DE CHALDÉE ET B'ASSTBIE
Fargeût^ de Tor^ de rétain^ des cbeyaux^ des boeufs^ des agneaux, des étoffes teintes en safran.
» Je montai vers TAmanus^ je coupai des poutres de cèdres.
» Dans ma 12* campagne, je sortis de Ninive, je franchis i'Euphrate^ j'allai vers Pakar-Kbouboun ; les habitants s'étaient tournés yers les hautes montagnes, j'entourai et j'occupai les versants (ravins?) des montagnes^ je leur tuai beaucoup de monde, je pris les captifs et je les fis descendre des hauteurs.
.]> Dans ma 43* campagne, j'entrai dans le district de la ville d'Istarat (villes des déesses). J'allai vers laïki, et j'occupai ce pays dans son entier, j'y fis un massacre général et j'en emmenai des captifs sans nombre. ^
fiDans ma i4* campagne, je fis un recensement de mes vastes territoires sans nombre, je franchis l'Euphrate dans un gué avec iâO,000 hommes. Alors, Houidri de Damas, Irkhoulina de Hamat, et les 12 rois de la côte, et haute et basse. Us avaient compté leurs grandes armées sans nombre, et s'avancèrent vers moi. Je me battis avec eux, je les mis en fuite; j'enlevai (asih) leurs chars, leur cavalerie, je pris leurs munitions de guerre. Ils s'enfuirent pour sauver leur vie.
» Dans ma 15* campagne, j'allai vers le pays de Naïri. Je fis une image de ma majesté près des sources du Tigre, dans le pays Kapi (les rochers) des montagnes, où il sort de son souterrain. J'y écrivis le récit de ma valeur et l'histoire de mes exploits. J'entrai dans le district du pays de Thouniboun; je détruisis, je démolis, je brûlai par feu les villes d'Arami l'Arménien, jusqu'aux sources de l'Ëùphrate. J'allai jusqu'aux sources de l'Ëùphrate, j'offris des sacrifices à mes dieux, je chantai les louanges d'Assour. Je pris Asia du pays de Dayani^ Je lui imposai la prestation de tributs et de chevaux. Je fis une image de ma majesté et je la plaçai au milieu de sa ville.»
napale, et Loubarna U, dont il est quesUon dans la 28' campagne. Ce fait proave que robéliaque ne donne pae tons les tributaires, ce qui a de l'importance pour nous par rapport à Jehu. Le tribut de Garparounda est autrement spécifié sur le monument du Musée de Londres, où l'on y ajoute des prestations d*airain, de peaux et d*ébène; mats il n'y a pas lieu de douter de l'identité des deux tributaires.
Le reste de ce document détaillé n'est pas parvenu jusqu'à nous. •
Ces textes nous fournissent en outre des noms géographiques très-intéressants^ dont quelques-uns se sont perpétués jusqu'à nos jours. Nous remarquons surtout le nom du fleuve Balikh qui, chez les Arabes, s'appelle encore ainsi, et qui correspond au Belias des Grecs ; il cOule du nord au sud, à peu près parallèlement à l'Euphrate, et se jette dans TEuphrate^ près de la ville de Rakka ou Nicephorium. Puis nous y lisons le nom du fleuve Arzania qui, en effet, rappelle le nom du fleuve Arsanias, Tune des rivières dont le confluent forme l'Euphrate. Le Khabour, le fleuve cité par les livres des Rois (II, 17, 6), n'est pas mentionné par Salmanassar lll, mais se trouve dans les textes du père. Les progrès de l'élude de géographie comparative feront faire encore d'autres progrès bieti plus considérables; mais il faudra pour cela que les données fournies par le moyen âge musulman et chrétien soient mises à la portée du monde savant. L'assimilation de tous les noms cités devra faire l'objet d'une étude spéciale.
Sardunapale IV.
Nous ne savons de ce roi que ce que son frère Samas-Hou nous en a transmis, et nous pouvons donc nous dispenser de répéter ce que nous en avons dit plus haut. Les listes d'éponymes lui donnent cinq ans, qui probablement coïncident en partie avec les dernières années de vie de son père Salmanassar.
Samas-Hoii.
Nous nous adresserons immédiatement à son frère Samas- Hou.
Ce roi régna 14 ans, selon nous, depuis 865 à 851, et fut donc contemporain du roi juif Joas et des rois d'Israël, Jéhu et Joachaz. Le seul monument qui reste de lui est une stèle trouvée par M. Loftus et Hormuzd-Rassam dans Tédifice du sud-est de Nimroud. Cette stèle se trouve aujourd'hui au Musée britannique, et est conçue en caractères archaïques et très-compliqués.
