‹ Histoire des embaumements, et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 17 sur 21 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE l'embaumement CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS.

Puisque rigtiors^nçe où nous sommes de la langue de cette grande nation nous met dans rim{)Ossibilité de savoir, par nous-mêmes, les causes et les procédés de la conservation des cadavres, suivons les récits des auteurs anciens , efforçons-nous de retrouver, non par l'imagination , mais par les faits positifs, par l'étude des conditions extérieures invariables, Ifs ^différentes données de la question des embaumements chez les Égyptiens.

D'abord, si nous faisons abstraction de tout ce que le perfectionnement successif des arts , le luxe, l'amour deif distinctions a pu ajouter à la conservation simple, nous arrivons avec Rouette à cette conclusion , que le travail des embaumements ^e réduisait: à deux parliez esseï^**

tiellcs : la première, de dessécher les corps, c'est-à-dîre de leur enlever les liquides et les graisses qu'ils contenaient ; la seconde, de défendre les corps ainsi desséchés, de Thumidité extérieure et du contact de l'air. Nous avons vu déjà tout le secours qu'ils tiraient de leur climat pour remplir la première Condition :

une description détaillée nous fera connaître ce que leur industrie savait y joindre. Quant à la seconde, la nature de leurs souterrains leiir venait encore puissamment en aide.

Ces Vastes cavités, dit Pelletan, à Tabrl des inondations du Nil, ont sans doute fo'timi d'abord les tnatériaux des monuments de Thé-bes, et les architectes du temps creusaient aitifti les tombeaux des familles en élevant leurs pa« lais. Toute leur surface, depuis Tentrée }us« qu'aux replis les plus profonds de ces cavités ténébreuses , est couverte de sépultures et de peintures à fresque; chaque sujet encadré for* me autant de petits tableaux qui se touchent , et dont les personnages n'ont pas plus de deux ou trois pouces de hauteur; en sorte que toute rétendue de ces doubles murs, dont le déve« loppement est incalculable, a été Tobjet d'un travail minutieux^ Les sculptures sont en bast

(7» ) reUfeft et couvertes de teintes égales , mais Ti«ves et tti$~bten conservées. Les points du rocher ^ui ne fte prêtaient point au travail ont été couverts d'un enduit parfaitement solide^ et si durable i{tt'on n'y observe enœre d'autres dé^ gradaHons ^ae celles qui ont résulté des effbrts de n^tqms 'voyageurspowr en emporter des fragmerits. La perspective manque toujours dans ces tar bleaUt i les oOrps sont de face et les Visages de profil) mais le dessin est pur et les propor* tioiis justes; on n'y trouve rien qui décèle ri«guôrauce de l'artiste; ce qui suppose chex les Égyptiens , sinon une grande perfection dans les arts, du moins une grande popularité dans leur pi^atique. Les sujets de ces tableaux sont des scènes domestiques; ils se terminent ordi^ nairëment par un convoi funèbre» d'où l'on |)eut conclure qu^elles &ont relatives à la vie de rhomuie enfermé dans chaque niche latérale.

La tefhpéfâtare des caveaux eit de 20\

Il nous d paru convenable de préciser ainsi les dénditions de dessèchement et de con^ servatidn ultérieure, avant de présenter les deicrlptions qui tioUS ont transmis d'une manière pluâ Ott tnôiiis énaote la part deâ hommoi ddtts cette opération. Hérodote , Diodore

de Sicile et Porphyre, qui ont écrit avec le plus de détail sur les funérailles des Égyptiens, vont nous fournir les premiers renseignements.

Hérodote. Le deuil et les funérailles se font de cette manière : quand il meurt un hommc^de considération, toutes. les femmes de sa maison (oikétès) se couvrent de boue la tête et même le Ylsage ; elles laissent le mort à la maison , se ceignent parle milieu du corps, se découvrent le sein, se frappent la poitrine et parcourent la ville, accompagnées de leurs parentes. D'un autre côté, les hommes se ceignent aussi et se frappent la poitrine : après cette cérémonie , on porte le corps à l'endroit où on l'a embaumé.

Voici, d'après Diodore de Sicile (livre P% tom. i", p. i02, § xcii) , les cérémonies de la sépulture chez lei Égyptiens : t Les parents fixent le jotir des obsèques , afin que les juges, les parents et les amis du mort aient à s'y trouver, et ils le déterminent , en disant qu'il doit passer le lac ; arrivent ensuite les juges au nombre de plus de quarante ; ils se placent et forment un demi-cercle au-delà du lac.

On approche de ses bord» un bateau que tiea*

( 73 ) nent prêt ceux qui sont chargés de cette cérémonie et sur lequel est un nautonnier que les Égyptiens nomment en leur langue charan.

Aussi dît-on qu'Orphée ayant remarqué cet usage dans son voyage en Egypte, en prît occasion d'imaginer la fable des enfers, en imitant une partie de ces cérémonies, et en y ajoutant d'autres de son invention. Avant que de placer sur le bateau le cercueil où est le corps du mort, la loi permet à un chacun de Faccusen Si Ton prouve qu'il a mal vécu, les juges le condamnent et il est exclus du lieu de sa sepulture. S'il parait qu'il a été accusé injustement, on punit sévèrement l'accusateur. S'il ne 86 présente personne pour l'accuser, ou si celui qui l'a fait est reconnu pour un calomniateur, les parents ôtent les marques de leur douleur, et font l'éloge du mort, sans parler de sa naissance , comine cela se pratique en Grèce, parce qu'ils pensent que fes Égyptiens sont tous également nobles. Ils s'étendent sur la manière dont il a été élevé et instruit depuis son enfance, sur sa piété, sur sa justice, sa tempérance et ses autres vertus depuis qu'il est parvenu à l'âge viril, et ils prient les dieux des enfers de l'a^Q^ettre d^us U demeure des

( 74 ) getid pieux. Le peuple applaudit et glorifie le

ûïbtt y qui doit passer toute rétemité dans lea etifers atec les bienheureux. Si quelqu'un a un JthônuiUeht destiné à, sa sépulture^ on y dépose Boti corps; s'il n'en a point, on construit dans SE maison une chambre, et l'on pose Sa bièifo drbite contre la partie du mur la plu^ solide* Oh place dans leurs maisons ceux auxquels ou h^a pââ accordé la sépulture, soit à cause des cHn^es dont on les a accusés, soit à caUsades dctteà qu'ils avaient contractées^ et il ai^Hvè quelquefois dans la suite qu'on leur donne une sépulture honorable , parce qUe leurs pe^ tits^etifants devenant riches, paient leurs dettes ou les font absoudre. »^^ Orphée communiqua au% Grecs ces usages des Égyptiens', appliqué! aux enfers. Homère , marchant sur ses traces^ en orna sa poésie : « Mercure^ dit-il, sa baguette à la main, convoquait les âmes des poursuivants. ».Et peu après : « Elles traversèrent Ikl^ eâan, passèrent près de Leucade , entrèrent par la porte du Soleil (Héliopolis) dans le pays des Songes, et bientôt elles arrivèrent dans la prai^ rie d'Asphodèle, ou habitent les âmes qui sont les Ihiages des morts, »

Mats reprbnons le récit d'HérQdOte : Il y a en

(75) Egypte certaine» personnes que la loi a chargées des embaumements , et qui en font pnK fession.

