Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette ville
Jette. — De la nouvelle place construite à Bruxelles sur l'emplacement de ce qu'on appelait les bas-fonds de la rue Royale, et de la terrasse du jardin botanique, près de la porte de Schaerbeek, le regard plane sur un paysage qui présente le plus riant coup d'oeil; lorsqu'un rayon de soleil illumine de teintes variées les habitations, les champs, les bois qui y sont jetés péle-méle, cespectaclcenchanleur,aperçu du seind'une ville, forme un contraste plein de charme et de séduction. La pensée, traversant l'espace, abandonne les rues et le dédale de constructions, au milieu desquelles elle est en quelque sorte retenue captive, pour errer dans les bosquets solitaires, dans les prairies bordées de rivelets, dans les collines coupées par des ravins, qu'elle découvre au loin, et que l'éloignement et l'imagination embellissent encore. Par un heureux retour, ces hauteurs si pittoresques empruntent une nouvelle beauté à cette même ville d'où Ton aime tant à les contempler, et qui, avec ses tours gothiques, ses longues lignes d'hôtels, ses milliers de maisons, leur forme le plus splendide des panoramas.
Au nord de Bruxelles, le sol s'élève d'abord assez fortement, puis
s'exhausse lentement, comme pour dessiner les gradins d'un immense
amphithéâtre; d'esriace en espace, il redescend jusqu'à un ruisseau qui, t. il. »
r HISTOinR
coulant invariablement de l'ouest-sud-ouest à l'esl-nord-est, va rejoindre la Senne. Dans le premier de ces vallons parallèles, on Irouve Jetlc et Laeken; dans le second, Wemmel, Meysse, Grimbcrghc Plus loin règne un plateau sur lequel est assis le village de Brusseghem, et où naissent d'autres cours d'eau, qui se traînent avec paresse a travers la contrée plus plane, allant de là vers le Rupel. Deux routes principales sillonnent cette partie du pays : celle de Bruxelles à Merchtcn et celle de Bruxelles vers Tamise La première, dont nous allons suivre la direction, ne dépassait pas, dans le principe, le hameau de Koekclberg; elle fut, en 1750, prolongée jusqu'à Diligbem, aux frais de l'abbaye de ce nom, et on voulut alors la continuer jusqu'à l'église de Wemmel; mais celte dernière partie ne fut pavée qu'en 1829, en vertu d'unarrété royal du 5 octobre 1827. En 1833, on la poussa jusqu'à l'extrémité de la commune de Wemmel, et enfin, le 24 juillet 4857, un arrêté royal ordonna de la prolonger, à travers Brusseghem, jusqu'à Merchten, où elle rencontre la route, également nouvelle, de Vilvorde vers Alost.
Nous avons vu que la plupart des villages qui se trouvent entre Bruxelles et Assche n'avaient pour églises que des édifices religieux qualifiés simplement de chapelles ou d'annexés. Il en était de même dans le canton que nous allons parcourir. Aucune église, sauf Merchten, ne parait y avoir porté le titre d'église mère. Osscl et Wemmel étaient probablement des demi-églises, c'est-à-dire des églises de second rang ; Jette 1 aussi doit avoir eu quelque importance, car il était, au moyen âge,
» Jette {Jttta. 1095; Jhet. 1230, letie, 1389; Yeite, 1435), commune du canton de Molenbeck, à 3/V de lieue au N.do Bruxelles.
Territoire: En 1686, sur une étendue totale de 517 bonniers, on y trouvait 397 b. do terres. (>9 b de prairies, 70 b. de bois, 9 b d'étangs ; le revenu imposable s'élevait à 6.320 florins. En 18W, la commune comprenait 578 hectares, dont 359 cultivés en céréales, 37 h cultives en plantes industrielles, 157 h cultivés en rannes et fourrages. 36 h. do prairies, 4 h. do vergers, 8 h. d>^ jardins potagers. 1 1 h. de jardins d'agrément, 25 h. de bois. La verge linéaire avait autrefois 10 1/3 pieds de Bruxelles.
Nombre d habitations : En 1 43.".. 46 maisons ; en 1480.37; en 1535, 36; en 1686, 25 maison*, 3 brasseries.2auberges,4boutiquesetatclicrs;en 1846, 332 maisons, dont 6 inhabitées.
Population: I» Jette et Gan.shoren : en 1786, 1.1 40 habitants ; en l'an VIII, 1 ,187 ; au 31 décembre 1831, 1.962; 2° Jette seul, au 15 novembre 18V6, 1,981 habitants, formant 326 ménages; 533 enfants recevaient l'instruction et 196 personnes les secoure de la bienfaisance.
Industrie : 1 moulin a vent (érigé vers l'an 1800, mais dont la construction était projetée depuis longtemps : le 3 février 1622, le receveur général du domaine au quartier de Bruxelles acheta un tenain a Molcnbeek. entre le chemin allant a Dilighem et celui qui se dirige vers Laeken. afin d'y établir un moulin h vent, destiné a moudre de la braie pour les brasseurs de Bruxelles). 3 brasseries. 1 distillerie, 1 fabrique de toiles cirées.
Dépendances : Une partie de Koekelberg, les fermes Luyrnberg, Taleghem-hof. Wilgehof, het Steen-pachthof, t hof ten Berj. la guinguette dite Ponntnhuyi, Uilijhem, Esseghem (Eedzegem. 1485).
Les registres de l'état civil commencent en 1586.
la résidence d'un échevinage qui étendait sa juridiction sur dix villages : Jette, Ganshorcn, Releghem, Hamme, Zellick. Cobbeghem, Bolenbeck en partie, Bever sous Strombeek, Over-Heembeek et Neder-Heembeek. Ce tribunal suivait la coutume dTccle et avait un sceau, où l'on voyait la Vierge et l'enfant Jésus placés sous un dais, et sur les côtés: à droite un écusson aux armes de Bourgogne, à gauche un heaume; lu légende portait : sigillum scabinorum ville de jette(1432, 1439, 1660).
Le maire de Merchten exerçait, dans le ressort de l'échevinage de Jette, l'autorité au nom du prince, et y avait pour aide un sergent {vorster), dont l'emploi, au commencement du quinzième siècle, était affermé moyennant 1 '2 livres par an.
En 1410, une noce devant se célébrer à Jette, le maire Gilles Jacobs Ht annoncer, sous peine d'amende, que les charretiers qui amèneraient des invités ne pourraient sortir de leur tour, c'est-à-dire, sans doute, se dépasser. In nommé Coppin de Bruyseghem ayant contrevenu à celte ordonnance, qui avait été faite sans la participation des échevins, le maire le fit arrêter; cependant, à la demande de Guillaume d'Assche, il le relâcha sous caution ; mais, presque aussitôt, il prétendit n'avoir pas toute assurance pour l'amende, et, par ses ordres, on saisit de nouveau le chariot de Coppin, qui fut conduit à la Vruenle et enchaîné. A cette nouvelle, d'Assche entra en colère, et ordonna à deux de ses valets, Daniel Van Hamme et Jean VanGhistele, d'aller délivrer Coppin. On punit sévèrement d'Assche de cet acle de violence : il fut emprisonné, puis condamné, par le conseil ducal, à une amende de 200 couronnes ou 34 livres, et ses
HISTOinE
serviteurs durent aller en pèlerinage, le premier à Roquemadour , le second à Rome.
L'échcvinage de Jette se démembra au seizième siècle, lorsque les villages sur lesquels son autorité s'exerçait Turent engagés à différents seigneurs. Jette lui-même, ainsi que Ganshoren, devinrent alors la propriété des possesseurs du château de Rivieren, situé dans la seconde de ces localités, puis furent érigés en leur faveur, le 18 novembre 1 659, avec RelegUem, Hamme et Bever, en un comté qui avait pour principal officier un drossard. Jette a obtenu, par un arrêté royal du 10 mai 1811, la reconnaissance de ses anciennes armoiries, qui sont : d'azur à un Saint- Pierre d'or. Les habitants du hameau d'Esseghem, entre Jette et Laeken, avaient jadis la jouissance de plusieurs étangs, pour lesquels ils payaient au domaine un cens d'un denier de Louvain. La commune s'est considérablement embellie depuis quelques années, par suite de la construction de plusieurs maisons de campagne. Le chemin qui la relie à Laeken a été pavé en 1850.
Jette, dit un opuscule publié lout récemment, a vu s'organiser nos deux grandes insurrections de 1789 et de 1830. Lors de la révolution brabançonne, Henri Vandernoot, Vonck, Vandermersch, s'assemblaient régulièrement à l'endroit dit het Pannenhuys; le local où ils tenaient leurs réunions existe encore; c'est dans une chambre saillant un peu sur la rue, que la révolution a été résolue. Dans une autre habitation de Jette, dans la maison de campagne ayant appartenu à M. Gendebien, aujourd'hui propriété de M. Lombaerl, MM. Félix de Mérode, Van de Weycr, Rogier, Vandcrlinden et De Potter se sont assemblés maintes fois pour arrêter le plan de la révolution de 1850. Nous laissons à l'auteur de la brochure la responsabilité de ces assertions, fort douteuses ù nos yeux
L'église de Jette, avec son annexe Ganshoren, fut donnée à l'abbaye de Dilighem en 1112, par l'évéqueOdon. Elle est dédiée à saint Pierre; jadis, si l'on en croit Sanderus, la porte de Flandre à Bruxelles restait constamment ouverte, la nuit avant la fête patronale, afinde permettre à la foule d'y aller prier le prince des Apôtres. Elle possède un bras de saint Biaise, qui fut donné à l'abbaye de Dilighem par Marguerite, fille du roi d'Angleterre Edouard 1" et femme de Jean II, duc de Brabant, et l'on s'y rend en pèlerinage pour les enfants atteints de la coqueluche. L'église est une construction toute simple, et qui date de 1776; elle ne se compose que d'un vaisseau terminé par uneabside circulaire et n'ayant pas de transsepts. On voit sur
1 André Fmsçoii VASDr.NDRiESsenE. Nottcr sur la commune de Jette Saint Pierre, in-8» do 8 pages. Bruxelles, Landriei), 18V9.
