‹ Histoire des embaumements, et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 18 sur 21 · JOURS · texte numérisé non relu

JOURS

Ici les faits nous manquent presque entière* ment » et rhistoiré de Tart que nous étudions ne peut être poursuivie que dans les récits des historiens; nous n'avons plus, pour contrôle de leur véracité, ces monuments que l'Egypte nous offre en ^i grand nombre. Chez les Juifs^ les Grecs , les Eomains et tpus les pevples modernes ^ nous voyons accorder les honneurs de l'embaumement aux rois , aux princes et aux hommes de haute distinction ; mais aucune tombe ouvert!^ n'^ rendu une seule de ces momies que nous admirons chez les Égyptiens; et si quelques exemples rares et éloignés de nous nous transmettent robservation d'une conservgtîpn durable, le^ déjails merveilleux et extra-

ordinaires qui raccompagnent nous font douter du fait même.

Ainsi 9 au dire de Gabriel Clauder» on voyait » du temps de saint Augustin, le corps d'Alexandre avec celui de Ptolémée ; leur tombeau a été visité pendant plusieurs siècles, et l'on a pu remarquer la peau conservée avec les, membres.

Mais, ajoute-t-on, tous les corps ne ressemblent pas à celui d'Alexandre -le -Grand, qui était pendant sa vie, au rapport de Plutarque et der Quinte-Curce, d'une composition si rare ei, si admirable , que sa peau , sa bouche et toute sa personne rendaient une odeur très-agréable et parfumaient ses habits. On dit que son cadavre, par la négligence de ses amis et de ses capitaines, resta plusieurs jours sans être embaumé , et que cependant, lorsqu'on vint à le visiter, il fut trouvé sain , sans aucune tache , et même ayant le teint aussi frais et aussi vermeil que s'il eût été vivant , quoiqu'il fût mort d'une fièvre continue : c'est au point que les Égyptiens et les Chaldéens , qui avaient chaîne de l'embaumer à leur façon , n'osèrent d'abord en approcher, croyant qu'il n'était pas mort.

De telles merveilles ne sont psis assez en har^ mônie avec la marche rigoureuse que noue

avons suivie jusqu'ici pour que nous pensions sérieusement à les mettre en discussion; nous nous bornerons à reproduire le dire de chacun^ jusqu'aux temps modernes, où les faits bien constatés offriront une ample matière aux ré** flexions.

Le peuple juif, qui témoigna, comme les au* très, son respect pour les morts, n'admit jamais comme usage le soin d'embaumer les corps.

Ainsi, Abraham achète le champ où Sara est inhumée; Joseph fait embaumer magnifiquement le corps de son père ; Moise emporte souplement les ossements de Joseph; David loue les peuples de Galaad d'avoir enterré avec pompe Saûl et ses enfants, etc. Dans la plupart de ce^ exemples , il n'est fait aucune mention d'embaumement; pourtant le corps de Jésus-Christ fut embaumé. Yoici la méthode à peu près :

chaque sexe prenait soin de ses morts ; on fermait d'abord la bouche et les yeux de la personne expirée , ensuite on la rasait , on la lavait et on la frottait de parfukns; on la liait avec des bandes pour l'ensevelir dans plusieurs draps de toile ou de laine très -fines, et enfin on la met*tait dans le-sépulcre. Cornélius Jansénius pense que la myrrhe et l'aloès qu'on y employait

( «aa )

arajeat la vertu d^ résister puissamment â I4 pouiritûre. Il est inutile de dire que cette opi-* nion e$t sans fondement ; que la grande quan-» tité4*aromates qui se consommaient était plutôt po|ir la pompe que pour conserver long-temps le sujet. Ils ne prenaient aucun soin du dessé^ chement des corps ; ils ne les débarrassaient pas dQ leurs entrailles, et| malgré toutes ces drp-* gués odoriférantes» dit avec raison Pénich^r» la pourrituredevaitbientôts'ydévelopper» comme il parut au corps de Lazare quand il ressuscita, Les Perses ne se proposaient probablement UQu plus , dans leurs embaumements , qu'une cposervation très-limitée ; le passage que noua en avons cité au premier chapitre en offre ls| preuve» En outre , cette coutume ne présente f;hez eux aucun caractère de généralité. Gyrus , roi des Perses, dit a ses enfant<» : < Quand j'aurai cessé 4^ vivre , . ne mettez mon corps ni dans l'or, ni dans l'argent, ni en aucun autre cer^ cueil^ mais rendez-le incontinent à la terre ; car que peut-il avoir de plus heureux et de pluf^ désirable que de retourner à celle qui produi|: et qui entretient les plus excellentes choses ? ^ On voit que Cyrus , dans la défense qu'il fait dç prendre soin 4e son corps , ne parle point 4e

rembaumemeot, qui, de tous let moyens^ attrait été le plus efficace pour Tempécher de rendre ses éléments à la mère commune. Les Grecs et les Romains, chez qui nous avons s%nalô quelques exemples d'embaumements, les pratiquaient d'une manière grossière et imparfaite* L'examen de leur méthode serait ici sans in** téiét.

Pour retrouver quelques traces de cet art ^ il faut imnir jusqu'à de Bils , Ruysch , Swammerdam, Clauderus, etc. On nous vante seulement leurs étonnants succès, sans nous donner les moyens d'étudier leurs méthodes. Ce que nous en savons suffit seulement pour nous faire douter, comme nous l'avons vu , de la perfection de leurs procédés. De Bils , dont nous n'avons pas encore parlé, avait un cabinet qui faisait l'admiration des visiteurs; mais il né disait pas son secret , et même , dans les salles 0Ù il conservait ses pièces anatomiques, il répatidait une odeur de substances aromatiques pour tromper les observateurs. Clauderus, qui se douta de la supercherie , appliqua son doi|[t mouillé sur l'un des cadavres, et , l'ayant porté à sa bouche, il reconnut la saveur des sels. Il partit die ce fait pour tenter de nombreuses re*-

chercbes , et parvint à former différents com« posés dont on exagéra sans doute la puissance conservatrice : nous en verrons plus loin Tanalyse.

De Rasière , écuyer , sieur Désenclosses , publia, en 17275 une description d'un cabinet dans lequel il conservait une centaine de sujets ; l'extrait suivant de sa brochure présent^ plusieurs descriptions de sujets savamment piréparés ; elle est précédée d'une gravure qui représente le cabinet dont elle donné l'explication.