DE CHAIDÈB ET DASSTRIE. 123
Voilà rînscription :
« Au dieu Ninip-Samdan, le maître impénétrable des hauts faits^ qui augmente la grandeur^ le héros parmi les héros^ qui surveille le centre du ciel et de la terre^ qui règle les orbites^ qui a bit les sphères des sept planètes, qui complète leurs
levers, sa puissance ne pourrait être diminuée. Il est le
premier-né du dieu d^Anunnaki (Ânou), le ailâllu des dieux, le... qui ne s'altère pas, Tindicateur du soleil boréal, le maître suprême qui chevauche sur les nuages (abubi ?); comme le soleil, la lumière des dieux, il purifie les contrées. Intercesseur auprès des dieux, sa namriri dubburu, il remplit de crainte, il accomplit les desseins immuables. Premier-né de Bel-Dagon, adorateur des dieux qui l'ont engendré {?), créature du Asar (paradis?), fils...
9 II venge les injures faites à Cannes et à Bel-Dagon, et la parole de sa bouche n'est jamais prise en défaut. Lui, Samdan, le suprême, l'augmeatateur, il proroge les destinées inspirées par la justice.
Vaillant parmi les dieux, le magnifique; il habite la
ville de Calach, le siège suprême, le séjour des takdulif la demeure du dieu boréal ^
jt» Samas-Hou, roi puissant, roi des légions sans nombre, pasteur du bonheur, qui porte le sceptre de la justice, le vainqueur sur tous les pays, qui commande à l'assemblée des naticns. Depuis longtemps les dieux ont appelé sa race à la souveraineté. Réédiflcateur de BeUhira,.., relevant les cellules du Bei*maiy il s'est appliqué de tout son cœur à restaurer la splendeur de la Mésopotamie et les temples de son pays.
» Fils de Salmanassar, roi des quatre régions, dont les vassaux sont innoa brables, qui foula aux pieds les pays. Petit-fils de Sardanapale, qui imposa des tributs et des redevances, dans toutes les régions de la terre.
» Je dis : Sardanapale (Asur-dannin-palla) trama un complot perfide contre son père Salmanassar, il se fit entraînera des instincts de vengeance, et ameuta le pays. Il prépara la guerre, et se concilia les hommes d'Assyrie, de la haute et de
^ Je n*ai pas traduit ce passage dans V Expédition de Mésopotamie, parre qu'il était encore moins intelligible qu'il ne Test aujourd'hui.
la basse; il fortifia les ailles et se prépara à livrer combat
et bataille. Les villes de Nisoura^ Adia^ Sibaniba^ Imgam-Bel^ Issabri^ Bet-Imtira^ Simou^ Sibhinis> Parnousour, Ki[)souna^ Kourban^ Tidou^ Naboulou^ Kapa, Âssour S Ourakka^ Sallat^ Houzirina^ Dour-napasti, Dariga^ Zaban^ Loubdou^ Arrapba ^, Arbèles et les villes d'Amid ®, Tel-abni, Khindan, 27 localités et leurs forteresses se révoltèrent contre Salmanassar, roi des quatre régions, mon père, et se déclarèrent pour Sardanapale. A l'aide des grands dîeux> mes maîtres, je les soumis à mon empire ^.
» Col. \, 1. 52. — Dans ma !'• campagne, je marchai contre le pays de Nàïri, et je pris comme tributs des chevaux, comme signe de soumission de tous les rois du pays de Natri.
» A cette époque, j'ai balayé le pays des fleuves (Naïri) en entier comme un ouragan (?). La souirdraineié de TAssyrie alla alors de la ville de Taddira, dans le pays des fleuves, jusqu'au Fort-Salmanassar, qui est devant Circésium ; de la ville deZaddi, dans la province d'Accad, jusqu'au pays de Soumir- Ënzi; depuis la ville d'Arid jusqu'au pays de Souhi. Par la grâce d' Assour, de Samas, d'Ao et de Mylitta, les dieux mes aides, tous ces pays reconnurent ma souveraineté.
D Col. II, 1. 16. — Dans ma 9r campagne, j'envoyai Sakalassour, le tartan des... le chef des..., le préposé aux himi, avec mes gurdi et mes tentes vers le pays de Naïri ; je le déléguai. 11 alla jusqu'à la mer du soleil couchant. Il prit 3,000 villes de Sarsina, flis de Migdiara, H villes capitales avec les 200 autres d*Uspina. Il y tua beaucoup de monde, en emmena les captifs, les trésors, les dieux, les fils et les filles; il détruisit ces villes, il les démolit, il les brûla par le feu. A son retour, il tua beaucoup de monde en Sounbaï, et j*ai reçu des tributs et des chevaux, comme signe de soumission de tous les rois de Naïri.
