‹ Histoire des embaumements, et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 14 sur 21 · D£ L'EMBAUMEMENT EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

D£ L'EMBAUMEMENT EN GÉNÉRAL

Aussitôt que la vie cesse dans la matière animale, la désorganisation commence; les éléments constituants se dissocient pour se combiner diversement et donner naissance à des composés nouveaux.

L'élévation de la température atmosphérique, dans certaines limites déterminées d*hygrométrie, et Faction de Toxigène, sont les circonstances qui amènent nécessairement cette décomposition. Mais , à une température donnée, les progrès de la fermentation putride ne sont pas les mêmes pour tous les animaux ; ils vsrieat d'une çspèce 9 l'autre ^ d'un individu ^

on individu de la même espèce, selon des lois trop peu étudiées. Ces lois pourtant sont d'une si grande importance pour rembaumement des

corps humains qu4 t^l procédé lufflsaot jpour

la conservation d'un individu peut être insuffisant pour celle d'un autre.

Les anciens avaient bien vu, il est vrai, que la diversité des olimatt contribuebeaucoup à la diversité des momies et à la bonté de l'embaume-

ment; car, selon Camerariuê^ il y a um grande différence entre les corps des Européens et ceux des Orientaux : ceux-ci, d'un tempérament plus sec, ne sontpas exposésàune décomposition si prompte.

L'exemple que rapporte Amrhian Mareelltn en est une preuve convaincante. Quatre jours,' dit-il , après un combat qui fut livré entre les Perses et les Romains, le viisage de ceux-ci ne pouvait qu'à peine être reconnu , au lieu que les corps des Perses étaient secs , sans humi«dite, sans sanie et sans aucune altération.

St l'on donne à ce (ait une attention suffi-^santé, et que Ton veuille considérer que les conditions hygrométriques et thermométri'^ ques de l'air étaient telles en Egypte que les corps abandonnés à eux-mêmes, se dessé-

rhttlettt Dt formatent des momies tiaturelles , oti verra ôombiëti ont été vaines «t peu réflé» chfes kiè l«t)tètives de c$n% qtti, pendant im grand nombre de siècles^ ont voultten Burope^ dans les eontrées du centre et du nord , em>baumer les corps humains par des procédéi qui ne sont qu'une imitation imparftlte é$ ceui de l'Egypte ^ même dans ce qulls ont de défectueux. Enfin, on comprend comment il arrive que , des sépultures deê Guanehet et deê Égyptiens , sortent des corps si bien ooti» serves ^ tandis que les nôtres n'offrent plus que quelques èssenkents ou de la poussièlre»

Tout eu accordant mit Egyptiens le juste tribut d'admiration que méritent leur sagesse profonde et leurs vastes connaisiances , noua devons , dans une question scientifique 9 noué défendre de rengoùment qui a fait errer noe devancierl, et apprécier à leur juste valeur dea feits mal observés. ,

On lit dads les Lettres de M. de Maillet 1 Le terraià sec et nitreux de l'Egypte a la yato* * priété de conserver naturellement les eorpi en leur entier , ^ans le secours d'aucun art ^ surtout dans les contrées éloignées du Nik C'est Un fait dont l'expérience ne me permet

pas de doater« Oneaterra de mon temps quel-* ques Français dans un cimetière de Féglise copte qui est au vieux Caire , et ceux qui descendirent dans le caveau trouvèrent tous les corps des marchands qui y avaient été auparavant inhumés, aussi entiers que le jour même qu'on les avait mis dans le cercueil; les habits même d'un consul vénitien, dont le corps avait été déposé dans ce lieu , s'étaient parfaitement conservés. J'ai visité de même plusieurs an* ciennes mosquées, autrefois célèbres et aujourd'hui abandonnées et tombant en ruines, qu'on trouve sur le chemin du Caire à Suez. Ces édi-i fices ont servi de tombeaux à quelques rois mahométans , dont les corps furent déposés en ce lieu du temps que TÉgyptc était soumise à la domination des Arabes. Je suis entré dans quelques caveaux qui servaient de sépultures à ces princes , et je puis assurer que j'y ai trouvé plusieurs corps desséchés et si légers que d'une seule main , en les prenant par le pied , je pouvais les élever en Tair aussi facilement que j'aurais fait, un bâton. Parmi ces cadavres, il y en avait Un surtout qui ne pesait pas quatre livres* J'y vis aussi une cuisse qui, quoiqu'elle parût fmrt entière et pleine de chair, avec h