Quand on leur apporte un corps, ils ipontrent aux porteurs des modèles de morts en bois. Le plus recherché représente, à ce qulls disent^ celui dont Je me fah scrupule de dire le nom; ils ea font voir un second, qui est inférieur au prem iev et qui ne coûte pas si cher; ils en montrent eticore un troisième qui est an plus bas prix« III di^lhandent ensuite suivant lequel de ces troii modèles on souhaite que le mort soit embaumé* Après qu'on est convenu du prix , les parents se retirent : le» embaumeurs travaillent ches eux, et voici comment ils procèdent à Tem^ baumempnt le plus précieuxé «^ D'abord ils tirent la cervelle par les narines, en partis ftvec un ferrement recourbé , en partie par le moyen des drogues qu'ils introduisent dans la tête ; ils font ensuite une incision dans le flâne avec une pierre d'Ethiopie tranchante *

Le corps étant étendu par terre, le scribe trace Bur le flanc gauche tout ce qu'on doit couper* Celui qui doit faire l'incision coupe , avec une pierre d'Ethiopie, autant de chair que Tor^* donné la loi. Cela fait, il s'enfuit de toutes ses

(76) forceSy^ et les assistants le poursuivent a coupa de pierres, en le chargeant d'imprécations , comme s'ils voulaient détourner sur lui ce crime. Us regardent , en effet, comme odieux quiconque fait violence à un corps de même nature que le leur, quiconque le blesse, en un mot, quiconque lui fait quelque mal. » ( Diodore, liv. i", t, i", p. 102.)

Ils tirent par cette ouverture les intestins, les nettoyent et les passent au vin de palmier, les mettent dans un coffre, et entre autres choses qu'on fait pour le mort, on preod le coffre, on atteste le soleil, et l'un des embaumeurs lui adresse pour le mort ces paroles qu'Ëuphantus a traduites de sa langue maternelle : c Soleil, souverain maître, et vous tous, dieux, qui avez donné la vie aux hommes, recevez-moi et permettez que j'habite avec les dieux éternels. J'ai persisté, tout le temps que j'ai vécu, dans le culte des dieux que je tiens de mes pères ; j'ai toujours honoré ceux qtii ont engendré ce corps ; je n'ai tué personne, je n'ai point enlevé de dépôt ; je n'^ai fait aucun autre mal. Si j'ai cfommis' quelqu'autre faute en ma vie , soit en mangeant, soit en buvant, ce n'a point été pour mpi, m^is pour pea chosfis, L'embaDiDeut

( 77 ) montrait /en achevant ces mots, le coffre où, étaient les intestins , et jetait ensuite le coffre dans le fleuve. Quant au reste du corps , lorsqu'il était pur, on l'embaumait. » (Porphyr. ^ De abstinentiâ ab esû animalimn^ livre K79 § 1% p. Sag,)

Ensuite ils remplissent le ventre de myrrhe pure broyée, de canelle et d'autres parfums, Fencens excepté; puis ils le recousent. Lorsque cela est fini, ils salent le corps en le couvrant de na^rtim pendant soixante-dix jours. (Natrum, dans l'intention d'enlever et sécher le3 parties huileuses , lymphatiques et graisseuses ; mais ce devait être la première opération, car si on eût commencé à remplir le corps de myrrhe et d'aromates avant de le saler, le natrum agissant sur les matières balsamiques et formant avec leurs huiles une matière savonneuse trèsHSoluble et facile à être emportée par les lotions, aurait détruit la plus grande partie de ces aro* mates. D'ailleurs Diodore ne parle pas, du na-? trum. )

Il n'est pas permis de les laisser séjourner plus long-temps dans le sel. Les soixante-dix jours écoulés , ils lavent le corps et Tenvelop^ peot entièremeot de bande» de toile de coton^

enduites de gomme arabique, cammiy dont \e% Égyptiens se servent ordinairement comme d^ colle. Les parents retirent ensuite le corps , ila font faire en bois un étui de forme humaine ; ils y renferment le mort , et le mettent dans une salle destinée à cet usage ; ils le placent droit contre la muraille. Telle est la manière la plus magnifique d'embaumer les morts, *^ Ceux qui veulent éviter la dépense choisissent cette autre sorte : on remplit des seringues d*une liqueur onctueuse qu'on a tirée du cèdrie; on en injecte le ventre du mort sans y (Aire au^ cnne incision, et sans en tirer les intestins a quand on a introduit cette liqueur par le fon^ dément on le bouche, pour empêcher la li^ queur injectée de sortir; ensuite on salo le corps pendant le temps prescrit, t» demiw jour on fait sortir du corps la liqueur in jeetéea eUe a tant de fbrcq qu'elle dissout le ventricule et les entrailles , et les entraine aveo elle. Le natrum coiisumq les chairs, et il n^ reste du corps que la peau et Içs os. Cette opération finie , ils rendent le corps saqs y faire autre chose.

La troisième espèce d'embaumement n'esf que ponr les plus paumes. On injecte le cmpi

C 79 ) avec la liqueur nommée surmaia ; on mot le Corps dans le natrum pendant soixante^ dix jours, et on le rend ensuite à ceux qui l'ont ap* porté. Quant aux femmes de qualité, lor^ qu'elles sont mortes , on ne les remet pas surle-<;hamp aux embaumeurs, non plus que çe)^ les qui sont belles et qui ont été en grande considération, mais seulement trois qiji quatre jours après leur mort. On prend cette préçaû* tion de crainte que les embaumeurs n'abusent dos corps qu'on leur confie.

On raconte qu'on en prit un sur le fait, avec une femme morte récemment, et cela, mt l'aocusation d'un de ses Gaq[iarades«

Les récits qui précèdent ont été l'objet d'une foule de commentaires, de discussions qt de recherches. On s'est étonné qu'Hérodote eût omis le dessèchement; mais il arrivait natH^reliemetit pendant le tempu coQsaoré ^ la préparation. ««^ Les uns ont voulu que k Qorps entier fût premièrement salé et ensuite pé*< nétré de matières résineuses et b^liamiques qui , s^ncorporant avec iea chairs , les préservaient de la putréfraction ; les autres» ont pré^tendu que les corps^ après avqir été saiài, étaienl: desséchés, eâ que ce A'ét^t qu'après

cette dessiccation qu'on leur appliquait 4e8 matières résineuses et balsamiques. Il suffit de la simple inspection des momies pour rejeter la première opinion. Quelle union, en effist, ces dernières matières auraient^Ues pu contracter avec les fluides des tissus? et comment concevoir dès lors que des corps remplis souvent d'une sérosité corrompue aient résisté à Taction intestiu^ de causes si actives de décomposition? M. Rouelle a pensé que le natrum était un alcali fixe, qui agissait à la manière de la chaux, en dépouillant les cadavres des liqueurs lymphatiques et de la graisse, et en ne laissant que les parties fibreuses et solides. Aussi, d'après cette manière de comprendre le procédé des Egyptiens , est-il amené à relever une erreur qui s'est glissée dans le récit d'Hérodote, au sujet de la première classe d'embaumement. Il y est dit qu'on emplissait le ventre du cadavre, de myrrhe, de canelle et d'autres parfums, excepté C encens j et qu'ensuite on le mettait dans le natrum ; après quoi on le lavait. Mais à quoi auraient servi ces matières résineuses avec lesquelles l'alcali du natrum aurait bientôt formé une matière savonneuse, que les lotions auraient /emportée, au moins en grande partie?

U est 14eB pluft rmscmqaUe de penser quoilea BMtjèrça biiilaaitiiquies et résineuses n'étaîeat appUcpiéeft. aux. cadavres qu'après qu'oq les avait i^tirées d^ natvum. : , '

' Le rméoie auteur signale enc&re une inexac-r tituderdan^-eeciu'flérodote i^us a appris sur fes bandages des moiaiifss^ Très-pQU d^ mpinies, dilrU ,. sopt enveloppées selon la descriptiofi d'fi^dote ,. c'esVà-dirc que ;1^ : bandes de ttîleA^: sein t pas. i>Ql(ées ensesxible^vec.de la fpiOgfiae seule y appliquées immédia^entent sur La.coirps simpleipent d^^séph^/san» aucune œ«(tière ;ré$in«use. iU,n pai^^il i^mb^miieipent est d^ njtpin^ préçieuX( i pendant qu'JIqrodotfs le 4éqr^ Qoi^^me le plufi^id^e oci le? plMs.cher, La. momie ^e^'pn Qcmsprye dans le cabinet de Sfâate-<îenQi4àl^e: 0t Ips deux:;qi;|i spnt 4^i)s q^lui des .Célestin^[peuvent jeter de lïpuvelles ]^i)p[iij^res,6ur cet endroit ;,d'Hérodo|:e «et çon* firx4w»M0^ <^0PJ0ot|ii^e9; Ccis momies ont deux espèces de bandages; le corps et les membre^ M^i:<:}wiuiQ( sé|)i9?ïé^ent eoY^^bp!^ avec des band0s de . toile ^ <p^duites de . résine ou de bitui)^,: et celles sp>nt,.sibiQ£i( unies ensemble qu'elles ne font. qu'une mà^seï c'est sans doute ce qui a fait crpirer à quelque^ auteurs que

cette épaidieur n'éti^t que àeé ick^aÂrb '^enL^ baumées. Il y a d Wtres bandés d^^ toife' ^èi/Éiê matière bitaminense qui eiiTel<^eiit IMt'l^ corps; les deux bras étaient croisés • sur IW* tomac, et les deux jambes collées ensemble.