le mail re-au tel une Pèche miraculeuse, et, contre les murs latéraux, deux grandes toiles: un paysage couvert de neige, el une composition représentant, croyons-nous, la conversion de saint Norbert. Dans la nef, à droite, un grand monument de marbre noir, surmonléd'armoiries exécutées en pierres blanches, offre l'inscription suivante: MONUMENTUM FAMILLE — PERILLUTRISDOMINI GASPARIS — BERNARDI JOANNIS DOMINICl DR— VILLEGAS, COMMIS SANCTI PETRI DE — IETTE, TOPARCHiE BARONS DE RIVIERE, — TOPARCH* DE KINSCHOT, GANSHOREN, — 1IAM, RELEGEM, BEVERE, ETC., — QUI OBIIT III DECEMBRIS— MDCCLXXXV, — ET PERILLUSTRIS DOMIN.E ISABELLE — MARGUERIT/E THEO- DORE VANDERLAEN, — TOPARCHE VICECOMITISSE DE LA THIEULOY — ET BARONliE DE FILLIEYRES,TOPARCHjE — DE WACHEN, LANDRIER, GOINCOURT, ETC , — EJLS CONJUGIS, — QV£ OBIIT XXIIII SEPTEMBRIS — MDCCLXXXIII. — PRO SE, FRATRIBIS, SORORIBLS — ET DESCENDBNTIBUS EORUM. Sur un petit
massif de pierres bleues, placé dans le cimetière, on lit : d. o. m. — ici
REPOSE, DANS L'ESPÉRANCE DE L'iMMORTALITÉ — BIENHEUREUSE, LE CORPS DE Mr. NICOLAS MELCHIADE — BONAVENTURE, BARON DE L'EMPIRE, ANCIEN — PRÉSIDENT DE LA COUR DE JUSTICE CRIMINELLE— DE BRUXELLES, BOURGMESTRE DES COMMUNES YETTE — ET GANSHOREN, MORT DANS LE SEIGNEUR LE 24 — AVRIL 1831, A L'AGE DE 77 ANS. — REGRETS ÉTERNELS.
Le nom de ce magistrat rappelle le souvenir de la magnifique campagne qu'il avait fait bâtir à Jette, à quelque dislance au nord de l'église, et qui a été convertie, il y a une quinzaine d onnées, en un pensionnat dirigé par une congrégation de Dames du Sacré-Cœur. Cet établissement est en même temps une maison d'orphelines et une école de pauvres. Son vaste jardin, qui était orné de fabriques simulant des ruines, de statues, de bosquets, de murs tapissés d'espaliers, et d'une grande pièce d'eau, a élé impitoyablement sacrifié; par contre, à l'ancien bâtiment, qui est décoré depilastres ioniques régnant sur toute la hauteur de l'édifice, et de quatre grands vases surmontant la toiture, on a ajouté un immense corps de logis. La chute d'eau qui s'y trouvait, à l'endroit où le ruisseau la Dilbeek ou Pontbeek sort de l'enclos, activait encore, au commencement de ce siècle, un moulin â eau : ce bien, sous le nom d'alleu du Moulin (aUodium Molendini), avait été donné à l'abbaye de Dilighem par son fondateur, Onulphe de Wolverthem.
L'abbaye de Dilighem. — Un peu au delà du pensionnat, près de la chaussée de Merchten, on trouve de beaux bâtiments construits avec goût dans le style de la fin du dernier siècle. Sur les côtés de la porte d'enlrée on voit quatre pilastres, qui soutiennent un fronton triangulaire, et encadrent quatre panneaux , occupés chacun par une baie simulée : ceux du haut par une fenêtre quadrilatérale, ceux ,du bas par un œil-de-bœuf. Le mur qui forme le restant de la façade est
décoré de vases de pierre. Ces constructions ont fait partie de l'abbaye de Jette ou de Dilighem '.
On attribue quelquefois a saint Amand l'établissement a Jette d'un monastère de chanoines réguliers !, mais cette assertion est dénuée de preuves. Ce fut le 14 septembre 1095, que l'évoque de Cambrai Gaulcber, en présence de plusieurs de ses archidiacres, de l'abbé d'Afflighem, de quelques chanoines de Bruxelles et d'ungrand nombrede laïques, consacra à Jette un prieuré (cella), à la louange du Sauveur et en l'honneur de la Vierge Marie et de saint Jean l'Évangéliste. Du consentement de « Sicher, personne du lieu, » il l'exempta de la juridiction de l'église paroissiale. Les frères ou religieux qui y habitaient, et qu'il autorisa a se choisir un supérieur, devaient leur première dotation à Onulphe de Vulvrethemou Wol vert hem. Ce seigneur leur donna, en mémoire de sa mère Ave, de sa femme Renewide, de ses fils Guillaume, Walter, Lambert, Siger, Godescale, Eustache, Arnoul, et d'Ave, « sa noble fille, » 1 4 bonniers de son alleu, une brasserie avec ses dépendances, l'alleu du moulin, à Jette; la dlme de ce village et de Melsbroeck et la moitié de celle de Wolverthem. Onulphe étant à celte époque retenu ailleurs, il envoya à l'évéque un de ses serfs, qui attesta, sur les Évangiles, la réalité de la donation ; son témoignage fut confirmé par plusieurs hommes libres, qui avaient assisté aux dispositions prises par Onulphe, et l'un d'eux, nommé Steypo, remplit en son nom les formalités nécessaires Ces détails sont curieux; ils prouvent que les serfs n'étaient pas alors aussi méprisés qu'on le croit généralement, puisqu'ils pouvaient, jusqu'à un certain point, représenter leurs maîtres dans des occasions solennelles.
Sous l'épiscopat d'Odon, successeur de Gaulcher, le monastère prit quelques développements. Son chef Waltelme, qui ne portait que le titre de prieur, prit celui d'abbé, vers l'an H 06 5, et l'abbaye, qui avait sans doute été dévastée, fut consacrée une seconde fois, le 24 septembre \ 1 12. Elle acquit successivement le patronat des églises de Jette, de Heembeek, de Wolverthem, etc., et dut de nouveaux biens à Onulphe et à ses enfants, et particulièrement à sa fille Ave; celle-ci parait avoir recueilli l'héritage
> Les documents que nous avons pu consulter pour l'histoire de l'abbaye de Diliçhem se réduisent a pou de chose : à cent lignes de Giuvaye, à une notice par Sisotnus {Chorographia tacra Brabantt<r. t. 1". pp. 387 a 407), A quelques diplômes publiés par Hico {Annalrt l'r<emon*(ratensrt, t 11, preuves, p. ccccvu et suivantes) et par Mm<cis. La Bibliothèque royale possède un livre censol de l'abbaye, qui date des années 137C h 1380.
* Wicni4*s. Brabanlia Mariana, p. 746.
* A la liste des abbés publiée par Sanderus et par Van Geatel. il faut ajouter: Henri Van Eesbeek. nommé en 17VV; Ferdinand-Emmanuel Valvekens, nomme en 1750 ; Jean-Baptiste Vandendaele. nommé en 1771 ; André de Maeght, 5I« et dernier abbé, nomme en 1790. Voyei, aux Archives du Royaume, les Atrhivfs du Conseil privé, carton n* 1.333.
d'OnulpIicet l'avoir transmis à son mari Léon, le même sans doute que le premier seigneur d'Aa de ce nom, dont elle aura été la femme. Un Iwain, chevalier de Jette, cl sa sœur donnèrent à l'abbaye, antérieurement à l'année 1 147, et avec le consentement de leurs suzerains, Léon et sou fils, des prés, des terres, une aunaie contiguë à l'église de Jette et un tiers de l'avoucric ou seigneurie de toute celte paroisse. Ces deux personnes enrichircnl aussi le monastère de Forêt, où la sœur d'Iwain prit le voile, et qui, en 11 (>3, abandonna leurs dons aux religieux de Thidlengem ou Dilighem, A la condition qu'on lui donnerait le quart de la récolte 1 . Suivant des notions assez vagues conservées par Sanderus, Clarisse aurait donné lefief de Jette au monastère, en 1 176, après la mort de son frère Iwain; Léon, qui ne peut être que Léon I", châtelain de Bruxelles, et qui est qualifié a cette occasion d'arrière-petit-fils d'Onulphe, aurait doté les religieux de grnnds biens, en 1219 ou 1220, et enfin, en 1217 ou 1218, la forte tour de Didligem, voisine de l'abbaye, aurait été laissée à celle-ci par Henri de Soltegem, fils de Pétronille, sœur du châtelain Léon 1er, en échange de quelques alleux. L'abbaye, dit-on, adopta alors le nom de Didligem, qu'on transforma ensuite en celui de Diligent, signifiant en latin : Je t aimerai, appellation mystique très-heureuse.