Extrait de la description du cabinet anatomique de . M. o£ Râsiëre , écuyer , sieur Désenclosses ,

Ce cabinet est de 80 pieds de long sur 16 de large; les vitres en sont doubles et exposées au midi, bien plafonné et planchéyé; ce qui le rend très-propre à y conserver cette quantité de pièces curieuses qui y sont renfermées , et qui sont au nombre de plus de 100, travaillées différemment, et arrangées de manière que les hommes parfaits sont placés dans les loges in-

fférieurcB , et les enfants dahs les supérieures^ Toutes les pièces en chair sont renfermées dans des caisses vitrées, et les squelettes, dans des niches couvertes d'un rideau. Le tout tellement disposé que les squelettes et les pièces en chair sont rangés alternativement. On y voit encore dés carcasses d'hommes parfaits arran^ gées de manière que la tête qui se trouve située sur les gros os, parait sous les vertèbres qui lui servent de couronne, avec les côtes suspendues au-dessus. Cet ordre , joint à quantité de peintures et de dorures qui embellissent les caisses et les bords des corniches, fait un très-bel effet à la vue. Le côté qui regarde le midi ren-»

ferme un grand nombre de bouteilles de toutes grandeurs, où sont contenues des matières tirées des animaux , des végétaux et des minéraux. — - Le milieu du cabinet est occupé par quantité de pièces considérables. On y voit d'abord une grande caisse vitrée qui renferme toutes les parties interieures.de l'homme, et des fœtus de tout âge. Soit un microscope qui fait voir la circulation du sang dans les animaux. Puis parait un squelette de cheval, monté de son cavalier, aussi en squelette , et qui tient une faux en main. ^*- Machine du vide. -« Table

( ia6 )

anatomiqpie sur laquelle est u a cadavre, et de^ vaut uu anatomiste en cire qui dissèque*

Parmi les pièces du cabinet dont parle M, de Rasière , les plus remarquables sont : Dam lu fremière cause vitrée , la préparation du corps de Gotard, qui offre très-distincts les 456 mu9-^ des ; deuxième caisse : préparation partielle d^a ye^x et de la langue, de la tête, du corps ^ des bras et des jambes ; troisième caisse ,* pré* paration des muscles , artères , veines et ner£| du côté droit, et le squelette du coté gauche ; M cinquième, caisse est une préparation complète % on n'a fait qu'ôter la peau et la graisse, eh soa<» levant et distinguant toutes les parties. On y observe, i^Faorte ascendante, qui porte le sang à toutes les parties supérieures ; 2!" les artères carotides, qui le fournissent à la tête; 3^ lesar^ tères temporales ; 4"" l'artère radiale ( pouls )i W^ l'artère crurale à la cuisse, et une infinité d'autres jusqu'aux rameaux lés plus délicats^ Les veines sont remplies d'une liqueur noire ^ ce qui les fait paraître d'une couleur gros-bleu ; 6* on voit encore la préparation des veines do bras; 7^ des veines jugulaires ; W" des veines du pied $ 9* la veine cave ascendante. ZfcufîèfM caisses i }»èce qui ressemble tout«à-fiut â une de

( »^7 ) ces momies ou corps embaumés , qu'on trouve encore aujourd'hui en Egypte. Toutes les chairs sont recouvertes de la peau, a travers la* quelle on distingue fort bien les veines et les artères remplies de cire colorée et figée. ^Les cheveux , la barbe et tous les poils du corps aussi bien que les ongles y sont encore atta«chés. La onzième caisse vitrée renferme lé corpë du nommé Nicolas Lefort , âgé de quatre-vingt^ trois ans, natif de Douai en Flandre. Cette pièce est d'un goût particulier, tout y est eu situation ; les muscles extérieurs en sont dé^ graissés, et l'on y a conservé toutes les artères^ veines et neris qui se distribuent et se rami^ fient sur les muscles , dans la graisse et à la peau, ce qui rend cette pièce aussi curieUsé qu'elle est diflScile à travailler. -^Douzième caisse* — ^ Préparation des nerfs.

Mais l'auteur ne dit pas un mot de la mà-^ nière dont ces pièces ont été préparées. Ghei^ chons si nous trouverons dans les écrits dit temps la description de procédés capables dô produire de tels résultats*

Pénicher , en son chapitre 5 ( de l'embaumément selon les modernes), fait connaître la eompoditioa et les propriétés du tmnme. • tl

( «^8) est composé , dit-il , de différentes mixtures^ tant liquides que solides, propres à empéeher la pourriture, soit par la vertu aromatique des soufres et des sels volatils des médicaments qui entrent dans sa composition , soit par une amertume considérable, qui consiste en des particules très -pénétrantes dont la propriété est de consumeret d'atténuer les matières crues qui disposent et précipitent le cadavre a la cor* ruption ; soit par les remèdes ayant quantité de particules qui dissipent et absorbent toutes les humidités putréfiantes , soit par leur viscosité qui agglutine les parties qui se fermenteraient et se raréfieraient trop facilement ; soit enfin par leur astriction , qui , fixant ces mêmes parties, empêche la résolution du tout.» Il est facilqj de juger, par les explications qui précèdent, que les embaumeurs eux-mêmes ne se faisaient pas une idée bien nette des Succès qu'ils obtenaient , toutefois s'ils les obtenajentt La nomenclature qu'on va lire justifiera le doute que nous exprimons. Les poudres qui faisaient la base du baume sont faites de toutes les parties des plantes qui remplissent les indications énoncées si confusément. — Telles étaient les racines d'angéliquei d^impéraioire, de

gàtangaj d*acûru$9 de carHne^ de cfiryofhillataf de geiêiUinie, d^enuta cmnpana y de' valériane ^ d'tm de Fbrence, de flambe ^ décalâmes aromaticiis^ de gingembre y de pyrèire^ de cyperusyde dictame ;, le boii de roses, le sassafras , le gayuc, le ge-^ nUpre^ le buis, le» écorces de dirons , d*or anges j,

de cannelle i le cassia lignea , le lan, la noix mu$^

code, le maeis, le gérofle, les cubèbes-, le spica^-

nord, la cobquinte, les baies de laurier genièvre

etdemyrte, les noix de galle, de cyprès; les se^

wnces d'anis, de cumin, de fenouil, de vorian'^

dre, de cardamome; le poivre long, blanc et

nùir; les feuilles de rhue , de thym, d'absinthe,

de Sabine, de marrube, di armoise,, de laurier, de

mefUbê, de myrte , de calamente, de baume, de

mélisse, de marjolainç, de romarin, de sauge, de

séi^riette, de serpolet, depquliot, d'origan, <1'AX^

S^-^ de népéiaj de basilic, de sçordium, les fleurs .

dé 'Safran, de roses pdles et rouges, de stœchqs^

^.centaurée, de mélilot, de camomille, d^fihaifir

4(Brys, de ebamœpitysj de romarin, d'hypéricumj,

dekeyri, dkonet, de lavande^ etc.