Ces momies sontemmaMlott^^ parées uoii- Telles bandes , ou , si Ton >ettt , par ce dfernfev b)Btndage, de même qu'on emmaillolte les efn^ fiints; ces bandéis sont jaunâtres, jia^tAtflllJèU

rement celles de la momie du cabiiÉet de

Sainte-GenëVière, et elles .sont 'absohMétHI

sans matière résineuse. On peut Â^ncifedlé^

ment conduit quecés bandes ont pù'^étredtai^

plement enduites de gomme. Il parait qu'Hé^

rodote a oublié de décrire Tusege du premfâr

bandage, employé- pour souteiiftr lêif mâtfères

résineuses à la surface du eot^v ie^ ^^^ftyanft

peut-être vu , ' cbez les -enlbaiimeurs oii- skitre

part, quelques corps enimailloftéis comme-lëi

enfants, il n'aura décrit que lâdeuiSèlftie'bhn^

dace. * '•' -, •"*^-' » " ' ' "^-'*;

Si on examine avec attention là-^momièdu

cabinet de Sainte-GeÉiei^ève et celle dii''(âi^

binet des Célestins; oh yèira que M detttiêttie

# bandage est ^alemoit une mite dè'lèrabâtt^

jnement ordiùédbre i6a nfo^ tcch^fvAiè; «Mr lit

momie <teê C^rtlM^ Aùàt on a^vnleié le prr^ mier làmdagev ^m»- douté pout^vbivylÎMiljw^ mement, a les bandes du preAikr> batidëge d'ùiie toilftrf^roi^et trèft-^^ diraontraiM^les hàfiAt» de. céHe dé Sakite^Qeqenâàve i aobbeamt coupif In^ fines, >pfddarqt ^uo^l^ ^matières an

m^aiieè4 II tm pàratt qnoUbBffOaanm isoatlrw Mttiént parveniiiB & nin^ji^^okiim^atiAâaBtp dage| et je^iuto pëtfiiifidé qwx;ki''ameonfatioq ée eéuk A»isJ4B0iiâi(è>'d£ dAnfanil deS^&terG» hëtlëYe et dci^- Géiéfl!ttfts»ii)(«t''4u6 qu'ai ierilr eëiMo ou atft dOki» &iiiguik«fi4U dénai.qar.Ioi

Enfin 'ftbuêllô'^^flidysé la* motiëcci dés enn bMiâeménK ^ et le râttttal deil^aédl^ /faite itai^Kit Wtottrieë liii ^à détmt^^jioutsdemv i^^^vuA \!iB'^pAUv les qnâl^e ffMVf^i, teibitltt»è»dB>Jii» dëe entf le plsaipb^tttw, néiiio^ t^i-M trimim ie^tUttle de Jadéë^. «-^^duelle iilâuqcmMnikédè trsJces cenÏEdÀëS' de 'DS^p^i dona aootide .motatlèJ^àidik bbdâélC|âlénl'^(|l jHecr des faits, t ^k NM éxpéfriefiëéd noïlft ^npffont^dono:t€d& ^ffibk{imemetfté^cHffèréat»{iàr iéavidiatière. iè p^euMék", aveti iël^ùaH; dd Jiiidéëç!fe;aecDô4 wëtAè inélttfigë'dui'faitiime!^ ilariKquwrde

cèdre ou lecéériafei le troisième, nyec ce mélange auquel oa a joint des matières résineuses et très^roinatiques. •

Mous nous bornons à ces réflexions sur les procédés décrits par les ânciebs et donnés par eux comme les seuls pratiqués en Egjrpte. -^ Mous allons citer ; quelques passages du mé-; moire si remarquable de M. Rouyer, par les* quels on pourta juger facilement qu'ils n*ont pas eu connaissance de plusieurs méthodes en usage chez ce peuple. Toutelbis, il eM bon de donner ici quelques explications qui jetteqt une nouvelle lumière sur les sources que nous ayons reproduites ; elles sont extraites la plu* part du mémoire du comte de Caylus.

L'exhibition des modèles de la part des embaumeurs avait rapport à la richesse du travail demandé et à. la dépense de rembaumement choish -*-Le premier mod^e, qu*Hérodate se faisait scrupule de nommer j était, probs^leinent la figure de quelque. divinité (fois).— r 9é<rodote ne parle point du prix, et il se peiit que Diodore ait rapporté ses évalus^tions sans ep être trop bien instruit. Selon son récit, le prer miier coûtait un talent (environ 4^00 fr.. de potre monnaie) ; le secondi io mines ( 1 5oo fr. ) ;

le troisième, peu de chose (vague). — Diodore continue eu ces termes : La fonction d'ensevelir est une profession particulière, qui a ^é apprise, comme les autres, dès l'enfance. Ceux qui l'exercent vont porter chez les parents un état de ce qu'on peut dépenser, et leur demandent à quoi ils jugent à propos de s'en tenir. Etant convenus, ils prennent le corpb et le donnent aux officiers qui doivent le pré->parer.

Dans la tête qui a été envoyée à M. de Caylus, le crâne étajt réelléraent percé par les narines, et le fond de l'orbite ouvert du côté droit. — Quant aux parfums, l'exception de l'encens ne se pratiquait apparemment que par respect pour la divinité. Il n'a vu sur aucune mbmie rien qui pût marquer la moindre couture ; aussi n'étaitrcUe pas nécessaire. L'extrême sécheresse de la peau et* la solidité qu'elle acquérait par le bitume rendaient cette opération inutile.

Les Égyptiens employaient^ leur natrum comme nous employons la chaux, pour pré^ parer les cuirs et les tanner.*^ Roînmi , gomme arabique du Sénégal. "" .

A l'égard des bandages , il y eiï avait de plusieurs façons^ soit par la qualité des toiles.

rite tous les éloges que l'on peut donner 4 une chose de ce genre. C'est le pied, la jambe et la cuisse d'un enfant de deux à trois ans. Le soin avec lequel on a travaillé cet embaumement à été senti par ceux qui en ont fait pré-* sent à ce cabinet ; car ils ont écrit sur la botte qui renferme cette précieuse opération de Tart Mêmie du petit prince de Memphis. Cette dénomination n'a sans doute aucun autre fondement que la nature du travail et la différence sensible qui se remarque entre cette moiïlie et les autres. La superficie de la chair est noire, et si tisse qu'on peut la comparer à un- beau vernis de la Chine ; les chairs n'ont pas tout* à-fait ^cotl^rvé leur mollesse; mais ou distiugue toutes les épai»e«rs et tout le potelé q^'4>ti voit dans les enfants, aussi bien que toutes les artioulations et tous les petits fdis deft doigts* Les ongles sotit parfaitement conservés et bfien enohâssés; ils n'ont ni conteur ni dorure ; ils paraîtraient avoir été dorés. Les banddiettes ne semblent pas avoir été imbues des mémeis bitumes que pour les autres momies. La 4{ouleur qn'eUes ont acquise par des matières balsamiques , desséchéels , comme on le peut croire, participe de celle de lacaiindle»

(89) quoique Todeur, qui est agréable; n'ait aucun rapport avec cet aromate.

