‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 17 sur 112 · LE BŒUF · texte numérisé non relu

LE BŒUF

laE Bœuf, le Hola j>v Bœuf, le Pied de Bœuf, la Tête de Bœuf, le Bœuf Blai^c, le Bœuf Coubonnê, le Bœuf Gbas, le Bœuf Noie, le Bœuf d'Ob et le Bœuf B^uaE, sont des enseignes connues. Du bœuf dépecé à la boucherie, nous appré-

mSTOIRE DBS ENSEIGNES

cioDS toiyours certains morceaux, dont Tan des plus prisés donna naissance à renseigne de TALOTAn, mais le Moyenâge allait plus loin : il aimait le bœuf par lui-même et il éleva des monuments à la gloire du noble animal, attribut et souvent image de l'apôtre saint Luc.

Depuis le douzième siècle, on voit dans les tours de la cathédrale de Laon les statues des bœufs (si le mot statue peut s'employer ici) qui transportèrent les matériaux nécessaires à son érection, et, à la fin du dix- septième siècle, on voyait encore à Worms, suspendues en trophées sous les arcades de la maison de la Monnaie, les cornes des bœufs qui avaient charrié les pierres dont la cathédrale est bâtie.

Le Taureau, le Veau et la Gêhissb sont rares sur les enseignes, on les y rencontre cependant, ainsi que la Vaohe , le Tbou aux Vaches et même la Vache Troussée. La Tête de Bœuf rappelle la belle tête d'urttô ou dJaurochs servant d'armoiries au canton d'Uri. N'oublions ni le Roy des Veaux, enseigne citée par Henry Estienne, ni le Veau qui tette ; cette dernière, que l'on retrouve en différents lieux, n'est peut-être pas sans allusion avec le dicton qui représente le vin comme étant le lait des vieillards.

Les anciennes confréries des bouchers étaient presque partout fort importantes.

Celle de Paris tenait ses réunions dans l'église Saint-Pierre aux Bobuïb. Dans plusieurs villes, des droits et des privilèges particuliers étaient le partage des bouchers : à Venise, ils avaient celui d'élire le curé de l'église Saint-Matthieu. A Fribourg, leurs droits étaient très-divers ; l'auberge qu'ils y possédaient avait, dès avant 1498, le Bœu? pour enseigne.

La puissante corporation des bouchers d' Augsbourg tenait ses réunions dans une auberge située près de l'abattoir de cette ville et portant pour enseigne le JustauooBPS sanglant; les bouchères delà même ville allaient se reposer et déjefiner dans une maison voisine, i l'enseigne de l'EooLE DES Feioies, qui nous remet en mémoire celle de la Bonne EooiiB, en* core fréquente au siècle dernier.

Un de nos historiens n'a pas craint d'avancer que l'hôtellerie du Bœup Gou- BONNÊ fut la seconde qui ait été ouverte à Oenève et que son enseigne porte le millésime 1009; c'est le même auteur qui a lu 1000, sur l'enseigne de la Mide.

Les chiffres arabes n'étaient pas en usage à ces dates ; ce sont les pluies et les frimas qui, lavant les appendices de certains caractères, les ont transformés en espèces de zéros. Il faut lire 1669 sur l'enseigne du Bœue Coubonné , taverne située visà-vis du Grand-Mezel, dans une de ces vieilles maisons de trois mètres de façade dont il existe encore trois ou quatre exemples, et dont l'exiguité ne permis

jamais d'y établir le train d'une véritable hôtellerïe.

On rencontre sur les enseignes le Mouton, le MoTTTON d'Abgent, le Mouton Blanc, célèbre cabaret de Paris où Racine composa la comédie des tlaideurs; le Mouton Coubonnê, le Mouton Nont, le Mouton d'Ob, les Deux Moxttons, les Tboib Moutons, le Pibd de Mouton, la Toison et la Toison d'Ob; T Agneau, Tâgneau Blano, rAoNELET OU petit agneau et le Bélieb qui figure si bien sur les armoiries de SchafFhausen. La Chètbe, le Bouc et le Bouc d'Ob y sont beaucoup plus rares.

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