Plusieurs gommes et résines font partie de la matière du baume ; telles sont la résine, la poix de Bourgogne, la poix navale, la gomme élémi, Vussa fœtida^ Yaloès, la myrrhe, le galbanum. Va-

eaciaj là tacamnhaca^ le benjoin^ le styrax eàlêH rnite^ lé ètytatt K^uide, là iëf^êehthine^ lôèitmpkfë^ le cédrlai. totites 1^ espèce» de bttuiilé, lé bâiê d'àlëèê^ lé toHre^ lés e<^7i^^^â gtaièlétê^ kl e##flif^ ]e cdM(7r^ lë mdjTc, Ta^^f-^ ^/"l^, le lûbdrnitMr \A bitumé de Jitdéè tin Vàspk&UiJuk ^ le piéaèpkdltim^ Jri thàùdf éteinte j le plâtre ^ ïë ifâUfre, le 9êt cottU ihariy le selgefHfne^ lé êalpéttè, VàlUn^l^itJtctin^ ëttî. L'artiele dès df dgué^ ceitipodééd il'edt pàè méf M étëiiau i ce àôilt deâ tëintut^ft dé tnûêc, ffdmi^ gtiêy dé civette, de benjoin, de stjrait, d*âM$\ de Hiyti^he, dès htliles distillée»^ é« èSdetlées^ des plànfeâ que ttdHi Atonfi nbdltriëës. !i'éNfirit'4e^ tin didtillé àveé !» hiyit'lté, IVrloèil et l'àMll^è est excellent pour .là conservatidn des foeMs;

Lé ^el de Glâddéruft à )oiii eiicote d'iîâe ^dnde réptltfttidti ; téid cdttltHétlt Où le céfl»jpfése : ladites diâsbtldré dati^ rine dttttit-bltetttte {ivre de sël éoû^ilimi àteô ilDe liVfe d^|)if4t de ^triôl, appli^Uéi! un chàpitèàll, tes fèlillUVës itant bien lilttéëi», dlàtillési lé tôt» àii fblt de isable par degrés , tétls tireres llti è^p^rit M^ excellent potit Sét^ir de lotioii r dâtld lé ii)nd dé la ctlcnrbfte tous ttôtivéi*éir tthé tété tklttHe ^ue Tduâ dissoudréâ: séloii t*aH , et V6iiil aÀréjr, après l'évapôrâtiotl, ce

é'eêikùté «• Oit ipMii'râit enéore ajouter ki la MttMtira ^lil eit didrtte dans lés oolkctiofis da Cluvlea de MaAM (chap« 106 et 194» M ceUa du ohap* US dtt livre intitulé Ghunia ratUmuUé^ at aiiisi dalle de Bknchard ; ils Teulent qu'a« pvèi qu'tto corps aura été tldé et nettoyé da laa ofdttresi il lolt placé dans un oerouall da itomb pdur y être macét é dans une suffisante quMitlté d'huile elaita de térâianthitie ^ et ^'^f>ri8 quelqiifts jdttrs da macéraiioli^ il aoil kf é atcc de respritHie»'Tin pour en ôter IV dâUr I qtt'iLsoit arrosé d'une férte teinture de myi^hto.at d'àloèsi qu'ils afipeUani èuliamuài^ mariuotum, et qu'il sâi( arifin dasëédié au soleil. %

Je ne rapporterai pas ici les discussions sans fin sur les différëtitëâ espèces de sels que les uns Tantaient pour les embaumement ^ tandis qUai ka autras les ooâsidéndent comme nuisibles à la conservation des cadavres. Je m'abstiendrai aussi dé parlei^ de la cbâiix , à laqui^Ue on attribue pourtant des merveilks : ^mn.«'ast elle, qui oonserva le corps à'^fra ; et en l'année i523, sous le pontificat d'Adrien YI, :]0 odi^s.de taitft ThoiaAas^apôbre^ fnt pareillement tiMvé tore le golfid de Coi-ouailddl ^ ea-

( «3a ) duit et couvert d'un ciment fait de chaux et d'urine, ayant les os d'une grande blanckeur, et à coté de lui, le fer de sa lance, une partie du bâton qui lui avait servi pendant ses voyages, et un vase de la terre qui avait été arrosée de son sang. — Malgré ces exemples si remarquablqii, s'ils étaient vrais , les auteurs qui les rapportent ne donnent aucune importance. aux procédés auxquels nous les devons ; ils se plai* gnent même des vues sordides de ceux qui, pour augmenter la masse des matières, n'hésitent pas à y mêler du plâtre, des cendres , etcVoidla description de quelques-unes . de macédoines composées avec les substances que nous avons énumérées. «

i**. Vin balsamique»

3^ Bon fin rouge, 8 pintes* *

Gérofle, roses, écosces de eitron, coloquinte, «&

9 onces. . . -

Styrax, benjoin, aa 1 once.

' Réduire en poudre grossière les drogues susdites; macérer pendant quelques heureé dans ie vin ifae I- <m fera un peu bouilUr ensuite. . '

Usages* Lotion des parties intérieures du cadavre; ^sinfection de la chambre pendant YofètsiAùn,

ta*. Eau-^e^viê composée,

% Feuilles d^absinthe, grande centaurée, rhue, sauge 5 marjolaine, armoise, thym, 9& 4 poignées.

Coloquinte, 9 onces.

Styrax calamité, benjoin, ^ 5 onces.

Poivre, gingembre, €k 2 drachmes.

Macérer au bain marie a4 heures dans quinze pintes d'excellente ean-de- vie, avec autant do vinaigre dis*lUIé.

3% Vinaigre pour laver la iiUj la poitrine y le tenir e,

et pour injections.

% Poivre blanc, noir, gingembre, aa ~ Hrre.

Coloquinte, 3 onces.

Absinthe, centaurée, hypericum, â& 4 once:».

Macérer réduits en pondre grossière dans 4o pintes de vinaigre rosat; puis passer pour Tusage.

4". Autre,

% Absinthe , 5 ou 6 poignées.

Pommes de coloquinte, 3o.

Alun , sel commun , ik 1 livre.

Vinaigre très-fort, 14 pintes.

Faire jeter quelques bouillons au tout, et ajouter deux pintes d'eau-de-yie : meilleur que le précédent.