Les bandelettes sont fines , dâiées , propoi^ tionnées à la grandenr du c<nps qu'elles recouyrent; elles sont arrangées, avec un som ex-: trâ(né;et répétées un très-grand nombre de foiç. D'ailleurs l'os de la cùkse » dont il y a pfais de quatre, doigts de découverty a souffert trës-peU' d'altération dans sa couleur ; Tair seul aurait suffi pour lui donner celle qu'on y remarque,- Rouelle, avec lequel M. de Gaylus a visité cette momie, a remarqué, en perçant avec une épin-» gle le dessous de ce p^tit.pied, que la peau était Goàmme un parc9iemin tendu et vide dessons. Tout. cela prouve une préparation plus chère ef . ph» recherchée , destinée pour les princes» On: peut ajouter à cette conjecture , que les, caisses de pierre de touche ou de basalte, dont l'ouvrage a constamment beaucoup coûté , à cause de la dureté ,' caisses si rares qu'on en compte à peine trois ou quatre, pourraient bien n'avoir été faites que pour des princes , et encore des {^us éminents.

Nous n'avons pas hésité à feire rentrer dans ce travail les observations qui précèdent^ parce qu'elles noua ont paru nécessaires pour rec»

tifier OU' compléter l«s faâts avaiwés par Bérodote, Diodore de Sicile, Plutarque» Pcspbyra etj^tiisieurs aati:«s. Mais Tensemble de cbb matérimix aVait besoin de nouvellet luhlièrès , de recherches sur les lieùx^ La commission seien* tifiqtae d^Égypte en sentit le besoin : aussi ph^^ siburc( de ses membres s'appfiquèrent-ils à étu^ dierpar eiix«-méme^:les pyramides et les soa«ttrranis^ et rnh| d'eux, M. Rouyer, dans son mévraire sur les enibaumomekitis égyptiens, ntftis en trace ime histoire à peu près oomplèï^l Voici les détails les plus intéressants : • (ih^firtides embaumements est ic^dledient in-* eanhn'aujDurd'hni d«as les lieux où ii a pris itsi^ancë, et il reste enseveli dans le plàs profbèd oubli , dépuis quel'Éjgfypte, qui fiit long- Xemp&ié séjour des sdebces et de tous les arts, a>é(é envahie et successivement ravivée par des pcft^les barbares, qui ont anéanti toittes ses institùlioais politiques et religieuses.

' >Le| historiens auxquels nous sommes rede^ fablea de tout ce que Fon saitanjcmrdliui des merveilles' ancSemies ^e TÉgypte^, et qui ô»! ée^ dans vxt temps ou fes Égyptiœs eonservaieii^-tedorè qpielguesHtus de leurs usages^ fiDuvaient seuls now transmettre te seetût m^

( 9» ) gâiiitni:^ éos embaumement^ ; mai9.If9fir$ ré^U nôv» prouveat qu'Us a'e^ /avâiçiit Qiix-<iaâina4 1 qu'ime coanaiasaoce imparfaite^ , ; r

- ''Tous t^ mtt^ui^ aQCieQ3 9'aecQr4eat' ' à dire.* cfne'lBB Égyptiens fai^aieiit uaagê 4e divers are-. dmlès poiur embaumer le» morts; qu'ils em* ployaient pour les riches la JDhyrihe (résine d'îiée espèce de infniofa), l'allés (suc.i^xtràOta*^ réAnenx de Vàioé perfaHata^^idk cmmelle (éoeroe. du hurus cinn0mimtuin) 9 et la cmskl Ugma:

(éêopee du éaurm càs$ia}i et poui^ les paUwres;. le teérià (résine liquidé du pmw cêdruê)^ le ÏAtome {bitumen Judaicwn^ proTehàut de la Mcir-^ Mcbrte ) ^ et le natrwn ( mélange de carbonate , de sulfate et dé muriale de soude }•

Quoique les refaits d'Hérodote et de Diodorede Sicile sur les embaumements ne soient pas très-complets ^ et que quelques détails pdrais*. srât inexacts et peu vraisemblables , comme plusieurs savants français Font observé » pour^. tant, en plaçant dans un ordre convenable ce qu'Hérodote rapporte sur cet objet , on teùw^*» naft bientdC qu'il a décrit en quelques, lignes presque toute la théorie des eoolbaumeffltets.' Lus embaumeurs égyptiens savaient distinguer dés autres viscères le foie , la rate et les reifis^

( 92 ) auxquels ils ne devaient pas toucher ; ils avaient trouvé le moyen de retirer la cervelle de l'inté* . rieur du crâne sans le détruire; ils connais^ saîent raction des alcalis sur la matière am^ maie, puisque le temps que les corps devaient re^t^r en contact avec, ces substances était: strictement limité; ils n'ignoraient pas la pn»* priété Qu'ont les baumçs et les résines d'éloi-* gner des cadavres les larves des insecteset les. mites;' ils avaient aussi reconnu la nécessités d'en'velopper les corps desséchés et embaumés^ afin de les préserver de rhumidité, qui se se-, rait opposée à leur conservation. Ces peuples, étaient parvenus à établir des règles invariables et une méthode certaine pour procéda aux.embaumements. On remarque, en effet, que le travail de ceux qui étaient chargés d'embau-^ mer les morts consistait en deux principales, opérations bien raisonnées : la première,. <te soustraire de l'intérieur des cadavres tout ce qui ^pouvait devenir une «cause de corruptioD pendant le temps destiné à les dessécher; la seconde, d'éloigner de ces corps tout ce qui aurait pu par la suite en causer la destruction* Les résines odorantes et le bitume non-seu^.

lement préservaient dé la corruption » mais

i S5 ) isneere élolgnaieiit les Ters ^t.les.Qéurai^bWfft fpn détoreait les cadayres. .— l<es embaumeiirh Après avoir lavé leis cadavres aviçc cçt);e liqi^ur .lîneuse et balsamique qu'Hé):odQte et Pkxdoiïç a|»peUeot vin de palmier, e( J^s avoir reiqplîp 4e rë^iaes odorantes ou de' biUiaiei»« les jdar ^ent dans 4es>>étuves, où, à Taîde d'utieich^^ leur convenaUe, ces substances irépineiasef .s*Ur n^^ai^nt intimement aux co/pa, et^cQmP'*4J arrivaient en, peu d^ temp» i^ cet é^% à&!^»fr iuiccatio^ parff^ite dans lequieionj ji^^trpiiKf

anJQurd'bui; Celte opéralioui dgntaniQHqJttiph jkc^ienf n'a parlé » édtait sans doute lapisfoçip^l^ et la plus importante : de Fembautteifif^» ; t I Les Arabes ont saccagé les grotles les ptw àpp^urentes etjles pyramides^ itUfljiHs pQHfittpujrer des niQinies,;fiE|ut41.pén|étr^^4anf^ df^ montagnes et dèsceiidre ^Laf^.çfis.^^^t^,f^ prof(ui4e? excavations où }'(^ ^'arrijF^r qjufijif^* de. longs canai^ir, dont :q^^iie^i)in8,s9nt^r ççmbsés. Là , dans des chanibriç^ ou .:^8 e^pèf ç^'depuit^ carrés taillés- danfie^groc, pi^.friniii(e des milliers de niomies. enfai^sées les une&«ur les autres , ^ui paraissent ai^ojir .été iirrangée? avec upe certainie symétrie » xpioique pkisifmrs se trouvent aujourd'hui déplacées et brisées.

