‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 70 sur 112 · LA PENNE VAIRE · texte numérisé non relu

LA PENNE VAIRE

Cette enseigne, rare d'ailleurs, se voyait à Paris au quinzième siècle et, d'après le sens du document où elle est mentionnée, elle représentait une couverture de lit

Le mot PENNE était fort employé au moyen-ftge pour désigner une peau garnie de son poil. Yaib est une ancienne forme de varié: une penne vaire était donc une pièce de pelleterie de couleurs variées, et l'usage avait restreint l'emploi de cette expression à celles de ces pièces qui étaient formées de morceaux blancs et bleus découpés en forme de petites cloches. Pour faire ce travail, on se servait de la peau d'une espèce d'écureuil blanc sous le ventre et d'un gris

bleuâtre sur le dos. Le fait d'employer ces peaux en pièces de rapport comme couvertures de lit n'était pas nouveau, les Romains en avaient de semblables, et de nos jours on retrouve, chez les personnes peu fortunées, des couvertures composées de pièces arlequinées qui paraissent être une tradition de l'antique usage que nous venons de signaler.

La science héraldique a conservé la penne vaire, qu'elle emploie avec ses couleurs sous le nom abrégé de vaib.

Cette fourure est mentionnée dans une foule de pièces du moyen-âge ; â la fin du treizième siècle, Guillot de Paris écrivait :

M*en vint à la roe à Prouvoires Où il a maintes Pennbs Yaihbs.

Ce qu'il faut traduire librement par :

Je m'en vins âla rue des Prêtres où abondent les robes garnies de penne vaire^ c'est-â-dire oii demeurent plusieurs magistrats dont les vêtements sont garnis de fourrures et, pour comprendre cela, il faut se rappeler que, jusqu'au quinzième siècle, le privilège de porter des vêtements doublés de yaib, de menxj-yaib ou de PENNE YAiBE, Car ces mots sont synonymes, était réservé aux présidents à mortier, aux conseillers et â quelques an* très fonctionnaires, de même qu'aux femmes de qualité. Rappelons qu'un arrêt de 1420 en interdit le port aux courtisanes.

L'auteur que nous venons de citer ajoute:

En vint en la Peleteiie Mainte Pbnnb i vit Estohié.

Ces pennes historiées étaient des peaux composées de morceaux de formes et de couleurs diverses, artistement réunis, de manière à produire des dessins quelquefois très-compliqués, art que les pelletiers de nos jours n'ont point perdu.

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