‹ Histoire des empires de Chaldée et d'Assyrie d'après les monuments: depuis l'établissementChapitre 5 sur 22 · HI9T0IRE DES KHPIRES · texte numérisé non relu

HI9T0IRE DES KHPIRES

citée par Bérose comme le séjour du dernier roi Xisutbrus*, figure dans les inscriirtions comme ville du soleil^ mais elle n'a eucore livré que peu de documents K

C'est du tnidi de la Chaldée que l'Assyrie entière fut gouvernée^ comme elle avait été colonisée également par les habitants sémitiques de la Ghaldée. Mais au point de vue ethnographique^ les rois de la première dynastie ne précisent pas leur origine. Ils attachent à leur titre royal le nom d'une des villes principales, ou ils se nomment rots d6$ quatre région$, ou rois des Soumirs et des Accads. Mais nulle part on ne lit le nom de la Ghaldée comme complément du titre souverain.

Ce nom de Ghaldée ne parait^ dans cette qualité qu'à une époque relativement très-récente^ et employé par les rois d'Assyrie qui ne donnèrent jamais le titre de roi de Babylone à leurs contemporains. Le mot de Ur msdim lui-même a été expliqué par nous comme composé des trois lettres Ur, pays, kas, deux, dim, eau; les signes qui expriment dans le syllabaire assyrien ces valeurs phonétiques, ont en même temps les notions dont nous venons de parler. Ce berceau d'Abraham, Vr casdim, n'est donc pas une ville, ce que, du reste, aucun passage biblique n'autorise à admettre; c'est tout simplement le nom que les Touranietis ont donné à la Mésopotamie.

Parmi ces rois se trouvent quelques-uns qui ont également des noms élamites. J'ai découvert, en juillet 1862, au Musée britannique, une liste de noms royaux qui, en partie, se compose de ces noms, et en regard, on trouve la signification du mot élamite en assyrien. Mais quelle que soit la nationalité de ces monarques, ceux dont nous possédons des textes s'intitulent toujours roi de Babyloney ou roi de Chalanné, ou rot de Larsam, et ils ne prennent pas comme leurs successeurs issus d'une commune origine le nom de rot de Susiane.

Les touilles de MM. Loftus, Jones Taylor et d'autres ont mis au jour des briques de ces souverains antiques qui ont été publiées par MM. Raw^linson et Norris dans le recueil de Cumifortn inscriptions of western Asia. Nous en avons publié une liste dans notre Easpédilion en Mésopotamie^ t. i,

' Pour tous les détails» voir VExpédition en Mésopotamie, liv. lU, ohap. 1 .

DE CHALDÉE ET d'aSSYRIE.

p. 276^ mais nous prévenons le lecteur que nous n'avons pas la prétention d'établir une suite chronologique quelconque, sauf dans Tordre de la liste trouvée à Londres, ou dans les cas où il se présente une filiation.

Les noms royaux sont au nombre de A9, selon Bérose; nous trouvons déjà une 50* de noms. 11 serait possible qu'ils se répartissent aussi sur la dynastie arabe; les rois nomniés arabes par Bérose pourraient être identiques aux Elamites, également fils de Sem, qui occupèrent les deut rives du Pasitigris; mais il y a plus de probabilité de voir dans les Arabes le Rbet des Egyptiens, les Hethites de la Bible.

Parmi ces noms, il y en a quelques-uns qui ne sont que ceux des pères des rois, sans que les personnes qui les portèrent aient jamais régné. Nous désignons ces derniers par des astérisques.

Orcham.

Ilgi, son fila.

Ismidagan.

Goungounoam, son fils.

Samsi-flou, peut-être frère du précédent.

Sagaraktiyas.

Naram-Sin, son fils.

KansoukalloD.

Irsou-Sin, son fils.

Rim-SiD>

Amar-Sin.

Nour-Hou .'.

Bilit-Hasihat.

Sin-Said.

Samas-Anou.

Slnti8ikarliat^\

Kondourmapook.