Mais ce changement de dénomination semble avoir eu d'autres causes; il doit dater de la première moitié du douzième siècle, car, en l'an 4465, on connaît déjà l'église de TkideUjem, appelée ailleurs de Thildlengem. Tout indique que les commencements de la communauté ne furent ni calmes, ni prospères. La règle de saint Augustin, qu'elle avait adoptée dans le principe, fut délaissée par elle, en 1140, pendant la vie de l'abbé Waltelme; elle la remplaça par eelle de saint Norbert ou des Prémontrés, que quatre moines de Tronchiennes lui enseignèrent. Vers ce temps, le seigneur de Liedekerke lui enleva l'église de Liedekerke et ses dépendances, et en gratifia le monastèrede Ninove;celui de Jette seplaignit, et grâce à saint Bernard, qui fut choisi pour arbitre, il recouvra les biens qu'il avait possédés à Denderleeuw , mais ses possessions de Liedekerke restèrent aux religieux de Ninove (1 146) Le 24 octobre 1147, le pape
> ln nomino sancte et individoo Trinitatis. Ego J. sanctimonialis in Forest. prepositus. omnibusCrisli ndelibus. Nolum sit omnibus la m presentibus quam futuris. quod ecclesia de Forest terrant quam Iwain dlet cum sorore sua sanctimoniali ecclesie prodicte donaverat, abbati II. et fratnbus suis de Thidlengem, quia ipsis vicina et inculta jacebat, bereditarlo jure perpeuio possidendam et excolendam concessU; hac conditions ut nisi quartum manipulum nostra ecclesia inde leciperet, iu tamen ut trituraUonem ezpectaret. et post excussionem et ventilationem, suis jumentis, ad suam domum transferr; faceret. Utautem.... Actumanno incarnations dominice M-OLXIIl , indictione XI. concurrente I. epacta Xllll. S Sigeri prioris, Johannis prepositi. Eggerici fratm. Franconis Bulo. S. prioriasc, Cristine. Beatricis. Cartulaire di I a66ay* dt Forêt, o* 2U.
if HISTOIRE
Eugène III prit sous sa protection l'abbaye, qui cependant fut alors dévastée et presque anéantie , « h cause de l'insolence de ceux qui l'habi- « taient et des crimes de la contrée, » expressions qui désignent sans doute la désastreuse et longue guerre de Grimberghe. Afin qu'elle ne fût pas abandonnée et que le culte du Seigneur pût s'y maintenir, le chapitre de Notre-Dame de Cambrai la donna à l'abbaye d'Afllighcm Celle-ci cependant ne la garda pas longtemps; peut-être même n'en prit-elle jamais possession. I,' Histoire de l'ordre de Prémontre, écrite par l'abbé de Jette, Henri, l'un des quatre moines venus de Tronchiennes, rt qui mourut en 1162, nous aurait sans doute fait connaître en détail cet événement: malheureusement elle a depuis longtemps disparu.
Le ducGodefroid III, dont les ancêtres avaient gratifié les religieux de quelques chariots de bois à prendre tous les ans dans la forêt de Soigne, autorisa, de concert avec sa mère Lulgarde et sa femme Marguerite, l'abbé Hildebrand et ses successeurs, à acquérir des fiefs, sans devoir lui payer une taxe de ce chef (1185 environ). D;ms un diplôme de Henri Ier, donné à Bruxelles, dans l'église de Saint-Jean-Bnpliste (à l'hôpital), en 4217, on remorque une clause qui abandonne aux religieux, en toute propriété, ce qui leur aurait été laissé en dépôt par des étrangers, des pèlerins, des orphelins ou des serfs du duc, morts intestat.
Après plusieurs siècles d'une vie obscure et paisible, l'abbaye eut beaucoup à souffrir des guerres de l'année 1489; les bâtiments conventuels, le village de Jette, son moulin, furent incendiés. * Dans un octroi
1 In nomine Domini, Johannes, Theoderieus, Alardus. archidiaeoni. Gerardus. decanus etarchidiaconus, etquod eu m eis est capitulum ecclesie Sancte Dei Genitricis Mario Carneracensis, tara fuluri.> quam prœsentibus Dominus Nicholaus pie memoric presul Caméracensis vidons et cogtioscens ccrlcsiam de Thidrlgem quondam dictam abbatiam, nunc proptercohabitantium insolcntiam et enormitatem terre illius vastatamet fereadnichilatam. ne omnino destrueretur, et cultus Dci ibidem non laberetur, adjutrices manus obvias eidem ecclesie misit, et consilio nostro, simul et assensu, nec non religiosorum virorum hortatu, eam cum omnibus appendiciis suis ecclesie Beati Pétri apostoli de llaflengem, ut in jom desolata ecclesia honor et servitium Dei cresceret. rontradidit. His interfuimus, hoc laudavimus et approbavimus, et quia bonum nobis visum est, quantum ad nos spectat, sigillo ecclesie nostre, subsignatisquo testibus, corrobamus et confirmamus. Sisnum Gerardi decani et archidiaconi. S. Johanuis, Alardi. archidiaconorum. S. Walleri sacerdotis S, Wirenbaldi, Hugonis. Ruolfl, Hugonis. Bustochii. Hugonis. Roberti, Johanuis, canonicorum. [Cartvlaired Afflïghtm, t. I«. p. 675.)
Les chroniques d'Afllighem, et entre autres Béda et Cambier, placent cette donation en l'an 1554; mais il est à remarquer que la coutume d'omettre la date d'un acte fut surtout adoptée au xir siècle. Lévéque Nicolas, dont il est Ici question, est probablement Nicolas Ier, qui gouverna de 1 137 a \ 167, et l'archidiacre Alard n'est autre que l'archidiacre de ce nom. qui monta à son tour sur le siège épiseopal de Cambrai, en 1175; l'acte luimême devra par conséquent dater de l'année 1167, alors que l'évéché était vacant par la mort de Nicolas.
» L'abbé Roland Piquot, qui vivait à cette époque, a écrit son autobiographie, où I on
autorisant le monastère à acquérir quelques biens, on voit que plusieurs de ses fermes avaient péri par le feu, que ses bestiaux et ses meubles avaient été saisis, qu'il avait dû vendre des dîmes, des cens, des pâtures, etc., pour une valeur de 200 florins d'or de revenu annuel, et bypothéquer sur le restant de ses biens KO florins du Rhin en rentes héréditaires et 450 florins en rentes viagères. Pendant le seizième siècle, quelques abbés acquirent une grande influence. Corneille Vandergoe.s obtint le droit de porter la mitre (1532), et Arnoul Mahieu devint premier chapelain de la reine Marie de Hongrie. Ce prélat, qui fut le premier supérieur de Dilighem nommé par le prince , se fit construire une tombe fastueuse; mais a peine y avait-on déposé sa dépouille mortelle, qu'une tempête terrible anéantit ce monument de son orgueil, et faillit engloutir le monastère lui-même.
En 1578, l'abbé Liévin Van Couwenbergbe, ne se trouvant plus en sûreté à Dilighem, fut forcé de se réfugier à Bruxelles. La paisible retraite où il avait pris l'habit monastique se changea en une forteresse, dont la garnison répandait aux alentours la dévastation et la terreur. Bientôt, les esprits se montrant de plus en plus hostiles au catholicisme, les religieux durent se disperser; quelques-uns se virent obligés de mendier leur pain ou d'exercer un métier pour vivre. Les moines d'Everbode en recueillirent trois, à qui ils conférèrent des cures. Le 51 octobre 1582, la communauté de Dilighem avait été autorisée à lever 5.000 florins ou ù constituer des renies jusqu'à concurrence de cette somme; lorsque les Espagnols eurent repris Bruxelles, un semblable octroi lui fut encore accordé, pour une somme de 3,000 florins (14 février 1586). Cet argent fut employé à rebâtir la ferme, qui avait été brûlée, et à relever les bâtiments claustraux; en 1595, une autre congrégation religieuse demanda au gouvernement la concession de ces derniers, en offrant de payer aux Prémontrés une pension viagère; mais sa proposition ne fut pas accueillie. Grâce à la discipline sévère qu'il établit dans la communauté, et il l'économie avec laquelle il sut administrer, Martin Vandenhecke, le successeur de Liévin, éteignit entièrement les dettes qui grevaient l'abbaye. Pendant un siècle, ses successeurs poursuivirent avec persévérance la restauration complète du monastère : Jean-Baptiste De Haseleer (1625 1645) en reconstruisit la façade, Martin Vandenhecke II (1 046- 1662) transféra la bibliothèque dans un plus beau local, acheta des manuscrits, embellit l'église et reconstruisit, en 4660, la ferme abbatiale; Corneille Lanibnu (1662-1678) acheva le dortoir, que son prédécesseur avait
trouvait de grands détails sur les événements de son temps, mais qui est malheureusement aujourd'hui perdue. Voyez Saxdi'.rus, I. c, p. 1199.
commencé. Enfin, François Kerrcmans employa plusieurs années à préparer l'argent et les matériaux nécessaires pour la reconstruction de l'église, qui avait été bâtie en l'honneur de Notre-Dame, sous l'abbé Thierri (1 441-4 144), selon Sanderus, et qui tombait en ruines. Ce grand travail, entrepris par Henri Huys, en 1709, fut achevé par son successeur, Henri Crokaerl.
L'ancien couvent de Dilighem étant en entier tombé de vétusté, on le rebâtit sur un plan uniforme, dans la seconde moitié du siècle dernier. On ne laissa subsister que l'église, qui fut à son tour abattue ea 1706 ou 1797, peu de temps après la vente de l'abbaye comme bien national. C'était une belle construction de style renaissance ; sa magnifique façade, haute de 105 pieds, avait été bâtie en une année; elle était ornée <<e colonnes ioniques et corinthiennes, et d'un rang de pilastres d'ordre dorique ; au rez-de-chaussée, entre les colonnes ioniques, se trouvait le portai], surmonté d'une statue de la Vierge, sous laquelle on lisait un chronogramme rappelant l'année 1042; entre les pilastres doriques se voyaient les statues de saint Augustin et de saint Norbert, et, en chronogramme, l'année 4721. Celte dernière date indiquait l'époque de la construction de la tour, qui s'élevait derrière un couronnement, également d'ordre dorique, et qui était orné de la statue de saint Biaise. On lui avait donné une forme octogonale, et elle supportait une croix haute de 15 pieds, placée à 200 pieds environ au-dessus du niveau du sol. A l'intérieur de l'église, on voyait un Martyre de saint Biaise, belle composition de Crayer; une Assomption, par Janssens; une Nativité, tableau un peu sombre, mais bien composé et bien dessiné, peint par Van Loon, en 1624.