(^7) jambe et le pied^ ne pesait pas une livre. Enfin la même chose s'observe encore tous les jours dans les caravanes qui vont à là Mecque. Il n'y a aucun des pèlerins qui ont fiût ce voyage qui ne soit en état d'attester que les corps de ceux' qui meurent en faisant cette roule ste dessèchent au point de devenir aussi l^^é que s'ils étaient de paille. »

Si donc nous voulons juger à priori de la valeur relative des procédés d'embaumemeni suivis ohez les peuples de l'Asie et de TÂfnque^ et de cçux employés chez les peuples de TEu"rope, nous devonspartir de ce double fait, qtte chez les premiers, les corps abandonnés à euxmêmes tendent à se dessécher, à ^se momifiev, et à cause de la petite quantité dé fluides qu'ils renferment, et à cause des influences atmosphériques ; tandis que chez les seconds, ils se pourrissent et se dissolvent soiis l'influence de causes contraireis.

Nous pensons donc, avec M. Rouyer, membre de la commission d'Egypte, que ce qui pouvait contribuer de la manière la plus efficace à la per» fection de l'iembaumement des Égyptiens, et à la conservation merveilleuse des momies , c'était }e climat de r%ypte, et principalement oettp

teitopérature élevée et toujoarB égftie {%oé^ grés), qui règne dans llntérieur des chambres Sépulerales et datis lotts les lieux souterraias spéoialement consacrés auit sépultares.

Un fait qui mérite d'être rapproché de oe dernier a été constaté par MM. les docteurs Boucherie^ Bermont et Gaubert, dans le coufs d'une visite aux caveaux de Saint**Michel à Bor» deaitx. Ces caveaux, qui renferment soixantedix oadavres extraits de sépultures voisines depuis quarante ans^ et momifiés par des in^ flueâcés que nous étudierons plus tard , sont à une température de 18 degrés.

Pour terminer cette discussion par nn fait COttUtt de tous, les momies conservées intactas pendatit plusieurs milliers d'années dans lea caveaux de TÉgypte s'altèrent et se détruismt âisea rapidement, lorsque, transportées en Si»repe et é^fiouillées de leurs bandes , eUes su^ bissent l'influence de notre atmosfdière» Gea diAfanMtesobserVations me firent penser qu'une ooim^sanoe précise de l'art des emhaum»- «wiifa ehea lès aûdetis pourrait ne pas suffire fioilr eonserver les corps dans potre puf i, et ce que nous en savons me décida à pousse r m es reohetoehea dans une autre direciiou.

0'«iUeim» lea niéttiadcit ]»ise« en m^^ powr rtmbauœeiaaiit OBt ;vavié camma k# temps»' lea lieux et les circomtaBces* Les ÉUiiopieos^ hahitaiits d'uoe contrée qui fouroit à elle seiila pkia de gamme que le reste du globe,» a?aieqt imaginé d'enfermer lea corps dans nue masa^ fondue de cette matière transparente, et de laci coBserf €»r ainsi à la manière des inwetea em^ prisannés dana le succin liquide» al qu'on ren trouve^intaets et trèi^^iftibles au miUen de cc^to substance solidifiée. Ce mode de prépioation a fait dire à quelquea^uns que les ÉthiopiepQ conservaient leurs cadayres dans du yerrOb

Le miel servait autrefois pour les embaume^ ments; le corps d'Alexandre4e-Grand fut frotté de miel , comme le prouvent ces vers de Slaee;

Duc et ad «mathîos mânes, ubi beUig^er «riib Coaditor Idblteo'perfusus aeclare doreu

Cet usage du miel nous est en outra oon^ firme par J. B. Baricel, André Ri vin, et le B. P. Ménestrier^ PUne, livre XXII, ehap. xxiv» dit que le miel est d'une telle nature qu^ ne souffre point que les corps se corrompent.

On se servait aussi de la cire pour emban-* mer, comme nous lisons dans Émilius Probus, illa fin delà fie d'Agésilaa z« Étant tombé nuiK

làde 9 il mourut , et afin que ses amis le portassent plus commodément à Sparte^ au défaut de miel ils enveloppèrent son corps de cire, » Les Perses, au rapport de Cicéron, employaient ht: même matière : Persœ jam ceré circumlito9 eandiunt, ut quant maxime permaneant diutwrna carpora.