Zikar-Sin.

Pournapouryas I ou U.

Konrgaizou I ou H.

Sin-inounam (Sin £iit augmenter la famiae).

Mardouk-idin-akh (Merodach, donne

Libit...

Adannon-Sin (?) ?

Sln-habal..., fils du précédent.

Hon-habal-isonrrik (Ao a accordé un fils.)

Anat (commencement de la liste mentionnée).

Sar...

Une reine.

( Période astronomique entourée de deux traits).

Hammourabi.

Ammidikaga.

Konrgaizou.

Nammaspihou.

Oulampouryas.

Parslrouttas.

Milisihou.

Pournapouriyas.

Kadarbilkit.

Oulamharbat.

MUihali.

Millsoumou.

Milisibarrou.

MUikit.

un frère 1)

' Non pas Nour-Sin, comme par erreur le porte la liste de VExpédUUm de Mésopotamie,

i(i HISTOIRE DES EMPIRES

Nazlnihoa.

Naziponryas.

Nimgirabi.

Nimgirabait.

Nimgirabipouryas.

Kadarpouryas. Haboub.

Kadarkit.

Voici à peu près 50 noms^ dont pourtant quelques-uns peuvent n'être pas ceux de souveiains. Nous passons aux rois dont nous ayons quelques textes.

Le nom de ce roi est choisi uniquement^ parce qu'il peut s'être prononcé ainsi. Sir Henri Rawlinson proposa de le nt^mmer UrtÂkh,* M. Hincks le nomme UriyaL Mais ces lectures ne sont proposées que pour rendre possible un rapport avec le roi Ârioch de la Genèse(xiv, i). Le nom se compose delà syllable Ur et d'un terme divin qui, par une exception assez rare, ne se trouve que là et s'écrit par un signe non déchiffré *. Pour lire avec M. Rawlinson Vnikhon avec M. Hincks Uriyak, il (audratt donc supposer une divinité Ukh ou Yak. Nous avons, 80US toutes réserves, proposé de lire Urhammu; le nom divin Hammou se retrouve ailleurs comme Dieu soleil, de sorte que-ie mot signifie : lumière du soleil. M. Rawlinson a déjà rappelé le nom d'Orcham, père de Leucothée, que nous avons accepté, faute de mieux, quoiqu'il ne se trouve qu'une fois dans toute l'antiquité, et encore dans Ovide :

RexitAobœmeniasurbespaterOrcbamus; isque - Septimas a prisci.Dumeratur origine Beli. (Jfelom., iv, 212.)

En tout cas, la lecture proposée peut convenir au groupe cunéiforme, tandis que les deux propositions des savants anglais ne s'y adaptent d'aucune manière.

Quoi qu'il en soit, on trouve le nom d'Orcham dans toute la Chaldée sur des monuments. C'est surtout à Chalanné, le Galneh hébreu, que nous croyons reconnaître dans les ruines de Mugheïr, que s'est montrée la piété du roi antique envers le dieu de la lune, Sin, qu'il désigne par des caractères qui se lisent : « Dieu protecteur de la terre. » On lit sur les briques la légende suivante :

« En honneur de Sin, son roi, Orcham, roi de Chalanné, a

' Voir dans ma Uste' de V Expédition de Mésopotamie, t. ii, p. 119. n« 291. Comparei t, I, p. 260, note 2. *^ * *^^>

DE CHALDÉE ET D'ASâTftIE. 17

» fondé et construit sa maison el Tenceinte de la Tille de Cha- » lanné. »

Non loin de là^ on trouve Tinscription suivante;

«En honneur de Sin^ le fils aîné de Bel-Dagon^ S(m roi:

DOrcbam^le maître puissant^ le , roi de Chalanné^ roi

» des Soumirs et des Accads^ a construit le temple Ti im galu, » le temple Ki ram si ni. n

Une inscription des briques des ruines du grand temple, les restes les plus considérables de ces contrées^ portent simplement :

« Orebam, roi de Chalanné^a construit ce temple à 8in« »

Cet édifice était très-célèbre dans Tantiquité babylonienne; ainsi Tatteste le dernier roi babylonien^ que nous nommons Nabouïmtouk^ et que quelques savants identifient^ peut-être avec raison^ à Nabonid^ dont^ au surplus^ le nom se trouve dans le texte suivant :

a Nabouïmtouk, roi de Babylone^ reconstructeur de la Py- » ramide et de la Tour^ adorateur des grands dieux^ moi.

