‹ Histoire des empires de Chaldée et d'Assyrie d'après les monuments: depuis l'établissementChapitre 17 sur 22 · Âssoar-ipisiya-ousoar · texte numérisé non relu

Âssoar-ipisiya-ousoar

C'est en 851 que lui succéda Bélochus IV, époux de Sémiramis.

llélo«liiui IV et Séulraiiiiiu

Nous connaissions déjà par les fouilles de M. Layard le nom et la généalogie de ce roi qui était le dernier d'une suite de 6 générations royales sur lesquelles M. de Saulcy avait déjà» en 1850, appelé l'attention des savants. M. Layard avait en même temps trouvé un texte de ce monarque qui y retraçait les noms de quelques-uns ses ancêtres. Mais l'intérêt trèçmodique que ces débris inspiraient, se trouva augmenté par la découverte que M. Loftus fit d'une statue de Nébo, portant une légende où le nom du roi et associé à la reine Sammouramatj son épouse. On avait donc dans ce texte la première

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et jusqu'ici la seule notion sur la célèbre souveraine Sémiramis.Plus tard^ M.Loftus trouva une autre inscription malheureusement fruste de ce roi; elle parle de ses conquêtes en Palestine^ lequel nom est ici pour la première fois prononcé.

Quant à Sammouramaty il n'y a pas le moindre doute possible sur son identité avec cette Sémîramis qu'Hérodote (I^ 184) cite comme Tune des deux reines qui ont occupé avec distinction le trône d'Assyrie. Le père de l'histoire dit que cette reine a vécu cinq générations avant Nitocris. Cinq générations font à peu près 160 ans. En admettant pour l'époque de Sémiramis la fin du 9* siècle avant l'ère chrétienne, ou 820, on arrive donc à devoir fixer l'existence de Nitocris vers 650 avant J.-C, peut-être un p^ trop tard. Nous devons plus loin revenir sur cette dernière et sur les questions qui s'attachent à son existence.

En tout cas, Sémiramis a dû laisser un souvenir bien vivant dans l'histoire du peuple, et c'est ce souvenir même qui en a fait le personnage féminin le plus populaire de l'antiquité tout entière. On sait quel nom lui a fait Ctésias, inspiré par les légendes ayant cours chez les Perses et chez les Mèdes. Ces peuples, comme tous les Ariens, se distinguaient par Tabsence complète du sens historique et le manque absolu de la faculté de computer les distances temporaires. Ctésias, en ce point suivi par Diodore, Trogue- Pompée et une grande quantité d'écrivains, attribue à la reine assyrienne une antiquité fabuleuse et à son empire une étendue non moins extraordinaire. Nous avons émis l'idée que la légende de cette ancienne Sémiramis, grande dans ses exploits et dans ses vices, la seule que connaisse le monde sous ce nom illustre, date d'une souveraine antique dont le nom a été conservé dans une liste de rois découverte par moi à Londres. Mais il n'en est pas moins vrai que la reine Sémiramis, qui^ nous occupe, a pu donner naissance à l'auréole qui devait entourer ce nom. Elle a pu régner à Babylone pendant que son mari tenait le sceptre de Ninive, et pendant ce temps concevoir l'idée des grands travaux qui plus tard furent exécutés par Nabuchodonosor et ses successeurs. Hérodote parle des merveilleuses digues qu'elle construisit, et qui

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empêchaieat le pays d'être submergé par TËuphrate, comme cela avait eu lieu avant elle.

Voici le texte de rioscription tracée sur les piédestaux du dieu Nébo dont il est quesliooi comme un des dieux de Ba* bylone dans le propbète IsaSe (xtvi, 1) :

« Au dieu Nébo^ qui ^arde les mystères, ûls du BtlsakkU,

l'auguste promoteur des levers sidéraux, cbef , fils du

dieu de i\rtiKmmu(, dout le secours est toujours préseot, Tordoonateur des oeuvres de la nature (niklati) , le surveillant des légions du ciel et de la terre, qui reconnaît celui qui bénit son nom et qui lui prêle une oreille bienveillante, qui tient les tables des destinées, le sukam auguste, qui s'éiève> qui change le lever du soleil en coucher, qui compte le temps avec lui (?) ; le gloriûcateur de Bel, seigneur des seigneurs, dont la puissance est immuable et sans lequel le ciel n'a pas été créé; le vaillant, Tauguste gardien (layari), dont la protection est eïûcace, qui habite le bet-zida qui est dans Galach;

» Au maître suprême de mon maître, au protecteur de Béluchus^ roi d'Assyrie, mon maître;

» Au protecteur de Sémiramis {Sammouramat)j réponse du palais, ma souveraine :

» Je, Bel-hassi-amoun, préfet de Calach, et des pays de Khamidi^ Soutgana^ Timini, Talonna, ai fait faire ceci pour proléger sa vie» pour prolonger ses jours, pour augmeniôi* ses années, pour faire prospérer sa race* Qui que tu sois qui vivras après moi, ûe-toi à Nébo^ et tu n'as pas besoin de te lier à un autre Dieu. »

Nous faisons suivre maintenant inscription mutilée, où se trouve le nom de la Palestine. Malheureusement, cette période coïncide avec les époques les plus obscures de Thistoire juive, de sorte qu'aucune coïncidence historique n'a été conservée danis la Bible.