Une Adoration des Mages, par Jean Van Orley, et un Portement de la Croix, par son neveu Maximilien De Haese, ornaient le réfectoire; dans une chambre voisine, on conservait les cartons des tapisseries qui garnissent la salle du conseil, à l'hôtel de ville de Bruxelles. Le monastère eût été plus riche en objets d'nrl, si la communauté avait accepté l'oiïrc que lui lit Van Loon de travailler exclusivement pour elle, sa vie durant, à condition qu'elle lui fournirait gratuitement le logement et la table '. La bibliothèque renfermait un très-grand nombre d'ouvrages, réunis pour la plupart par les abbés De Haseleer et Vandenhccke II; on y voyait, entre autres manuscrits, le magnifique psautier dans lequel le saint roi Louis IX apprit à lire. En 1581, on confia à un habitant de Bruxelles, qui affectait un zèle ardent pour le parti catholique, quatre énormes in-folios contenant l'Ancien et le Nouveau Testament, les homé-
1 Mimant, Le pemtre amateur et curieux, t. I". p. 181.
DES ENVIRONS DE DRI'XEI.LBS
lies des docteurs de l'église et les lépendcs des saints ; mais, quand on réclama ce précieux dépôt, il nia l'avoir reçu. Au dix-septième siècle, on se servait encore, dans l'église abbatiale, d'un bel anliphonaire,dont la première moitié avait été écrite par l'abbé Jean de Middelbourg (1384- 1411). et qui fut achevé, du temps de son successeur, par le prieur Jean Jacobs. Le jardin de l'infirmerie passait pour être le plus beau de toute la Belgique. Le père Bernard Wynhouts, d'Enckhuyzen, y avait réuni toutes les plantes indigènes et exotiques connues de son temps. Il avait, en outre, formé une collection de coquillages, de polypes, de fossiles, d'armes japonaises, de divinités hindoues, etc.
L'abbé Huys était l'un des députés des étals de Brabant, a l'époque où éclatèrent à Bruxelles les troubles qui se terminèrent par la mort d'Anneessens. Il devint odieux au peuple de Bruxelles, pour avoir refusé de concourir avec ses collègues à la défense des privilèges de la commune. « Les réclamants, avait-il dit, ne méritent que la corde, et il ne leur re-
• viendra de toutes leurs criailleries que du pain sec à manger et de l'eau
* claire à boire. * Lorsque le mécontentement général se manifesta par le pillage des habitations des hommes connus par leur dévouement nu gouvernement, le refuge de l'abbaye à Bruxelles, situé rue Finquette, fut complètement saccagé; une partie des archives de la communauté fut alors brûlée devant la porte du refuge ou jetée dans la Senne (20 juillet 1718). En 4746, pendant le siège de Bruxelles, les ambulances françaises furent établies à Dilighem, et on exigea en outre, des religieux, 15,000 rations.
En 1754, le couvent comptait 24 profès et domestiques, outre les moines qui desservaient des cures. Le cloître comprenait 5 bonniers, et la communauté exploitait elle-même 11 bonniers de terres, 5 de prairies, 7 d'étangs et 105 de bois (dont 8 sous Wemmel) ; elle possédait en outre, a Jette seul : la dlme, qui rapportait, année commune, 1 ,800 florins ; sept fermes comprenant ensemble 155 bonniers de terres et 30 de prairies ; 58 bonniers de terres et 2 de prairies, loués par parties; 1 moulin à eau, etc. Son livre censal, qui s'étendait sous Heembeek, Bruxelles, Anderlecht, Dilbeek, Wolverthem, Beersel,etc, rapportait 100 florins, et son livre féodal, 25 florins. La seigneurie de Koekelberg et plusieurs biens à Laeken et à Wolverthem, étaient tenus d'elle en fief.
L'abbé de Dilighem émigra en 1794, a l'approche des armées républicaines; les religieux quittèrent l'abbaye, le 20 brumaire an V— 10 novembre 1796, et quelques-uns acceptèrent les bons territoriaux de la république. Les bâtiments conventuels furent immédiatement mis en vente; on abattit l'église, et on transforma quelques autres locaux en une maison de campagne, qui appartient aujourd'hui à M. le notaire Morren. La villa
de M. Dupré, qui se trouve vis-à-vis de la porte d'entrée, était autrefois une ferme de l'abbaye.
Le monastère de Dilighem était situé dans une position si salubre, et les malades y étaient si rares, qu'il arriva plus d'une fois qu'une année s'écoula snn> qu'on y eiH besoin de médecins. Le cardinal Polus, qui habita Bruxelles en 1554, avait pour ce lieu une prédilection particulière. L'abbaye avait jadis devant elle un marécage [palus), appelé Harincbrucy le marais aux Harengs, et, vers le nord, du côté de la vote Royale ou chemin des Romains, des plantations de saules et des pâtures; en 4217, le duc Henri l'r autorisa les religieux à enclore ces terrains ; mais, plus tard, l'étendue de leur couvent fut considérablement réduite. Son mur d'enceinte, vers l'est et le sud, existe encore en partie; les étangs et les bois, que l'on trouvait du côté de l'est et du nord, ont presque entièrement disparu. Les bois formaient autrefois la promenade favorite des habitants de Bruxelles ; ils présentaient un aspect très-accidenté, parce qu'on y avait longtemps extrait des pierres; c'est de là que vinrent les matériaux avec lesquels on construisit la collégiale de Nolre-Dame-au delà-de-la-Dyle , à Malines, le couvent des Jésuites de Bruxelles ci nombre d'autres édifices. Vers 1777, on y ouvrit une nouvelle carrière pour en tirer les pierres nécessaires à la reconstruction des bâtiments conventuels et à la bàtise de l'hôtel élevé dans la rue Ducale à Bruxelles, aux frais de la communauté. Le président Bonaventure lit planter une partie de ce bois de vignes qui n'existent plus.
Au pied du coteau sur lequel -s'élevait l'abbaye, près du chemin conduisant à Merchten et à Termonde, deux Jésuites attachèrent à un arbre, vers l'année 1640, une statue de sainte Anne. En 1649, François de Kinschot et sa femme Marie-Gerlrude de Unchals bâtirent en cet endroit une chapelle; ils y fondèrent, le 50 avril 1650, deux messes hebdomadaires qui se célébraient le lundi et le mardi, un salut du samedi, et trois messes annuelles les jours de saint Joseph, de saint Joachim et de sainte Anne ; ils se réservèrent la collation de ce bénéfice 1 . Ce petit édifice portait pour inscription : Lattguentium medicina; il a {entièrement disparu. Une petite métairie voisine occupe l'emplacement d'uno « maison de plaisance avec motte, eaux, jardin, etc., » appelée Moesegem, et qui avait dans sa dépendance deux pleins-fiefs. En 1474, Jean Van Coudenberghe dit Rollibuck la tenait en fief du châtelain de Bruxelles, avec 24 bonniers de bois, d'eaux, de terres et de pâtures. Josse Muyshout, secrétaire du conseil de Brabant, obtint, le 6 juin 1587,
1 Le consentement du magistrat de Bruxelles a l'amortissement de la chapelle et de sa dotation est du 13 novembre IGiil.
le droit de nommer pour ce bien un sergent juré. François de Kinschot le releva, le 2 juin 1650, et le transmit à ses descendants.
Les seigneuries de Ganshoren et de Rivibren. — De la chàtellenic de Bruxelles relevait encore, à Jette, un autre fief, appelé la cour féodale de Ganshoren ou quelquefois aussi de Melsdate, et consistant en une cour censale avec maire et masuyers ou tenanciers, une cour féodale, une cour censale et un droit de quatrième gerbe à Wemmel; un bois h Woluwe- Sainl-Pierre, 34 bonniers au lieu dit Melsdael, entre Etterbeek et Auderghem, et un pré contigu appelé de Bemele ou 't Fleescliouiters bempt, la pâture du Boucher. Ses premiers possesseurs furent les Clutinck, Tune des plus puissantes familles patriciennes de Bruxelles. Guillaume, fils de Jean Clutinck, en était propriétaire en 1550, et Marie, fille de Franco Clutinck, en 1560. Après celle-ci, Marie, li lie de René Clutinck (relief du 0 juillet 1385), la porta en mariage a sire Jean Vandermeeren, chevalier, seigneur de Suvenlhem, qui eut pour successeurs : Henri Vandermeeren le vieux (r. du 7 juillet 4461), sire Jean Vandermeeren, chevalier, seigneur de Saventhem, neveu du précédent (r. du 7 février 4469-1470); Elisabeth de Herbais, sa veuve (r. du 27 mars 1492-4495) ; Jean, fils d'Antoine Vandernoot et d'Elisabeth Vandermeeren, fille des précédents (r. du 43 février 1503-4506) ; Antoine, son fils (r. du 28 juin 4546); Jeanne, fille d'Antoine, et son mari, Denis Devc, chevalier, seigneur de Waelsyn (r. du 23 mai 1 569) ; Vroen ou Véron Van Gorem et sa femme Dorothée Goossens, par achat à Jeanne et à son second mari, maître Jean Bourgeois (r. du 5 février 4570-1574); et Henri Smeyers, marchand de drap de soie à Bruxelles, pour sa femme Anne Van Ghoorem, fille de Vroen, et pour ses cohéritiers (r. du 3 mars 4590).
En vertu d'anciens accords de famille, les deux tiers du bois de Melsdal furent séparés du tiers restant. René Clutinck, fils de Jean (4364 , 4582), les tint en fief de la cour féodale (le Ganshoren. Suivant une cédule qui fut scellée à Bruxelles, dans l'auberge dite le Miroir f\e 15 mai 4474, ils valaient alors, année commune, et déduction faite des frais, 22 florins du Rhin, et ils étaient tenus par Henri, fils de feu Jean Clutinck. Les Coudenberg en héritèrent et les vendirent. Gabriel Goossens, puis Vroen Van Gorem (r. du 42 septembre 4570), en devinrent successivement acquéreurs; ce dernier les réunit au lief dominant, et plus tard, le tout passa aux Kinschot.
