‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 2 sur 43 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

WEMMEL. — BRI SSEGIIEM-0PHF.M-OS.SEI..

Les seigneibs de Wf.mmei, — Sur lii crête de la hauteur qui domine l'abbaye île Dilighcm, passe un grand chemin qui s'appelle vulgairement le chemin des Romains *-, el auquel les anciens documents donnent le nom de voie Royale {slruta renia) s, de heerslmet allant d'Knghien à Matines \ de chemin de Garni à Louvain, etc. Il conduisait de Zellick versElewvl. Après avoir traversé la roule de Merchlen, tl longe des champs aujourd'hui cultivés, mais portant encore le nom de la Bruyère ou de Htyde* (le lieu, ainsi que tout l'espace s étendant entre Jette el

1 Wcmmel (Wamhelne, 1111. 1510; Wamhelne, 1 1 3K ; Wamhtini», 117(3. 12S7; Wtmmele, 1353, 13S«J, 1135, etc.), commune du canton do YVolvorthem, à 1 1/2 houe au N.-N.-O. de Bruxelles.

Territoire: En 168G, sur uno étendue totale de 751 bonniers, on y trouvait 59V b. de terres cultivées, 1 22 b. de prâmes, 2* I». de bois, 9 b. d'étangs; le revenu imposable s'élevait a 10.858 florins En IXVf», la commune comprenait S73 hectares, dont V25 li cultives en céréales. V3 h cultives en plantes industrielles, 182 h cultives en racines et four rages. 88 h. de prairies, 17 h de vergers. H h. de jardins potagers. 8 h. de jardins d'agrément. 7 b. de bois, 5 h. de jachères. La verge linéaire avait 18 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d'habitation* : En 1135, 73, on 1180, 38 ; en 1525, 83; en 1686, 6! maisons, I château. I brasserie. I auberge, 5 boutiques ; en l 816,336 maisons, dont 1 inhabile

Population: En I78ti, 6GG habitants; en I an VIII. 510; au 31 décembre 1831, 1.130; au 15 novembre 18i<i, 1,285 habitants, formant 335 ménages; 85 enfant» recevaient l in struclion et 120 personnes les secours do la bienfaisance.

Industrie : I moulin a vent, 2 moulins à eau, dont 1 au centre du village, et l'autre, le moulin d A melyhem, prés de Movssc , I brasserie, I distillerie.

It<- pendantes : Les hameaux Ten Kerckhove, Ten- liasse lie, Ttn-Curhle, llincl.fl tlrale. Tt- Roecl.ele, Ten-Hasselt, Die Zype, Ten-Moelen'>roecke, Ter Elu et Ten <)U*r<jhen , la ferme du château de Bouehout. celles dites Ter-Vnkelen, t Koff le Iheckele (1562, 17 H), thoff ran Ltere (1fi?5), het Clm.slrr (1772), et plusieurs autres dont il sera Tait mention plus loin.

Les registres de l'état civ il commencent en 107V.

1 Wu Tiin.R. Curie lofograpkiqMI de Hruxelles et de tes environs.

» Optra tOpi., t. 11. p 90t.

* In de prtn hie rmi telle, tutscUen n iulcr heerslratt daer mtn ran F'.ednvjen tt Mechelen utert gaet, 1528. — Den grooten herbaeu tua Vluendtren naer t.oten, 1028

ss

Wemmel était autrefois entièrement abandonnent présentait l'image d'un immense désert; vers l'an 1200,1c duc Henri Ier le donna à ses vassaux, à charge de le cultiver. L'abbaye d'Afllighem y possédait déjà une longue et étroite parcelle de terre, dont les limites furent alors déterminées par le maire Grégoire de Vilvorde

On a dit que Wemmel avait été donné par les ducs de Brahant aux Taye, en récompense des exploits par lesquels ils se signalèrent pendant les croisades. Il nous en coûte de détruire une assertion qui donne une si noble origine à la grandeur d'une de nos familles patriciennes. Les Taye n'ont acquis Wemmel qu'à la fin du quatorzième siècle, plus de cent ans après l'expulsion des derniers Croisés de la Palestine, et de plus, les durs n'ont pu leur donner une seigneurie, qui a toujours relevé de la ehàtcllcnic de Bruxelles.