Voilà le texte de ce fragment :

a Grand palais de Bélochus, grand roi puissant, roi du monde, roi d'Assyrie, qu'Assour,le roi des sept dieux, a élu en lui remplissant la main de Tempire des nations. Il a établi son gouveroement comme.... sur tous les hommes d'Assyrie; il a solidement fondé son trône impérial.

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» Réédiflcateur du Asar (Bet-Mra), S|an$ reproche^ éleirant la face du Bet-mat, il marcha dans Tobéissance d'Âssour, son maître et soumit à ses lois les princes des quatre régions. Il alla depuis les pays de Silouna^ qui est au soleil levant^ les pays d'Ëlam (?)^ l'Albanie^ Kbarkhar^ Arazias^ Nisou^ la Médie^Giralbounda, dans leur ensemble^ les pays de Mounna^ Parsoua^ AUabria> Abdadana^ Nabri^ jusqu'à toutes les tribus d'Andiou, dont le site est lointain^ le pays montagneux dans son ensemble jusqu'à la mer du soleil levant ; à partir de rEupbrate^ la Syrie, la Pbénicie entière, les pays de Tyr, de Sidon, dé Houmri^ d'Ëdom, de Palestine (PaJosto), jusqu'à la mer du soleil coucbant. U les réunit à son empire^ leur imposa la prestation des tributs,

» Je marchai contre le pays de Syrie, et je pris Marih^ roi de Syrie, dans Damas, la ville de sa royauté. La crainte immense d'Assour son maître^ l'entraîna ^ il embrassa mes genoux, fit sa soumission et je lui imposai 2,300 talents d'argent, 10 talents d'or, 3,000 talents d'airain, 4,000 talents de fer^ des étoffes teintes en berom et en safran, un is êa en ka, un pardsol (?) en ka, des ahzi, le contenu de son trésor sans nombre, qui se trouvait dans Damas, la ville de sa royauté et dans son palais.

» J'assujettis tous les rois de la Ghaldée, je leur imposai des contributions. Babylone, Borsippa, Gutha, les demeures des dieux bel, Nébo et Nergal, apportèrent des victimes,

(Le reste manque).

Nous connaissons en outre l'inscription dans laquelle Bélochus cite une partie de ses ancêtres. Ce texte^ déjà mentionné^ est très-important; il est ainsi conçu :

tf Palais de Bélocbus, grand roi, roi puissant, roi du monde, » roi d'Assyrie, le roi que, parmi ses fils, a élu le dieu As- » sour^ le maître des dieux (des cinq et des deux); il a rempli » ses mains de la royauté sur les nations. De la grande mer » du soleil levant jusqu'à la grande mer du soleil couchant,

* Ces noms ont été, par erreur, omis dans la traduction qui se trouve Exp. en Mes., t. n, p. 333.

' Le pay« de Hoiuu^, est autre part nommé la maiaoo de Hoomri; nous avons déjà dit qué^t une dénomination du royaume d'Israël.

» s'étendit la puissance de son bras : il régna en maître des tribus.

» Fils de Samas-Hou, grand roi, roi puissant, roi du » inonde, roi d'Assyrie , roi des nations, le fils de Salmanas- » sar (III), roi des quatre régions, qui déyasta le pays des re- » belles, et les changea en ruines, le petit-flls de Sardana- » pale (III), le caillant, le terrible, qui porta plus loin les » frontières du pays.

