré, plusieurs vases remplis d*eau claire , etc.
» De grandes incisions mettentà découvert (es organes de la poitrine et du ventre ^ dont on fait Vex^ traction. On enlève le cerveau après avoir incisé les téguments et scié circulairement les os du crâne; on pratique des incisions profondes et multipliées sur les viscères. Si on veut conserver le tube intestinal^ il faut le fendre dans toute sa longueur^ laver le tout à grande eau et l* exprimer^ laver une seconde fois avec du vinaigre camphré, et enfin avec de l'alcool également camphré. Les viscères, ainsi lettonnes^ sont roulés danslapoudre aromatique. On pratique ensuite des incisions multipliées sur les surfaces internes des grandes cavités et sur le trajet des ea>* trénrités^», *
Je m'arrête à ces détails , parce qu'ils sufBsent pour prouver que Fart des embaumements a en pour objet jusqu'à nos jours , non la conservation d'un sujet entier et intact, mais la préparation de matières animales bourrées, farcies d'aromates et de sels ; préparation toujours longue , incomplète et dispendieuse.
Yoilà le point où j'ai pris la conservation des matières animales et l'art des embaumements. Ai-je eu le bonheur de faire faire un pas à la science? Mes lecteurs ea jugeront.
L'Académie des Sciences et l'Académie royale , de Médecine ont constaté que , par l'un de mes procédés , on peut conserver les sujets destinés aux travaux anatomiques. Des cadavres gardés pendant plusieurs mois^ et livrés ensuite à l'amphithéâtre, ont été trouvés aussi frais, aussi propres à la dissection que les individus morts depuis deu}^ jours.
Ces premiers succès et les encouragements honorables qu'ils ont reçus m'ont donné l'idée de perfectionna l'art d'embaumer les corps , et je
suis parvam à pouvoir les conserver, avec toutes
iewrs parties, tant intérieures gu' extérieures, sans ancutie mutilation ni extraction , et de manière à permettre de contempler la personne embaumée ^ sous les traits et l'image du sommeil.
• Cette décou?erte a été confirmée par wi« cm»jiiission de rAcadémie des SefeaMi, qui» éua aa aéance publique du 2 1 août 1857, ai!a déemnéle grand {ffii,
Déddé à pubUer k résultat de bim reelmraimu j'ai peusé qu'il serait bou de le faire précMer d'une histoire générale des embaïuuraiMta» ^ il jB'a semidé qu'un liirre qui réuiUratt tatt de ^ coments intéressants, jusqu'id xbamsèdm daw u»« foule d'ouvrages, ne sarait pas sana intéièt di mea lecteurs partagent cette epinien, je n'aurai pas pmLu ma peine, et mes travaux aur^Nat reçu la récompense que j'a mbitioime le plus»
Toutefois, j'ai cru que ma tftche m se botnatl pasàun simple exposé de mes recherdies, et que c'était un devoir pour moi de mettre à la disposition de mes concitoyens les moyens de rai^non cher d'eux les restes des perfiouiea qui leur ont été chères. Les sentiments ^vmm> d'aaûtlé, de respect, de vénération, qui eonswvent en ma cœurs, comme un d^t sacré, le souvœnr de nos amis et de nos parents, donnent au poftrait» même infidèle, qui nous » retraee les traita, une valeur inappréciable. Le cesur récMuffe et vivifie cette pâle image; elle nous redit leapardea et ka actions de ^^Éà qui n'eat j^ua. Cea màmeaami»
ments nous font éprouirer douloureusement tonte la rigueur de la loi naturelle qui condanme à la pourriture des restes sacrés pour nous.
J'ai Youlu offrir aux personnes qui gémissent d'une perte cruelle le moyen de conserver tout ce que la mort leur laisse; j'ai fondé dans cette intention une société pour les embaumements , et j'ai d'abord pensé à mettre le prix de cette opération à la portée du plus grand nombre.
Pour les hommes sans aucune ressource , qui se seront rendus dignes, par leurs vertus ou leurs talents, du souvenir de leurs semblables, l'autorité peut réclamer de nous leur embaumement gratuit. Nous serons heureux de conserver à la société la dépouille mortelle de ceux qui l'honorent et lui sont utiles.
DES
EMBAUMEMENTS.