ÛèptèÈ de «es j)tit9 ^f o(Mi8«'J(fttf iehrateat<A« «é^tiitv ' eetntta^e à pliisieuri Viiniltes', * iMi MlVebtttfé anM^éùuntres chambk^fl moins grat^ ^'et'^ttd<]r°'^ caritéè étroiM^len-foriM^iék iiidhèv qui' étaient de^fitiées & liMifetti^ Mfe tètûe montie où detix au ]prlvs:-£e« gi><rtte6'^ -hi'^IVébfatde 'i«Âl(ïrdient tin ^anfd «oéhftità'éfe mamim '^eùx'ebniservées qite eelleft' ^tH^tm «•olIVe dènsles'^iavéàùs kH l^é» fÛiW de ^qc^ rtti?. '>6'é^ "sértoitit auprès^ dèb^.?u{Wes> dé ^(Çl>c!éS'UsÀté rint^éui' &e là ffitifiJt^é'y^V«iledd'de^iiié l'enta de la Vâffeé^déiffoyBëMt

A^'MiS ÎB8<iii'à' Médynèt-ibodi"^'*^' 'M '^ beaub««p de ntemiés entière ^êfitfîenriiàiiile)^

-■"W Më'^r^ ittipossibte-a^stiyërlë tforàbré ^bdigfetix^dè (iéiléë ^tie j'ai trodiéês ^pttHei) et ëtilitis«és^ddn^1^ chambres së^alfariifeé^ëf^Hè IS'kâûItttàaé -dbl èàVé^ut'4ùi^t>Bt 'cbtis >nii teri^tlr -d-é ' tlettë linmàgae: -^ëA ai âlêré]ôppé fX'ëkéMhë un 'grand nouBr^,- àtiuittt pS^è W'àÀéàfei' de lëùiHétàfët-tii^tirr i^bnnaUré léï»

afes Wbïès , derf i^àj/ynts ët-dïiù*èy6b)«4 rftfi

( ftS )

que qu'il y eût i cc^mme 1^4lt MsUlet y dâstecp yesûx 6{)édàléinetif ^estittéft à la «épidiuMtdes hommed*^ des femmes et des enfanfts^uiaiirf^ élé surpris 'd^ trouYCi^ peà d<g momie» *dne«l^ fants dans les tomheailx ^fae j'ai tisiDé^.' Om càdiaivres énibâiimés^ psfrtiif lesquels: on^retreim* tté un fiomlMre â peu près ég^ d^oniidè» etidé feéimes, et qui, au premier aspect^ psfrâltff tent se résË^embler e« aydir été^^véparêê^^éJè h même manière , diffSèrelit oe'p^dailt pâflr <fe| diverses subst^mces. quL ont été emplè^ées' à leur embaumement, o» par rtomugeiiient ou par la qtfôiHfë des .toiles q^) leur serteat d'eii<i

Vdoppe;" ••- ' ' '' *•'• ** i * »■■* -^''i* îJHn'i')

Le ôèmte de Caylus iSt lef <eélè|>pe^elliiiiiêM Roudlé ont' prétendu que toutes tes ^toilefi^iqttl ënveléppaieixt les momiies -épient 'de'oméb^ j'ënnâ <ti*otifé^-un graidd tiëmbrë qù^ étdettt énvélopiiéés avec désl>ahdes de'tcHlerde^^n,^ d'un tissu Beaucoup plu» fin qtre eeidi di^tèl^ les dé doton que Fôn trèttVé-'Mrdkiàtréirièm àntbtirx^tés moliûitës jpH{>aJ*ëë8 àvëé thoiiisiiil«' sttfti. Xès momies d*oîseamv pai'tîeuUëi^eMëM i^ellës des ibis, sent aussi enveloppées ave^Eî^i bandes dé toîte de Imf. En eidinitiaM en ilélttll éî avee attention quelques-ttnes ' de^ ibéiè^

(96) qui se trouvent dans les tembeanx^ j'en ai r&ootanu dddeux classes principales : cielles auxquelles on a fait , sut* le côté gauche » au-dessus de Tatne , une inioision de deux pouôes et det^i environ^ qui pénètre jusque dans ja cavjté du bas-«?entre; et eelles qui n'ont point d'ouvertAre SHr le côté;^avche ni sur* «fûcune autro partie du /cerps» Dans l'une; et dans T^ujjre classe , on trouve plusieurs moiniçs qui ^nt.lçs pdr^s. du nçz déchirées et l'os ethmoîde entiè^ i;e0)ent brisé i mais qU€;lquesrune$ de la dernière classe. ont' les corne^, du ne^ intacts et l'osiéihniQide entier; ce qui pourrait, faire croire que quelquefois les embaumeurs nç tiMch^nt pas au cerceau* L^ou^eirture qui se ti9eu;V0 sur le coté de iplusieurs. o^qmies se ia|^ sait^ans dqute dan^ tous les pnp^aumements reobercbiâs, non-S9^1e|;nentpo^r.retir:fr|^s intestins , €|u'on ne trouve dans aucun df ce^ car dayref ^ d^séchés aimais: encore: ;pour in^ui; nettoyer I9 cavité 4nbaaTifqntrçi et ^Ki^ur la jern^ l^r. d'une plu^ grande quantité, de substances aromatiques et résineu^,- dont le volume Qon« tribuait à conserver les corps ^ en même temps que l'odeur forte des résines en écartait le^ inr secfes <Bt les vers. Cette ouverture, ne m'a point

{ 97. ) paru recousue, comme le dit Hérodote; le bords avaient seulement été rapprochés , et se i^aintenaient ainsi par la dessiccation.

i\ Parmi les momies qui ont uiie incision sur le côté gauche, je distingue celles qui ont été desséchée^ par le moyen des substances tanno-balsamiques, et celles qui ont été salées. Les momies qui ont été desséchées à Taide de substances balsamiques et astringenties sont remplies comme d'un mélange de résines aromatiques, et les autres d'asphalte ou bitume pur.

Les momies remplies de résine aromatique sont d'une couleur oliyâtre; la peau est sèche ^ flexible, semblable à un cuir tanné ; elle est un peu retirée sur elle-même , et ne parait former qu'un seul corps avec les fibres et les os; les traits du visage sont reconnaissables, et semblent être les mêmes que dans l'état de vie ; le ventre et la poitrine sont remplis d'un mélange de résines friables, en partie solubles dans l'esprit-de-vin : ces résines n'ont aucune odeur particulière capable de les faire reconnaître ; mais , jetées sur des charbons ardents , elles répandent une fumée épaisse et une odeur fortement aromatique. Ces momies sont très-sè-

(98) che9» faciks à développeF et à Minprai ellea conaervent encore toutes leurs dents, leur seke- Yeux et les poils des sourcils. Quelques-unes ont été dorées sur toute la surface du corps , d'autres ne sont dorées que sur le visage, sur les parties naturelles , sinr les pains et sur les pieds. Ces dorures sont commynes à un assea grand nombre de momies , pour m^mpéchei^ de partager Fopinion de quelques voyageurs, qui ont pensé qu^elles décoraient seulement le corps des princes ou des personnes d'u^ rang très-distingué.

Ces momies, qui ont été préparées avec beaucoup de soin, sont inaltérables tant qu'en les conserve dans un lieu seci mais , développée» et' eiposées à FttP, elles attirent promptemenf llbiimidité, et au bout de quelques fours elles répandent une odeur désagréable.

Les momies remplies de bitume pur ont une couleur noirâtre; la peau est durp , luisante, comme si elle avait été oonverte d'un vernis ; lea traits du visage ne sont point altérés; le ventre « lapoitrineet la tète sent remplis dHme substano^i résineuse, noire, dure, ayant peu d'odeur.

Cette matière, que î'âi retirée de l'intérieur de pluaiem» meanies^ mVi pvéqenté fea mAnsMe

( 99 ) caractères physiques et a donné à l'analyse ohimique les mômes résultats que le bitume de Judée qui se trouve dans le commeroe. Ces sortes de momies, qu'on rencontre asseas communément dans tous les caveaux , sont sèches, p6Mfiles f sans odeur, difficiles à développer et â rompre« Presque toutes ont le visage, les par* ties naturelles , les mains et les pieds dorés s elles paraissent avoir été préparées avec beau*" coup de soin ; elles sont très^^pou susceptibles de s'altérer et n'attirent point l'humidité de Fair. Les menues ayant une incision sur le côté gauche, et qui ont été salées, sont également remplies, les unes de substances résineuses et les autres d'asphalte* Ces deux sortes diffèrent peu dea précédentes ; la peau a aussi une cou-* leur noirAtre, m^is elle est dure, lisse et ten* due comme du parchemin ; il se trouve un vide aiH^essous, elle n'est point collée sur les osi 1m résines et le bitume qui ont été injectés daaa le ventre et dans la poitrine sont moins friables et ne conservait aucune odeur; les traits du visage sont un peu altérés i on ne trouve que très«pett de cheveux, qui tombent lorsqu'on les touche. Ces deux aortes de nsomiea sa trouveal an tr&Ngraad nû«ihra daaa tena les ai-

veaux : lorsqu'elles sont développées , si on les expose à l'air, elles en absorbent Thumidité, et elles se couvrent d'une*^ légère efilorescence saline que j'ai reconnue pour être du sulfaté de soude.