Les anciens se servaient encore d'une sorte de saumure dont la composition ne nous est pas connue. Cœlius Bôdiginus, en son livre des Antiquités, a remarqué que, durant le pontificat de Sixte IV, on trouva en la voie Ap« pienne le corps d'une fille , ayant encore toute la beauté de son visage, les cheveux d'un blond doré , et noués avec des bandes aussi dorées ; il s'était ainsi conservé dans une saumure où il trempait entièrement, et on a cru que c'é-tait le corps de Tulliola, fille de Cicéron. Et Yalateron prétend que, par une préparation de sel inconnue , le corps d'une autre femme fut scmblablement trouvé tout eulier dans. un mausolée près d'Albane, du temps du pape Alexandre VI. Ce pape donna ordre qu'on le jetât secrètement dans le. Tibre , afin d'empêcher la superstition du peuple, qui y accourait do toutes parts , parce que le corps était encore

très-beau , quoiqu'il y eût treize siècles qu'il y fût déposé.

Les Juifs , après avoir fermé la bouche et les yeux du mort, le rasaient , le lavaient et le frot*talent de parfums, puis ils renfermaient, dans le cercueil, de la myrrhe, de Taloès et d'autres aromates en grande quantité. Les Égyptiens avaient un grand nombre de procédés pour l'embaumement. Le beau travail de M. Rouyer a mis ce fait hors de doute : lenatrum, le cédria^ le biltan0 9 Voêphalte^ le piêalphate , difiërentes substances aromatiques propres à écarter les insectes, des vernis plus ou moins précieux , servaient dans les différentes préparations; enfin des bandes multipliées et enduites de gomme arabique fermaient tout accès à l'air et à l'humidité. Les momies des Guanches, qui ont tant d'analogie avec quelques-unes do celles des Égyptiens, étaient cousues dans des peaux, après avoir été farcies de ^substances aromatiques et desséchées au soleil.

Les modernes ont employé pour la conservation des cadavres une foule de substances ou liquides ou solides : l'esprit^de-vin , les huiles^ les teintures, les liniments composés, les saumures, etc. , foraient la première classe; les poudres faites de toutes les parties des

plantes balsamiques et ai^omatiques fornieat la' seconde.

Mous aurons à examiner plus tard avec détail ces divers systèmes de conservation ; toute* fois ce qui nous en reste prouve qu'ils ont été peu eflEicaces. Et même les méthodes tant vantées de Glauderus , de Derasières , etc. ^ et les secrets admirables de Debils , de Ruysh » de Svrammerdam» ne nous paraissent avoir été propres qu'à retarder peu de temps les pro*grès de la décomposition.

Voici ce que nous enlisons dans Tarticle Pré-' paaratians anatamiques du Dictionnaire des Scieme^

« On dit que Ruysh possédait des moyens de conserver à nos tissus la mollesse et la plupart des propriétés qui sont l'apanage de la vie^ Lors^ que Tanatomiste hollandais vendit son caUi^t an Czar Pimre I^, il donna un manuscrit dana lequel il faisait connaître la composition de )a liqueur conservatrice dont il se servait, et il dé* elarait expressément que cette liqueur n'était autre chose que de l'esprit-de-vin , de l'esprîtde drèche, auquel on ajoutait seulement dans la distillation une poignée de poivre hlapc.

Mais il parait que Euysh n'avait pas donné la . véritable composition de sa liqueur^ ou biat

on en a exagéré les vertus > car elle est loin de produire ^es effets qu'on lui a attribués.

Après la mort de Ruysch on crut avoir trouvé son moyen de conservation. En 1731, Geoffroy, fut chargé de f^re des expériences; mais les résultats ne répondirent pas aux espérances qu'on avait conçues. »

On trouve dans une note ajoutée par Strader, à la fin de son édition des œuvres. d'Harvée, une autre version relative au procédé de Swamr merdam> et que voici : , <

t C'est avec raison, dit-il, qu'on a préféré à la méthode égyptienne l'art qui endurcit tellement les cadavres et leurs parties qu'ils ne perdent rien de leur substance, qu'ils ne changent ni de couleur ni de forme, qu'ils laissent à l'anatomiste tout le loisir désirable d'examen 9 sans présenter l'effusion du sang, ni la malpropreté dégoûtante qui répugnent aux praticiens, trop délicats et qtii empêchent ordinairement d'observer les entrailles des sujets. '^ ' \

