‹ Histoire des empires de Chaldée et d'Assyrie d'après les monuments: depuis l'établissementChapitre 6 sur 22 · DE GHALDÉE ET D'ASSYRIE · texte numérisé non relu

DE GHALDÉE ET D'ASSYRIE

un document trouYé à IMugbeîr. Ce texte est écrit en caractères idéographiques et a été^ à cause de cela^ très*difficile à intei prêter :

« A la déesse Mylitta (Istar?), la grande souYeraine qui dé- B cide des combats (1), qui réjouit le cœor^ qui relève Tâme^

» la haute intelligence, l'épouse du grand dieu , à sa sou-

» Ycraide : Rim-8in, le i^asteur du district et du peuple de

» Nipour^ le mi is Aor, le majestueux^ Tauguste^ le , chef

D de Chalanné^ du séjour , roi de Larancha (Larsam), roi

» des Soumirs et des Accads. Je dis : BeUDagon^ le maître de » la terre, le gra^d dieu, a rempli ma main des tributs d*Or- » choé (frecA)/ Mylitta, ma souveraine, a rempli mon âme de

» joie. J'ai fondé et bâti ce temple pour ma , pour rehaus«

» ser sa gloire, pour prolonger ma vie. »

Celte inscription, écrite en caractères idéographiques, n*a pu être traduite que par les précieuses indications que nous fournissent les textes grammaticaux de Sardanapale Y (VI). Dans VexpédilUm de Mésopotamie, 1. 1, p. 26i, je la signalai comme étant « encore inintelligible pour nous ; » depuis la rédaction de cet ouvrage, j'ai pu en pénétrer le sens. Amur-Ala «u Ilou-JLnmr-SIn.

Nous ne pouvons pas dire la même chose de tous les textes de ce roi, également provenant de Mugheïr, et étant seulement appréciables pour nous dans leurs données générales. Il parait d'une partie des inscriptions, que le roi construisit, lui aussi, un temple à Mylitta Taauth (Taoat), la mère des dieux, qu'il intitule «mère de Chalanné. » Les briques de ce monarque antique, sont également publiées dans la collection britannique, pi. 5, n. xix. D'autres documents ne bravent plus notre examen; ils constatent qu'll-Amar-Sin construisit un mur autour de Mugheïr, et sont ainsi conçus :

« Il-Amar-8in, seigneur de Nipour, qui a élevé le sommet » du temple de Bel-Dagon, roi puissant, roi de Chalanné, roi » des quatre régions, a construit le mur qui protège son em- » pire, en honneur du dieu maître de la terre qui protégé son » empire. »

A Abou-Schahrein, dans le midi de la Chaldée^ M. Jones Taylor trouva des briques du même roi, qui s'arrêtent aux mots

96 tfSToiEE DES nmuss

« des quatre régions », et qui ne font pas mention d'un mur d'enceinte^ dont il est question dans les textes de Mugheïr.

IVour-Hou.

Ce roi n'est connu que par un monument conique provenant de MugheTr. Il ne s'appelle pas Nour-Sin, comme le dît notre premier travail, mais Nour-H6u ou H^our-Hau {llur nur-Hu). Ao est dieu de la lumière. Nous savons par les Grecs qu'Ao était la lumière intelligible^ rh <p3c vovjt^ ^

Voici le texte :

« Au dieu protecteur de la terre (Sin), son roi, Nour-Hou s (//tMiur-J7u), le héros puissant, le pasteur de Ghalanné, le

n gardien de Larsam^ a construit ce temple , ce temple*...*,

/» du dieu protecteur de la terre et d8 la grande déesse, gar- » dienne de Ghalanné. »

Ao, Hou, mn (Hu, Tétant) ou Il^Hu, était le Dieu que les Grecs assimilèrent à Kronos.