D Le temple du roi du...^ le ziggumU^ du temple du IZ ^de . » la grande déesse qui est dans Chalanné, avait été commencé y> par Orcbam, roi ancien; mais celui-ci ne Tavait pas termi- 9 né. Ilgi^ son fils^ en acheva la magnificence^

» Dans les documeqts provenant d'Orcbam et d'Ugi, son x> flls^ j'ai lu qu'Orcham n'avait pas terminé ce ziggwrat et » qu'llgi^ son fils, en avait achevé la magnificence. Dans le B laps du temps, ce ziggurrat s'en alla en ruines. J'ai recons- » truit sur les anciennes fondations^ qu'avaient posées Orcham x> et llgi; son fils> ce ziggurrat comme il avait été jadis, en » bitume et en briques, et j'ai terminé la construction en l'hon- » neur de Sin> le dieu du ciel et de la terre, le roi des dieux » qui sont les véritables dieux habitant les grands cieux ; j'ai » refondé et rebâti cette maison du IZ de la grande déesse, » mon Seigneur qui est dans Chalanné.

I Ou sigguratf peut-être la tour.

^ L'auteur s'est toujours servi de majuscules iDdiquatit la prononciation syllabique du signe, quand il ne savait pas rendre le sens du signe. Si le mot est écrit phonétiquement, Il a, dans ce cas, conservé la transcription en lettres italiques; dans les deux cas, le u se prononce ou.

18 HUTOIU DBS BIIFIMS6

p Dieu Sip> maître des dieux, roi des dieux qui sout M dieux » habitant les grands deux, que surtout s'accomplisse ta grâce i> sur cette maison, au temps de ton entrée qui protège la 9 Pyramide, la Tour et le Temple du IZ de la grande déesse, » les temples de la grande divinité. Propage Tadoration de la 9 grande divinité parmi les hommes, qu'ils soient préser-^ )) vés du péché et que mes œuvrer soient stables comme les 9 deux !

» Et si Nabonid, roi de Babylone, a persévéré de pécher » contre la grande divinité, sauve-moi, accorde-moi largement » une existence jusqu^aux jours reculés. Et quant à Baltbasar » (Bel'mrr-tÂmr), le rejeton de mon cœur, mon ûls aîné, » propage à cause de lui, Tadoration de la grande divinité ! )» Que sa vie soit préservée sans atteinte, aussi longtemps que » le permettent les destinées ! »

Le texte de ce document du dernier roi de Babylone, est préservédans quatre exemplaires, trouvés aux quatre coins d un des étages de la tour de Mugbeïr* Nous maintenons la distinction entre Nabuimtuk et Nabunahid ^; dans les quatre exemplaires on trouve à la fin le nom de Nabonid. Il ne s'ensuit pas de là que les deux personnes soient différentes; mais, à coup sûr, ce n'est pas une preuve pour leur identité.

Nous av(ms rendu par Chaianné, en hébreu m^ (Gen.g x, iO; 4mo<« VI, 2) et u^j {Is., ix, 10) l'idéogramme assyrien qui désigne le nom antique de Mugheïr. Cette variante biblique xend probable pour nous que le nom d'Oannès (Anu) se cache dans ce nom ^. Le nom semble dire : « Demeure d'Oannès. » Sur Tautorité du Talmud (Toma, p. 10), où Cbalneh est assimilé à Nufar Ninfe, plusieurs savants ont identifié l'ancien «ége de la puissance de Nimrod à Niffar, ville située au centre