» Je vais publier, tel qu'il m'a été communiqué, ce. procédé, admirable auquel a bien voulu m'initier autrefois C4L Dn. Swammerdam, qu'on ne saurait, assez louer. Or,' il. faut qu'on

prépare lin yase d'étain d'une grandeur suffi-santé pour contenir le corps qu'on' veut eni« baumer ; qu'on y mette, à une distancé environ de deux doigts du fond, une petite elaie de bois percée de petites ouvertures; que sur cette claie on place le cadavrf ^ et qu'ensuite on verse de l'huile de térébenthine à une hâu^ leur de trois doigts; qu'on tienne en repos le vase , légèrement et de moins en moins her^ métiquement couvert , pendant un espai» de temps déterminé; de cette madière, cette huile, d'une nature pénétrante, s'infiltrera peu à peu dans les porcs du cadavre sur kqud on Fa jetée , et expulsera la partie aqueuse, cause principale de la fermentation qui tend à cor^' rompre. Cette partie aqueuse, descendant par la propriété de gravité, et se distillant à travers la chair, occupera avec le temps l\e^uice entre celle-ci et le fond, et pendant oe temps la par* lie la plus subtile dti baume s'exhalera à cause de l'herméticité moins grande du vase; plus elle ^évaporera , plus le corps s'endurcira et s'imbibera du marc épais de l'huile , dont l'effet pourrait se comparer à celui d'uiie moelle gommeuse; il pourra, par conséquent, deikieu»* rer hors du Uquide et en plein air aans se cov*

rompra, sant qu'on ait à <)raindre la putréfaction ni les i^ers. -^ Quant an temps qui!

faut conserver le cadavre dans le baume, il varie selon la différence des choses à conserver ; tel est l'espace plus ou moins long qu'on doit observer:

Il L'embaumement d'un embryon do six mois s'aeeomplit presque en autant dé mois.

%he squelette do ce même embryon n'a b#»

soin que ^é deux mois enviroq. '

> Les membiE^nes du c«sur, trois mois. .

« Les vaisseaux du foie et du placenta dégagea de leur ehair, uvi mois.

>Les vaisseaux de la ri|le, diic fours.

•Les intestins , un niois.

» On assignera ainsi de suite pour les autres vaisseaux un certaûn temps / qu'il ho sera pas difficile de trouver ni de déterminer par Tex-* périence.

• U faut toutefois faire attention à ce que , peofdant cette opération, les parties soient un peu serréçf et comprimées dans une propor^i^ tion égale et convenable ^ la œctien du corps mpêehe que la peau ne contracte des rides, soit qu'on la fasse avant la déposition dans llmile^ soit après que le ci:idavre y eist resté

plongé pendant deux ihois. Pour que le sujet conserve toute sa beauté et sa blancheur naturelle 9 il le macère dans une préparation d'alun pendant quelques jours avant qu'on ne l'embaume. Pour que les membres conservent une forme et un état convenables , on doit les plonger dans^ le baume au commencement de l'hiver, vers le mois de novembre, pour les exposer ensuite à la rigueur du froid, non pour les geler, mais pour les endurcir légèrement.

• En suivant ce procédé avec soin, on détruit entièrement tous les germes de putréfaction cachés dans le corps , à tel poîpt que ies entrailles se pénèti^ent profondément de ce baume, et qu'elles peuvent résister aux atteintes éternelles de l'air.

» Que si l'on veut conserver une partie sans le procédé ci-dessus mentionné , il faut d'abord en extraire le sang par une saumure , en tirer le sel au moyen d'eau pluviale, et, après l'avoir mis dans l'ombre pour qu'elle ne se pourrisse pas, l'enduire dW mélange composé de trois quarts d'huile de térébenthine et d'un quart de mastic , de manière qu'elle acquerra une brillante apparence, et même une sorte de croût^ l^ère , surtout si f on introduit dans la

(37) préparation une plusgrande quantitéde mastic. . » Quant à la préparation des membres et de toutes les parties qui en dépendent , on doit observer un procédé particulier : il faut bien sécher lès vases» quelle que soit leur matière, et y ]dacer ensuite des baguettes bien appropriées à la cavité, et préalablement enduites de suif, qu'on retire, avec soin quelques jours après. Ainsi les membres , grands et petits » doivent être placés dans du coton bien imbibé de suif, ^treétendus dans toute leur longueur, comme, par elemple , on étend les toiles de vaisseaux capillaires sur des bâtons enduits de suif, d^où on les retire facilement à Taide d'un peu de feu qu'on place au-dessous, et qUi fait ainài fondre le suif.

» Mais j'en ai assez dit pçur cette fois; peut^ être plus tard aurai-je une occasion plus favorable de rapporter d'autres faits semblables et même plus admirables; car j'ai vu chez Swammerdam , dont j'ai parlé plus haut , diverses pièces embaumées avec tant de talent, qu'outre -toutes leurs propriétés naturelles , elles avaient aussi celle d'être continuellement molles et flexibles ; je dois m'en tenir à la transmission de ce procédé, pour ne point diminuer l'éclat delà

belle œuvre que je viens de décrire ea en introduisant une encore plus belle snr la scène, etc.»