Ce roi antique a fait des constructions à Warka» Tantique Orcboé. La ruine dite Bowariyèh tïom a conservé les légendes suivantes :

« Sin-Saïd, fils de Bélii*Halihat (?], roi d'Orchoé, construcn teur du Bit-Anùu. v

Puis dans la ruine de Wemas^ également à Warka :

« Bin*8ald, le héros puissant, roi d'Orchoé^ roi de Gananod^ t a bâti ce palais »

Le nom de Gananou se retrouve comme nom d'une ville du pays des Accads, sous la forme de Gananat, dans un texte de Salmanassar III ^.

Le nom de ce roi qui s'écrit Samas-Anou (Samoi^Anu), signifie a serviteur d'Oannès. » Il se trouve ilans les dates de curieux documents d'intérêt privé déterrés à JeJi-St/f (colline de cuivre), près de Senkereh (larsam). Lof tus y trouva beaucoup d'instruments en cuivre et des tablettes inscrites contenues dans une enveloppe d'argile, sur laquelle se retrouve le texte inclus. Nous n'avons pas encore été à même d'examiner

< Damfl«cius.

' Layard, pi. 16, i. 26.

DE GH4UMilB BT D'ABSTRIB. i7

ces documents personnels^ les plus anciens que nous connais-» sions. 11 y en a aussi qui sont datés du règne de Hammourabi» dont nous rendrons compte.

Nous avons déjà parlé de ce nom que nous croyons élamite; le premier élément est sans contredit celui qui se trouve dans le nom du roi Ghodorlaomer. Les monuments citent le nom de $on père^ que nous prononçons SimUsirKarhak, peut-être SirMiêi'Tirhak. Le fils de Koudourmapoul^ (Kudurmapuk), qui s'appelle likâr-Sin (serviteur de Lunus)^ partagea le pouvoir avec son père. On a trouvé à Mugbeïr des briques de ce roi^ portant la légende suivante :

i Au dieu protecteur He la terre (Sin), son roi, Koudourma- • pouk^ conquérant (?) de TOccident^ fils de Simtisi-Rarhak, » Thomme de Sin, son soutien (1), qui marcha devant lui^ a » construit cette maison souveraine, élevée au dieu protecteur » de la terre^ pour la prolongation de sa vie propre et pour > la prolongation de la vie de Zikar-Sin, son fils. »

Le Louvre a acquis une statve d'une déesse en bronze^ qui porte une légende de Koudourniapouk, et où le roi parle de son père et de son fils. Je dois à la bienveillante amitié de M. de Longpérier, qui a copié avec soin ce curieux document, la communication de la légende où je vois le nom de la

déesse , suivie d'une invocation analogue à celle dont nous

avons parlé.

Ce monument curieux et unique^ au moins pour Tépoque^ méritera une attention toute particulière.

U a été trouvé à Afadj^ près de Bagdad, et a été exhumé en inême temps que Tinscriptlon de Hammourabi, dont nous parlerons tout à Theure.

afilliiir-Siii.

Encore un Qls qui porte un nom assyrien, tandis que le nom du père a un caractère élamite. Le nom est sémitique, lo mot Zikar, qui est phonétiquement écrit sur la statuette en bronze, veut dire d'abord « mâle, homme, x» ensuite « servi leur;» il se transcrit 10), zikar et vient de la racine connue lo?, se souvenir. Les acceptions différentes se retrouvent dans tou*

29 HI8T01RB DES EBIPOUES

tes les langnes sémitiques. Le terme est toujours employé dans les innombrables cylindres babyloniens qui portent les textes de la formule suivante :

Ligne !'• : A.

Ligne 2* : fils de B.

Ligne 3« : zikar du dieu C.

Le texte est difficile; ce que j'en ai entendu est ce qui suit :

« Zilcar-Siu^ le héros vaillant, le pasteur, exécuteur Mes » ordres de Bel-Dagon, Lisara, gardien de Chalanné, roi de x> Larsam, roi des Soumirs et des Accads, fils de Roudour- » mapouk.

D Mon père a augmenté l'empire d^Chalanné ; en souvenir D suprême de la race et pour obéir aux injonctions (?) du dieu » protecteur de la terre qui me bénisse, j'ai construit cette x) grande enceinte de Chalanné dont le souvenir ne s'efTacera

» pas (?) J'ai fait une grande enceinte et je l'ai consacrée (?)