Gosuin de Wambelnc vivait en II 11, et Walter de Wamblene, en 1158 et 1140. Wnllrr et forain dcWemblen, sont cités, en 117(>, dans un acte où apparaissent aussi les chevaliers Foulques et Franco de Wamblinis; le premier apparaît encore, en 1108, avec un Iwain de Radelgem, qui est qualifié comme lui d'oncle des seigneurs d'Ophcm, et qui était peut-être son frère. Un troisième Walter de Wambelneou de Wamblinis, chevalier, est mentionné en 120!) et en 1227, et avec ses frères Adam et Égide, dans une charte sans date de Guillaume, frère du duc de Brabant Henri I,r. Le chevalier Jacques de Vcnblena, Wamhlenn ou Wamble ligure comme témoin, dans un acte du duc Henri Ier, de l'année 1204, et dans deux actes du châtelain Godefroid, en 1222. Léon de Hruxellcs, seigneur d'Aa, et son fils Walter comptaient parmi leurs vassaux Henri de Wr-mbelne ou Wembelme, qui était déjà chevalier en I2l*i, et qui vendit 3 bonniers de fief et 2 bonniers de terres tenues à titre héréditaire, à l'abbaye d'Afflighcm, avec le consentement de sa femme Ade et de sa fille Berthc, et en vertu d'une sentence prononcée par les hommes et les vassaux de son suzerain. Celui-ci ratifia cette aliénation, à condition que le monastère payerait dorénavant, pour chacun de ces S bonniers, un cens de 2 deniers de Hruxellcs (charte en date du Jeudi- Saint, en avril 12Ô4). Le chevalier Walter, qui doit avoir été le frère du précédent, céda à prix d'argent des biens aux Lépreux de Bruxelles, en

1 Ad lice seiendum. «piod CHOU desertum inter Wamlielno et lotte sjtum. bominibus mois colendum tniderem. porliunculam ejusdem deserti, in medio ngrnrum sepofate COClesiO ad plcmosinan pertinent mm s=e exlendentem in longum. sed in modtim vie in latum ronreiaium. ne in gtavamen ecclesie aliqms illam oceuparet . in elcntosinani ip»i erelosio. dedl r| m pn*se.«siiifiem IiIktï allodio. Kt firegontis villicus de Vihordia. cimi hominiblM mt'is, ex procepto mon. illam ad .«pus ecclesie nrruivit. terminosqtiC de.-ignaut et paltt ligi fecit Cortulaire d Afffigkem, t K p. 36t.

DES ENVIRONS DE nnUXELI.ES. 33

présence de plusieurs éehevins de celle ville, ce qui fui confirmé, en mars 1253. par son frère, Léon de Wemmele, el ensuite, en septembre 4265, par une dame nommée Isabelle et par son mari, le chevalier -Arnoul, seigneur de Crainhem, qui ne se réservèrent sur ces biens qu'un cens de 14 deniers.

Suivant le poème de la guerre de Grimbcrghe, Arnoul de Wemmel fut un des quatre luteurs du jeune due Godefroid 111. On voit, par l'énuméraliou que nous venons de faire des chevaliers du nom de Wemmel, que les actes authentiques n'en connaissent pas qui ait été appelé Arnoul. Par contre, l'un d'eux fut peut-élre le premier maréchal de Brabant : c'est Gosuin de Wammclne (Gominm de Wummelna marescalctts), que nous trouvons dans une charte de l'année 1242 '.

