‹ Histoire des embaumements et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle, suivie de procédés nouveauxChapitre 13 sur 21 · PREMIÈRE EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE EXPÉRIENCE

Quinquina en poudre, à sec, avec un blanc (l’œuf frais.

Le 15 janvier 1762, le iherin. 6°.

Le vent S. -O, le ciel pur par intervalle.

Je mis dans un bocal un blanc d’œuf frais, que je couvris avec un gros de quinquina en poudre, à sec.

Le 15 novembre 1762, le therm. \l\°

Le vent N. -O, le ciel pur.

Le blanc d’œuf était totalement desséché et sans odeur. Je portai le bocal dans une chambre au second, exposée au midi.

Le 19 décembre 176 j, je trouvai le blanc d’œuf au même étal où je l’avais laissé le 15 novembre 1762.

Quinquina en poudre , à sec, avec un jaune d’œuf frais.

Le 25 janvier 1762, le jaune d’œuf avait contracté une légère odeur aigre.

Le 15 novembre 1762, je ne remarquai aucune différence; le jaune d’œuf s’était durci et n’avait nulle odeur. Je portai le bocal qui le contenait dans le même lieu que le précédent.

Le 19 décembre 1764, le tout était dans le même état où je l’avais laissé le 15 novembre 1762.

5e EXPÉRIENCE.

Quinquina en poudre, à sec, avec du bœuf [rais.

Le 15 janvier 1762, le therm. 6" , je mis dans un bocal deux gros de maigre de bœuf frais, couvert d’un gros de quinquina en poudre, à sec.

Le 25 janvier, la viande avait une très-légère odeur de renfermé.

Le 26 elle sentait le moisi.

Le 30, j’aperçus un peu de moisissure à la surface de la poudre.

Le 15 mars, l’odeur de moisi était aigre. Il ne s’opéra aucun changement jusqu’au 17 juin.

Le 17 juin, je fis pour le morceau de bœuf de cette expérience ce que j’avais fait pour le blanc elle jaune d’œuf des deux expériences précédentes; il en fut de même le 4 octobre ainsi que le 1 5 novembre.

Le 29 décembre 1764, je trouvai la viande ferme jusqu’à la dureté, saine et sans odeur.

4e EXPÉRIENCE.

Extrait de quinquina.

Le 10 mai 1761, le therm. 13°

Lèvent O. -N. -O, le ciel couvert; il venait de pleuvoir.

Je mis en expérience la même quantité de bœuf frais que

dans l’expérience précédente, avec un gros d’extrait de quinquina délayé dans deux onces d’eau commune. J’étais pour lors à la campagne.

Le 15 novembre 1765, lethcrm. 4° ■*.

Le vent N. -O, le ciel pur.

La viande n’avait soufïcrt aucune altération. Je portai le bocal dans une chambre au second étage , exposée au midi.

Le 19 décembre 1764, je trouvai la viande au même état que le 15 novembre.

Noix de galle en poudre.

Le 10 mai 1761, le lherm. 13°

Le vent O. -N. -O, le ciel couvert; il venait de pleuvoir.

Je mis dans un bocal la dose ordinaire de bœuf frais, avec un gros de noix de galle réduite en poudre fine, dans deux onces d’eau commune. J’étais dans le même lieu où l’expérience précédente a été faite.

Le 17, le therm. 10“ {.

J.e vent 1N.-E. , le ciel nuageux. Il avait beaucoup plu le matin et la veille.

J’aperçus une petite portion de la viande qui était hors delà liqueur, couverte d’un enduit très-blanc.

Le 18, le therm. 11°.

Je ne remarquai aucun changement ; j’ajoutai une once d’eau pour remplacer celle qui s’était évaporée.

Le 1er juin, le therm. 13°.

Toute la surface de la liqueur était couverte de moisissure verte, et l’odeur de moisi, très-forte.

Le 15 janvier 1762 on rapporta !c bocal dans le lieu ordinaire.

Le 16 , le lherm. 6°.

La viande était noire, dure et parsemée de points eide raies blanches ; l’odeur de moisi subsistait toujours.

Le 17 juin, la viande n’avait nulle odeur; je fis pour ce morceau de viande tout ce que javais fait pour ceux des expériences précédentes.

Le 19 décembre 1764, je trouvai la viande au même état où je l’avais laissée le 17 juin 1762.

6e EXPÉRIENCE.

Gayac épuisé à sec.

Le 26 septembre 1763, le lherm. 13°

Le vent N. , le ciel couvert, le temps ires-frais.