» en honneur du dieu qui défend la terre des Soumirs. x>

Le nom de ce roi nous est connu par des briques nombreuses provenant de Larsam ou Senkereb. Puis on trouve son nom dans la liste assyrienne des rois, sur un cylindre, et enfin il est cité comme l'un des anciens rois par Nabouïmtouk. Le nom de ce monarque est élamite, ainsi que celui de son fils Kourigalzou.

Le dernier roi de Babylone dont nous avons parlé, mentionne la construction du temple du Soleil à Laîrancba par ce roi. Ce monument était un des plus célèbres restes de l'anquité babylonienne. On retrouve des briques dans le soubassement des ruines qui portent la légende suivante :

« Au dieu Soleil (Samas), maître du firmament..., le dieu qui » protège Larancha {Larsam), la cité de la vie, à son roi : Pour- ]» napouriyas, roi puissant, roi de Babylone, roi des Soumirs » et des Accdds, a construit le temple du Jour, le temple » qui (La suite n'est pas encore comprise).»

Ce temple du Jour était fondé par Orcbam ; le roi Hammoulabi y travailla également et, enfin, nous retrouvons àLar-

DE CHALBÉE ET D^ASftYRIE. 10

sani , le Larancha ou Lanchara des Grecs y des textes de Nabuchodonosor et de Nabonid, qui attestent Timportance que la civilisation chaldéenne attribua aux sanctuaires antiques de Pournapouriyas. Ce roi élamite est le premier qui s'intitule roi de Babvlone.

Sur un cylindre dont sir Henry Rawlinson fait mention ^^ Pournapouriyas est nommé père de Kourigalzou. La liste royale porte ces deux noms, mais sans les rapprocher Tun de Tautre; Pournapouriyas est le cinquième nom aprè$ Kourigalzou. On peut croire qu'il y a deux rois portant le même nom, d'autant plus que le Kourigalzou des légendes ne se nomme jamais fils de Pournapouriyas.

MourigalaBOM.

Ce roi Kourigalzou (écrit KurigalzUy Kurig^ilzi et Kurgalzu) est Tun des monarques les mieux connus delà l'*dynastie chaldéenne. Son nom est élamite comme celui de son père. Jusqu'au temps de Teglathphallassar IV et de Sargon, le Castel de Kourigalzou (Dur-Kurigalzu) était une ville frontière souvent mentionnée dans lestâtes; nous la retrouvons dans la ruine célèbre d'Âkarkouf, à l'ouest de Bagdad, et dont nous avons traité très-longuement dans VExpédilion de Mésopotamie, (. i, p. 257.

Un petit cylindre, évidemment plus moderne, constate le souvenir que ce monarque a laissé dans la Babylonie ; l'inscription gravée à rebours était le cachet d'un individu qui se nomme « zikar, serviteur » (ou mieux memor, voir plus haut) de Kourigalzou. Les noms propres isont tous précédés du clou vertical, ce qui est un signe d'un âge assez moderne quand le texte lui-même est, comme dans ce cas, écrit en lettres archaïques. Nous ne nous étonnerions pas, que le monument datât du temps dQS Perse? pu même des Séleucides. On y lit :

Ligne l '• : Dourioulbar, v

Ligne S'' : fils de Mitramanou,

Ligne 3* : admirateur (zikar) de Kourigalzou,

Ligne 4* : roi des temps reculés (?),

Ligne 5* et 6« : gouverneur de Dour-Kourigalzou.