La femme d'Arnoul, seigneur de Crainhem, était probablement fille du chevalier Léon; ses enfiinls réunirent Wemmel A leurs autres domaines. Léon de Crainhem, second fils d'Arnoul III et petit-fils d'Arnoul II et d'Isabelle, Peut pour sa part, ainsi que Grobbendonck. En 1534, nous voyons ce seigneur désigné par les nobles et les villes du Brabnnt pour recevoir, de concert avec deux bourgeois deLouvain cl deux de Bruxelles, l'argent provenant de l'aide accordée au duc Jean III, el pour avoir, en même temps, l'administration des biens du domaine et celle du produit des amendes el des confiscations prononcées en vertu de la dernière enquête sur les ofliciers de justice. La plupart des abbayes du duché s'étanl refusées à payer leur cote dans cette aide, Léon et un ecclésiastique intervinrent, comme mandataires des communautés qui n'avaient pas fait de difiicultés, dans l'accord conclu a Bruxelles, le 24 octobre 133G, par la médiation du comte de Hainaul, pour régler les charges que les monastères supporteraient dorénavant, en temps ordinaire et en temps de guerre. Le 31 mars 1530. il fut nommé, avec trois autres gentilshommes, garants, au nom du duc de Brabnnt, du traité de paix que ce prince conclut, le même jour, avec le comte de Flandre. Lorsqu'une guerre devint imminente entre l'Angleterre el la France, ce fut encore monseigneur Louis (el non Louis) de Crainhem, alors sénéchal de Brabant, que Jean III envoya à Philippe de Valois pour excuser son alliance avec l'Angleterre. « A la lin, dit Froissart, il le fit demeurer tout coi devers le roi, el • lui chargea et enjoignit expressément que toujours il le excusai devers « le roi, et contredit toutes les accusations qui pouvoicnl venir contre - lui. Lui n'osa contredire le commandement, mais en dernier lieu il en « eut pauvre guerdon, car il en mourut en France, quand on vit appa- « rement le contraire de ce dont il excusoit le duc si certainement, et en

1 CtirtuLure d AlJlt'jhtm, t. I". p. SIO.

« devint si confus qu'il ne voulut oncques depuis retourner on Brabanl; « si demeura lout roi en France pour soi ôlcr de soupçon lanl qu'il « vécut, ce ne fut mie longuement * . » Lui-même avait, quelque temps auparavant, promis de servir le duc contre le roi Philippe, et reçu, en retour, la somme de 95 livres de vieux gros *. Pendant son ambassade, le roi, pour l'attirer sans doute dans ses intérêts, lui alloua une rente viagère de 3,000 livres, à tenir en lief 5. Léon laissa trois enfants : Arnoul de Crainhem, qui continua les seigneurs de Grobbendonck, Daniel, seigneur de Wemmel, et Marie, femme de Godefroid de Lierre, seigneur dlmmersecl. Du chevalier Daniel et d'Agnès, fille et héritière de Gilles de Quaderebbe, seigneur de Bierges. n.iquircnt Marie, femme de Thibaud, seigneur de Helezics, et Marguerite, dame de Bierges, femme de Rolnnd de Itorgncval ou Bornival. Marie porta Wemmel à Thibaud, de qui elle eut Marguerite, femme de Gisberl Taye.

Les Tayc habitaient Bruxelles, où ils faisaient partie du lignage de Coudenberg. Gramaye les dit originaires du pays de Grimberghe; nous croyons plutôt qu'ils sont venus du llainaut, car leur nom appartient a la langue romane : il signifie tache. Plusieurs Taye figurent dans les annales monloises du treizième siècle, et appartenaient sans doute à la même race que les a Itakeou à la tache, de Tournai. En Brabant, le plus ancien membre de cette famille qui soit connu est Henri Taye, tenancier du chapitre de Malines, qui demeurait à Evere, en 1:277. Les Taye portaient : d'or aux trois lions rampants de sable, chargé en abime d'une tour de gueules; plus tard, la branche de Wemmel adopta I ecusson des Crainhem; quand elle fut devenue puissante et riche, elle répudia toute conformité d'origine avec ses parents moins fortunés, et elle lit avertir qu'on ne devait pas confondre les Taye. marquis de Wemmel et barons de Goyck, « avec une autre famille a peu près du même » nom *. »