L'eaibaumeur doit avoir plusieurs grosses éponges; qqatre livres environ d'étoupes pour

essuyer le sang et embrossiEîr ]m poudres ; coton pour la bouche , le oez et les oreilles \ grof(se brosse pour f rot^r es^térieureipieat )o aorps avec le liniment L'artiste aura en putre deul^ gtines de toile cirée qu'il pofirra préparer lui^fiiéme d'après une des formules qui suirent c

1 •. Toile cirée.

y Cire neuve, la livres.

Styrax liquide , huile de térébenthine ^ âa i livre.

Fondre et mélanger I9 Unit à £éa lent, puis tremper la toile pour Timl^iber ^s 4§ux ^ié^f

a*. Autre,

Jjj Cire jaune , a5 livres.

Térébenthine, colophane, résine, Sk 9 livres. Poix navale, a livrée ^.

Vert-de -gris , 1 livrç»

Encens , styrax liquide , Sk a livres.

Haile de spica, 1 livje-^-.

Le tout fondu et mêl4 «veg 2 livr^ 4e 3jiif ^ mouton ; on y plongera la teîj^r

^ Cire neuve , 4 lirre^*

Résine de pin, térébenthine, a4 8 livres.

Gopipe arabique ^ £ onces.

Le tout fondu , on y trempera la toile.

(f. Attiré.

% Térébenthine, 3 lirres.

Cire, 1 5 lirres.

M^erarec q. s. d'huile pour faire an carat.

1*. Mixtion pour tiremptr Us toiles^ la chemise^ la coiffure tt

les bandes.

% Cire neuve ^ ao liyre3.

Térébenthine de Venise^ ^omme élén^i^ a^ 2 Uvres. Poudre d'iris de Florence, 4 livres.

Styrax calamité, benjoin, i& 6 onces.

Myrrhe, aloès, A 3 once^^ Baume du Pérou ,thuUe d*at>sii^tl^e, q. ;s.

Fondre la cire et la gomme » ajouter le baume et ensuite les aromates en poudre pour Tusage,

a<*. Autre.

% Cire neuve ^ 12 livres.

Résine commune^ 2 livres.

Térébenthine de Venise , t livre.

Gomme élémi, 4 onces.

S». Autre.

% Cire blanche , 6 livres. Huile de npix muscade, huile dîs^llée de lavande, ^'écorce de citrons, d'oranges, A 2 onces.

Voici quelques fyrjwijle^ 4e linw.efjjt jou

baume liquide propre à frotter le cadavre tant iatérieurement qu'extérieurement.

1^ LinimenU

Faites fondre 2 onces véritable baume dons a pintes esprit-de-vin.

a*. Autre Uniment.

% Térébenthine , huile de spica , aa a livres. Gomme élémî, styrax liquide , aS 4 onces.

Huile die laurier , 5 livres.

3*. Autre.

% Styrax liquide 9 6 onces.

Baume du Pérou , a onces.

Huile de macis 9 â- once.

De bois de rose^ 1 once.

4^. Autre Uniment.

% Huile de romarin » de bois de rose^ â& 3 oncçs. Gérofle, 1 once -J-.

Absinthe, origan, âa 1 once.

5". Autre.

% Térébenthine de Venise, 3 livres.

Gomme élémi, 4 onces.

Huile d'hypéricum,-J-livre.

Baume du Pérou, a onces (/*. s. a. ).

6*. Autre.

% Térébenthine de Venise , 6 onces.

Gomme élémi) 3 ODces.

Styrax liquide , a onces.

Calamité, benjoin^ Sk i once.

Huile de spica, de roses muscades 9 de muscade 5 de

gérofle dlstillécj aà -- once.

Musc , 4 drachme.

Giyet^e, 1 drachme.

L'embaumeur doit se fournir de rubanr de soie, de couleur noire, violette ou blanche, selon le sujet qu'il aura à embaumer, pour en lier le linceul par les deux extrémités, aussi bien que d'un quartier de tafetas d^une des couleurs dites, pour envelopper la boite du cœur. — Plus cinq toises de cordes pour lier le cadavre enveloppé de la tpile cirée. -<— Cercueil de plomb dans un cercueil de bois. — * Baril pour les intestins. — Bandes' trempées dans le Uniment pour bander le corps.

La poudre qui suit ainsi que celles qui viennent après sont des m^odèles qui serviront selon lar prudence de l'embaumeur pour les cavitât, pour les parties scarifiées et pour faire une croûte à l'entour du corps, ou pour être mêlées avec le sparadrap.

i\ Poudre balsamique.

9^Radnes d'angéiique, calamu9, iri» de Florence,

Ibnibe^ impérattMre , carBne, çjperus , pnçuDbny enula-campana^ aristoloche^ gentiane , ralérianey bois de roses, spicanard, coloquinte^ & -7 Hyre.

Semences d'anis/ fenonil, cumin, coriandre, poirre blanc, noir, long, bardamoine, noix de galle de cyprès, écoroes de citrons, d'oranges, bois de genièTie, de laurier , fleurs de camomille , mélilot , centaurée , 9pel^ l4T9ffde^ ros^ A 1 Unt.

^#J^lle# 4e riine, absinthe, mente, ca{ament, sabioe^ thjm, marjolainç, baume, mélisse, romarin, sauce, marrube, pouliot, origan, hyssope^ laurier, myrte, Sk a lirres.

Tan passé au taoab, 4 iiirres.

Rédnire en poudre ce qui doit être polTérisé , puis pass^ an tamis ; mais, poor la camteOe et les aatrw de sa classe, elles seront battnes et employées réparé* ment

^altjfm Tm^sn» f^t entrer .49PS ?? pondre

% Myrrhe choisie, 4 Myres.

Safran bâurd, styrax calamité, g^pofle, ^ 2 litres. • Aloès cabalin , 5 liTiies, Feuilles de romarin séchées, a livres.

Enedns, i li^re.

Fenilleà de laurier^ roses fonges 9 £ê^ livre.

3'. Autre,

9f Absinthe rulgaire, abrotanam, lavande, romarin,

laurier, aa 6 poignées.

Sange, marjolaine, basilic, origan, tfajnn» wfette,

hysêope, luimomiUe , tt 5 poignées.

Racine df ris de Flor., 4 liwwn»

Calamns, angéliqiie, cyperus, écoroes d'anmg^s, de

çîtronç, S^ 1 livre.

Santal citrin, bois d'aloès, 4~ livre.

Cannelle, géroflç, g;e.nièyre, Sjst^safras, £& 1 livre. Fleurs de roses, aloès, myrrhe, encens, styrax^

benjoin, A d Uvres.