Une autre seigneurie de Ganshoren, consistant en 4 4/2 bonniers de terres au Zippelberch, sous Jette, une cour féodale de 45 hommages, etc., fut successivement relevée du duché par Henri, fils de Guillaume Clutinck, Jean Rolibuck le jeune (relief de 4382-1585), Barthélémy T'Serclaes dit Violette (r. de 1387-4 588), Catherine T'Serclaes, fille du précédent (r. du
3 février 1415), et par Barthélémy, fils de la précédente et de Walter Clulinck (145!)). Le chevalier Jean deLeeu. qui fut décapité a Bruxelles, en 1421, eut également en cet endroit une cour censale, qu'il laissa à ses enfants : Walter, Nicolas, Barbe, Marguerite, femme de Jean Taye d'Elewyt, et à son petit-fils Guillaume, fils de Guillaume Van Mons et de Marie Sleeus.
Au premier rang parmi les fiefs de la cour féodale de Ganshoren figurait la Maison de Rivieren et Wyckete ou 't hoff te Rivieren, qui avait une cour féodale portant particulièrement le nom de cour féodale de Rivieren, et une cour censale, appelée d'ordinaire la cour de Dechelpoele ou d'Echelenpoel (de l'étang des Sangsue*) 4. Rivieren devait son nom à ses premiers possesseurs, aux Rivieren d'Aerschot, qui étaient parents des Clutinck. Marguerite, veuve du chevalier Charles de Rivieren, résigna, en l'année 1550, l'usufruit de ce bien à ses fils Charles, Daniel, René et Henri, en présence de son suzerain Guillaume Cluting, et ses fils, a leur tour, le donnèrent à Henri, fils naturel de leur père. En 1360, Elisabeth, femme de cet Henri, et ses fils Henri et Jean le vendirent, avec l'assentiment de Marie Clutinck, à Lambert Van Eyckedit Vandenbossche, dont un descendant, appelé Arnou, céda Rivieren à Walter, fils de Godefroid Vandenwinckel; celui-ci en fit abandon, en 1467, a Jean, fils de Michel Stoop. Henri, fils de Jean Sloop et conseiller de Brabant, eut de sa femme Barbe Ofhuys, Elisabeth Stoop, femme de Jean Vandereycken, également conseiller de Brabant. Le fils ainé de ces deux époux, e le bon chevalier > Corneille Vandereycken, prit pour femme Elisabeth Estor, dame de Saint-Georges, sœur du jeune seigneur de Bigard dont nous avons raconté la fin tragique. Philippe II lui engagea, le 24 janvier 1558-1559, moyennant 660 florins carolus, la haute, moyenne et basse justice et ses dépendances, à Jette et Ganshoren, et, le 20 juin 1560, moyennant 16 livres d'Artois, un cens de 6 escalins hcUinck de Lou va in. Son fils Philippe hérita de ses domaines (r. du 1er juin 1570), qui furent vendus par autorité de justice, en 1588.
Jean de Marsille, seigneur de Jette et de Ganshoren par relief du 3 mars 1588, des cens domaniaux dans ces villages, par relief du 18 avril suivant, et de Rivieren, était commissaire des chevaux limoniers de l'artillerie du roi Philippe II, fut ensuite capitaine d'une compagnie d'infanterie wallonne, et mourut à Cambrai, le 10 octobre 1595, d'une arquebusade reçue au siège de cette ville. Sa veuve, Émerentianc De Marés,
' Un tien nomme Dtrhltpul est cite en 1 131 ; on 1 1 tH>. Walter île Dekelpnle, et, en liilî. Henri de Dechrli>ule, signent des chartes du duc de Brabanl. — Pour l'histoire de la seigneurie de Hivicren, consultez Cmbistvs, Jurisprudcnlia heroica, p. 31k.
DES ENVinONS DE BRUXELLES. 19
épousa Antoine de Taxis, chevalier, seigneur de Herdissem, qui mourut le 14 juillet 1658, après avoir institué trois bourses à l'université de Louvain, pour l'étude de la théologie, en faveur de trois religieux de l'abbaye de Dilighem. Après avoir racheté la justice et les cens domaniaux à Jette, Ganshorcn, Zellick, Cobbeghem, Keleghcm, Hamme, Bollebeek, Bever, Over-Heerabeek, Neder-Heembeek, Malderen et Lippeloo, le domaine les avait donnés en ferme, le H mai 1607, et moyennant 3,251 livres, à Joachim d'Encenhear, seigneur de Marquette, garde des joyaux des archiducs Albert et Isabelle, et à Antonio Suarez de Arguello, secrétaire de la chambre de ces princes, chevalier de l'ordre du Christ, en ne réservant que le son de la cloche, les aides, le ressort, les rémissions de crimes, les légitimations, les octrois, les confiscations pour guerres et rébellions et les autres régales. Celte cession fut faite pour la vie des admodiateurs, qui l'avaient acceptée, le 19 mai1, et qui y renoncèrent, parait-il, en 1609. Par une nouvelle engagère, Taxis réunit une seconde fois, moyennant 5,000 livres , Jette et Ganshoren à la seigneurie de Rivieren (5 août 1 626), qui, après lui, passa à un des plus célèbres jurisconsultes du temps, François de Kinschol.
Kinschot exerça une grande influence à la cour de Bruxelles, pendant les dernières années de la vie de l'infante Isabelle. C'était lui qui était l'àmc du conseil des Onances, où il avait occupé les fonctions de greflier (depuis 1 606), puis celles de conseiller (depuis 1618). Il était alors trésorier général (depuis 1650), et fut ensuite conseiller d'état (1645) et enfin chancelier et garde des chartes de Brabant (1650). Son grand âge ne lui permit pas de jouir longtemps de celte dernière dignité. 11 mourut le 5 mai 1651. On possédait de son père Henri, qui avait laissé une réputation incontestée d'intégrité et de savoir, des Jiespoma sive consilia juris; il augmenta cet ouvrage, qui fut publié par les soins de Valére André, eu 1655 *. Le vicomte de Bruxelles, avec l'autorisation de la cour féodale de Brabant, renonça, en faveur du chancelier, à ses droits de suzeraineté sur la cour féodale de Ganshorcn et sur l'arrière- (lef de Rivieren (convention en date du 25 juillet 16Ô0, octroi du souverain, du 12 août suivant, et reliefs du 17 du même mois et du 15 mai 1651), qui furent déclarés unis à perpétuité aux juridictions de Jette et Ganshoren. Le domaine avait définitivement vendu celles-ci, moyennant 5,000 florins en sus de la précédente engagère, a Kinschot (lettres patentes du 5 décembre 1645, relief du 10 novembre 1646), qui y joi-
« L'acte original de l'acceptation »e trouve aux Archives du Royaume, Trtttorerit de la
ehambn des romfte*, Layt ran dntrsrhe rtetr*<i\m. * Phuiot, t. K p. VOi
Il 1ST01IIB
gnit encore les villages de Releghem, llamme et Bever, achetés à Jérôme- Gaspar de France, baron de Bouchoot, qui les avait pris en engager? du souverain, le 14 mars 1644 (r. du 50 octobre 1651).
Sous François II de Kinschot, flls du précédent et de Marguerite Boote, dame de Clercamps, conseiller d'état et ensuite conseiller des finances, le domaine de Riviercn reçut de nouveaux accroissements. Il fut érigé en baronnie,lc 7 octobre 1654(r. du 18 décembre 1654), et les cinq villages où le baron avait la haute justice, en comté de Saint- Pierre- Jette, le 18 novembre 1659 (r. du 24 mars 1662). Le 8 octobre 1654, le roi céda à François II, en toute propriété, la juridiction que le gruyer de Brabant exerçait en son nom dans les villages de Jette, Ganshoren, Releghem Ham me et Bever (r. du 22 septembre 1670). Par le mariage d'Anne- Thérése-Hyacinthe de Kinschot, fille du premier comte de Jette, avec don Paul-Philippe de Villegas, seigneur de Luttre, second fils de Paul- Melchior, baron d'IIovorst, le patrimoine des Kinschot passa à la famille qui le possède aujourd'hui. Gérard-François-Balthasar de Villegas, leur lils, et Gaspar-Bernard-Jean-Dominique, neveu du précédent, relevèrent leurs fiefs, le premier, le 18 mars 1701, le second, le 10 mai 1715. Ce dernier obtint, le 15 juillet 1767, le titre de comte, avec confirmation de celui de comte de Saint-Pierrc-Jette, l'un et l'autre transmissiblcs par droit de prinrogéniture. Philippe de Villegas, fils ainé de Gaspar, adonné le jour au comte de Saint-Pierre actuel.
Le château de Rivieren date évidemment du temps des Kinschot. Il forme une masse carrée et entourée d'eau ; ses fenêtres sont carrées, divisées par des meneaux de pierre ayant la forme d'une croix, et précédées de petites balustrades à baluslres de pierre renflés par le milieu ; quelques-unes ont été récemment transformées en baies ogivales, ce qui ne cadre nullement avec le style de l'édifice. Les lucarnes du toit sont semblables aux fenêtres, sauf qu'elles sont surmontées d'un petit fronton cintré. Du centre des bâtiments s'élève un donjon massif, entièrement construit en pierres, et qui parait fort ancien. Un toit à quatre pans le surmonte et supporte une haute flèche octogonale, affectant en son milieu la forme d'une poire. L'ancienne ferme castrale, qui était jftdis ornée de tourelles, a été morcelée en plusieurs habitations entourant une cour, au milieu de laquelle on voit un immense tilleul; vers le midi, s'étend un beau parc
La commune de Ganshoren a. — En l'année 1228, le prince Henri de
1 Castillor, Délier* du Brahnnt, t. II, p. 1 VO, a donne nno vue du château de Ilmeren. * Ganslioreu {<ian$horen, llli; Gaïahornu, MV7, etc.), commune du canton do Molcn- )<<«k. a <jV de lieue au N.-O. do Uruxelles.