Jean, (ils de Gisbert, fut surnommé d'Elewyt, parce qu'il possédait un lief en cet endroit, et pour le distinguer d'un autre Jean Taye, dit de Gaesbeck. Il avait élééchevin de Bruxelles, en 1409, et amman de celle ville, en I4lt>; on le lit entrer de nouveau dans l'cclievinage, en 1421, après la révolution qui mit le pouvoir aux mains des plébéiens, mais bientôt il devint suspect à ceux-ci, qui exigèrent sa destitution {"2 avril). Gomme il mourut sans laisser d héritiers, ses biens passèrent

1 l'noisstiiT, livre I". pat lit' I", c. 68. 77 cl S2.

* Intenta ire df s chartes de Itra^ant. n° II, f" 091

' Di Tu ikt. Herneil des roys de France, p. 333.

' Ai vrai supplément au Nobiliaire de* Pays-Bas, p M,

à son frère Henri, seigneur de Goyck. Ce dernier village et Wemmel eurent les mêmes maîtres pendant plus d'un siècle. Enfin Wemmel fut assigne à Adrien II , second fils de Jacques II Taye. Ce seigneur, qui avait la réputation d'un homme instruit, fut presque constamment ou bourgmestre, ou échevin, ou trésorier, a Bruxelles, de 1556 au 46 mars 1575-1570, époque de sa mort. Le roi le nomma, en outre, échevin d'Uccle(lrr décembre 1507), et lui engagea, le f» mai 155!>, la haute justice et les autres droils du domaine, à Wemmel, moyennant 529 livres. Par son testament, il partagea ses biens et ses rentes entre les enfants qu'il avait eus d'Anne d'Oyenhrugge : Adrien, Kngelberl, Marguerite, qui épousa Éverard d'Oyenhrugge, seigneur de Cobbcghem, et Catherine, qui était entrée en religion. Au premier, il légua deux coupes dorées, dont Tune lui avait été donnée par les habitants du village, lorsqu'il avait été baptisé, et dont l'autre était un eadeau de l'abbé de Grimberghc (24 septembre 1575). Adrien III releva la haute justice de Wemmel, le 50 avril 1578, et eut pour successeur son frère Engelb. rt (r. du 16 mars 151)5). Le château seigneurial ne paraît pas avoir souffert des guerres de religion, car, en 1606, c'était encore une belle et grande maison (een sehaon gront hiiys); mais plusieurs fermes, entre autres la ferme Ter-Elst, furent ruinées et détruites, et beaucoup d'habitations remplacées par des terres cultivées et des vergers. En 1G30, les propriétés que les chartreux de Bruxelles possédaient A Wemmel restaient encore en friche, parce que personne ne se présentait pour les louer

Engelbert Taye fut créé, le 4 juin 1028, baron de Wemmel, en récompense de ce que, disent les lettres patentes, c dès sa jeunesse il avait « rendu service à nostre couronne, tant en plusieurs notables exploits € de guerre, soub le comte Frédricq de Berghes et en la compagnie de « Grobbendoncq, que depuis, au magistrat de nostre ville de Bruxelles, € es qualitez respectivement d'eschevin, trésorier et bourgemaistre, « s'estant en tout signalé et monstré très-zélcux de l'advancement de nos

« affaires, imitant en ce ses ancestres, outre que les fils du dit

« messire Engelbert Taye, a son exemple, nous auroient aussi servy, ■ estant un d'iccux mort aux dernières guerres de Bohème, et un autre « encore continuant son service, en qualité de capitaine, s'estant pareil- « lement trouvé es dites guerres de Bohème, au siège de Berghcs-op- « Zoom, où il receut trois coups de mousquet, en celui de Bréda et « en plusieurs autres occasions, etc. * » Il releva son nouveau litre, le 28 août 1G28. Plus tard quelques différends s'élevèrent au sujet di