Bais de rases, S livres* Sel, 4 livres.

Faire une poudre et réserver Thuile de spica pour ronction.

4"* Auir$poudr€*

Deux mesures 4'^çeUe|it esprit-4e-vin pour oindre et bassiner toutes les cavités ; après quoi , on frottera toutes les parties de térébeatUoe , puis on les farcira de la poudre suivante :

V Romarin, laurier, hyssope, absindM, mendie, rhue, saage, s^olet, poullot , «rigao f seerdiua^ fleurs de romarin, roses, lafande, camoniUe, âtœchas, ^>iêaiiard, ii s |»oigiiées.

teaie«ci»s de carri, leoeiiil , a ^ livre.

fiaoiiKas de geotîaoe) angélique, caryophyUatu» yalériaoe » & i livre.

Réduire le toat en poudre et ajouter :

. Aloès» mastic, encens, & a litres.

Myrrhe, -7- liyre.

Benjoin, styrax calamité, labdanum, . cannelle, géro-

fie, muscade, macis, safran , A 1 oùce.

Humie, a onces -7.

Le tout battu dans un mortier pour faire une poudre.

S*". Autre poudre,

% Absinthe, lavande, marjolaine, romarin, thym, mélisse, cyprès, menthe, sauge, baume, anet, origan, pouliot, roses rouges, fi 8 onces.

Galamus, cypérus, gentiane, iris de Flor., bots de roses, âa 5 onces.

Benjoin, styrat, aloës, myrrhe, âa 6 oncesi

Muscade, gérofle , ââ 4 onces.

Le tout sera mis en poudre subtile. •

6». Autre.

% Myrrhe , aloès, £& 8 onces.

Styrax calamité, benjoin, •& 4 livres.

Cannelle, noix muscade, gérofle, poirreleng, gingembre, a& a livres-^. • i

Spicanard, cardamome, jono odorant» dicUme, aris* toloche, irisde Fior^ »mentlie|lauriejr» lATande^mé-

liflse^ romarin 9 calamcnt^ pouUot} origan^ fiiœchaS| marjolaine, thym, camomille, roses rouges^ â& 4 poignées.

Faites une poudre.

7*. Autre pour les entrantes,

% Sauge, romarin, camomille, melilot, marjolaine, absinthe, pouliot, centaurée, roses rouges, aa 8 poignées. ' Cendres de sarments, 10 à 12 livres.

Le tout sera pulrérisé et mêlé pour saupoudrer les entrailles.

8*. Poudre pour emplir les caviUs.

% Myrrhe, aloès, A 16 livres.

Sel de tartre, tamarin, aspbaltum, souunités d'absinthe, scordium, petite centaurée, racine d*impératoire, gentiane, angélique, carline, aristoloche 1. ou r., â& 5 livres.

Cardamome, poivre noir, gingembre, a& 4 Hvres« QannêBe, gérofle, labdanum, accrus, â& % livres.

9*. Autre pour saupoudrer U corps.

% Styrax, benjoin, iris de Flor., A 4 livres. Sommités de marjolaine, fleurs d'oranges, de la«

vandc, tacamahaca, & 3 livres.

Bois de roses, accrus, ^ 1 livre.

Labda^uili» gér^ , A 4 livre.

^ ïo". Poudre.

9^Tania61iTres.

Aloès^ myrrhe^ baume judaïque ^ âa 6 livres.

Racine dç cypérus, iris de FlorI» àristolôétiêr., talé* riane, gentiane^ angélique, impératoire^ gingembre 9 â& 4 U^res.

tabdftntitt^ poiTfë hoii>^ 6«f âddUttie i ftmlllës ééchée!t de s($ofdiu0i ^ abslntbi^ ^ thjmf ^ inarrube , byssope^ Sk 5 livres.

ll^ Autre.

^fieiijôifi^ styi'âty eticèhd, mjrrrbe^ hld^V Iflbdaittlm» bitume de Judée, vernis , tacamahaOUy iri9 éê Flor., bois de roses , â& a livres.

Ecorces d^orange, marjolaine^ thym, romarin, fleurs

de lavande, pouliot^ SA i livfe.

Gasslâ Ugfie% géroflfi^ ^ *i Une {f» i« â.)-

i^"".. Poudre et miwiion.

Prenez une bonne quantité de sel et aotaiii d'alon qae vo«0 sitiereft avec la myrrbo p TaJ^pèa , Tabattilhe , la cmiBldle» le emiiiD,^ le |;4rofltf# k site datf montagnes , le poivre et quelques aromates de même nature» que VOUS féctiilte^ 6û pùtàirù en les arrosant avec une petite qoeatité de vinaigre i pals on eaplira le oiirpj»^ et «feo 4e la eife Cnidae Vùù firettera le cadavre , que Ten ttlettrti iqprèa daM oA cercueil de plomb.

Pémcher, qui naus a fourai ces diffârentes fdnautesi nous tracera dâii»le$ pages suivatitot le moyen de les appliquer.

Il y a plusieurs manières d'embaumer «

La {première ^ qui est tirée de l'Écriture sainte , n'empêchait pas que les corps ne fussent bientôt altérés» puisque l'on n'ô tait point les tiscères qui causent la corruption.

La Seconde est celle où l'on se contente de rider et de nettoyer seulement les cavités qui contiennent les entrailles , le cerveau et les autres parties nobles i les remplissant ensuite de poudre aromatique y avec des étoupes et. du coton.

. La plos usitée et la plus parfaite qui se, pcatique est la tir^isième^ fpd eenfiisteàjfjiire.des^ inoisions à toutes les parties du corps ^ comme nous en parlerons dans la atiite&

On en pourrait ajouter une quatrième > qui n'a pas lieu a l'ég^d des corps maigres et décharnés ) elle ordonùe d'ôter les fraiises et lès dbairs, ea Aorte, qu'il f)e reste que la . peau et les os. Cette façon tt'était pas inoonune attx Égyptiens^ et je l'ai fait mettre plusieurs fois en usage ; mais c^ travail est laborieu&et demande un habile dmfuiyieiié