.Je mis dans un bocal deux gros de bœuf presque noir et commençant à exhaler une odeur fétide. Je les couvris avec un gros de gayac épuisé par un très-grand nombre de décoctions. J’étais dans le même lieu où les expériences précédentes avaient été commencées.

Le 29 , le therm. 11° {.

Le vent N. , le ciel était beau, le temps froid; jl avait gélé blanc la nuit précédente.

Je sentis en ouvrant le bocal une odeur très-putride

Le 12 décembre, le therm. 5°.

Le vent E. , le temps était froid.

La viande n’avait aucune odeur.

Le 12 janvier 176/j , le therm. 7".

Je trouvai la viande fétide et mollasse.

Le 31 mars, le therni. 10"

La viande était totalement desséchée, et n’avait plus d’odeur.

Le 10 juillet , le therm. 17".

Je n’aperçus aucun changement. Je découvris le bocal, et le portai dans le même lieu que le précédent.

Le 19 décembre 1764 , je ne remarquai aucun changement.

7e EXPÉRIENCE.

Gomme arabique , en poudre à sec.

Le 3 novembre 1761 , le therm. 10 '.

Le vent O. , le ciel couvert . du brouillard , le temps fort doux. J’avais fait allumer du feu dans mon laboratoire, et l’on en alluma plusieurs fois pendant que j’étais à la campagne.

Je mis en expérience la même quantité de bœuf frais que dans les expériences précédentes , le je couvris avec quatre gros de gomme arabique en poudre. J’étais dans le même lieu où l’expérience précédente a été commencée.

Le 18 , le therm. 10°

Le vent E.-S.-E. , beaucoup de brouillard.

Il s’était dissous une petite portion de la gomme, et un petit endroit de la viande était à nu. Cette partie était noire, et couverte d’un peu de barbe, mais sans odeur.

Le 8 décembre, le therm. 2" f.

Le vent E. , le ciel pur.

La viande avait une odeur de moisi.

Le 17 juin 1762, le therm. 16°.

Le vent N. -O. , le ciel assez beau quoiqu’il y eût des nuages.

.le ne remarquai aucun changement. Je découvris le bocal, et j’ouvris la fenêtre de la chambre où il était.

Le 4 octobre, le therm. 11°.

Le vent N. -O., le ciel couvert; le temps assez froid.

Aucun insecte n’avait attaqué la viande. Je recouvris le bocal, et l’enfermai dans une armoire.

Le 15 novembre , le therm. 4° {•

Je trouvai la viande au même état que le 4 octobre. Je portai le bocal dans le même lieu que les précédents.

Le 19 décembre 1764 , la viande n’avait éprouvé aucune altération , et n’avait nulle odeur.

8e EXPÉRIENCE.

Gomme adragante en poudre, à sec.

Le 3 novembre 1761, le therm. 10°. Je mis dans un bocal la dose ordinaire de bœuf frais, et je saupoudrai avec quatre gros de gomme adragante.

Le 17 juin 1762 , la viande n’avait souffert aucune altération. Je iis pour ce morceau de viande tout ce que j’avais fait pour celui de l’expérience précédente, jusqu’au 15 novembre , et je n’aperçus aucun changement.

Le 19 décembre 1764 > la viande était dure comme du bois, et n’avait nulle odeur.

9 e EXPÉRIENCE.

Gomme ammoniaque en poudre , à sec.

Le 3 novembre 1761, le therm. 10°. Je mis en expérience la même quantité de bœuf que dans l’expérience pré-

cédente, couverte avec quatre gros d’ammoniaque eu poudre

à soc.

Le 30, le therra. 4".

Le vent N., le ciel assez pur, très-peu de nuages, le temps froid ; il avait gelé à glace les deux nuits précédentes.

Je sentis, en ouvrant le bocal , une légère odeur de moisi.

Le 7 janvier 1762, le tlierm. 5”

L’odeur de moisi était très-légère.

Le 17 juin, je ne remarquai aucun changement; je fis pour ce morceau de bœuf la même chose que pour celui de l’expérience précédente, et la viande ne souffrit aucune altération jusqu’au 15 novembre.

Le 19 décembre 1764, je la trouvai exactement au même état où je l’avais laissée le 15 novembre 1762.

10e EXPÉRIENCE.

Styrax calamite broyé avec un peu d’esprit-de-vin.

Le 3 novembre 1761 , le tlierm. 10°. Je mis dans un bocal la même quantité de bœuf que dans les expériences précédentes, avec quatre gros de styrax calamite, auquel j’ajoutai un peu d’esprit-de-vin pour pouvoir le piler plus aisément ; ce qui rendit cette résine un peu liquide.

Le 18 novembre , elle ne l’était plus ; on transporta le bocal à Paris dans le même lieu que le précédent.