' It. W i . r II | , 33«J » Mtrtidn d'honneur p 21,

ZO IIISTOinE

l'étendue de ses prérogatives, cl, le dernier mai 1047, en conformité des conclusions prises par le procureur général du roi en BrahanU par requèle en date du 21 jan\ier 1641, son fils déclara, par-devant le notaire Jacques T'Servrancx , résidant a Bruxelles, qu'en sa qualité de haron de Wemmel, il ne prétendait posséder le droit de rémission ou de composition des crimes punissables de mort, la jouissance des confiscations prononcées à l'occasion de guerres, cl la chasse, que de la même manierc que les autres petits seigneurs (smalrchceren) les possédaient Le haron Engelbert, en devenant membre des états de Bradant, crut devoir renoncer à sa place d'échev in. Ses anciens collègues lui tirent cadeau de deux aimes de vin, lorsqu'il lit son entrée dans sa seigneurie (résolution du 1) septembre IG28), et votèrent en sa faveur un don de 1 00 jthilippus ou d'une coupe de celle valeur, lorsqu'il vint prendre congé d'eux (?i décembre 1G28). Ses vassaux lui omirent aussi un don de joyeuse entrée, en considération de ce que, depuis plus de 50 ans, il n'avait cessé d'obtenir pour eux des diminutions dans les logements de troupes; dans ce but, ils empruntèrent, entre autres, une rente au capital de IjOO florins.

Sire Philippe Taye (r. du 10 février 1 039), son fils, eut pour successeurs: son (ils Philippe-Albert (r. du S juillet 1075), en faveur de qui la baronnie fut décorée du litre de marquisat (lettres patentes du 50 mars 108!), r. du 20 avril suivant); François-Philippe, lils du précédent, brigadier général des armées d'Espagne, gentilhomme de la chambre du roi Philippe V, commandeur de l'ordre de Saint-Jacques (r. du 28 septembre 1699); Amour-Joseph Philippe-Charles, lieutenant de la cour féodale de Brabant, né du mariage de ce dernier avec Catherine-Louise de Cotercau, marquise d'Assche, et en qui s'éteignit la postérité masculine des Taye (r. du 8 mai 1701). Son oncle, Charles-Louis, dit le baron de Wemmel, avait été colonel d'infanterie au régiment wallon de Prié, devenu le régiment de Saxe-Gotha; deux de ses frères, Charles Louis, tué au combat de Gorlitz le 7 septembre 1757, et Olhon-Hcnri, mort en 1754, à l'âge de l!> ans, avaient servi dans le même régiment avec le grade de capitaine. Lorsqu'il mourut, en 1792, les terres de Wemmel cl d'Assche passèrent à sa sœur Marie-Josèphe, femme de Jean-Antoine, comte Vnndemool, seigneur de Ilaeren; Krauçois-Marie-Joscph, troisième fils de ces deux époux, eut pour sa part Wemmel, que ses enfants ont vendu, après sa mort, en 1838, à M. le comte de Limburg-Slirum.

Le château et la SEicxEi itiE de Wemmel. — Le manoir des Crainhcm, exposé aux allaques des vassaux des seigneurs de Grimberghc, était jadis