Enfin il y a une dernière méthode d'embaumer les corps , laquelle s'exécute en faisant dei petites ouvertures à certaines parties du cadavre , sous les aisselles, aux aines et à Tanus, selon Tancien usage des Égyptiens. Pour commencer cette importante opération , il faut ; premièrement que le chirurgien qui a Thonneur d'être employé à embaumer un roi bu quelque prince souverain , sous les ordres de son premier médecin , en présence des officiers delà couronne, fasse avec le bistouri quelque taillade à la plante des pieds , afin d'éprouvé par cette opération si le sujet dont il veut ouvrir le corps est véritablement décédé : ce qui est un moyen plus sûr que les onctions que Ton pratiquait autrefois en pareille -occasion pour réveiller les esprits animaux que Ton soupçonnait de n'être qu*assotipis. Il fera en^ suite une longue incision , depuis la partie supérieure du sternum , pour donner ' moyen d'examiner les parties de la poitrine >et de chepchër la cfause de la maladie et de la mort , afin d'en faire un rapport fidèle qu'on donnera par écrit \ étant fait de concert avec les médecins et chirurgiens du roi présents. Il ôlera toutes les parties qui sont contenues dans eette capa*

cité du corps; après il descendra au bas-ventre, dont on examinera toutes les parties, qu'il tirera dehors pour cet effet , retirant tout ce qui est disposé à la pourriture. Les parties qui doivent être ôtées sont, entre autres, le gosier,' qui comprend la trachée et l'œsophage; la langue, les yeux, les poumons, le cœur, qui sera tiré de son péricarde pour être embaumé séparément, ainsi qu'il se pratique d'ordinaire; l'estomac , te foie , la rate , les reins , les intestins, le cerveau, les membranes, les graisses, le sang , les sérosités , les éponges et autres matières qui auront servi durant le travail , mettant toutes ces choses dans un baril pour être portées au lieu destiné. Je sais qu'il y a des auteurs qui ordonnent d'extirper les parties génitales aux deux sexes ; mais, outre que ce serait défigurer le corps d'un homme ,, ces parties se peuvent conserver aussi bien que les autres, et d'ailleurs nous devons avoir du respect pour les instruments qui nous ont donné l'être. --Le chirurgien, ayant vidé ces cavités , doit travailler à la tête, de laquelle il sciera le crâne, ainsi qu'on a coutume de faire pour les démonstrations analomiques ; et après qu'il aura examiné le cerveau et qu'il l'aura enlevé ^ l'apothicaire

lavera exactement et fortement les cavités du crâne avec du vin aromatisé et de Tesprit^e* vin ; ensuite il les remplira avec de la poudr« qu*ll aura préparée , et avec du coton ou des étoupes imbibées de quelque baume liquide^ de manière qu'il y ait plusieurs couches de cette poudre et de ces étoupes alternativement appliquées les unes sur les autres , après quoi on rejoindra les os du crâne séparés^ et on re« coudra la peau. Il frottera ensuite toute la tétë d'un des baumes liquides , et l)assinera^ trè»* souvent le visage avec les mêmes baumes ) il couvrira la tète d'un bonnet ou d'une coiflfe ^ qui sera cirée et profonde, après qu'il aura in*» sinué dans les narines, dans la bouche^ dans les orbites des yeux et dans les oreilles, du oo^ ton imbibé et chargé de baume en liqueur, des huiles de muscade xyn de gérofle i il travaillera au bas-ventre, qui sera lavé avec le mémo vin aromatisé, puis avec de l'esprit-de^vin , et 11 le frottera de quelqu'un des baumes susdits, et enfin il le farôira abondamment de poudre et d'étoupes , jusqu'à ce que toutes ces matières distribuées les unes entre lés autres forment la IITOsseur naturelle du ventre que le chiriirgieii recoudra. JLe chiriiigieii prendra garde que la

( 47 ) didsèctibh âôil falb datis les tôines et dans les artères, afin d'en épuiser le sang et les hnmi^ dites : de l}tai sél*a obserté aui bras^ auxmains^ aux cuisses, àUx jambes, aux pieds, aux talons, aux bourses et àût autres parties, comme du dos, àut épaUlëS, Ëtlk feSâéâ, tdumant pour cet effet le cadavre et lui appuyant le ventre et là fàcê contré la table ; dans ces endroits épais et charnus, les incisions seront longues, pro^ fondes et en grand nombre $ en sorte qu'elles pénètrent jtisqu'aujt os, et lorsque les gros vais* seaux seront ouverts^et pufgés de leur sang, le pharmacien répandra quantité de poudre dans tous ces espaces , qu'on refermera ensuite avec le fil et l'aiguille , après qu'ils auront été arrosés et bassinés avec le vin aromatisé et avec l'esprit-de-vin; car il faut avoir lé soin d'étuver incessamment ces parties, en absorber, s'il së peut , toutes les humidités , et les dessécher en quelque faÇon avec l'éponge, avant que de les frotter du baUme liquide ou d'un des liniments, et de les remplir avec les étoupes et lesdites poudres. Enfin le tout sera recdusu très-pro^ prement , afin que le corps ne soit paS mécon* naissablc; c'cSt pour cela que l'on ne doit pas faire d'incision au visage , et on tâchera de cou*

serrer tellement les traits qu'il puisse être facilement reconnu , ainsi que je Fai observé depuis peu à une ouverture qui fut faite au cercueil d'un évéque , qui avait été embaumé il y avait plus de cinquante ans , et dont le visage n'était point du tout défiguré. Pour cette raison » l'artiste se servira de poudres fines , d'doès, de myrrhe et d'autres ; à l'égard du corps , il le frottera et oindra avec le Uniment qu'il aura préparé, y ajoutant de la poudre dont il fera comme une pâte, — Et il faut remarquer qu'à mei^ure qu'il achèvera d'embaumer chaque par-» tie, le chirurgien doit la bander avec des bandes de linge trempées dans le Uniment, en sorte qu'elles soient comme une espèce de corset et en piastre, qu'elles fassent plusieurs circonvolutions les unes sur les autres , pour tenir les parties du corps serrées , et empêcher les aromates de sortir des cavités qui en seront remplies; ces bandes doivent commencer par le cou pour finir aux pieds et aux mains : elles seront longues et larges pour bander le corps , les cuisses , les jambes et les bras , mais étroites et courtes pour les doigts.