» Bélochus, le fort', le majestueux, qu'Assour, Samas, » Ao et Mérodach ont assisté comme auxiliaires, et ils ont » agrandi son pays. 11 fut le rejeton de Téglathphalasar (III), » roi d'Assyrie, roi des Soumirs et des Accads, et fils de l'ar- » rière- petit-fils de Salmanassar (I), qui a conservé le temple » de Sennaar qui est le berceau du pays (?), et qui fut l'ar- » rière-petit-fils du roi Bélitaras, mon aïeul, l'origine de la » royauté, et qu'Assour a appelé à J'empire depuis une épo- » que éloignée. »

Nous avons, parmi d'autres textes des rois du grand empire, un, dont malheureusement nous ne savons pas l'auteur au juste; la seule chose que nous puissions dire avec certitude, c'est qu'il est postérieur à Téglathphalasar III, qui est le dernier monarque cité dans cette inscription curieuse. Elle peut être deBélochus aussi bien que d'un de ses prédécesseurs, et c'est pour cela que nous la faisons suivre ici. Nous avons déjà parlé de ce texte qui se trouve sur un obélisque brisé. Le premier fragment rend compte des grandes chasses et des tributs que le roi reçut des rois d'Egypte. On y parle même d'un crocodile qui fut envoyé par le monarque de ce pays. Le second fragment traite des différentes constructions de toutes sortes que le monarque inconnu fit exécuter. En voici le texte :

Inseription de VohéUm^ue d'ui» des dc0cendfiiit«i

de Sardanapale III.

Fragment de la première colonne.

a Ninip et Nergal ont rehaussé sa force, lui ont accordé la gloire de la valeur. Il monta sur des vaisseaux d'Arvad (Aradus) et tua un dauphin dans la grande mer*

DE GHALDÉE ET d'ASSYRIE. 133

» Tl tua des buffles mâles et vigoureux^ dans la ville d'Arazik qui est en face de la Syrie et aux pieds du Liban ; il prit vivants les petits des buffles^ il distribua leurs troupeaux. Il dompta avec son arc des sangliers^ en prit quelques-uns vivants et les emmena à sa ville d'EUassar. Il y parqua deux soixantaines de lions; il tua avec des lacets (?)^ dans la rencontre de sa force, ces animaux qui tombaient abasourdis devant lui. 11 dompta des lions dans des nir^amti.

» Les forêts impénétrables rappelèrent, pour qu'il y accomplit des exploits; il pécha dans les mers kussi halpie 5Unpi, dans les mers où Ton voit le lever de Canope (?)...; ainsi que dans les pays de Ëbecb, Ourase^ Âzameri, Ankourna, Pizitru, Kasiyara, les montagnes d*Âssyrie et de Khan Jusqu'aux plaines de Louloumé et les montagnes de Naïri.

D II captura des armi, des iurahi, des nali, des yatli, dans des sadirat; il les divisa en hordes, les fit se multiplier, et compta leurs troupeaux comme des troupeaux d'agneaux.

d II tua des panthères, des midini, des asi, deux dun d'isgi, des oiseaux mahir, 11 prit des..., des barkcJc, desurbarra, des simmadri, burhis. Il euvoya les petits en cadeaux aux hommes damgar, ils prirent ces petits. Il les classa, les fit se multiplier et distribua leurs troupeaux aux hommes de son pays,

» Le roi d'%ypte lui envoya, comme cadeau extraordinaire, un crocodile ^ et des baleines (umami) de la grande mer; il distribua aux hommes de son pays le reste des baleines en grand nombre, ainsi que les oiseaux qui volent jusqu'au ciel, dont le nom est célèbre.

» Il (mentionna ^ dans) les œuvres de sa main les noms de ces baleines dont les espèces ne sauraient être comparées avec les autres espèces.

» Ajoute à ces faits les pays, la prise de sa main, les expéditions contre les ennemis. Dans ces expéditions, il traversa les chemins plans dans son char, et les routes escarpées à pied ; il fit expier la rébellion...

> Déjà M. Fox Talbot a reconnu TégypUen x«h4^ dans Tassyrien Mtnsuh ; il aurait pu citer Tarabe timsah.

^ L'incription est fruste.

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t n domina depuis la ville de Babylone qui est dans le pays des Àccads... jusqu'à... la Phénicie. (Le reste tnanque.) »

Fragment de la seconde colonne.

« Je bâtis une grange aux fourrages (bet abusât) dans le pa* lais de ma royauté. Les hammi rihhi et les contreforts... étaient tombés en ruines; je les élevai depuis les fondations jusqu'aux toits.

» Le bit sahuri qu'avait f^ît ïrib-Hou et les grands contreforts du sud qu'avait faits Assouridlnakhé , roi d'Assyrie, étaient tombés, je les rebâtis.

» Le fossé de ma ville Assonr (EUassar) qui avait été détruit et rempli de terre, je le creusai depuis la grand'porte... jusqu'à la grand'porte du Tigre. Je changeai les charpentes de la grand'porte... qui étaient pourries, j'y mis dessus des charpentes en bois asuh ; je les fermai par des grilles (?) en airain.

i» Je traçai en entier le grand mur de ma ville Assour a su Ml tam ti; je construisis dans ses parages au-dessus un môle en terre.