Ttrrtintrr ; En 1680, sur une étendue de ï\\ huniers, on y troutait 198 h. de terres
Brabant donna, t en aumône perpétuelle, » et moyennant un cens annuel de 12 deniers, aux habitants de Ganshoren et d'Echelenpoel (Us habitantibus apud Ganshoren et Echelenpocl) les pAtures que l'on appela depuis la Bruyère (de Heyde) et de Sype, et près desquelles se trouve le château de Riviercn. Elles aboutissaient à un pré contigu A YEchel ou Evene strate, et portant le nom de *i Sergodewaertsbroeck ou '< Vergoesbrueckt le pré de sire Godefroid, parce qu'il fut cédé en échange, par un chevalier de ce nom, A l'abbaye de Dilighem. La jouissance des pAtures communales de Ganshoren semble avoir été étendue dans la suite, à tous les habitants de la paroisse de Jette, ainsi que le droit de conduire leurs bestiaux dans les prairies, après la récolle des foins. En 4306, le duc de Brabant et son receveur (quœstor Brabanliœ) décidèrent un différend qui s'était élevé entre les communes (communitates), c'est-à-dire les communautés des habitants de Jette et de Ganshoren, et l'abbaye de Dilighem, au sujet des pAturages d'automne (super pascuis autumualibus in parrochia de Jette). En 1619, la police de ces pAtures fut réglée par le maire et les échevins du lieu ; ils déclarèrent que dorénavant chaque famille ne pourrait y envoyer que trois têtes de bétail, et que les animaux nuisibles, tels que les chevaux, les boucs, les taureaux, les oies, n'y enlrcraient pas. Le conseil de Brabant, A la demande de M. de Kinschot, confirma ce règlement, en l'année 1649.
Ganshoren avait, en 1112, une chapelle, qui dépendait de l'église paroissiale de Jette, et, dès l'année 1589, il était imposé à part dans les aides. En 1801, il fut réuni A la commune de Jette; mais, en 1856, quelques habitants demandèrent la séparation administrative des deux localités. Cette demande fut provoquée par MM. Van Kosse et Pangaert, qui s'engagèrent, en cas de réussite, Adonner A la commune unr propriété pour lui servir de presbytère. Il s'ensuivit des débats qui offrirent des circonstances très-curieuses. La population aisée de Ganshoren était presqu'en entier opposée à la séparation, qui devait nécessairement
36 b. de prairies, 3 b. de bois, 2 b. d'étangs; le revenu imposable s'élevait à 3.265 florins. En 1846, la commune comprenait 241 hectares, dont 96 h. cultives en céréales, 5 h. cultivés en plantes industrielles, 43 h. cultives en racines et fourrages, 9 h. de prairies, 2 h. de vergers. La verge linéaire, en deçà du ruisseau, avait 161/3, et au delà, 17 1/3 pieds do Bruxelles.
Nombre d habitation* En H3Ti, I V; en 1480, 11; en 1555. 17; en 1686, 24, plus 3 auberges. 1 brasserie, 1 château ; eu 1846, 200 maisons, dont 4 inhabitées.
Population : Voyez Jlite; en 1846,1,015 habitants, formant 196 ménages; 35 enfante recevaient l'instruction et 83 personnes les secours de la bienfaisance.
Industrie : 1 moulin à vent, érigé par Martin Van Boterdael, en vertu d'un octroi du souverain, en date du îl juin 1660. et avec l'autorisation du seigneur.
Dépendances : Hivierrn ; la ferme den Eihof; celle dite Rybodeyem, citée en 1792.
Les registres do I état civil commencent en 1841.
T. II
Si HISTOIRE
accroître ses charges ; tous les habitants jouissant des droits électoraux, sauf 5, se prononcèrent en ce sens, tandis que, parmi les 102 pétitionnaires, ilyavait 52 individus qui ne payaient aucune contribution, 6 qui figuraient sur la liste des pauvres, 10 enfants dont les pères avaient également signé, et 1 personne qui n'avait jamais habité la commune. Le projet, repoussé d'abord par le gouvernement et la députalion permanente, fut cependant accueilli par le conseil provincial, la chambre des représentants et le sénat. Toutefois, dans cette dernière assemblée, il n'eut que la faible majorité de 10 voix contre 15, outre 3 abstentions; la commission chargée d'examiner le projet de loi s'était prononcée pour le rejet, et presque tous les membres qui prirent la parole pendant la discussion appuyèrent ses conclusions d'arguments qui ne furent pas combattus. On prévit alors ce qui arrive aujourd'hui ; le partage de l'avoir communal a soulevé entre les deux localités un procès interminable. L'érection de Ganshoren en commune a été décrétée par une loi portant la date du 31 mars 1841. Un arrêté royal, du 8 juin 1844, lui a conlirmé, ou plutôt, donné pour armoiries : un écusson de gueules à un Saint- Martin d'or.
En vertu d'une ancienne fondation, on célébrait à Ganshoren, tous les ans, 30 messes du samedi. En 1754, à la demande de la commune et avec l'autorisation de l'archevêque de Malinesetdu conseil de limitant, on y institua des instructions qu'un religieux de Dilighcm donnait les dimanches et les jours de fête, sauf aux quatre grandes fêles; il recevait, de ce chef, 50 florins prélevés sur les revenus de la chapelle de Ganshoren, et 20 florins payés par la commune. L'existence légale de la chapelle de Saint- Martin à Ganshoren a été reconnue le 28 septembre 1825; elle a obtenu un conseil de fabrique en 1835, et le rang d'église paroissiale en 185G. Enfin, en 1850, on l'a reconstruite, sur les plans de M. l'architecte Spaak. L'édifice qui vient de disparaître datait du seizième siècle, comme on pouvait le conjecturer d'après les fenêtres de sa façade et du chœur , qui étaient en cintre surbaissé. En 1844, on y lisait, sur le toit de la nef, la date 1537, et, près de la chaire, on voyait une Sainte Cène, peinte en 1607.
Releghem — Le petit bois de Larebeke, qui forme une promenade très-agréable et très-fréquentée, sépare le château de Rivieren du village
• Releghera {Radeltgim, 1132; Radthjem, 1198; firJchjhem, 1328, U35; HrUghem, 1688), commune du canton d'Asscho, à 1 l/V lieue au N.-O. do Bruxelles.
Ttrritotrt : En 1680, sur une étendue totale de 303 bonniers, on y trouvait 259 b. de terre»,
il*' Releghem, qui dépendait autrefois de la paroisse de Wemmel. Son église, ou plutôt sa chapelle, fut donnée en même temps que celle de ce dernier village, a l'abbaye de Grimbergbe; elle reconnaît pour patron Saint-Jean l'Kvangéliste. Elle fut réunie, en 1803, aux églises de Cobbeghem etdeBollebeek, pour composer une cure; plus tard elle devint une succursale de llamme. Elle conserva cependant son propre curé; mais, en 1808, le défaut de presbytère et l'insuffisance du traitement attaché à ses fonctions, déterminèrent cet ecclésiastique à demander son changement, et le curé de Hammc, Graux, fut alors chargé de le remplacer. Le 7 jan v ici* 1809, le conseil municipal vola une somme de 000 francs, par an, pour le prêtre qui desservirait l'église ; ce subside ne put toutefois recevoir son emploi qu'en 1822. L'arrêté du 28 septembre 1825 a reconnu l'existence légale de la chapelle de Releghem, qui est devenue depuis une succursale du doyenné d'Assche. Ce petit temple a la forme d'une croix latine; sa nef est divisée en trois parties par des colonnes à chapiteaux ornés de feuillages. Dans la nef principale, la voûte a des nervures croisées, tandis que les collatéraux ne sont recouverts que d'un plafond en pente, décoré d'arabesques. C'est à la construction de ces derniers que se rapporte sans doute le millésime 1643, qui se lit sur le transsept méridional, au-dessus d'une petite fenêtre cintrée; sur le maître-autel, on voit une Décollation de saint Jeun- Baptiste, bon tableau peint par un nommé Vanderheydcn, en 1032 ou 1633, et non par Rubens ou Van Dyck, comme le prétendent les habitants du lieu.
Releghem avait autrefois sa cote particulière dans la répartition do aides et des subsides. Il y eut a ce sujet quelques contestations entre ses habitants et ceux de Wemmel; ceux-ci disaient qu'à Releghem il n'y avait qu'un échevin, faisant partie de l'échevinagc de Jette; un répartiteur et un collecteur particuliers pour le village; les habitants de Releghem, au
38 h. do prairies. 32 b. Ho bois; le revenu imposable s'élevait a l.O.'iO florins. La commune comprenait, en !8i6, 306 hectares, dont 156 h. cultives en céréales. 17 ti. cultivés en piaules industrielles. 70 h cultives en racine* et fourrages, 26 h. de prairie», 3 h. de verger», i h. de jardins potagers. I h. de bois. 2 h. do terrains vague», 2 b. de jachères. La verge linéaire v avait autrefois 18 pieds de Bruxelles.
Nombre d habitation* : En I V35. 37 maisons ; en 1*80. 10; on 15Î3, 13; en 1080. 12 maisous. 2 auberges. I brasserie, I atelier de tisserand; en 1 8 VO. 77 maison».
Population: En 1786, 238 habitants; en l'an VIII, 171 ; au SI décembre 1831. 397; au 15 novembre 18V6, 42V, formant 77 ménages ; 00 enfants recevaient l'instruction et 22 personnes le» secours de la bienfaisance.
Industrie : Nulle.
Dépendance* . Lo hameau dit Hamnuwhe hoek ; un acte de l'an 1328 mentionne les lieux suivants : incampo dicta tllinitdael et super Dorent.
Les registres de l'état civil commencent, pour les naissances et les décès, en l'an VII; pour le» mariages, en l'an IX.
contraire, désavouèrent, par acte passé devant notaire, en 1685, tout ce qu'aurait pu faire en leur nom ces trois personnes. La commune souffrit beaucoup des guerres de l'année 1489, et obtint, de ce chef, une réduction de 52 sous sur sa cote dans l'aide de l'année 1 490.