* Voir» pour le texte, W. À. I., pi. S8. J'ai diflonté la «laestion {EspédHim éê Métopotamiet t. it p. 262}, oit le lecteur trouvera les textes qui sont sûrement de Nabonid. Ces textes eu effet parleraient poar l'identité des deux noms* La citation de Balthasar est la seule qui se retrouve dans les textes babyloniens Elle se distingue comme dans le livre de Daniel, du nom chaldéen attribué au

sage juif. Le roi est Bel-Sarrusur (Bel, protège le roi), en assyrien lS)OtS^3»

en bébreu ISKCt^^ , tandis que Daniel s'appelle dans la Kbie ISICtraVSv «t le nom assyrien s'écrit de même ; il se prononce BcUUumur, protège sa ylè. 3 Voyes Esspédition en Mésopotamie, U i, p. 2^1 et sulvautes.

DE G^AtBÉB BT d'ASSTRIE. 19

de la Mésopotamiei et florissapt longtemps après la cbute de Babylone; la ville de Niffar est citée par les Arabes, et au 12' siècle elle était encore le siège d'un évêquc chrétien. Mais Niffar correspond à un nom antique, à celui deNipour (Nipw), nommée c< la ville du Seigneur du monde, » et cela nous empêche de voif dans les ruines de Niffar celles de Cbalanné« U est dit dans une glose curieuse des Septante au passage cité çîr dessus d'Isaïej que c'était àChalanné que la première tour avait été élevée, el les traditions qui s'attachent à Mugheîr, jusqu'à Nabuchodonosor et Nabonid, semblent fortement militer pour l'aj^similation de cette localité à Cbalanné. Il n'y a pas, au surplus, de rastes qui s'appliquent mieux que celles de Mugheîr, à une des villes de la métropole biblique, d'autant plus que toutes les autres places modernes sont identifiées aux noms antiques, et que seules Chalanné et M.ugbeïr n'avaient pas trouvé leurs identifications respectives*

Du reste, le vieil Orcham a laissé aussi des traces à Niffar, l'antique Nipour. Il y bâtit un temple à une déesse :

a Orcham, roi de Chalanné, roi des Soumirs et des Accads, » serviteur de la déesse du firmament (?) a construit ceci. »

Puis il consacre un édifice à Mylitta Taauth (Bilit Tavm, rnnn nbva), la mère des dieux ;

« A Mylitta Taauth, sa souveraine, Orcham, le puissant pas- » teur, le roi de Chalanné, roi des Soumirs et des Accads, a » construit ce sanctuaire pour soutenir sa puissance. »

On trouve à Warka, une légende semblable, dans laqqelle tous les témoignages reconnaissent unanimement le Êrech de la Genèse (x, iO), YArach de la Vulgale, l'Orcboé des Grecs :

a A la déesse Mylitta, sa souveraine,Orcham, le pasteur puis- » sant, roi de Chalanné, roi des Soumirs et des Accads^ a cons- » truit ce temple. »

La ville principalement consacrée au culte solaire, était en dehors de Sippara, aujourd'hui Sufeira, le Sépliarvam de lA Bible, une localité que les fragments de Béfose ^ appeUent larancha, Lmchara, qui est l'arabe Senkereh, et où, selon cet auteur, régnèrent plusieurs rois antédiluviens. Les inscriptipqs

' Voir Fragmenta hittoricorum grxcorum de la i^QllecUonDIdot» t. «, p, ^<l^.

20 HiSTOIBB DB» BMPIBES

rappellent larmm ou larm. Là au^si^ nous rencontrons le roi antique :

« Au dieu soleil (Samas), son maître^ Orcham^ le pasteur » puissant, le roi deCbalanné, roi des Soumirs et des Accads. D a construit ce temple. »

On n'a pas retrouvé jusqu'ici les traces de ce roi à Babylone^ mais rien ne s'oppose à ce que des explorations ultérieures n'en découvrent. La grandeur relatitement moderne de Babylone a nui aux souvenirs d'une antiquité très-reculée^ quoique les derniers rois parlent souvent des monuments des anciens rois, qu'ils restaurèrent et renouvelèrent entièrement. Ainsi^ au défaut de monuments originaux^ ce sont les rois eux -mêmes qui contredisent ceux qui croient Babylone d'origine plus ré* cente^ et qui rejettent même ces données de la Genèse (v^lO) :

a Et le commencement de son empire (de Nemrod) furent » Babel , Erecb y Accad et Chalneb^ dans la terre de Sen- » naar. o

llgt.