2"". Parmi les momies qui n*ont point d'incision sur le côté gauche, ni sur aucune autre partie du corps, et dont on a retiré les intes' tins parle fondement, j'en distingue aussi deux sortes : celles qui ont été salées, ensuite remplies de cette matière bitumineuse moins pure que les naturalistes et les historiens appellent pisasphaltey et celles qui ont été seulement salées.

Les injections avec le cédria ou le surmaïa pour dissoudre les intestins, selon Hérodote, ne pouvaient atteindre ce but; il est beaucoup plus naturel de croire que ces injections étaient composées d'une solution de nàtrum rendue caustique , qui dissolvait les viscères ; et qu'a-: pires avoir fait sortir les matières contenues dans les intestins , les embaumeurs remplissaient le ventre de cédria ou d'une autre résine liquide qui se desséchait avec le corps.

Les momies salées qui sont remplies de pisasphalte ne conservent plus aucun trait re»

connaissable : non-seulement toutes les cavités du corps ont été remplies de ce bitume, mais la surface en est aussi couverte. Cette matière a tellement pénétré la peau, les muscles et les os, qu'elle ne forme avec eux qu'une seule et même masse.

En examinant ces momies, on est porté à croire que la matière bitumineuse a été injectée très-chaude, et que les cadavres ont été plongés dans une chaudière contenant ce bitume en liquéfaction. Ces sortes de momies , les plus communes et les plus nombreuses de toutes celles qu'on rencontre dans les caveaux, sont noires, dures, pesantes, d'une odeur pénétrante et désagréable; elles sont très-diflSciles à rompre ; elles n'ont plus ni cheveux ni sourcils, on n'y trouve aucune dorure. Quelquesunes seulement ont la paume des mains, la plante des pieds , les ongles des doigts et des orteils teints en rouge , de cette même couleur dont les naturels de l'Egypte se teignent c^ncore aujourd'hui la paume des mains et la plante des pieds (le henné, lawsonia inermis). La ma* tière bitumineuse que j'en ai retirée est grasse au toucher , moins noire et moins cassante que r^^phalte; ellç laisse à tout ce qu'elle toucha

tide odeur forte ol pénétrante! elle ne ie dif-> •Ont qu'imparfaitement dent Telcooli jetée suir deè oharboni ardents ^ elle répand qne fuméd épaisse et une odeur désagréable ; distillée^ elle donne une huile abondante, grasse^ d'une coa"* leur brune et d'une odeur fétide. Ce sont oet espèces de momies que les Arabes et les hd)îtents des lieux Yoisios de l6 plaine de Saqqft^ mh Rendaient autrefois mx% Européens^ et qui étaient envoyées dans le commerce potir Tosage de la médeeine et de la peintui^, ou comme <âibjet d'antiquité f on les ohoisissait parmi eellei qui étaient remplies de bitume de Judée , pttis« que o'eit à cette matière ^ qui arâit long>»temps séjourné dans les cAdavrds, qu'on attribuait autrefois des propriétés médieiilales si aier«i veilleuses t cette substanoe^ qui était nommée bûuîM de momie , a été ensuite trèa-^rèGherehée pour la peinture : c'est pour oela que l'on n'a connu d'abord en France que l'espèâe dé mo** mie qui renfermait du bitumOé Elles sont très* peu susceptibles de s'altérer; exposées i Thii» midité , elles se couvrent d'une légère ^efflores»oence si^nè à base de soude» Les momies qui ti'ont été que salées et desséchées sont gêné* ralement plus mal conservées que celles dans

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fesqueUM un irouTe des résines et du bitume.

Oo i^etnarqiie plusieuri variétés daûs cette dernière sorte de momies ; mais il paraît qu^elIes pl^D¥ieitnent dil peu de toin et de la négligence que lel embaumeurs mettaient dam leur pré-^ paratiohft Les unes, encore entières, ont la peau éèebe , blànohe , lisse et tendue comme du parchemin s elles sont légères , sans odeur et iaoiles à rompre; les autres ont la peau éga-^ lement blanche, mais un peu souple; ayant été mèins desséchées, elles ont passé à Tétat de gras« On trouve encore dans ces momies des morceaux de cette matière gtasse, |aunâtre, que les naturalistes ont appelée adipo-cire* Les traits du visage sont entièrement détruits , les sourcils et les oheveux sont tombés : les os se âétachent de leurs ligamotits sans aucun effort , ils sbnlblancs et aussi nets que ceux des squdet^ tes {if éparéspôur l'étude de l'ostéologie; les toilei qui les enVeloppènt se déchirent et tombent en lambeaux lorsqu'on lés touché. Ces sortes de momies, qu'on trouve ordinairement dans des eateaux particuliers, contiennent une asses grande quantité de substance saline, que )'ai r&> e&nnae pfrur è&e presqu'en tètftlitë du sulfate de soudé. Les diverses espèces de momies dont

je .viens de parler sont emmaillottées avec un art qu'il serait difficile d'imiter. De nombreuses bandes de toile , de plusieurs mètres de long^ composent leur enveloppe; elles sont appliquées les unes sur les autres, au nombre de quinze ou vingt d'épaisseur , et font ainsi plusieurs circonvolutions^ d'abord autour de chaque membre, ensuite autour du corps entier; elles jsont serrées et entrelacées avec tant d'àdresse et si à propos , qu'il parait qu'on a cher* thé , par ce moyen , à rendre à ces cadavres , considérablement diminués par la dessiccation, leur première forme et leur grosseur naturelle.

On trouve toutes les momies enveloppées à peu près: de la même manière; il n'y a de différence que dans le nombre des bandes qui les entourent et dans la qualité des toiles, dont le tissu est plus ou moins fin, selon que l'enK haumement était plus ou moins précieux. Le corps embaumé est d'abord couvert d'une che^ mise étroite , lacée sur le dos et serrée sous la gorge ; sur quelques-uns ,^au lieu d'une chemise, on ne trouve qu'une large bande qui enveloppe tout le corps. La tête est couverte d*un morceau de toUç carrée, d'un tissu trèà**

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fin , dont le centre forme sur la figure une espèce de masque; on en trouve . quelquefois cinq à six ainsi appliqués Fun sur Tautre; le dernier est ordinairement peint ou doré, et représente la figure de la personne embaumée. Chaque partie du corps est enveloppée séparément par plusieurs bandelettes imjHrégnées de résine. Les jambes approchées Tune de Tautre, et les bras croisés sur la poitrine, sont fixés, dans cet état, par d'autres bandes qui enveloppent le corps entier. Ces dernières, ordinairement chargées de figures hiéroglyphiques, et fixées par de -longues bandelettes qui se croisent avec beaucoup d'art et de symétrie» terminent l'enveloppe.