« Préface à W. A. L

39 HunroiRE des npius

L'antique roi prend ici la place que, sur les cylindres vrai* ment babyloniens» occupent les dieux seule; le nonfi du prédécesseur semble être le fils d'un Perse chaldaïsé*. 11 est possible que la splendeur des monuments d'Akarkouf inspirât le sa*^ trape, et nous retrouvons la cause dans le document suivant^ répété sur les briques ^ de Tell^Ancad (colline noire), près de cette localité ;

a Au dieu Sin, le roi du Sennaar, à son roi : Kourigalzou, D lieutenant de Bel-Dagon, a consacré le temple du grand » maître, le temple qui augmente sa force, le temple La'- » Uinga. »

Kourigalzou imita ses prédécesseurs» en augmentant le nombre des monuments de Mugheïr; on y trouve des briques portant la légende suivante :

« Kourigalzou, le lieutenant de Bel-Dagon, le roi puissant, » roi des Soumirs et des Accads, roi des quatre régions, a » construit ca grand édifice élevé, qui (ce qui suit est encore » ininteUigible)i pour embellir son pays (?). 9

Il est à remarquer que nulle part le roi ne prend le titra de roi de Babylone, ce qui tend à supposer que le Konrigalzou des briques n'est pas celui du cylindre britannique, qui se nomme fils de Poarnapouriyas.

Sininouii.

Le roi qui porte le nom sémitique de Sinlnoun (Sin-inunam, « lui fait augmenter la famille » KJi}^), nous est connu par deux textes dont l'un a été publié par MM. Rawlinson et Norris, l'autre apporté en Europe par un marchand d'antiquités de Bagdad. C'est de ce dernier monument que M. Menant avait obtenu une copie qui a permis de lire le nom mutilé sur la légende britannique'. Les deux textes sont très-difficiles; on voit seulement pour le second, qui n'est pas encore livré à la publicité , qu'il s*agit de la construction d'un mur. Le marchand dont nous venons de parler pré-

* Un curieux exemple de régallté deyant la loi dans l'empire perse est donné dans Esra, iv, 7, où lesSémites, Bislam et Tabel, sont associés au perse Mithridate.

> Voir W. À. /., pi. 4, D» XIV.

* Voir ce que noua en avons dit) Journal asiatique, 18^, t. ni> p. 402.

DE CBAI^DËS BT p'AggtRlE. 3i

tend que cette inscription gravée sur un cône provient 4e Warka.

L^autre document a été trouvé à Mugheïr; le nom du roi mutilé n'aurait pas dû permettre à M. Rawlinson ^ de copier le nom comme il a fait: cette erreur a été la cause de notre trans-* cription fausse de Sininnabi. Le texte est extrêmement difficile et très-développé ; il commence ainsi :

« Sininoun^ le héros vaillant^ gardien de Chalanné^ roi de » Larancha (Larsam)^ roi des Soumirs et des Accads. »

Ce qui suit dans les lignes 6 à 20 est très-obscur; mais il est également question d'une enceinte bâtie pour la protection du pays. Les briques qui portent la légende proviennent^ en eflet^ de l'extrémité nord de Mugheïr.

L'inscription finit par une invocation à « Sin> fils aîné de D Bel-Dagonjuge du monde, » et rappelle au dieu que Sininoun a construit un temple en honneur de Lunus, dieu pro* tecteur de Chalanné.

]IIfir€louli.MlnalLli«

Le roi Mardoukidinakh {Marduk-idinroky Mérodach^ donne un frère!) est connu par des briques du tumulus de fiotoart* yah à Warka (Orchoé) et portant celte légende :

« A la souveraine déesse Mylitta, sa souveraine^ Mardouk- » idinakh^ roi de Babylone, créature de Mérodach^ roi. des D Soumirs et des Accads {?), a construit le temple BitrAnou, le » temple où trône sa gloire, »

Le nom de Mardoukidinakh est composé comme beaucoup de noms babyloniens^ dont les documents privés nous ont conservé une grande quantité.

Ce nom royal semble appartenir à la même classe que celui du roi précédent* Nous avons cru jusqu'ici que le nom était tronqué; pourtant la brique sur laquelle on l'observe^ ne pt^ raît pas permettre cette opinion. Le nom est Ubit ou Il^fÀbU, d'après qu'on prononce ou non le premier signe qui exprime idéographtquement l'idée de dieu* Parmi les titres que donne la légende provenant probablement de Mugheïr, nous remarquons aussi celui de « roi de Nisin (voir page 21), » en dehors

» Voir W, À. i., pi. 6, n» xx.