Le nom de ce roi s'écrit dans les monuments avec les deux lettres bien connues^ dont la première a la valeur phonétique de ily et la seconde celle de gi. Nous le désignons donc par Ilgi, en remarquant pourtant que surtout le second signe peut ici avoir un sens idéograpbique et se prononcer autrement.

Comme nous l'apprend Mabouïmtouk^ Ilgi acheva le temple de Chalanné ; aussi trouvons-nous à Mugbeïr, la légende suivante :

« Ilgi^ le héros puissant^ roi de Chalanné^ roi des Soumirs D et des Accads^ a bâti ce temple..., le temple qui soutient sa » puissance, y»

A Warka ou Erecb, on lit un texte analogue, en comme* moration de la construction d'un temple à la déesse.

On trouve aussi sur une petite pierre noire, d'une provenance incertaine et qui, probablement, vient de Mugbeïr, la légende suivante :

« A Mylitta, la souveraine du temple d'Oannès [Bei-Anu), sa » souveraine : Ilgi, le héros puissant, roi de Chalanné, roi des » Soumirs et des Accads, a fait la grande enceinte pour protéto ^er la demeure d'Oannès. »

DE CmWkE BT B^JkSSYBIE. Et

Ce nom « demeure d'Oannès S » pourrait bieB être le nom d'une ville, peut-être même de Gbalanné^ qui s'écrivait alors xhon, Btkaiaim.

Le Louvre vient d'acquérir un petit monument de ce roi qui porte presque la même inscription que cdle de Mughrïr*

Nous trouvons dan&le texte deTe^aihpbaUassâr I^ lamention de Santôi'-HoU; seigneur d'Assyrie^ ou paii$ du dieu A8Sùur,Sls d'Ismadagan^ seigneur d'Assyrie qui, TOO ans avant lui^ avait fondé le tem pie d'Oannès à Kala-Cherghat sur le llgre^ prtdmblemmtEUa$$aràe la Bible (Gm., xiv, i). Or^ nons retrouvons à Mugbmr et aussi à Niffar des briques portant le nom de ce roi ; le personnage peut être identique ckins les deux documents. Le nom signifie : a Dagon entend v> |mmn> et rappdle pour le sens le nom bébreu d'Ismaël a Dieu aotend. » Nous voilà donc en présence d'un nom d'un sémitisme incontestable.

Voici ce que disent les briques trouvées dans les ruiiies de Mugheïr :

a Ismidagan, seigneur de Nipour^ chef de Cbalanné^ tidda- » du, l'auguste, le majestueux, maître d'Orchoé, roi de Nisin, » roi des Soumirs et des Accads^ qui exalte la puissance de » Mylitta. »

De semblables textes se trouvent à Niffar*; la ville de Nisin, que cite le roi chaldéen, se retrouve encore dans un monument privé d'une époque bien postérieure et que j'ai pu analyser à Londres.

€kNUi||0«llMHIIIt.

6e roi est le âls d'ismidagan ; il ne s'appelle pas Gourg&U'noum, comme j'ai lu par erreur, mais Croungounoum ^^ ou plutôt Gaungoun. On a de lui une légende sur un cône provenant de Mugbeïr; il existe, en outre, des briques que M. Rawlinson lui attribue avec grande vraisemblance.