Les premiers possesseurs du village, les Redelghem ou Releghem, étaient nobles et alliés aux principales familles des environs, particulièrement à celles de Wemmel, d'Ophem et de Bouchout. lwain de Radelgem est cité, en «198, comme l'oncle des seigneurs d'Ophem. Un chevalier de Redelghem signa, en 4278, une cession de terres faite a l'abbaye d'Afllighem par son neveu Daniel de Bouchout. Un autre personnage du même nom laissa une fille, Marguerite, qui porta en mariage • le bien de Redelghem, avec la maison, les terres, les eaux, les cens, « les fiefs, » qui en dépendaient, au chevalier Philippe de Wavre, surnommé die Jagere ou le chasseur. Ces deux époux, ayant un différend avec le chevalier Jean de Schoonhoven, au sujet des biens délaissés par sire Hugues de Coudenberghe et sa femme Marie, s'en remirent à l'arbitrage de sire Guillaume, seigneur de Wavre, de sire Guillaume Pipenpoy, de Jean Pasleel d'Aerschot et de Walter Pipenpoy, qui se prononcèrent en faveurdu chevalierde Schoonhoven (mardi après l'Ascension 1539). Après avoir aliéné une partie de leur domaine, Philippe et Marguerite, de concert avec leur fils Jean, promirent, le 2 juillet 1569, par-devant les échevins de Bruxelles, d'adhériler des biens de Redelghem Laurent de Licdekerke, mandataire du châtelain de Bruxelles, Jean, seigneur de Bouchout. Enfin, le 15 septembre de la même année, ils renoncèrent encore en faveur de Jean, fils de Gérard de Redelghem, à tous leurs droits sur les biens d'Ympele et de Meerwyck 1 .
Le seigneur de Bouchout fit don de Releghem à son fils naturel Lonys ou Léon, valet et boutiller de la duchesse Jeanne, qui lui donna l'office de maître des chariots et corvées dues par les maisons-Dieu, cloîtres et fermes des cloîtres 8. Comme il ne laissa pas d'enfants, son héritage retourna aux seigneurs de Bouchout. Jean de Bouchout, à qui son frère Daniel avait fait don de Releghem, le vendit à sire Robert Cottrcau ou Cotereau (relief du 9 juillet 1466). Après Jean de Cotereau (r. du 22 septembre 1500), Releghem passaà son fils aîné Michel (r. du 20 juin 1506), et celui-ci n'ayant pas laisse de postérité, ses frères Jean, seigneur de Wydoe, et Guillaume se partagèrent ce fief par moitié. Guillaume étant aussi mort sans enfants, Releghem forma de nouveau un seul fief, entre les mains de Jean, en vertu de lettres patentes de Charles-Quint
I Liber grntaln'jiw familia? Pongelbergce , manuscrit déjà cite. * brabanUcht Yeesten, t. II. p. 7Î6.
données le 10 avril 4529 (r. du 3 mai 1522 et du 20 septembre 1520), et resta depuis annexé à la baronnie d'Assche.
« La maison de Redelghem, dans la paroisse de Wemmel, avec c 39 1;2 bonniers de terres, 9 à 10 bonniers de prairies ou de piUures, « 2 bonniers d'étangs, un cens valant 15 florins du Rhin, le droit de « congé, des arrière-flefs à Zellick, Ganshoren , etc., » formait un fief relevant du duché de Brabant, et qui devait le service féodal avec deux combatlants à cheval et un à pied. Sire Jean Colereau y ajouta, par engagère du 31 octobre 1559, et moyennant la somme de 142 livres, la haute justice, le cens domanial, etc. (relief du 7 août 1561), qui restèrent à ses enfants jusqu'en 1609. Le château de Releghcm n'cxisie plus; la ferme qui en dépendait a été vendue avec 50 bonniers, en 1820; elle appartient aujourd'hui aux héritiers du docteur Caroly. Les tenanciers jurés de Releghem se servaient encore, en 1439, du sceau de l'échevinage de Jette; ils obtinrent ensuite un sceau particulier, qui représentait saint Jean tenant sous le bras droit un agneau, et de la main gauche un écusson aux armes des Cotereau (1478, 1487, 1490). Ils suivaient la coutume d'Uccle.
Il y avait à Releghem une seconde cour censale, appelant aussi a Uccle ; elle tirait son origine d'un ancien démembrement de la seigneurie. Marguerite de Releghem et son mari Philippe de Wavre vendirent, pour les posséder allodialemcnl, 26 bonniers de terre et le droit de lever une quatrième gerbe sur 32 autres bonniers. René de Herscle en hérita de son aïeul, et les releva du duché en 1403-1404. Guillaume Van Bakcren dit
Cocke, les acheta à Jean Gruwcls (r. du 4 juin 4442), et les donna à Victor Van Bakeren (r. du 22 novembre 1 481), sur qui le roi Maximilicn les confisqua, pour les donner à Henri Vandetinuwenhove (24 octobre 1488). Jean, fils de Victor, chanoine d'Anderlecht, les céda à maître Jean de Crickengys (r. du 20 octobre 1 509), dont les filles Catherine, femme de Jacques Taye, et Barbe, femme de Pierre Boisot, les reçurent pour leur part (r. du 25 mars 1531-1532). Robert, fils de Jacques Taye, en devint ensuite possesseur, et les laissa à ses frères et sœurs : Jacques, seigneur de Goyck, Adrien, seigneur de Wemmel, Anne et Catherine (r. du 13 janvier 1552-1555). Celte dernière épousa Marc de Gryse, cl leurs petits-fils, messires Antoine et Engelbcrl, relevèrent celte lenure(r. du 7 mars 1608). Antoine, devenu chevalier, par création de Tannée IG2C, et conseiller de Brabant, prit en engagère, le 31 juillet 1626, moyennant 2,000 florins, la haute justice de Releghem (r. du 12 janvier 1633). Son frère Engelbcrl lui succéda, et eut lui-même pour héritier son neveu, Pierre de Gryse, fils de Jean-Jacques de Vooght, seigneur de Zonnebeke, et d'Anne de Gryse (r. du 29 janvier 1639). Peu de temps après, le 18 mars 1644, la haute justice fut vendue au baron de Bouchout, qui ajouta a l'engagère précédente 5,000 florins, et qui vendit ensuite Releghem aux Kinschot de Jette (r. du 50 octobre 1651). Le 6 novembre 1690, mesure Engelbcrl de Gryse, en hypothéquant au nom de son père Pierre et en son propre nom, leurs biens de Releghem, qui consistaient en une maison seigneuriale, construite en pierres, des granges cl des bâtiments, et en 63 bonniers, déclara ajouter à celle garantie, en remplacement des granges et édifices qui venaient d'être brûlés, les nouveaux bâtiments du château de Marche *. Mcssire Engelbcrl ne succéda à son père que longtemps après (r. du 24 mars 1722); il eut pour successeur son frère Jean-Baptiste, seigneur de Fontenellc ou Fontanelles (r. du 25 janvier 1723); puis, sa nièce Marie-Joséphine de Bifllart, baronne d'Ittre (r. du 15 septembre 1745).
Le 14 juillet 1557, la chambre des comptes accorda au meunier Jean Zegers et a sa femme Catherine Vuyterlicht, l'autorisalion d'établir un moulin à vent à Beleghem, près du chemin allant de Dilighem vers Bruxelles, à l'endroit appelé den Bossempt, ter Windtmolen stad, boven *t Valveken.
Sainte-Gudule et le village de IIamme — Sous le règne du
1 En 1871, messire Pierre de Gryse avait levé 300 florins, « pour avancer le bâtiment de « la maison audict M.irche. »
» Hitmiiie (liant, vir siècle, 1161; IIamme, 1i33), commune du canton d'Asschc, a 1 lieue au N.-O. de Bruxelles.
Territoire: En 1686, sur une étendue totale de III bonniers, ou y trouvait 10V b. do
roi Dagobcrt ou de son lils Sigebert, vivait en Brabant un comte nommé WilgernSa femme Amalberge, qui, dil-on, était la sœur de Pépin de Landen, lui donna plusieurs enfants : Rainilde, Pharaïlde et Emeberl, qui occupa le siège épiscopal de Cambrai et fut depuis élevé au rang de bienheureux Elle portait dans son sein un nouveau gage de son amour, lorsqu'un ange vint lui annoncer qu'elle donnerait le jour à un enfant, dont la vie serait un modèle de sainteté. Peu de jours après, naquit sainte Gudule; sa cousine, sainte Gertrude, la tint sur les fonds baptismaux, et prit soin de ses premières années.
A peine sortie de l'enfance, la plus jeune des filles d'Amalberge résolut de fuir le monde. Elle et sa sœur Rainilde se rendirent au monastère de Lobbes, et demandèrent à pouvoir y partager la solitude des moines; mais, comme on ne recevait pas de femmes dans cette abbaye, leurs instances furent d'abord inutiles. Au bout de trois jours, Gudule, rebutée, s'en alla; Rainilde, plus persévérante, fut admise à Lobbes, mais elle ne prit le voile que plus tard *. Sa sœur retourna demeurer près de ses parents. Veilles, jeûnes, aumônes, elle n'épargnait rien pour dompter ses passions et mériter la protection divine. A deux milles du lieu de sa résidence, il y avait un village nommé Morzelle (aujourd'hui Mortzcl ou Moorsel), et un oratoire dédié au Sauveur; elle s'y rendait tous les malins, dès que le coq avait donné le signal du réveil. Le démon éteignit un jour la lumière qu'une servante portail devant elle; abandonnée dans les ténèbres, au milieu de campagnes désertes, elle ne savait que devenir. Gudule se jette a genoux et adresse au Ciel une fervente prière ;
terres, 16 b. de prairies, 1 b. d'étangs ; le. revenu imposable s'élevait a 2.0V1 florins. En 18V6, la commune comprenait 136 hectares, dont 108 h. cultivés on céréales. 20 h. cultivés en plantes industrielles, V6 h. cultivés en racines et fourrages, 22 h. de prairies, 3 h. de vergers, V h. de jardins potagers, 2 h. de bois, 3 h. de cultures diverses •. La verge linéaire avait 18 Ij3 pieds de Bruxelles.