32 HISTOIRE DES EUPIRES

des qualilBcations de roi d'Orctaoé^ de gardien de Ghalanné et de roi des Soumirs et des Accads.

La mollié de ce texte est perdue; cette circonstance nous met dans rimpossibilité de décider si^ comme cela pourrait être^ le nom en question est celui d^une reine.

Sin*liabal...

Cenom^ trouvé seulement sur un cône mutilé de Senkereb^ ne nous donne que les noms mutilés du roi Sinhabal (Stnho]bal...,y Sin^ (donne) un tils)^ et de son père^écrit Gasin...y ce qui peut être lu AdannoUy seigneur ^ Mais nous sommes sans autres indications sur ces noms.

Hou-ltabal-lsoiirrllL.

LenomdeHou-habalisourrik(J7u-Aaba{-t5urrtA) veut dire : a Ao a accordé un fils. >> L'unique brique qui porte ce nom, a été trouvée à Babylone, près de la ruine de Oheymir, au coin nord-est de Timmense carré babylonien, non loin du temple de Nergal. Je me suis donné beaucoup de peine pour obtenir une autre brique portant la même inscription, pendant mon long séjour à Babylone. M. Rawlinson a également fait faire des recherches analogues sans obtenir davantage. Le document dont l'auteur prend Tunique titre de roi de Babylone est peut-être d'une origine postérieure. En tout cas, il est trèsdifficile à déchiffrer, et si nous n'y voyions pas les mots : « temple du dieu Sa-Malmai, d nous pourrions dire qu'il est complètement lettre close pour nous.

Nous aurons maintenant à nous occuper de la liste de Londres; le seul nom dont nous n'ayons pas encore traité est celui de Hammouràbi. Cette suite de rois se compose d'une première série, dont trois noms frustes nous sont conservés. Le dernier nom est celui d'une femme. Puis, suit une ligne distincte qui se trouve écrite entre deux traits horizontaux; ce groupe contient un idéogramme divin. Selon toute probabilité, il indique une période astronomique; puis viennent Hammouràbi et S2 autres noms.

Le nom de la femme est ainsi écrit :

* L'hiéroglyphe dont le son phonétique est ga, a parmi d'autres significations, celle de seigneur.

DB CHAIDÉB BT D'ASSTRIB. 33

Femina. Exalta deam eœcelsam.

Noms restituons le dernier signe d'après d'autres passages où on trouve cette expression d'une divinité féminine, rendue par rimit ou riminit. Le premier élément veut dire exalter, haut, et se rend en assyrien par les verbes nbv et rosr, illu eisamu *. La prononciation de ce nom, écrit idéographiquement, peut donc être :

Sami Rimit Exalta excelsam.

Le lecteur aura déjà deviné que nous pourrions avoir dans ce nom, dont la signification est sûre, celui d'une ancienne reine, Sémiramis. Hérodote nous parle d'une Sémiramis ^, qui régna 5 générations avant Nitocris^ c'est-à-dire dans la se* conde moitié du 9* siècle. Elle fut réponse de BélochusIV et les statues de Nebo^ faites par ce roi, la mentionnent ^. Celle-ci est sûrement écrite Sammouramat (Sammuramat) , ce qui pouvait n'être qu'une variante du même nom écrit rrrm^ ou nowtr. Nous ne donnons le premier nom que comme une hypothèse très-plausible, très-acceptable, puisqu'il concilie les données des Grecs en général avec celle d'Hérodote qui ne connaît que la personne qui se nommait sûrement Sémiramis (Sammuramat) ; mais nous n'avons au sujet de cette reine antique aucune preuve matérielle.

Il y a, du reste, plusieurs noms féminins de ce genre ; nous avons ainsi Mannoutammat {Mannutammat), comme nom de femme sur une des petites olives en terre cuite dont j'ai parlé à différents endroits. Le nom de Hammourabi semble être composé de la même manière.