Le 4 octobre, la viande était totalement desséchée, mais n’avait nulle odeur, et les insectes ne l’avait point attaquée. Je recouvris le bocal, et l’enfermai dans une armoire.

Le 15 novembre, je n'aperçus aucun changement; je portai le bocal dans le même lieu que le précèdent.

Le 19 décembre 176/|, je trouvai la viande exactement au même étal où je l’avais laissée le 15 novembre 1762, si ce n’est qu’elle avait une très-légère odeur acide.

Poix de Bourgogne brogee avec un peu (C esprit-de-vin.

Le,3 novembre 1761 , je mis en expérience la quantité ordinaire de bœuf, avec quatre gros de poix de Bourgogne , auxquels j’ajoutai de l’esprit -de- vin comme dans l’expérience précédente et par la même raison ; mais j’en mis un peu davantage qu’avec le styrax calamite; par ce moyen la poix était devenue assez liquide.

Le 17 juin 1762 , je n’aperçus aucun changement; je découvris le bocal comme le précédent.

Le 15 novembre, la viande n'avait éprouvé aucune altération; je transportai le bocal clans le même lieu que le précédent.

Le 19 décembre 1764 , je trouvai la viande au même état que le 15 novembre 1762 , si ce n’est qu’elle avait une légère odeur acide comme celle de l’expérience précédente.

1 2e EXPÉRIENCE.

Camphre.

Le 3 novembre 1761 . je mis en expérience la dose ordinaire de bœuf avec quatre gros de camphre rompus en trèspetits morceaux.

Le 18, je trouvai la viande très-rouge; je transportai à Paris le bocal qui la contenait, et je le mis avec les précédents.

Le 27 juin 1762. je ne remarquai aucune altération dan sa viande; je découvris le bocal, et l'exposai à l’air libre.

Le 15 novembre, je trouvai la viande au même état, et je portai le bocal qui le contenait dans le même lieu que les précédents.

Le 19 décembre 1764, la viande n’avait que l’odeur de camphre.

Baume du Pérou , eu 'poudre , à sec.

Le même jour, 3 novembre 1761, je mis dans un bocal la même quantité de bœuf que dans les expériences précédentes, couverte avec quatre gros de baume du Pérou sec et réduit en poudre.

Le 15 novembre 1762, la viande n’avait éprouvé aucune altération , je portai le bocal dans le même lieu que le précédent.

Le 19 décembre 1764, la viande avait une légère odeur acide; du reste, elle était au même état cjue le 16 novembre 1762.

14e EXPÉRIENCE.

Vin de Bordeaux rouge.

Le 3 septembre 1761, le llicrm. 18°{.

I,e vent O., le ciel couvert, le temps assez chaud.

.Je mis en expérience la quantité ordinaire de bœuf, avec deux onces de vin de bordeaux rouge ; j’étais pour lors à Paris.

Le 22 , le therm. 12°

Le vent N. -O. , le ciel couvert , le temps pluvieux, mais assez doux.

Je trouvai la liqueur pâlie; elle avait une odeur de vinaigre faible unie à celle de lie de vin.

Le 25, le therm. 12".

Le vent E., le ciel pur et le temps frais.

L’odeur de vinaigre était plus forte; j’ajoutai une once de vin de Bordeaux pour remplacer celui qui s’était évaporé.

Le 12 janvier 1762, le therm. 7° {.

Le ciel couvert, le temps assez doux.

La liqueur avait une odeur plus acide que le 51 décembre.

Le 15 novembre, je portai le bocal dans le même lieu que le précédent ; la viande n’avait éprouvé aucune altération.

Le 19 décembre 1764, je trouvai la viande au même état où je l’avais laissée le 15 novembre 1762 , mais son odeur était très-acide.

15e EXPÉPJE.NCE.

Vin d’Espagne blanc.

Le même jour, 3 septembre 1761 , je mis en expérience la dose ordinaire de bœuf dans deux onces de vin d’Espagne blanc.

Le 21 octobre, la viande était un peu sèche et couverte d’un peu de moisissure verte.

Le 1*2 janvier 1762, je remarquai encore pins de moisissure; elle s’était même attachée aux parois du bocal dans quelques endroits; l’odeur était d’une fadeur aigre.

Le Zj octobre, la viande n’avait souffert aucune altération ; je recouvris le bocal, et l’enfermai comme le précédent.

Le 15 novembre, je ne remarquai aucun changement ; je portai le bocal dans le même lieu que le précédent.

Le 19 décembre 1 7 G /i , je trouvai la viande au même état où je l’avais laissée le 15 novembre 176*2.

16e EXPÉRIENCE.

F in ai grc rouge.

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