Une descriptioii si précise m'avait fait elpé^ rer de trouver quelque chose dans ce procédé^ et pourtant^ je dois le dire, ^près avoir répété ces expériences avec le pius grand soin, je h'af pas été plus heureux. dans mes essais qiie nd le ftit Geoffroy en fj^n seulement , j'ai constaté que les corps préparés d'après mmt procédé*, et V plongés ensuite dans la térébenthine , conselr«vent ttne souplesse et une fraîcheur remarqaa*bles^ Après avoir mûrement réfléchi siir cette matière, je crois pouvoir affirmer que Ruysoh et Svrammerdam n'ont jamais feii connaître qu'une partie de leur eysième de conservation^, et qu'avant l'immersion du corps dans Fnne ^m deux liqueurs dont nous avons pàdé ^ ils lui feisaient subir une préparatioa*

Enfin , les auteurs qui nous vantent la jper^ iëotiofi admirable des procédés qu^ls n'ont pu apprécier, n'ont pas un exemple de oimservah tiètt à présenter pour justifier leurâ^oges, et nous avons, pour les croire exagérés, le tétM#gni^ d'un auteur ( t ) profondément vereé dam

(i) Péalofaer.

(39) cette matière* < Les auteurs, dit -il , qui se vaii'* lent d'aToir embaumé sans vider les grandes eayités, et ^^ se contentant dlnjections par la boiidie^|>ér ranus, ou par des trous pratiqués sous les dissellas, seraient embarrassés de montrer des résultats satisfaisants d'embaumer nsenlB aussi superficiels; car, iot ou tard, ces elbaqiiés suntiohteront tout ce que l'embau'ttettr étift^a eU d*industrie, et tout ce qu'il aura hit de dépenses poui? vaincre ta mauvaise im*

t>i^ss{oti. »

£n pëut-on souhaiter une preuve plus sin^ guUftt^ qù^' ce qui arriva dans Tég^se des RR. f9: ^ il jr a quelque^ années^ à Tégard du corps dHièié dàitlé de ^i^tnièfe qualité ? Il avait été ibh Û^hÈ un cercueil éé plomb, enfermé dans nti àtitrè dé bois de noyer, et plaoé dans . ud tnâU!k>Iée de marbre bien dmentë ; aptes que^ pour Texécution du testament, on l'eut em-^ ^lifËS ël enveloppé avec deux eents livres de fiarfttîhs et d'arbmates, on airait fait une ouverture par laquelle on avait insinué jusqu'^ deux barilil l^'es]^t dé Vin aromatisé, en sorte que le corps était entîèteinent submergé. Wéanthdins; au bout dé douze ans ou environ, il Tendit une si dangereuse et si maligne odeur

au travers des crevasses qui se firent au cercueil, par la force de ces drogues , qu'un des religieux, qui disait alors la messe dans ^a chapelle, en tomba malade jusqu à rextrémité, et que les assistants furent contraints de se retirer, ne pouvant en supporter la puanteur.

Les religieux furent obligés d'exhumer le cadavre , après en avoir obtenu la permission de monseigneur Tarchevêque et de la famille; ils le placèrent dans leur jardin, et le couvrirent ayec quantité de chaux vive dans une fosse ; et parce qu'elle ne consumait pas les chairs, qui étaient composées de parties huileuses, sulfurées et résineuses, il fut nécessaire de décharner le corps pour remettre le squelette .dans le mausolée, tant la mauvaise qualité des entrailles et des viscères, qui s'étaient corrompus pendant la maladie , avait surmonté la bonté du baume.

L'imperfection de telles méthodes ressort d'elle-même. A côté de ces embaumements pratiqués d'une manière empirique , sans qu'on se fût rendu compte des qualités plus ou moins eflicaces des substances aromatiques et balsamiques, je puis placer des enfants de quelques mois, sujets les plus suscqn

tibles de céder à la dissolution, èi qui , après une àimpte injection , sont restés déposés à l'air dans une chambre humide. Au bout de deux années de cette exposition, ils offrent une grande souplesse des tissus, sans la moindre trace de décomposition. Ceux qui ont été renfermés par moi dans des caisses, au milieu d'une atmosphère composée d'après mes découvertes, ont conservé exactement l'expression et la couleur du visage qu'ils avaient'à l'instant de la mort.

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