* Le nom «rOwnids, Anu^ Àni^ Anu «n aaiyri6Q> àmt ta terme simple est An, est sûrement Téiément qui entre dans le i^m de la diviDité aisyrtene AnameUchTfXiXf{u Aom^xyi:, 31). £t puisque dans les textes assyrieos, Anu et Istar^ Astarte, sont toujours cités ensemble, il semble que cette déesse, , dont parle Ilgi, est justement Istar.

' Sir Henry Ra'wlinson attribue quelques briques anonymes à ce roi.

3 Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 276.

91 BOTonii DBS m ms

Le eôoe porte la légende suiTante :

« Aa dieu Soleil (Samaê)^ le pasteur qui surveille Torbite (?) » de LuQUs (Sin), le fils issu (?) du AZ de la grande déesse^ ta é grande soUTenune de Torbite^ à son roi^ pour qu'il conserve 9 la vie de GknifM)mm> le puissant béros, le roi de Cbalanné^ » lieutenant d'Oannès^ qui exalte Siû, le lieutenant de Sin, » patteur de Chakooé, fils dlsmidagan^ roi des Soumirs et » des Accads. Il {Goungaun) a construit cette demeure à son s maître^ ce temple éternel de la lune (?)••««.; il Ta fondé pour » la conservation de sa vie. »

Le roi nommé dans le texte de Teglathphallassar (Samti-* Hou), ne se lit pas sur les monuments de la Clialdée* mais on le retrouve dans les substructions du temple restauré par. le monarque assyrien.

Voici la légende :

a Samsi-Hou^ pati$ d'Assour, fils d'Isn^agan (?)^ construc- » teur du temple d'Assour. »

. Le nom du père est effacé presqu'enlièrement. Teglatbpballassar 1 (vei^ i 250), dit que son arrière^rand-pèrej Assourdagan, détruisit ce temple 041 ans après son érection par Samsi-Hou^ et qu'entre cette destruction et sa propre œuvre s'écoulèrent 60 ans. Nous devons donc placer Samsi-Hou vers le milieu du 20* .siècle.

Il semble probable que le mot de pati$ ne désigne pas une dignité politique, mais plutôt un rang sacerdotal. Mais il reste toujours à établir plus sûrement Tidentité de l'Ismidagan de llugheir avec celui de Kala'^Ihergtiat; quoique nous ne devions paS| au point de vue paléographique, cacher à nos lecteurs le caractère particulièrement ehaldim de la légende de Samsi« Hou. Celle-ci ne ressemble en rien à récriture archaïque de Ninive.

Ce rm ne nous est connu que par une citation curieuse de Nabouimtotrik, faite sur une inscription fragmentée, trouvée à Mugheïr par M. Jones Taylor *. Le roi babylonien raconte comment il chercha et trouva la pierre de fondation du temple

' Voir la tradactioa dans VEsepiéUion m M4iap9iamiê, t if p« %!%*

DE CBÂI.BÉB KT B'ABfffEIE. 93

Vlbar à Sippara^ où les tables de Lara&dià (larfom) âTaiflot été enfermées. Tous les rois antériems les ayaient eo vain cherchées. Ronrigalzou^ Âssarbaddon^ Nabucbodooo8or> tous avaient tenté à arriver à ce résultat qae le dernier roi do fiabylone atteignit. El voici la brique que Nabouïmkmk découvrit après de longues recherches* dette légende dont le sens véritable pouvait échapper à cause de l'étal mutilé du document de Mugbeîr^ est ainsi conçue :