Immédiatement après les premières braides, on trouve diverses idoles en or, en bronze, en terre cuite vernissée , en bois doré ou peint ; des rouleaux de papyrus écrits , et beaucoup d'autres objets qui n'ont aucun rapport à la religion de ces peuples, mais qui paraissait ^tre seulement des souvenirs de ce qui leur avait été cher pendant la vie. — C'est dans une de ces momies placée au fond d'un caveau de l'intérieur de la montagne (derrière le Memno^ nUmi temple de Ifi plaine de Tbèb^ ) que |'a|

( »»6) tfoutéiin papyrus TolumiiieaXy qui l6T0itgr»» té ûmuê Tonvrage ( P^ay. les planches 61 , 6*4 6S, 64 et 65 du a** vdlume des planches d'an« tiquités» el la descripUen des Hypogées de là ville de Thèbes). -^Ce papyrus était roulé sur lillMnéme, et avait été placé entre les cuissëé du la momie , imtnédiatefcnent après les pre* mitres bandes de toile 9 oette momie d'homme^ dont lu tronc avait été brisé, ne m'a point parti etpir été embaumée d'une manière trës«reoher** ottée : elle était enveloppée d'une toile assex eOifimune, et af ait été remplie d'asphalte; elle n*Mt&t cte doré que les ongles des orteils«

aréique toutes 1^ momies qui se trouvent dans ces chambres souterraines ^ où Ton peut •nëwe pénétrer^ sont ainsi enveloppées de bandes de toile avec un masque peint suir lo f ÎMgei 11 est rare d'en trauver qui soient en* ftfmées dabs leurs caisses, dont il ne reste plus atijourd'hui que quelques débrltf. Ces ealsies^ fpû ne servaient sans dotite que pour les riehes M pour les personnes de haute dislinetioui étaient doubles ; celle dans laquelle on dépo^ Mit les memiès était faite d'une espèce de ear^^ tan o6tnposé de plusieurs morceaux de toile coUés leg UUÉ sur les autres i cette caisie était

( '^7 ) MÉtiite enfermée datiB une seconde i cQnstmite en bdlÉ de lycemora oa de cèdre* •

Il i^bllei Bi nOuè ne nous abusons^ du rap-^ prMhemenl de tant d'observations faites avee •Oin ^ une Gonséquenoe à laquelle ne nous au*foietit pis conduits les plus longs raisonne*" ments t les émbataaiefhents simples ont pu^ 6tre pratiqués ohes les Égyptiens dès les premiei^ temps de leur civilisation, sans une oon^ naissanoe bien exaetê des lois de eonservation des inatièt^s animales ^ et avant que les antres Arts fussent trèf ««Taneés. Une description de la pkinë des niomies par M. de Maillet donnera ft cette opinion^ déjà si solidement assisOi la va* leur d'une vérité démontrée.

i Yis^à^vis ee bourg de Afanof ^ en tirant vert l'oyeit ^ est sitdée la plaine des mOmies f )oi^ ^adt pat son nord ku% pyramides mérldio-« naleSf qui sobt une sdite du eimetiàre que les habitants de Memphis avaient de ee GÔté4i| plaine fameuse par le grand tiombre des mo* mies qu'on a tirées daiis ces' derniers temps des oaveaux souterrains qu'elle contient sous ses •ri^esi et pÈo* le nombre encore plus gfand de oorps embatimés qu'elle renferma* Cette

plaine est ronde et plate, et peut a?Qir quatre grandes lieues de largeur ou de diamètre; en sorte qu'on peut assurer qu'elle a plus de douze lieues de tour. Son fond est un rocher trèsplat , qui autrefois a été couvert par les eaux de la mer, et qui se trouve caché aujourd'hui éo\k% cinq à six pieds de sable. C'est dans ce rocher que ceux qui n'avaient pas le moyen ^e faire bâtir des pyramides pour enfermer leurs ciorps après leur mort et s'assurer par là un repos dont nous savons que les anciens Égjptiens faisaient un si grand cas , trouvaient un art moins onéreux de se faire des asiles, qu'ils se persuadaient pouvoir être à l'abri de la fureur et de l'impiété des hommes , et devoir assurer le retour de leurs âmes dans ces mêmes corps, au cas que leurs tombeaux ne fussent pas violés. Dans cette vue, ils choisissaient d'abord un endroit de cette plaine, d'où il (allait commencer par lever sept à huit pieds de^ sable mouvant. Après avoir vidé un espace circonscrit , et l'avoir parfaitement net^toyé , on

commençait à creuser le rocher par un trou d'un pied et demi ou tout au plus de deux jpipds de diamètre ; et lorsqu'on était parvenu

^ ( >^9 ) â la profondeur d'environ cinq à six .pieds, on travaillait à élargir le trou et à pratiquer une éhambre dans la pierre. C'était par ce trou qu'on descendait les corps qui devaient être déposés dans ces tombeaux; après quoi, on refermait l'ouverture par une pierre si juste qu'elle ne laissait aucun jour, ni vide par où le sablé pût s'insinuer.

9 Dans ces chambres creusées dans le roc, et d^dne étendue assez considérable, on avait ménagé plusieurs niches dans lesquelles étaient placés les icorps des maîtres de la famille à laquelle ces sépultures étaient destinées. Ces niches ne sont point pratiquées en longueur , mais en hauteur. Ainsi les corps y étaient debout dans les caisses où on les avait enfermés^ et d'où, dans ces derniers teinps, on en a tiré un si grand nombre. Ces caissiçs sont de bois de sycomore, qui ne se corrompt jamais, et ne sont composées que de deux pièces. La première, dans laquelle le corps se trouve renfermé, est très'profonde , et creusée avec beau* coup de travail; la seconde sert de couverture , et est parfaitement juste au cercueil* On a trouvé quelques-unes de ces caisses avec des yeux de verre, par où, sans les ouvrir^

on poutail voir le corps de h momie qui y était renferma. On en a rencontré d*«utre« qui étaient doubles , c'e8t*-à-dire où une OfiâlHi se U*ouvait renfermée dans une autre ; cq q^i fait juger que la première contenait sans doutO le' corps de quelque personne de disllnetion^ Pourtant il est très-rare qu'on ait en lamai» U corps propre d'une belle caisse, parce que Im Arabes qui les découvrent ne manquont jamais de mettre en pièces ces sortes dt corpi» dans respéranee d'y trouver quelque petUe idolo d*or, ce qui, en effet, leur arrive asMSK sou** vent Us remettent ensuite à leur place le oorpi d^ne eaisse commune ^ où sf trouvent rare* ment des Idoles de quelque valeur. I) y a quel« que temps que le maitre de Soeam^ village voisin de la plaine des momies, fit travailler à Touverture de qudques-unes de gqi sépnlturaa souterraines, et eomme il ^t fort de ipes amia» il me eommunlqua diverses enriosltéa , gMod nombre de momjës, de figures de bois et dW scriptions en caractères hlérogfyphiquea ei in« connus, qu'on y avait trouvées.

> Dans une de ces chambres on trouva-, pa^ exetnple, la caisse et la momie d'une femme au-dennt de laquelle était une fi^re de boia

repiréseiitaiit un jcuee garçon è genoins, poivt tant lin doigt lur aa bouchç et tenant de Yw^ tre main une espèce de réchaud posé aur la tête et dan& lequel il y avait sans doute du par^ film. Ce jeune homme portait pur l'estomae quelques caractères hiéroglyphiques i on le mit en pièces pour ?oir sHl n^^ aurait point de Tw renfermé dans cette figure. On trouva dans 1% momie, que l'on ouvrit par la mèipe rajson, un petit vase de la longueur d'un pied rempli de ce même baume dont on se servait pour pré»

server les corps de la corruption* Je fis r^mprii une au&e momie de femme, dopt im sieur Bft«i gari*y m'avait fa^t présent. Uouverlurè s'en fil dans la maison des Pères oapueiaa d|e oetta ville; et on eut Tlmpru^encQ de eauper lea bandelettes avec des «iseaux ; oes b|in:dea^ ïfè^ longues çt dHine largeur assea oonsidéiable , étaient non -seulement chargées dHm haut à l'autre de figures hiérogfyphiquea; on décei^ vrait encore au-dess.oua certains caraetèrea iam connus, tracés dç droite à gauche et farsnant des espèces de vers. En efiet, on remarquait h| même ternûnaison pn plusieurs petites Ij^fnea qui se suivaient. Ils contenaient sans doute rékge de ijetle personne, éerit 4ana la lanjue

qui de son temps était en usage en Egypte^ Quoi qu'il en soit , ces bandes mises en pièces furent pillées sur-le-champ par quelques mar« chands, qui étaient présents avec moi à l'ou" ▼erturc que je fis faire de cette momie ; il ne m'en resta qu'une très-petite partie, que )'ai de* puis envoyée en France : aucun savant n'en a pu rien déchiffrer. Cette momie tenait la main droite appliquée sur son estomac, et sous cette main on trouva des cordes d'instrument par^ faitement conservées : de là je jugeai que c'était le corps d'une personne qui avait coutume de jouer de quelque instrument, ou qui du moins avait été adonnée à la musique. Je suis persuadé que si l'on examinait de même avec soin chaque momie , on y rencontrerait également qudque signe de cette nature.