Nombre d habitation* : En 1 V35, 21 ; en 1480, 12 ; en 1525. 36, dont 1 h 2 foyers ; en 1686, 12 maisons, 2 petites brasseries ou cabarets; en 18V0. 37 maisons.
Population: En 1786, 108 habitants; en l'an VIII. 83; au 31 décembre 1831. 190; au 15 novembre 18V6, 20V, formant 37 ménages; 27 enfants recevaient l'instruction et 23 personnes les secours do la bienfaisance.
Industrie: Nulle.
Dépendance» ; Le hameau de Heyde.
Les registres de l'état civil commencent, pour les naissances, en 15'.>2; pour les décès, en 1623; pour les mariages, en 159V.
1 BtLDKiuc donne îi Pharaïlde le nom de Sarachilde et compte sainte Ermelinde parmi les sœurs de sainte Gudule.— Voyez, sur sainte Gudule : Vita prima tancta- Gudulœ, apud Guesql'Iere, Acta Sanciorum belyii. t. V; Vita altéra apudeumdem; Mourus et Sûmes, ad S januarii.
* Vita S. Hainildi», dans Giusqi'ière, Acta Sanctorutn lielr/ii, t. V. ■ Il y ■ CTidcmmcnt erreur dim cette diviainn en culture».
aussitôt sa lumière se rallume, et, pleine de joie et de sécurité, elle reprend sa route. D'autres miracles augmentèrent encore la vénération qu'elle inspirait. Lorsqu'elle mourut, tout le peuple accompagna son convoi funèbre. Son corps fut déposé, le 8 janvier 712 (?) dans un tombeau qu'on avait élevé devant la porte de l'oratoire du village de Ham. Le lendemain, on vit avec surprise qu'un peuplier d'une grandeur prodigieuse avait crû sur sa tombe, et qu'il s'était couvert de feuilles, malgré la rigueur de la saison.
De riches ornements couvraient les dépouilles mortelles de la fille de Witgcr. Ils tentèrent la cupidité d'un voleur de profession, qui, à la faveur de la nuit, ouvrit le tombeau de sainte Gudule, et s'empara de son collier, des croissants qui ornaient sa poitrine, de ses boucles d'oreilles, de ses bagues, de ses bracelets, tous d'or ou d'argent; de ses vêtements de pourpre, rehaussés d'or; de son voile de lin, de sa ceinture ornée de perles. Mais, à quelque temps de là, une jeune fille qui avait habité avec sainte Gudule aperçut un des bracelets de la sainte au bras d'une de ses compagnes, avec qui elle dansait, mais qui nia obstinément le fait. L'évéque Émebert apprit cette profanation avec une vive douleur. Un jour qu'il se trouvait dans l'église de Ham, il s'écria : t Que c les coupables soient analhèmes! qu'un signe divin les frappe, eux et i leurs descendants : les hommes seront boiteux; quant aux femmes, < on les reconnaîtra à leurs goitres (gutteria)'. » En effet, dit Baldcric, tous les descendants du profanateur furent accablés de malheurs et d'infirmités. De nouveaux miracles ayant signalé la sépulture de la sainte, on plaça ses restes dans une chasse, qu'on résolut de transférer dans une localité plus populeuse. Nivelles, Castri Locus ou Mons et Maubeuge furent successivement choisis; mais, au moment fixé pour le départ, le cercueil devenait tout à coup si pesant, qu'on ne pouvait l'enlever. Enfin, un vieillard, qui dans sa jeunesse avait connu sainte Gudule, apprit à la foule sa prédilection pour l'église de Mortzel, « qui était éloignée de dix milles. * Un nombreux cortège y porta son corps, et, cette fois, aucun obstacle n'arrêta sa marche, qui fut signalée par plusieurs prodiges. Le peuplier qui ornait l'entrée de l'église de Ham fut miraculeusement enlevé, et s'offrit, le jour suivant, aux regards étonnés des habitants de Mortzel.
Charlcmagne remplissait alors l'Europe de son nom. Cet illustre monarque vint à Mortzel, et y institua, dit-on, une communauté, ô
' Aucune date n'est plus incertaine que cel Iode la mort de Min te Gudule. Se aocobde Vif la dit morte du temps de Pépin le Vieux, cesl-à-dire, scion Bollandus, du temps do Pépin d 'Heratal.
* Ventumrst ad rillnm Morzeletuem militari» deeem a riro Ham. Yila 1t. GuJuUr.c 7.
DES ENVIItO.NS DE BRUXELLES. iU
laquelle il donna de riches ornements, et, de plus, le village lui-même, avec tous les serfs qui le peuplaient. Ce monastère disparut pendant les temps d'anarchie qui suivirent la mort de son fondateur, et le corps de sainte Gudule, longtemps errant devant les Normands, arraché ensuite au baron pillard qui s'était approprié Mortzel, fut enfin transféré dans les lieux où une magnifique basilique éternise la mémoire de la fille de Wilger.
La contradiction qui existe entre deux passages des deux Vies de sainte Gtulule, dont l'une place Nam à dix, et l'autre à deux milles de Mortzel, a fait naître de grandes contestations sur la situation de cette localité; mais, outre que le témoignage de la première Vie est préférable à celui de la seconde, à cause de son antériorité, tout parait militer en faveur du \H'id \illage de llamme (Nam, I/eim, l'habitation), qui est situé à environ !),000 pas de* Mortzel, sur un plateau, au delà de Rcleghem. Comme il existait une église dans le llam des légendaires, et qu'à cette époque les édifices religieux étaient rares, on ne peut le chercher dans un des hameaux ou des châteaux du nom de llam, voisins d'Alost. A llamme, prés de Rcleghem, une localité du village s'appelle le Champ de sainte Gudule; les habitants, dit Van Gestel, célèbrent sa fôte, et ils montrent encore aujourd'hui, dans la ferme principale de la commune, l'emplacement qu'auruil occupé sa chapelle, actuellement convertie en four*. La seconde Vie de sainte Gudule prétend que le domaine de Ham fut donné par Charlemagnc à l'église de Mortzel {prœdiolum //uni, unde «rbor advenerat, sub pluribus idoneis tradidit testibus). On pourrait tirer «le ce fait un argument de plus en faveur du Ham dont nous parlons ici, car il a longtemps appartenu à l'abbaye de Nivelles; or, on connaît les nombreux liens qui attachèrent â celle communauté sainte Gudule, sainte Rerlende et les religieuses de Mortzel. En 1161, Nivelles céda le village et la chapelle de Ham au monastère d'Afflighem, moyennant un cens annuel de cent sous.
Par un octroi en date du 25 février 1443-1444, Philippe le Bon permit aux religieux d'AIllighem de nommer un clerc ou grelïier juré pour leurs cours ccnsales à Ranime, à Huggenhoul, à Wavrc et à Frasncs, et aux maires et éehevins composant ces -tribunaux de se faire graver des sceaux communs *. Le 20 juillet lîiiiî), Charles de Croy, évéque de Tournai, abbé d'AIllighem, engagea, moyennant 513 livres, la justice, les cens, et tout
• Voyez les Afin Sanclorum. et, en particulier, une lettre écrite par le corme de Jette a IMIandus, le H juillet 1600. Il ne peut s'agir ici ni de llam près de Saintes, tomme le veut A. Tm «o (cité dans Ciiiffllt, CluLUbranJus fu lrn, p. \ io), ni de llamme près de Termonde, Comme le soutient IIOLARVS.
* Piphm. M,j , t XVI
T. II
ce que le domaine possédait à Hammc, entre autres 4 '/, deniers par an, qu'Isabelle de Wees payait pour un monticule {van eenen berch te Homme, relief du 26 novembre 4 563). Ce prélat avait eu plusieurs enfants illégitimes : Jacques et Florence, nés de Catherine Stalpaert, et maître Adrien, légitimés, le premier en juin 1563, le second en avril 1567-1568, le troisième en juillet 1572. Ses exécuteurs testamentaires relevèrent Ilamme au nom de Florence de Croy(r. du 28 juin 1567), qui épousa Charles de Saint-Turin ou Centurin, donlelle eut Jeanne, Anne et Philippine de Saint-Turin. Celles-ci relevèrent Ilamme, le 10 mars 1595; puis, maître Adrien de Croy, au nom de sa nièce Philippine, vendit Ilamme à Catherine de Rrandenbourg, dame de Jauche et d'Anche (r. du 20 septembre 1 604). Racheté par le domaine en 1609, Ilamme fut engagé une seconde fois, le 1" août 1626, moyennant 1,100 florins, à Anne de Croesere, veuve de Nicolas Iloffmans, qui le céda à Gérard de Cothcm (29 août 1630), mais qui le reprit ensuite, après qu'il eut momentanément été possédé par sire Antoine de Gryse, seigneur de Releghem (r. du 12 janvier 1635), et qui ajouta 800 florins h sa première engagère, le 22 avril 1638. Le 14 mars 1644, le baron de Bouchout ayant encore surenchéri jusqu'à 3,100 florins, devint a son tour possesseur délia m nu-, qu'il vendit bientôt au premier comte de Jette.
L'église de Notre-Dame à Ilamme, petite construction de l'époque ogivale, mais dont la nef a été restaurée au siècle dernier, et dont le toit porte la date de 1780, n'offre rien de remarquable. La chapellenie de la Sainte-Croix fut unie par l'archevêque à la cure, le 6 mai 1591, à charge de célébrer trois messes toutes les semaines. En 1823, on proposa de réunir en une seule les trois communes de Ilamme, de Releghem et de Cobbeghcm; la première, dont l'église a, depuis le concordat, le rang de succursale, devait en être le chef-lieu, mais des prétentions locales firent indéfiniment ajourner cet utile projet.