» Col. II, 1. 34. — Dans ma 3* campagne, je traversai leZaban, je descendis vers le pays de Silar, et je montai vers
< Kala-Sherghat, ou peat-étre NinWe même.
2 C'est le nom d'Ampachltis.
' Diarbeki;.
^ Cinq ans après la révolte.
DE GHALDÉE £T D'ASSYRIIU 125
Naïrije reçus les tributs de Dadi^ Je Houbouska, de Sarsina^ fils de Migdiara^ de Sounba^ de Van^ des Barsou, de Talikla et descbevaui en signe de soumission. La terreur immense d'Âssour^ mon dieu, entraîna le pays de Misa; ils craignirent le courroux de ma terrible puissance et abandonnèrent leurs villes. Us s'en allèrent sur des montagnes inaccessibles. Il y a trois pics dansles montagnes^ qui semblent descendre duciel comme un nuage^ et qu'un oiseau ne cherche pas dans son vol. Ils s'y établirent. Je m'élançai à leur poursuite, je m'approchai des ravins de ces montagnes, et je fondis sur eux comme un oiseau de proie. Je leur tuai beaucoup de monde. J'en saisis les prisons, les trésors, les butins^ les mulets^ les agneaux^ les chevaux, je fis descendre des montagnes toutes les juments qui avaient deux poulains (?), sans nombre. Je détruisis 400 villes des environs, je les démolis, je les brûlai par le feu. Je marchai contre Giratbounda, et j'occupai la ville de Kinaki, je la détruisis, je la démolis, je la brûlai dans le feu. Je... Je reçus les tribus de Titamaska, de la ville de Salasa et de Kiara, de la ville de Karsibout, des chevaux en signe de soumission. ,
» CoL III, 1. 7. — Le pays de Giratbounda avait été entraîné en entier par la peur de ma souveraineté et par les armes de mes puissantes batailles; ils abandonnèrent leurs villes nombreuses, et se retirèrent vers leur capitale Ouras. J'assiégeai et je pris cette ville; je jetai les cadavres des combattants comme des troncs d'arbres (?) autour de la ville. J'en tuai 9,000. Je pris Pirisati, leur roi, et 4,200 de ses soldats. J'emportai les prisonniers, les trésors^ les esclaves, les bœufs, les agneaux, les chevaux, les vases en or et en argent^ les husi d'airain sans nombre. Je détruisis la ville, je la démolis^ je la brûlai parle feu.
x> J'imposai des tributs à Ëngour de Si bar ; je fis une
. grande image de ma royauté, j'y inscrivis la gloire d'Assour,
mon maître, la louange des exploits et le récit des hauts faits
que j^avals exécutés dans Naïri, et je 1 érigeai dans Sibar, la
capitale de Giratbounda.
» CoL III, 1. 27.— Je marchai contre Mata; ils craignaient la puissance d'Assour et le combat des batailles où' nous nous
12B HlSTOmB DES EMPIRES
montrons incomparablos. Ils avaient abandonné leurs villes et s'étaient retirés yers le pays d'Apisi. Je m'élançai à leur poursuite; je tuai 2^300 hommes fugitifs de Mata; jeteur pris 140 cavaliers J'emportai leurs trésors et leurs esclaves. Je détruisis ...bita, leur capitale et 1^200 villes Je les démolis^ je les brûlai par le feu.
» A mon retour^ je descendis vers le pays Ekoummousi (1), je vainquis dans la bataille Mounirsouarta d'Arazias et 1^060 de ses guerriers. Je remplis de leurs cadavres les grottes et les ravins des montagnes. Les soldats de mes armées se partagèrent les flls^ les filles^ les esclaves^ les trésors les bœufs et les moutons; je détruisis leurs villes^ je les démolis^ je les brûlai par le feu.
» Dans ces temps^ m'apportèrent leurs tributs : Sirasmi de Babarour, Amakbar de Rharmis-Anda^ Zaris de Parsani^ Zaris de la ville de Khoundour, Sanas de Kibaba-Routak^ Ardara d'Oustassa^ Souma de Kinouk, Tataï de Gingizar^ Bisiraïn d'Arim^ Parousta de Kimarous, Aspastatas d'Ouila^ Amamas de Kingistilenzabar^ Tarsikh de Masiraous, Mamanis de Louksa, Zanzar de Diniam, Siras de Simgouri, Gista d'Abdan^ Adadan d'Asati^ Oursi de Ginkboukhta^ Bara de Ginzin, Aroua de Kindoutaous, Dirnakous, de roua. Laban de Zouzarour, Satizat de Gin..da, Barzouta de Talikla, Souade Nani.,.. Satiriaï et Artasirar, tous les rois de Naïri. Avec l'assistance de Samas et d'Ao, les dieux, mes aides, je leur imposai pour des temps perpétuels des tribus consistant en chevaux.