• J'ai fait une autre observation, qui ne me semble ni moins utile ni moins curieuse : c'est que dans ces momies tous les visages sont différents ; les uns marquent plus de jeunesse, les autr es plus dbeauté. Ceux qui ont vu des mo« mies entières savent qu'elles ont toutes un masque doré, composé de plusieurs doubles de toile de soie qui font un espèce de carton fort solide. J'ai |ugé de cette diversité que les mas*

qiies ou cartons chargés de caractères hiéro-* glyphiques, qui marquëut saiis cloute l'âge, les , actions, les mœurs et la condition de la personne, la représentaient de même au naturel, soit que dès son vivant on eût eu soin de tirer ce modèle, soit que Ton ne l'eût pris seulement qu'après la mort en appliquant ces toiles sur son visage , à peu près comme on tire encore aujourd'hui la ressemblance d'un homme mort du plâtre ou de la cire. Par là, non-seule- v ment on conservait les corps d'une famille entière, mais en descendant, dans ces. lieux souterrains, où ils étaient déposés, on pouvait se représenter en un instant tous ses ancêtres depuis un millier d'années, tels à peu près qu'ils étaient de leur vivant. Kien n'était plus capable de rappeler vivement le souvenir de leurs vertus, de conserver leur mémoire et leur amour dans le cœur de leur postérité.

1 Non contents de conserver parcesmoyens le souvenir de leurs princes et de leurs parents, les Égyptiens déposaient encore leur figure eu marbre auprès de leur momie. J'ai une preuve certaine de ce que j'avance dans une antique des plus curieuses dont j'ai fait l'acquisition dany ee pays. C'est une figure en trois pièces ^ re-

présentant une femme. La tête et les pieds sont de pierre de touche noire ; le corps est en gaine et fait de marbre vert antique rayé de blanc. Ces trois- pièces réunies forment une figure haute de cinq pieds cinq pouces* Elle est fort entière et d'une beauté achevée. Le prêtre qui me la Tendit à grand peine et assez cheir me jura sur FÉvangile que cette figure avait été trouvée dans une pyramide » il y a sept à huit cents ans.

t On trouve dans quelques-unes de ces cham« bres dont je parle plusieurs niches, les unes grandes» les autres petites; souvent aussi Ton passe d'une chambre dans une autre , d'une seconde dans une troisième, et quelquefois mêfoe dans une quatrième; mais il ne faut pas s'imaginer que les corps déposés dans ces som* bres appartements fussent tous enfermés dans des caisses et placés dans des niches. La plu« part étaient simplement embaumés et emmaillottés, comme chacun sait; après quoi , on se ^^ntentait de les arranger ainsi sans façon lei uns auprès des autres ; quelques-uns même étaient déposés dans ces tqmbeaux sans être embaumés, ou l'étaient si légèrement qu'il n'en reste aujonrd'bui qne les os parmi les JingM

qui les enveloppaient et qui se trouvent à moitié pourris. C'est de là qu'on voit dans quelques-unes de ces chambres des tas d'os mêlés de ces sortes de linges , qu'on y a laissés, après en avoir enlevé les corps, qui s'étaient conservés entiers , pour leur faire traverser la mer. Il est probable que chaque famille un peu con<> sidérable avait pour elle seule une de ces se* pultures ; que les niches étaient destinées à re^ cevoir les corps des chefs de la famille, et que ceux des domestiques et des esclaves y étaient placés simplement par terre , après avoir été embaumés , ou même sans l'avoir été. C'était là aussi^sans doute ce qui se pratiquait à Vé* gard des chefs mêmes de famille, dans les maisons les moins distinguées. On a même décou* vert, depuis peu, dans cette plaipe des Momies^ une manière jusqu'ici inconnue d'ensevelir les corps. A l'extrémité de cette vaste campagne et vers les montagnes qui la bornent au couchant^ bn a ' trouvé des lits de charbon , sur lesquels sont couchés des corps emmpillôttés seulement de quelques langes et couverts d'une natte sur laqudle régnent des sables de sept à huit pieds de hauteur. Cependant on doit observer que ees corps, Quoiqu'ils no ftisseol point embao*

( "6) mes , ou ne le fussent que légèrement , de même que ceux qu'on avait n^ligé de renfermer dans des caisses, n'en étaient pas moins à l'abri de la corruption. »

Lorsque je considère avec quelle facilité les Égyptiens pouvaient conserver leurs morts , )'ai peine à comprendre ce passage d'un auteur d'ailleurs si ingénieux : « Une industrie si composée ne se présente pas tout d'abord au génie des peuples. Gomme tous lespeuples du monde, celui-ci n'a pu se livrer aux arts proprement dits qu'après avoir assuré sa subsistance par la culture. Reprenez tous ces arts, rangez-les dans l'ordre où ils ont dû naître , et cherchez l'époque précise où ils sont nés en effet : vous ne la trouverez pas. L'histoire est muette sur ce point; et quelque téméraire qu'il soit de suppléer à son silence, il est visible, néanmoins, que l'art d'embaumer les corps, très -ancien pour nous, était très -nouveau pour l'Egypte, et peut-être postérieur à tous les autres. > Je ne prétends pas que cette manière de rebâtir l'histoire avec des vues à priori et des conjecr. tures soit de beaucoup inoins positive que la méthode des historiens, qui la font souvent Avec des mensonges avérés; mais pi l'une ni

(••7) Tautre, assurémeat , n'ont une grande valeur*

Les faits nombreux que nous ayons accumu-' lés dans ce chapitre nous paraissent plus propres à préciser toutes les questions relatives aiix embaumements que des discussions longues et des raisonnements à perte de vue. Par eux il reste prouvé que des corps placés au seiii de la terre, recouverts seulement de quelques pieds de sable, se sont conservés pendant dés siècles; que d'autres, à peine embaumés, ont été retrouvés intacts: que devient, après cela^ la nécessité d'arts avancés et d'une industrie perfectionnée, quand, d'autre part, nous voyons des peuples parvenus à un haut degré de civilisation, avec une masse immense de connaissances de toute espèce, mais dans d'autres conditions géologiques et atmosphériques, ne nous transmettre, quoique plus rapprochés de nous , qu'un peu de poussière dans les se-* pultures les plus somptueuses?

Le coup d'œil que nous jetons sur l'ensemble des faits qui nous sont soumis nous mène à des conclusions toutes différentes de celles qui ptécèdent, et nous disons : i"" de tous les arts, celui des embaumements a dû se présenter le plus facilement à l'esprit desGuanches, des

Ji^ptîens et de tons les peuples placés dans des conditions géologiques et atmosphériques ana-logues; 2'* pour aucun ^ la nature n'offrait des enseignements plus positifs et un secours plus efficace; 3*" les Égyptiens ont pu embaumer, dès les premiers temps de leur civilisation, avant qu'aucun art fût très-avancé : quatre ou cinq espèces de leurs momies en offrent des milliers de preuves ; 4'' les ^rts de confectionner et de tendre des tissus ^ de fondre, de façonner, de colorer le verre et les métaux; Tart si délicat de graver les pierres fines , Fart de travailler le bois^ de le peindre , de le dé* corer, de lui donner tout l'éclat de l'or, des vernis , des émaux ; l'art de préparer les par^ fums et de faire pénétrer jusque dans les chairs les poudres , les essences et les résines odorantes, tous ces arts sont venus, selon leur rang de développement , compliquer et perfectionner l'art de faire des mdmies, si simple à son début; S"" transporté dans les pays où les conditions extérieures étaient différentes, cet art a été sans efficacité , et n'a prèsque jamais atteint son but; nous en aurops des preuves dans le chapitre qui suit.

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