Cela fait , on mettra la chemise lavée comme il a été dit ; on ornera le ^ujet des marques

( '49 ) extérieures des dignités qu'il aura possédées durant sa vie, et on l'ensevelira dans un drap de linge imbibé de liniment qui servira de sparadrap, que Ton nouera par les deux extrémités avec du ruban, par -dessus quoi on l'enveloppera de la toile cirée, qui sera liée trèsétroitement avec de la corde. Enfin on le déposera dans le cercueil, dont on remplira tous les intervalles vides avec ce qui sera resté de la poudre , s'il y en a , ou avec des paquets d'herbes aromatiques séchées ; on le fermera et on le soudera avec toute l'exactitude possible. On appliquera par dehors une plaque de cuivre, ou d'un autre métal durable, sur laquelle on aura fait graver une inscription convenable pour servir de mémoire à la postérité. Le cercueil sera mis dans un autre de bois , que l'on couvrira si l'on veut d'un drap mortuaire. ~

Ce travail étant achevé, on viendra au cœur, qui, comme j'ai dé)à dit, est embaumé séparément. On suppose donc qu'ayant été tiré de sa place , détaché du péricarde et ouvert par ses deux ventricules , lavé plusieurs fois d'es-» prit-de-vin et bien nettoyé du sang caillé et des autres impuretés qui pourraient y être atta-

chée8> on Taura fait frcinp^r durant le^ opéra?tipns précédente^ daps d'autre esprit-de^viii , ou daua de Thuile de térébenthine distillée. L'apothicaire reprend 4onp ce viscèro ain^i pfè? paré ; il remplit ses ventricules avep les poudrep d'aloès^ de myrrhe, de benjoin, de styrax; i{ peut mènie le frotter d'huile ou essence de muscade^ de gérofle, de cannelle, cemwe anssi de teintures d'ambre gris , de muse , de pivette, puis après il rajustera dans du coton parfumé , pour contenir les poudres qui feront » aveq les huiles » comme une pâte » et on le omettra dans un petit sac de toile cirée et aromatisée de quelqu'une des susdites essences , dont on frciX^ tera aussi la boite où il doit être enfermé ^ tant intérieurement qu'extérieurement, et on la soudera comme il faut, pour être enveloppée dans un taffetas d'une certaine couleur j lequel sera pareillement imbibé et frotté des esseneea ou tentures , et noué de rubans de la même couleur : la couleur violette est celle qui est convenable pour les ecclésiastiques.

Je me souviens d'avoir embaumé le cœur d'un abbé de qualité , qui était d'une vie exem-* plaire : l'odeur qui en exhalait était si suave ési si agnéabk, qu*eUe parfuma pendant piu^Uurs mois

k chœur du couvent des DameS'RetigieuBes où U avait été porté.

Le corps et le cœur étant ainsi embaumés, il ne nous reste plus qu'à parler des entrailles , des poumons et du cerveau , etc. Blancardus nous enseigne des manières d'embaumer à part toutes ces parties; mais, pour moi, je ne m'y at« tache pas ; quand on les embaume ci qu'on les veut mettre dans le baril en cet état , il faut encore avoir recours à l'esprit-de-vin^qui doit être excdlent : notre eau-de-vie et notre vin aromatique n'ont pas assez de force. Pour nettoyer plus aisément ces viscères , on coopéra les intestins en long, on fera des incisions aux poumons , à la rate, à la matrice et aux autres parties qui étaient contenues dans le corps; on les nettoiera du sang , des sérosités et des autres saletés qui les pourriraient en peu de temps; puis on les lavera avec d'excellent espritnle-vin, étant auparavant lavés avec d'autres liqueurs ) on les arrangera après dans le baril , en sorte que la poudre couvre premièrement le foqd , mettant une partie des viscères sur cette première couche, et ensuite un second lit de poudre , et l'on oontinuera ainsi à mettre les f itcères et les poudres alternativement et

par lits, jusqu'à ce que le baril soit presque plein , observant que le dernier lit soit de cette poudre préparée , qu'on ne doit pas épargner en bette rencontre. Ce baril, qui doit être de plomb , sera enfermé dans un second qui sera de bois, que Ton enfoncera et poissera exactement ( on ne se servit que d'un baril de bois pour Henri III, roi de France).

Cependant, avec toutes les précautions que l'on pourrait prendre pour conserver ces parties, en employant beaucoup d'esprit-de-vin, de poudres aromatiques et dautres drogues propres, je doute fort qu'elles ne soient bientôt corrompues, et peut-être même avant que d'arriver au lieu destiné pour leur sépulture.

Enfin, lorsqu'on doit exposer le corps en public dans le lit où il. est décédé, l'on lave le visage avec de l'esprit-de-vin , et avec du véritabic baume on le rafraîchit très-souvent ; mais quand il faut qu'il soit exposé sur un lit de parade pour y rester plusieurs jours, on se contente d'ordinaire de le faire mouler en cire , et de montrer seulement sa figure,. •• pendant que le corps est sous le lit, embaumé dans un cercueil. Mais , lorsque le corps même du défimt ou de la défunte est exposé, il faut premièrement pd-

gner et poudrer les cheveux ou la perruque avec une poudre fine et de boiuïe odeur ; on rasera la barbe, s'il en a; on remplira la bouche de poudre et de coton pour relever et grossir les joues, auxquelles on appliquera un peu de rouge , aussi bien qu'aux lèvres ; on lui mettra des yeux artificiels , si on lui a ôté les naturels; on fourrera du coton parfumé dans les narines , et le nez sera rafraîchi d'un linge grasse^ ment imbibé de véritable baume aux heures que le sujet ne paraîtra point; ainsi, la bouche et généralement toutes leÈ parties qui. doivent être vues seront dans leur état naturel , - afin qu'on les puisse plus facilement reconnaltare. C'est pourquoi l'on n'y doit faire aucune scarification , comme il est expressément remarqué dans la Bibliothèque d'Hérodote. « Chaque partie, dit-il, y est tellement en son çntier » que les poils des paupières et des sourcils , et même toute la forme du corps, conservent si bien les apparences , que l'on en reconnaît avec facilité la figure et la disposition . naturelle. » — Mais, pour tous les autreç sujets, ceux qui doivent être transportés , on s'écartera le.moins possible . des prescriptions suivantes. Après avoir vidé le cerveau par un large trépan fait.

au derrière de la tète , avoir ôté les Tiscères , le gosier, les membranes, scarifié les parties charnues et les avoir puisées du sang et des autres sérosités, on doit mettre le cadavre dans une des lotions ou dans une des saumures dé« cirites au chapitreY, dont on choisira les matières selon le lieu et la saison où on se trouvera ; et , au bout de quelques jours de macération, le sujet étant bien égoutté^ on insinuera dans le vide du crâne de la cire neuve fondue , après quoi on remettra la pièce du crâne enlevée ; on recoudra la peau , on emplira pareillement la poitrine et le bas-ventre de cire fondue , et on lé9 recoudra; ensuite on appliquera dans les scarifications des poudres, des aromates ou des herbeb'que le pays pourra fournir; Ton banda*a le corps exactement avec des bandes de tolie imbibées dans un des liniments susdits, et, au défaut, dans delà térébenthine, ou dans une teinture de myrrhe et d'aloès , dont on le frottera avec de grosses brosses; ensuite de quoi on placera le cadavre (ainsi qu'on l'a fait à ceux d^Alexandre et d'Âgésilaûs) dans un cercueil rempli de bon miel , de sorte qu'il en soit partout pénétré et environné tant par dedans que par dehors ; et après qu'on àtira mis ce

o^caail Heu soudé dans un autre de bois qui sera bien poissé, ou le transportera au lieu destiné. La , on le lavera avec de l'esprit-d^iriii avant de le montrer au public.

