SECOND LIVRE
ftRAND EMPIRE ASSYRIEN. - 1314 A 788.
La période qui comprend, selon Hérodote 520, selon Bérose 526 ans, est Vépoque de la grande puissance du peuple assyro-chaldéen. La domination de l'Asie occidentale par la race sémitique était établie ; une grande partie de l'Iran, et le pays d'Arménie Jusqu'aux bords de la mer Noire étaient gouvernés, temporairement au moins, par des satrapes envoyés de Ninive. Il est douteux néanmoins que cette puissance se soit Jamais étendue aussi loin que le peuvent faire croire les auteurs classiques ; nous ne voyons paraître, parmi les noms de contrées, que peu de termes qui accusent une origine arienne.
D'ailleurs, les rois du 10* siècle ne parlent pas beaucoup dès conquêtes faites à TOrient. A peine le nom de la Médie est prononcé; c'est surtout vers la fin de l'empire, sous Bélocbus, mari de Sémiramis (Sammuraniat), que les pays orientaux commencent à fixer l'attention des souverains de Ninive.
Cest aussi à ces monarques conquérants du iO"» et du 9* siècle qu'il faut appliquer le témoignage d'Hérodote, complètement confirmé par les textes que nous citerons dans la traduction, quand il s'exprime ainsi :
Lorsque les Assyriens régnèrent sur l'Asie, depuis 520 ans^
» les Mèdes firent les fxremîers défeciàon; ceaK-ci^ oom- » battant contre les Assyriens pour lenrs libertés, devinrent » des hommes brai^s^ et se rendirent indépendants en se- » CQuant Tesdavage. Après eux, les antres nations firent la » même chose que les Mèdes ^. »
' Il est dair que le père de Thistoire compte les 520 ans à partir de la réTolle des Mèdes, qui, selon le texte même d'Hérodote, était de beaucoup antérieure à l'avènement de la tyrannie ou autocratie de Déjocès ^ et ce fait n*eut lieu cpi'a* près la délivrance des autres nations du joug assyrien. Ces autres nations, dont parle l'historien, sont surtout les peuples du Nord s'étendant jusqu*au Pont-Euxin, ainsi que la Susiane, qui ne se révoltèrent et qui ne furent indépendants que vers le milieu du 8* siècle. La révolte des Mèdes et l'autonomie de Babylone, qui en a été la suite, se rattache au nom d'Arbace et de Bélésys, noms conservés par les historiens de la souche de Ctésins, et, en cela, parfeitement dignes de foi. La révolution qui eut pour suite la première destruction de Ninive, arriva vers le commencement du 8* siècle.
Nous avons fixé cet événement à la date de 788, d'après le canon des rois mèdes, restitué avec une très-grande probabilité par M. de Saulcy. Nous répétons avec plus de force que jamais, que le commencement de l'ère de Nabonassar, 26 fé* vrier 747, n'a aucune connexion avec la chute de Ninive. L'ère citée, mise en honneur par le grand astronome Ptolémée, ne correspond à aucun événement historique ; et ceux qui affirment le contraire n'auront qu'à consulter le texte du Système mathématique ou Almagest, pour se convaincre de l'inanité de leur opinion. Ptolémée s'exprime en termes très-précis pourquoi, par des raisons astronomiques, il s'est attaché à cette ère; il ne dit pas un mot de la révolte des Mèdes, de la destruction de Ninive, qu'il a'aurait pas manqué de rappeler, si la date de 747 avait répondu à cette grande catastrophe.
Nous entrons donc définitivement dans une période des plus historiques, et nous commençons à avoir des données certaines sur les exploits des rois du grand empire assyrien*
* Hérodote, liv. i, c. 95; comp., Ut. i, e« 06.
I Uj i cUwft le texte àf^im^^ et omi pas d^&JEv^uv.
DE €HAi0iE KT B'iflSTmB. 43
Bérose mentionne. 4$ rois; nous en connaissons plus de la moitié de ces noms^ et surtout pour les 150 dernières années^ nous avons une complète certitude historique par les Tables des ^onymes assyriens, dont il a été question ailleurs ^
Les noms des six premières générations sont connus ; le nom du premier roi^ que Bérose ne désigne pas, peut avoir donné naissance à la fable du roi Ninus. Je dis les six premières générations, et non pas les six premiers rois; il est possible qu'il y ait des règnes des princes collatéraux aux membres de celte lignée généalogique. Le document dont nous allons donner le texte n'a pas même été trouvé à Ninivequi, malheureusement, a été tellement saccagée par la première destruction, qu'il ne s'y est conservé rien qui fût plus ancien que Sennacbérib, ou 690 avant J.-C. Et pourtant nous ne pouvons douter de Texistence antérieure de la capitale assyrienne, citée par la Genèse et les prophètes Jonah et Nahum, d'autant plus que les monarques mentionnent dans les textes provenant d'ailleurs leur palais et leur résidence à Ninive. ;
La filiation des six généalogies est la suivante :