Ghiûzerus ou 7iiizerus
Total. ... 212 aDs.
Elle forme, avec les six rois prétendus arabes, le chiffre de 11 rois. 11 se peut que la liste de 11 rois ait été prise dans le catalogue de Bérose, qu'elle représente les H rois qui précédèrent la dynastie cbaldéenne de Thistorien babylonien et la suite des rois qui leur étaient contemporains, selon le Sjncelle. En tout cas, le moine grec a arrangé des faits et des noms qu'il trouva, mais il ne les a pas inventés. Cela résulte clairement d'un passage du même auteur *, où il cite l'autorité d'Alexandre Polyhistor. Celui-ci, comme Bérose, admettait 86 rois qui suivirent le déluge, dont seulement les deux premiers, Ëvechous et Chomasbélus furent Chaldéens, et les 84 autres Mèdes. Puis suit, pendant 190 ans, une dynastie cbaldéenne, dont le chef est Zoroastre ; évidemment, c'est encore, au fond, le même récit que celui que nous voyons dans Eusèbe, mais mutilé et confus.
1 Syncelle, Chron.f 1. 1, p. 169, 172; édlt. de Bonn. « Voir tdid., 1. 1, p. 147.
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Il est possible que le Syncelle ait rayé d^abord les 84 i^ois chaldéens, puis les 8 rois mèdes^ et qu'il ait admis ensuite pes onze rois avec les noms qu'il trouvait dans ces auteurs, peutrêtre sans l'indication des différentes nationalités. En tout cas^ et c'est pour cela que nous nous sommes permis cette digression^ il ne parait pas que les rois arabes de Syncelle soient identiques avec les monarques de la même nationalité dont parle le passage bien plus digne de foi d'Ëusèbe. D'ailleurs les noms des rois de Syncelle sont, ainsi que nous Pavons déjà dit^ marqués du coin assyrien^ tandis que les rois arabes peuvent difticileraent avoir porté des noms qui rappellent l'idiome de la Cbaldée.
Différents auteurs ont assimilé ces rois arabes aux Kheta ou Hettites qui se retrouvent dans les inscriptions égyptiennes^ comme jouissant à cette époque d'une assez grande puissance ^ Cette opinion se recommande par plusieurs circonstances dont la coïncidence chronologique n'est pas une des moins importantes. Les Kheta des textes hiéroglyphiques jouent un grand rôle sous la 18« et la 19* dynastie, c'est à-dire dans les 15" et i4^ siècle. Plus tardâtes mêmes peuplades se retrouvent après l'établissement de la grande puissance assyrienne^ et alors le nom de Hatti ne comprend pas seulement toute la Syrie et la Phénicie, mais le pays entier sur la rive droite de TEuphrate, depuis Birtha (Biredjik) jusqu'à Bassora, et borné à l'ouest par la Phénicie, enfin le pays que la Bible désigne par le mot d'Arab, le nord de l'Arabie, ou comme on l'appelle aujourd'hui le Bar-ech-cham.
Nous avons, dans les fastes d'Egypte, plusieurs noms de princes hattites qui portent bien un cachet araméen ou arabe; mais il est très- difficile de s'assurer de leur prononciation. Nous citons ceux de Khetasar, Marausar, Sarasar et d'autres % conservés dans les inscriptions de la 19" dynastie.
Il se peut que Chusan Risataïm, roi d'Aram-Naharaïra, qui, selon la Bible ^, asservit les fils d'Israël pendant huit ans, ap-
^ Voir E. de Rougé, dans diflCérentes publications.
* Je dois ces connaissances à r obligeance de M. de Rongé.
^ Voir Juges, ni, 8.
« DE GHALDÉE ET D'AfiftmB* Il
partint à ces rois arabes^ dont nous fixons la durée depuis i559ài3i4avantJ.-C.
La fin du règne de ces tribus arabes est signalée parla nais^ sance de la domination assyrienne, qui^ en premier lieu^ éta* blit pour une période assez longue la puissance du Nord^ et qui^ par Félendue de son pouYoir et la gloire de ses armes^ attacha au nom des Assyriens le souvenir de la domination du monde. £t^ chose singulière^ cette idée de la vaillance des Assyriens est restée à Tantiquité classique^ malgré le désir peu dissimulé des historiens perses et mèdes^ d'enlever cette gloire mililaire à leurs anciens maîtres. La fable des trente rois fainéants^ répandue en Europe par les Perses et leurs historiens depuis Ctésias^ n'a pas pu^ même en Grèce, détruire la mémoire de l'antique puissance assyrienne.