Quant à la période qui se trouve indiquée entre les noms de la reine et de Hammourabi, elle est écrite :

Deus. BI. TUM. Rex. E. SA.

ce que nous ne traduisons pas encore. Une autre période se

1 Efgpédiiûm m Mésopotamie^ t. ii, p. 281, aoo.

2 Hérodote, i, 19.

' Gomparex Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 387.

34 QISTOIIIB DBft SIIP1RE8

trouve dans rinscription de Sargon à Rborsabad S elle est indiquée par quatre lettres :

Elevatio Dei protegmlis terram^,

U y a de fortes raisons pour croire que le Dieu protecteur de la Terre est Sin, le dieu du zodiaque. Nous ne savons ai la période dont il est question est Tannée cosmique, le aavY) d'Hésychius ^ de 43^200 ans solaires; elle représenterait^ il est ^raij d^une manière inexacte^ Tidée que les Cbaldéens ont pu se faire de la précession des équinoxes ^. La fin de la période tombe évidemment sous le règne de Sargon.

Dès cette époque^ sous le régne de Mérodach-baladan^ eurent lieu les premières éclipses de lune observées^ et une conjonction des deux planètes supérieures ; on observa peutêtre en même temps une position particulière des planètes^ telle qu'elle joue un rôle dans les livres des Perses.

Hanmoiûurabi (Sfammwrabi) est un des rois les mieux connus de l'antique dynastie cbaldéenne. Nous avons di^ ]^ plusieurs inscriptions qui ont déjà été traitées dans un travail spécial que M. Menant a consacré à ce roi ^. Le monarque est cité parNabouïmlouk^ comme fondateur des murs du temple du Jour à Senkereb (JLarsam) <*. Malbeureusement, les briques de ce roi ne présentent pas de textes très-variés; niéanmoîDSji il s'en trouve qui confirment, la donnée de Nabouïmtoukt à Senkereb même; la légepde en est ainsi conçue :.

« Hammourabi; roi puissant^ roi de Babylone^ roi des

1 Voir Sargonides, p. 27 ; Annales de phiU, t. vi, p. 18 (5« aérie).

* PboDétiquement, ce sont les signes 1, AN, SIS, Kl.

* Voyez Rapport au ministre, dans les Annales ^ t. m, p. 166 (4* série).

* U est bien connu qn'ffipparqne a le premier constaté la précession des én^nl^ noxes ; mais les Chaldéeqs ont pu. la ooQ^aitre. Hjippaniue fixa la précession annueUe entre 36 et 59 secondes ; elle est en réalité de 50 secondes. Si les Ghaldéens ataient une idée du déplacement du point équinoxiai sur réelip> tique, ils Font supposé^ en réalité, de 30 secondes ; car Tannée cosmique est de 43,200 ans, et la période de la précession comprend 26,000 ans solftireii

^ Les inscriptions de Hammourdbi, ïn-%\ 1863.

* yoii Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 273;

DE GHALDÉB ET d'ASSYRIB. 35

« quatre régions, a construit le temple du Jour, le temple du » Soleil àLarsam. »

Près de Bagdad, à Kalwadha, on a trouvé des anneaux en cuivre qui portent Tinscriplion suivante :

a Grand palais de Hammourabi, roi. »

M. Menant croit avec raison, ce nous semble, que ces anneaux formaient le haut des sceptres. M. Layard trouva à Ghérarab, près de la capitale de Tlrak, des objets pareils.

C'est aussi du voisinage de Bagdad, d'Àfadj, que provient une inscription curieuse qui a une très-grande importance philologique.

Nous voulons parler du texte, aujourd'hui au fx>uvre, concernant le canal de Hammourabi.