• Rrghtm aux ckartret <U la thambrt <tn t-hwpln. w- \vi

fortifié avec soin; ses vastes étangs, qu'un ruisseau alimente \ enceignaient de toutes parts une ile dont une partie était occupée par des jardins et quelques bâtiments servant de dépendances, et dont l'autre partie, séparée de la première par un fossé, comprenait le château proprement dit et la cour d'honneur. Celle-ci était entourée d'un mur crénelé, qui permettait au besoin d'y soutenir un siège. Les hautes et grandes fenêtres du château, ses pignons à angles saillants et rentrants, les campanilles, de grandeurs diverses, et en forme de poire, qui surmontent ses trois tours, disent assez que sa construction ne remonte pas au delà du dix-septième siècle. Le millésime 1649, qui se lit sur une des façades intérieures, confirme ce sentiment. Le château n'a guère changé d'aspect depuis cette époque; mais ses étangs, vers l'ouest, ont été presque en entier comblés, et ses jardins ont été plantés dans un goût plus moderne, et se sont agrandis des fossés intérieurs. Vu de la chaussée de Merchtcn, à travers le rideau d'arbres qui longe la digue, le manoir et la vaste nappe d'eau qui baigne ses fondements, présentent un coup d'oeil très-pittoresque. Il y avait jadis, près de la route, sur la digue du fossé de clôture , une chapelle dédiée à Notre-Dame-dc-Bonne-Espérance (Ouse Lieve Vrouw van goet betrauwen) et à sainte Catherine*.

Dans une des salles du château on remarque une cheminée gothique, qui est soutenue latéralement par trois élégantes colonneltes, entre lesquelles se dessinent des panneaux allongés, terminés, vers le haut, par une arcade cintrée inscrivant un trilobé. Au-dessus du manteau de la cheminée on a peint l'écusson des Taye, et, latéralement à cet écusson, seize autres plus petits; à gauche : ceux de Rochefort, Berthout, Bouchout, Taye, — Ligne, De Fosseu, Liekerke, Morriamcs ; â droite : Enghien, Liere, Mol, Bourgoigne, — Monlfort, Melon, Rotselaer, Hameidc. Plus bas,

On lit : MESSIRE JACQUE TAYE, CHEVALIER, SEIGNEl'R DE WEMMEL, GOYCK, SART, STEEN, ELEWYCK, WILMERDONCK , BIERGES, STRAELEN , K1ERBERGIIE, — HERF.NTHOUT, RELEGEM, BAH, BEVERE, CHAMBELLAN DE L'EMPEREUR M AXIMILIEN EN 1454, ÉPOUSA DAME ISABELLE d'eNGHIEN, FILLE DE JEAN, CHEVALIER, SEIGNr D'ENGHIEN ET DE KESTF.RGAT. CeltC inscription 8

certainement été refaite après coup , comme l'indique le caractère des lettres dont elle se compose; nous ne savons à quel titre Jacques Taye y est qualifié de seigneur de Releghcm, de Ham, de Bever; quant A Jean d'Enghien-Kestergat, son beau-père, il ne fut jamais seigneur d'Enghien. Il y a quelques années, en creusant dans une prairie voisine du château,

' Nous ignorons le véritable nom de ce cour» d'eau ; un ancien atlas place à Wemmel. pr.sdo 1 endroit dit dm Heeck. uno Yndderibeke. • Une vue du château de Wemmel se trouve dans De CasttUMI, 1. 11. p. 116. T. II.

s, HISTOIRE

on a trouvé une dizaine de pièces de monnaie Les fils de M. le comte de Limburg-Stirum en ont conservé deux, dont l'une est du ro. Henri III d'Angleterre, et l'autre une petite monnaie belge du même temps à peu

FLa seigneurie primitive de Wemmcl, d'après les anciens dénombrements des fiefs de la châtellenie de Bruxelles, comprenait un château, le droit de moyenne et de basse justice, le droit de congé, le droit d'hériter, par indivis avec le souverain, des biens des bâtards et des biens abandonnés, une cour féodale de laquelle relevaient 1 1 pleins fiefs et 27 autres fiefs, et 5 bonniers de pâtures; les maires du seigneur devaient faucher ceux-ci, et ses sujets, de la condition des COSSaeten ou journaliers, y fairela récolte des foins, que ceux ayant des chariots ou des charrettes conduisaient

au château. Selon les lettres reversais qui furent remises par Engelhert Taye au souverain, en IG28, la baronnie avait une potence et une prison ; cette dernière, sous le château; la potence, près du grand chemin de la Flandre vers Louvain, au delà de Diligheni. A la cour féodale ressortissaienl alors 19 pleins fiefs et 100 petits liefs, situés à Wemmcl, Lacken, Strombeek, Grimberghe, etc. Le moulin à vent, le moulin â eau et la brasserie de la seigneurie possédaient tous trois le droit de banalité. Notons en passant que les conditions de location de la brasserie enjoignent de s'y servir de la mesure de Rhodc.

