‹ Histoire des embaumements et de la préparation des pièces d'anatomie normale, d'anatomie pathologique et d'histoire naturelle, suivie de procédés nouveauxChapitre 21 sur 21 · LE ROI, D. M. P · texte numérisé non relu

LE ROI, D. M. P

Nous, commissaire de police du quartier Sud, ce, lilions que le corps de madame la marquise Lefilleul de la Chapelle, décédée le 27 niai 183S, a été exhumé le 27 mai 1S39 en ma présence, et qu’ayant été retiré de son premier cercueil pour être placé dans un autre cercueil en plomb, j’ai remarqué que ce corps était parfaitement conservé, c’est-à-dire qu’il présentait encore l’aspect d’une personne décédée depuis quelques heures.

Versailles, le 17 octobre 1837.

Le commissaire de police,

RLANCIIARD.

Le commissaire de police de la ville do Paris, quartier de la Monnaie, 10e arrondissement, soussigné, certifie qu’il est usa connaissance

que madame la comtesse de La Porte de Ryanlz, décédée le 4 de ce mois, en son hôtel, rue des Saints-Pères, n° 50, fut embaumée par M. Cannai, le 5, entre onze heures et midi ; que la famille, désirant conserver le corps pendant quelques jours, M. le préfet de police accorda une première autorisation dudit mois;

Que, sur une nouvelle demande adressée à M. le préfet de police par M. le marquis d’Aligre, pair de France, frère de la défunte, l’autorisation de conserver le corps fut prolongée jusqu’au 23 de ce mois, sur le rapport de M. le professeur Chevallier, membre de l’Académie royale de Médecine et du conseil de salubrité, chargé de se transportor sur les lieux pour constater l’état du corps, qu’il trouva aussi net, aussi frais que le jour de sa mort.

Enfin, je déclare que le 25 novembre, jour de l'inhumation, le corps de la défunte n’avait éprouvé aucun changement; qu’il ne répandait aucune odeur désagréable, ce qui m’a autant étonné que toutes les personnes qui ont eu occasion de le visiter.

En foi de quoi, et autant dans l’intérêt de la vérité que dans celui des familles, comme pour rendre hommage et justice au procédé de M. Cannai, je lui ai délivré avec plaisir la présente attestation.

Paris, le 50 novembre 1839.

A imr CHAUVIN,

Rue des Sainls-PérCs, 52.

L’an mil huit cent trente-neuf, le 22 septembre.

Nous, Louis Marut de l’Ombre, chevalier de l’ordre royal de la Légion-d’Honneur, commissaire de police de la ville de Paris pour le quartier des Tuileries, officier de police judiciaire auxiliaire de M. le Procureur du roi, attestons que l’embaumement du corps de mademoiselle la comtesse Ferraud a été fait en notre présence, d’après les procédés de M. Cannai.

Les autres embaumements auxquels nous avions assisté auparavant

- hhl —

nous avaient inspire une grande répugnance, à cause des nombreuses mutilations qui les accompagnaient.

Le procédé de M. Cannai, pour assurer la conservation, consistant en une injection poussée à travers une plaie de quelques lignes seulement faite au cou, nous a paru d’une simplicité et d’une décence remarquables. Nous en avons suivi l’application avec un vif intérêt et un sentiment de reconnaissance dont nous aimons à consigner ici l’expression.

M. le docteur Donné et une religieuse présente à l'opération ont éprouvé la même satisfaction que nous.

Il ne nous appartient point d’apprécier ici l’efficacité de cette découverte ; mais nous attestons que son application ne nous a inspiré aucun dégoût, et que nous verrons avec satisfaction, toutes les fois que notre présence sera requise pour un embaumement, qu’il soit pratiqué d’après les procédés de M. Cannai.

Le Commissaire de Police,

MARUT de l’OMBRE.

Je soussigné, commissaire de police du quartier du Luxembourg à Paris, déclare qu’ayant été appelé par la nature de mes fondions à assister à des embaumements pratiqués par les procédés de M. Cannai, notamment à celui du corps de madame Vanhove, décédée le 15 avril 1838, et à celui de madame James, décédée le 3 de ce mois, exhumée à cet e fie t cejourd’hui au cimetière du Sud, réinhumée immédiatement après, que j’ai vu avec une vive satisfaction, et une véritable reconnaissance, le mode d’embaumement employé par lui. En effet, ce procédé ne nécessite aucune mutilation, et ne consiste que dans l’ouverture d’une artère par laquelle il introduit, au moyen d’une espèce de seringue, une liqueur qui se répand dans tout le corps.

Quant à 1’elficacité du mode de conservation employé par Al. Can. nal, il est de mon devoir de déclarer ici que, comme chargé

de la surveillance du cimetière du Sud, j’ai été dans la nécessité d’assister, long-temps après leur inhumation, à l’exhumation des corps : 1° de M. Peters, éiéve du collège royal de Louis-le-Grand; 2“ de M. le docteur Oudet, membre de l’Académie royale de Médecine (1); 3° et à celle de ladite dame Yanhove, embaumée par le procédé de M. Gannal, que leur conservation m’a paru parfaite, et qu’aucun signe r.e faisait craindre qu’elle vînt à cesser.

La salubrité publique, l’intérêt des familles qui désirent conserver intactes des personnes qui leur ont été chères, les sentiments de décence et de respect pour les morts, me font aussi un devoir de déclarer que je connais le procédé de M. Gannal, et que tous égards de justice qu’il mérite doivent bieu lui être rendus.

Paris, ce 11 novembre 183‘J.

Le commissaire de Police,

Page 1