D Je construisis dans ma ville d'As&our des palais en cèdre, en ébëne, en pistachier, en bois tarpih (pommier?) Je fis pour la paroi huit burhis, huit lions en pierre atbar, ainsi que deux taureaux en pierres parât, deux purhis en pierre pilui... et je les introduisis dans les portes.

» Assouridilil, roi d'Assyrie, avait creusé un canal. La prise d'eau de ce canal avait été ensablée, et, pendant 30 ans, les eaux n'y avaient pénétré. Je restaurai la prise d'eau, et je la creusai profondément, et j'y laissai couler les eaux. J*érigeai des kiri (je plantai des parcs?).

» Bélochus, roi d'Assyrie, avait construit xxmkisrat (colline artificielle?) pour la grande digue de la porte du Tigre; elle était tombée et s'était éboulée. J'élevai au-dessuô du niveau des eaux ses conduits en bitume et en briques, de sept pieds (?) de hauteur.

» Le grand contrefort de la maison des tributs qu'avait fait devant les Wsato, Teglathphalasar (IIÎ, Tuklat-Samdun) , voi d'Assyrie, s'était éboulé dans l'étendue d'un stade et de trois

DE CHALBÉB m B'ÀSStHlE. 135

kumani campestres; je VA reconstruit depuis ses fondations jusqu'à ses créneaux.

» Je [bâtis] le palais dans la ville de (nom^ non déchiffré) qui est la capitale des cercles de la tille. *

x> Je fis une maison des tributs dans le ma cl ka.

» Je fis le palais de la ville d'Atki qui..*

» La forteresse.*. {Le reste manque), »

Les deux fragments de Tobélisque portant seulement deux côtés munis d'inscriptions sur quatre^ semblent être du même roi, quoique la première rappelle pour quelques phrases Teglathpbalasar 1; mais la seconde ne pourrait être attribuée qu^à Sardanapale IH, ou à l'un de ses successeurs.

Le père, le grand-père et Taïeul de ce roi sont nommés dans le texte qui relate les travaux faits dans la ville d'Assour, ce qu) paraît être KaJa-Cberghât. Néanmoins le monument a été trouvé à Koyoundjik, à Ninive, à laquelle ville les travaux ne semblent pas se rapporter. M.Rawlinson qui a publié le texte assyrien de l'inscription, dit qu'il avait été transporté de Kala-Cherghât. Cela est possible, mais rien ne le prouve, puisque Tauteur royal ne parle pas seulement d'Ellassar, mais encore d'autres cités où il aurait exécuté d'importants travaux- Dans ce cas, l'obélisque brisé serait le second monument provenant de Ninive et remontant au delà de la reconstruction du palais par Sennachérib.

Le monument est, de 30 ans au moins, postérieur à Assouridilil, aïeul de Bélochus lïl; or, entre ce roi et Sardanapale in, se placent déjà 26 ans, et certes il faut admettre un laps de temps plus ou moins considérable entre la construction du canal mentionné et Tépoque où il devint impraticable.

Il semblerait surprenant que des travaux exécutés tout au ^ plus 50 et même 30 ans auparavant par Bélochus et Teglalhpbalasar^ aient eu sitôt besoin de la main réparatrice de leur successeur immédiat.

Nous l'avons donc traduit à cette place, quoique les mentions de rois antérieurs ne descendent que jusqu'au père du rénovateur de Galach.

Parmi les personnages antiques cités se trouve Irib-HoUj que nous croyons devoir identifier avec le paii$ d'Assour dont la collection britannique a donné une brique ^

Il faut remarquer que le style d'écriture de ce monument rappelle exactement celui des monuments de Bélocbus IV^ et les citations des rois antiques sont également dans Tbabitude de ce roi.

L'époux de Sémiramis resta sur le trône pendant 29 ans. Un séjour récent à Londres nous a fourni^ sur un fragment nouvellement découvert, presque tous les noms des éponymes qui remplissent son règne. En même temps^ le fragment de la tablette complète les archontes du règne de Samas-Hou ; seulement il ne donne pas sept noms, ainsi qu'on Tavait cru^ mais seulement six : Samas-Hou n'a donc régné que 13 et non 14 ans^ Cette circonstance rapproche de nous d'une année les dates des rois antérieurs^ si Ton veut maintenir la date de 788 pour la dernière année d'Assourlihhous. Mais nous verrons que cette année de 788^ que nous maintenons jusqu'à nouvel ordre ^ est encore un peu trop basse ^ ainsi qu'il résulte d'une découverte très -importante que nous avons faite ^ celle du nom d'Achab; nous reviendrons sur cette question. Provisoirement^ nous maintenons le chiffre de 788 , qui d'ailleurs ne s'écarte de la vérité que de quelques années. Voici donc le règne de Samas-Hou :

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