Lorsque Philippe Taye nomma un nouveau drossard, le 1 5 octobre 1 6G5, le titulaire désigné s'obligea à siéger, suit au château, soit en tout autre endroit qu'on lui indiquerait, pour faire la recelte des cens seigneuriaux; on devait, à cet effet, lui confier les livres censaux. C'était luiqui percevait les amendes de toute nature et qui en rendait compte; toutefois, il ne pouvait admettre un coupable à composition, sans le consentement du baron. Il avait aussi la charge de mettre à l'amende tous ceux qui seraient trouvés chassant avec des fusils, des filets, etc. La première place de la stalle des échevins, à l'église, lui était réservée. Il ne pouvait accepter, , sous quelque prétexte que ce fût, d'autres fonctions de drossard, de maire, aucun emploi, en un mot. Les anciennes archives de Wemmcl, qui se trouvent actuellement à Bruxelles , renferment les registres aux actes d'adhéritances passés devant les échevins, depuis l'année 1552 jusqu'au 15 février 179G; un grand nombre d'actes d'adhéritances féodales, et entre autres un volume allant de 1560 à 1631, et plusieurs cahiers comprenant les années 1670 â 1707 ; une grande quantité de pièces relatives aux comptes du village, aux comptes de l'église, aux comptes des pauvres, et, dans le nombre, un petit volume oblong contenant la répartition faite, par les bedesetters ou répartiteurs, delà cote du village dans les aides, de 1541 â 1567; les habitants y sont taxés en premier lieu, puis les abbayes

et les autres possesseurs non domiciliés dans la localité. Les échevins de Wemmel 1 suivaient la coutume d'Uccle; ils se servaient d'un sceau offrant un écusson a la croix droite, cantonné d'une merlelle; la légende portail : s. scabinorlm dni de craimiem de wehkeli (1410, 1450, 144JO).

L'histoire de Wemmel nous présente un exemple des tendances socialistes qui se manifestaient parfois dans les populations belges, au moyen âge. Par une convention conclue entre eux, le maire, les échevins el d'autres notables résolurent, en 1451, de ne plus prendre à bail des terres appartenant aux personnes étrangères au village, afin de pouvoir les acquérir a meilleur marché. Cette coalition fut aussitôt punie que découverte. Le maire et six des échevins furent condamnés chacun à faire construire une verge de murs, ou à payer 8 peeters, moitié au profit du duc, moitié au profit de la ville de Bruxelles «. Lors du recensemen

• Les jtatUiarius et tcaliini de Wemmel sont mentionnés dans un acte do l'an 1359.

• Vanden meyer en VI teepenen van M emmêle, die vxlkt om dut *y mitten anderen goeden lieden OMftfraffM hadden dal zy nyemant* hnt die tan Ituylen dtn dorpe waeren te pachte nemtn en toudtn, om dal $yt hebben souden moigen alioe goeden coop als zy willen zouden, gecorrigetrl tic op ten roeden muers oft VIII peint. {Complet dt lammame de Bruxelles.)