Nous ne pouvons choisir un plus beau modèle d'embaumement que celui qui fut fait pour madame la dauphine par M. Rlquéur , apothicaire du roi et de cette princesse, accompagné de M. son fils aîné , reçu en survivance en la charge d'apothicaire du roi. Cet eml:>aumement s'est cxéçiité avec tqut le désintéressement;, lliabileté et la prudeuco qu'on 4 pu désirer, en présence de M. d'Aquin, alors premier méfiecin du roi ; de M. Fagon , premier médecin de la feue reine , et qui Test présentement du roi ; de M. Petit, premier médecin de monseigneur le dauphin; de M* Moreau, premier médecin de fciu madame 1^ (lauphine; de M. Félix, premier chirui:|[iep, (lu i^oj} de M. Clément, maître chirurgien de Pâma el accoucheur de ladite princesse. M. Dlenis^ son premier chirurgien, opérait, étant aidé de M. Baillet , chirurgien ordinaire , et 4'un autre chirurgien du commun : madame la duchesse d'Arpajon, sa dame d'hQuneur, ii^adamç la maréchale de Rochefort» diime d'^i^tiiur, et plu-

( i56) siears femmes présentes. — M. Riqueur a bien ▼oulu , sachant que je travaillais sur cette ma* tière, me communiquer sa méthode.

Description du baume qui a été fait pour madame la dauphine.

% Racines d'iris de Florence, 5 livres.

Souchet, 1 liyre -7.

Angélique de Bohêmei gingembre, calamus aronu-

ticus, aristoloche, â& 1 livre.

Impéraloire, gentiane, Talériane, Sk -7 livre. Feuilles de mélisse, basilic, Sk 1 livre ~.

Sauge, sariettc, thym, £& 1 livre.

Hjssope, laurier, myrrhe, marjolaioe, origan, rfaue,

Sk -J livre.

' ' Auronne, absinthe, menthe, calament, serpolet» )ooc

odorant» scordium, Sk 4 onces.

Fleurs d'oranger» 1 livre -7.

Lavande» 4 onces.

Romarin, 1 livre.

Semences de coriandre, a livres -;.

Cardamome, 1 livre.

Cmnin, caris» a 4 onces.

Fruits et baies de genièvre, 1 livre.

Gérofle, 1 livre—.

. Muscade, 1 livre.

Poivre blanc, 4 onces. Oranges séchées, 5 livres.

Bois de cèdre, 5 livres.

Santal citrin» roses, fia livres.

Êcorcesde eitron^ d'oratige, «le cannelle^ sk -r liTre^

Stjrraz, isalamite, beD)oia, oliban^ â i livre 4-*

Myrrhe , a lirres -^.

Sandarac, -^ livre.

Aloès^ 4 livres.

Esprit-de-vin, 4 pintes; — de sel, 4 onces.

Térébenthine de YeDise, 3 livres. ^

Stjrax liquide^ a livres.

Baume de copahu, -7- livre.

Baume du Pérou^ a onces.

Toile cirée.

Le coeur, après avoir été vidé , lavé avec de resprit-de-vin et desséché, fut mis dans un ▼aisseau de verre avec cette liqueur; et ce même viâcère -, ayant été ensuite rempli d*UQ baume fait de cannelle , de gérofle , de myrrhe, de styrax et de benjoin , fut enfermé dans un sac de toile cirée de sa figure , lequel fut mis dans un cœur ou boite de plomb , qu'on souda aussitôt pour être donné à madame la duchesse d'Arpajon , qui le mit entre les mains de mon* seigneur Tévéque de Meaux, premier aumônier de feu madame la Dauphine , qui le porta après au Yal-de-Grâce. L'ouverture du corps^ fut faite le plus exactement qui se puisse par M. Dionis, son premier chirurgien : M. Biqueur remplit toutes les capacités d^étoupe» et^

dé bauiiie ëh poudrcf* Les incisidris Airëfit faites lé loiig des bras Jusque danâ les mains, lesquelles furent munies de cette poudre aromatique , après qu'on eut exprimé tout le sang et qu'on les eût lavées avec de l'esprit-de-vin ; on en fit autant aux cuisses y qui furent incisées de part et d'autre depuis les reins jusque sous les pieds , et le tout fut proprement recousu. — On se servit d'une grosse brosse pour frotter le corps d'un baume liquide et chaud, fait avec de la térébenthine , du styrax et des baumes de copahu et du Pérou , comme il est dosé ci>devant« Chaque partie fut aiveloppée avec dis bandelettes trempées dans l'esprit-devin; l'on mit autant que l'on put de ladite poudre aromatique entre le corps et les bandelettes. Le corps fut revêtu d'une chemise et d'une tunique religieuse et environné d'autres iîiarques de dévotion particulière^ comme d'une petite chaînette de fer, au bout de laquelle il y avait une croix, que cette princesse gardait dans un coffte qu'elle avait fait apport ter avec elle de Bavière. On l'enveloppa ensuite dans une toile cirée et on lé lia fort étroitement pour être posé dans un cercueil de plomb, au fond et autour duquel il y avait quatre do%tS

( i5« ) dudit baume en poudre. Ce cercueil, étant bien soudé, fut enchâssé en un autre de bois^ tous les espaces vides ayant été remplis d'herbes aromatique^ séchées. Les entrailles, bien préparées, furent mises dans un baril de plomb avec une grande quantité des mêmes poudres aromatiques ; on le souda bien et on l'enferma dans un baril de bols. »

Nous aurons occasion de reyenir plus tard sur ce mode de préparation ; observons seulement qu'un sujet ainsi tailladé, morcelé et farci ressemble plus à des viandes préparées qu'à un embaumement ; que le sentiment qui porte à recourir aux embaumeurs doit faire naître une profonde horreur pour la mutilation d'un corps qu'on veut avoir tout entier } qu'enfin l'opération de l'embaumement ainsi pratiquée est plus oruelle pour le cœur que la destruction et la dissolution naturelle des parties.

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