» Dans ces temps., j'envahis le pays de Silar et les grandes montagnes près de la mer du soleil couchant, comme le dieu Ao, le dévastateur, et je leur inspirai la crainte de ma royauté.
» Dans ma 4" campagne, au 3' mois, le 4S« jour, je marchai contre la basse Ghaldée. Je franchis le Zaban ; près des villes de Zaddi et de Zaban, je descendis dans les ravins des montagnes, je tuai trois lions. Je soumis le pays d'Ëbikh. J'approchai de la ville de Mé-Tournat, que la crainte immense des dieux Assour et Mérodach, mes maîtres, avaient terrifiée. Les habitants s'humilièrent devant moi, je les fis sortir, eux et leurs trésors et leurs dieux, et je les envoyai dans mon pays; je
DE CBAUDÉE ET d'ASSYRIE. i'zl
les traitai comme les sujets de ma patrie. Je traversai dans des gués le fleuve deMé-Tournat, je détruisis la capitale Garnie, et 200 villes des environs Je les démolis, je les brûlai par le feu. Je soumis le paysdelalman. J'assiégeai Dihbina;lacrainied^Assour les terrifia, ils s'humilièrent devant moi ; j'emportai 300 villes et leurs habitants, leurs esclaves et trésors, je les enlevai de cette ville. Je traversai la ville de Datië. J'occupai la ville de *..ya, qui est au delà de la ville de Ganasoutikan, et 200 yilles des environs. Je tuai 3,030 personnes. J'emportai les captifs, les esclaves, les trésors, les dieux, je rasai les murs. Je détruisis ces villes, je les démolis, je les brûlai dans le feu. Les hommes qui s'étaient soustraits à ma domination terrible, s'étaient retirés dans Kiratti et les autres capitales. J'assiégeai et je pris cette ville, j'y tuai 500 personnes, j'en enlevai les captifs, les esclaves, les trésors, les dieux, les bœufs et les moutons. Je détruisis la ville, je la démolis, je la brûlai par le feu.
dLcs pays d'Arménie (Accad) craignaient le courroux de ma terrible puissance, et la force de mes combats dont la gloire est incomparable. Us se fortifièrent dans Dour-Koursou S leur capitale, qui est comme un ukak dans un fleuve, dans les tourbillons des ondes. Ils ne s'aventurèrent pas à me rencontrer sur le champ de bataille, et se étirèrent dans leurs 447 villes. Je pris la ville sur mon passage, je mis hors de combat i 3,000 guerriers. Leurs cadavres flottèrent comme des ondes autour de leurs villes... J'entassai les habits (?) de ces soldats et en fis des monceaux; 3,000 tombèrent vivants dans ma main. Je m'emparai du... de la royauté, du parasol de la royauté, des trésors et des esclaves du palais, des servantes des palais^ des richesses, des dieux; j'emportai de la ville le butin innombrable du palais. Les habits (?) des soldats échurent, comme des... aux guerriers de ma patrie. Je détruisis cette ville, je la démolis, je la brûlai par le feu.
» Un nommé Mardoukbalatirib avait confiance en la force de ses armées ; il comptait parmi ses troupes des hommes de Ghaldée, d'ÉIam, de Namri, d'Aram sans nombre. 11 vint vers moi pour me livrer combat et bataille.*, près de la ville de
* U ii'«at pas prpbabiemttit la vraie proDonciatian.
128 HISrOIRE DES EMPIRES
Dour-Koursou^ la ville capitale, il compta ses troupes; je lui livrai bataille et le vainquis. Je tuai 5,000 captifs^ 2^000 tôm* bèrent vivants dans mes mains. Je saisis, 200 cbars, 200 cavaliers^ les insif^nes de sa royauté et le... de son camp. »
Les campagnes de Samas-Hou (serviteur d'Ao] ne descendent pas au delà de sa 4* campagne. Les expéditions de ce roi avaient surtout pour but TÂrménie et les pays arrosés par le baut Tigre et le haut Ëupbrate ; seulement, une fois, nous voyons le roi de Ninive se tourner du côté du midi. Ce qui nous frappe dans Ténumération des rois, et des pays vaincus, c'est surtout le mélange de noms évidemment touraniens avec d'autres qui accusent directement une origine arienne.
Nous ne connaissons rien de ses entreprises contre l'ouest de TAsie, la Syrie et le Palestine.
Les tablettes des éponymies étant toutes mutilées à cette époque, il ne nous reste que les noms de sept grands dignitaires annuels, à savoir :