Ce document a résolu une question principale. Toutes les autres inscriptions des rois chaldéens sont écrites en caractères idéographiques qui peuvent, dès lors, s'appliquer à toutes les langues qui se servirent de récriture anarienne. J*avais déjà, grâce à quelques indices, cru devoir constater que la langue dans laquelle ces rois prononçaient les textes idéographiques, devait être la langue sémitique des Assyriens ^ Mais je n'ai pu avoir la certitude sur la justesse de mon opinion, contraire d'ailleurs aux idées de sir Henry Rawlinson, que par la découverte de l'inscription de Hammourabi, qui, à cause de cette raison, fut achetée pour le musée du Louvre par M. de Longpérier. Elle forme un des principaux documents babyloniens de cette collection, depuis 1858.

Le texte se compose de deux colonnes occupant les deux côtés d'une pierre blanche de 0"»25 de longueur sur O»! de largeur. La seconde colonne est très-mutilée vers la fin ; j'ai réussi, non sans peine, à la restaurer avec une presque certitude dans toutes ses parties. Cette restitution a également été acceptée en entier par M. Menant, dans son excellent travail sur les inscriptions de Hammourabi ^, où l'on trouvera le texte de toutes ces inscriptions.

Pour cette restitution, j'ai dû me guider sur les traces très-

^ Voir Ra/pport au ministre, p. 47; Expédition en Mésopotamie^ t. ii,p* 327, 1299; Menant, Hammourabi, p. 7.

^ Voir pour le texte Menant, ifammourabt, p. 13 à 20.

36 HISTOIRE DES EMPIBES

visibles sur la pierre^ unies aux passages parallèles qui se trouvent dans les autres auteurs royaux de Babylone, Voici la traduction de l'inscription * :

IniscrliBjlioii du eaniil de HammoiiraM.

« Hammourabi, roi puissant^ roi de Babylone, le roi qui j» gouverne les quatre régions^ qui attaque les ennemis de B Mérodach^ le pasteur qui réjouit le cœur de ce dieu^ moi.

» Nous disons : Les dieux Âo et Bel-Dagon m'ont donné les » peuples des Soumirs et des Aiccads, pour régner sur eux : ils » ont rempli ma main des tributs de ces nations.

)) J'ai fait creuser le Nahar-Hammourabi^ la bénédiction D des hommes de la Babylonie^ le canal qui conduit aux » terxes des Soumirs et des Accads. J'ai dirigé les eaux de D ses branches sur les plaines désertes, je les ai fait déver- D ser dans les fossés desséchés; j'ai donné ainsi des eaux per- » pétuelles aux peuples des Soumirs et des Âccads.

ï> J'ai réparti les habitants du pays des Soumirs et des Ac- D cads dans des bourgs étendus ; j'ai changé les plaines désertes en terres arrosées, je leur ai donné la fertilité et l'a- » bondance^ j'en ai fait une demeure de bonheur.

B Nous disons ceci : Hammourabi^ roi puissant^ favori du » Dieu suprême j moi.

D D'après les ordres impénétrables de Mérodach, le redouta- » blej'ai construit un fort élevée muni de grandes tours dont D les sommets sont hauts comme des montagnes^ à la prise D d'eau du Nahar-Hammourabi^ la bénédiction des hommes. » J'ai nommé ce fort Dour Oummoubanit {Dur UmmubanU, » mur d'Oummoubanit), du nom du père qui m'a engendré. » J'ai demeuré dans ces contrées, dans le souvenir d'Oum- » moubanit^ le père qui m'a engendré ^. »

Il se pourrait que le Naharmalcha que des auteurs sacrés et profanes attribuent à Nabuchodonoaor, ne fût qu'unç restauration de l'antique canal de Hammourabi ; car en efiet^

1 Ck)mpare2 Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 267. ' Voir Expédition en Mésopotamie, t. i, p. 270; Menant^ Hammouràln^ 1. c.