« Sagaraktiyas, pasteur vérilaMe, roi de Babylone, moi. Je » dis^ le dieu Soleil (Samoê) et la déesse Anounit lÀnunU) m'ont » appelé pour gouverner les pays et les peuples. Us ont rempli » ma main des tributs de tous les bonaraes. Je dis ceci ; Ce » temple du jour {bit nàhar), temple du Soleil mon maître^ à » Sippara {Sipar) et le temple I/ttor d' Anounit^ ma souveraine, » à Sippara, furent reni^rsés juaque dans leurs substruotiôns » par Zaboum, dans les temps antérieurs. J*ai déblayé les sub- 1» structions, j'ai mis à nu les fondations, j'ai enlevé les amas s de terre, j'ai fixé les parements, j'ai achevé les Mwrai, j'ai » rempli les fondations, j'y ai apporté de la terre nouteÂIe. 1» J'ai afriani les fondations et j'ai mis au-dessus les soubasse- » ments à la gloire de Samas et d'Anounit, pour ma pcopfe » satisfoction; ils m'accordèrent leur affection perpétuelle. # » Qu'ils prolongent nos jours, qu'ils me restituent à ma pred mière vie S ti qu'ils multiplient dans cette maison les années » de bonheur. Qu^ils préservent l'écriture de ce document et » qu'ils rehaussent la gloire de mon nom. »

Nabouïmtouk continue :

< Cest ainsi que j'ai trouvé la date et le nom de Sagaraktiyas, roi de Babylone, mon prédécesseur, qui a construit » le tempte d'Vtbûr dans Sippara, en honneur d'Anounit, etqui a posé la pierre de fondatimi. s

Nous n'entrerons pas ici dans quelques détails de lecture, qu'on pourra trouver ailleoi^^; Il ne faut insister que sur la bonne fortune qui nous a conservé un texte antique écrit en

* Ce passée est curieux (voir le texte W. A. f.. pi. 69, «ol. nu 1« 3S). Les Chaldéens croyaient à la métempsycose ou plutôt à la migration des Ames. (Diodore, 1. u).

' EapédiHon en Mésopoiamiet 1. 1, p. 374.

24 maroïKE des SKPiaES

caractères pJumétiques dans les fragments d'un document relativement moderne. Toutes les autres inscriptions de la première dynastie étant écrites en écriture presque exclusivem^st hiératique, les quelques textes qui ne le sont pas> nous servent de clef comme la pierre de Rosette a seriri à Tétude des hiéroglyphes égyptiens. Nous engageons ceux des lecteurs qui voudraient se rendre compte de ces questions, à étudier les livres spéciaux où ces matières sont traitées K

Ce nom est sémitique, et signifie exattam LuHwn, \trvrù.

Nous avons trouvé à Babylope, un vase en albâtre; aujourd'hui perdu, sur lequel on lit ^ :

a Naramsin, roi des quatre régions, fils de Sagaraktiyas. »

Le nom de ces deux rois, donl le premier porte un nom élamite et le second un nom assyrien, s'attache au souvenir des anciennes tables sacrées que, selon Bérose, le dernier roi antédiluvien Xisutbrus emporta à la ville du Soleil, HéliopoUs ou Sippara. Nous avons eu, un instant, l'idée assez aventureuse de trouver dans le nom de SagarcMiyas le grec Xis^hrus^ mais nous sommes bien vite revenu à des idées plus justes. Le roi cité dans les fragments de Bérose, est un être purement légendaire, tandis que Sagaraktiyas est un personnage historique.

Kmtfloul&iillou et Irsou-Sin.

Nous n'avons que le nom du fils, sur un cachet, publié dans le recueil britannique ^ où l'on lit :

a Irsou-Sin ^, le puissant héros, roi de Ghalanné, roi des qua- 9 tre régions, homme d'Oannès, mandataire [tipsar)^ fils de D Kan-Soukallou, le vaillant. »

U ne résulte pas du texte que le père ait jamais régné. Rlm-Sin ou Ilou«Rim-SjUi.

Ce roi, dont le nom Atf7t-5m, po^on, ou Ilurrim-Siny semble liignifier <x le dieu Lunus (Sin) est élevé, » nous a laissé

^ Voir mon Expédition en Mésopotemie^ t. ii, liv. i, chap. 4 à 10, et 1. 1, liT. m, ch. ] ; Menant, Inscriptions de Hammouràbi.

> Esipédition en Mésopotamie^ t. i, p. 273 ; t. ii, p. 327 ; W. À, L', pi. 3, »• vn.

* W. À. J., pi. 3, n» XI.

* La première lettre n'est pas sûre.

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