DE GHALDÉB BT D'aSSTRIB. J7

la prise d'eau de Nabarmalcha n'était pas loin d'Âfadj où la pierre a été trouvée ^

Il existe encore un autre teite de Hammourabi, et celui-là n'est pas phonétique. La traduction suivante est un peu plus^ complète que celles qui ont paru jusqu'ici. La pierre rend compte de la construction d'un temple de la grande déesse à Zari, qui peut être le Zergboul d'aujourd'hui,

a A Mylitta de Zari^ la souveraine de l'eau^ du feu^ de la » terre^ de l'air^ la déesse du firmament, sa souveraine :

« Hammourabi, ami d'Oannès, de Bel Dagon, favori du so- » leil, le pasteur qui réjouit le cœur de Mérodach, <|ui atteste o la faveur immuable de Mylitla^ le roi puissant^ roi de Baby- » loue, roi des Soumirs et des Accads, roi des quatre régions, D roi adorateur du plus grand des Dieux, moi.

B Je dis : La déesse Mylitta a manifesté au roi sa volonté et » l'a fait souverain des hommes des Soumirs et des Accads T> pour qu'ils me servent; elle m'a donné l'empire sur eux, 1» elle a rempli ma main de leurs tributs.

D A Mylitta, qui soutient la puissance de Zari, ville sacrée, à » la souveraine d'Akani, j'ai construit le temple de Tâme du I) monde, le temple du soutien de sa puissance. »

Ce texte ne s'éloigne pas beaucoup de la forme qu'ont employée généralement les autres légendes de la première dynastie qui sont parvenues jusqu'à nous.

Le nom de Hammourabi se trouve encore sur des tablettes très-antiques d'intérêt privé et dont j'ai parlé déjà.

Nous terminerons par le roi Haboub cette histoire des rois chaldéens de la première dynastie^ qui régna, selon Bérose, 458 ans, selon moi de 2017 à i559 avant J.-C. ^.

Haboub.

C*est ainsi que nous prononçons provisoirement un nom royal qui se compose d'un idéogramme unique composé de trois lettres, signifiant ami, favori. Une partie de l'idéogramme est expliquée dans les syllabaires par :an et uj qui veulent dire aimer. Hammourabi emploie ce mot en parlant

* Ce n'est <pi'après la rédaction de VExpédition en Mésopotamie^ que J'ai su, par M. de Longpérier, le lieu de la provenance.

* D'après M. Rawlinaon, de 1976 à 1518.

38 PIfiïDIUS HES WPW8

de lui-même dans rinsçripUon de Zari, dans le membre de phrase que nous a\ons traduit : ami d^Omnès. Nous say<H)9 donc ce que signifie ce nom royal, sans savoir le prononoen jusqu'à ce que nous le trouvions écrit par des caractères purement phonétiques. Ce mot veut encore dire précornseff aman* cer, à ce que nous enseignent avec précision les syUaJ^aires de Sardanapale Y (YI)^ si précieux pour le déchiffrement ei surtout pour Tlnterprétation lexicographique. Dan^ ce cae^ le mot rend le verbe iOi, et le son de notre idéogramme pourrait être Nolbou. C'est précisément comme si la signification du signe étant connue, nous avions à choisir enfare les mots omt, chériy favori et d'autres. Nous le nommons provisoii^ement Hàboub, et admettons qu'il a pu faire partie des rois arabes dont parle Bérose S et qui précédèrent la fondation du grand empire d'Assyrie.

Des briques de ce roi ont été découvertes à Warka et à Babylone; elles constatent que le monarque éleva, dans ces deux endroits, des temples à Mylitta. Le Louvre vient d'acquérir une pierre nouvelle qui vient de Warka, et tout dernièrement on en a apporté une autre de Babylone.

En tout cas, il est curieux que le nom de ce roi soit toujours écrit en caractères idéographiques; c'est le seul exemple connu qu'un nom propre, exprimant une notion simple non composée^ soit rendu par des caractères de cette nature.

Ul. DYNASTIE ARABE. 1569-1314.

Bérose, d'après la traduction arménienne d'Eusèbe, parle de 9 rois arabes qui auraient régné pendant 245 ans. Georges le Syncelle place avant Bélus la dynastie arabe qu'il compose de 6 rois; les noms et les durées de leur règne sont fixés ainsi qu'il suit :

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