de l'année 1686, les délégués de l'échevinage firent le relevé de la contenance du territoire : on y remarque que les trois quarts des biens étaient grevés du droit dit de quatrième gerbe (vierschoof)y de terragc, de cens, dont beaucoup montaient à plus d'argent que n'en valait la terre, qui était, en général, fort mauvaise, argileuse, sillonnée de ravins, ou, dans les prairies, souvent inondée ou ensablée. Il y avait en effet, à Wemmel, 56 bonniers de biens amortis, 185 bonniers de fiefs, 107 bonniers de terres censales,et!01 bonniers devant le droit de quatrième gerbe; les religieux qui exploitaient eux-mêmes leurs biens et les propripriétaires qui exploitaient eux-mêmes leurs fiers, prétendaient jouir d'une exemption entière d'impôt, ou quelquefois, n'en payer que la moitié, ce qui aggravait encore la position des autres babilanls. Les charges réelles s'élevaient à 7 sous par bonnier; ni elles, ni les charges personnelles, ne frappaient les moulins, les bois, les étangs. Les maisons, outre la cure et le château, étaient au nombre de 100; mais il y avait une quarantaine de ménages qui vivaient du médiocre revenu de la table du Saint-Esprit ou de leur travail journalier; les plus grandes des 21 fermes du village n'avaient que trois couples de chevaux; les fermes ne payaient pas de cote dans l'aide, parce qu'elles se louaient avec les terres. Quant aux boutiques, la plupart rapportaient si peu de chose qu'elles ne suffisaient pas pour faire vivre ceux qui les tenaient. L'auberge était peu fréquentée et on n'y détaillait pas plus de 12 tonnes de bière en une année. D'après une pièce datée de l'année 1697, la population était ainsi répartie : 11 y avait dans le village même 27 ménages, au hameau dit Ten-Kcrckhove 21, à Ten-Obbcrghen 21, à Ten-Bosch 15, au Gehucht 17. Sur le chemin allant du village a Amelghem, il a existé un petit hôpital, dont l'cmplacement porte encore le nom de 't Sieckhuys.

La misère dont témoignent les documents que nous venons d'analyser, ne doit pas nous étonner. On était alors au milieu des guerres contre Louis XIV. Déjà, en octobre 1667, le village avait dû prendre, comme sauvegarde, deux soldats, à qui on donnait 1 palacon par jour, et qui allaient manger, à tour de rôle, chez les habilants; ceux-ci payaient de 2 à 6 sous, à proportion de leur fortune présumée. Le 15 avril 1668, le nommé Gilles le Rouillon dit Castagne, soldat de la compagnie de M. de Louvignies, avait été choisi pour sauvegarde, et on lui avait promis 12 sous par jour, plus, le mercredi et le vendredi, 1 sou pour chaque personne et 6 pour chaque chariot. Pendant les années suivantes, les armées firent de fréquentes apparitions à Wemmel : les Français y brûlèrent un grand nombre de maisons, le 25 septembre 1 689 ; on y vit camper, le 14 août delà même année, au champ dit Dm Reke, l'armée alliée ; le 15 mai 1692, au Groot Cauter, les Anglais; le 2 juin et le 11 juil-

Al

let 1693, au Jte&e, les troupes du ducdeWittemberg ; le 12 août suivant, à la Heyde, la grande armée du roi Guillaume; le 5 juin 1G94, au même endroit, celle du duc de Willembcrg ; le 16 mai 1695, vers Hamme, le duc de Holstein; le 8 juin de la même année, près de la montagne de Dilighcm, le comte d'Alhlone, et, en octobre suivant, au Nederste Kerckhoff velt, le général Sales avec dix-huit régiments.

L'église de Wbmmel. — Au delà du château seigneurial s'élève l'église, qui est dédiée à un des anciens apôtres de la Belgique, saint Servais , évéque de Tongres. Elle avait jadis sous sa dépendance Berchem, Beleghem et Bamsdonck, et fut donnée, en 1151 , avec ses annexes, à l'abbaye de Grimberghe, qui y envoyait, pour la desservir, deux religieux. Us recevaient tous les ans, pour leur compétence, le premier, qui portait le titre de curé ou quelquefois de pléban, 600 florins, et le second, 200 florins. Les seigneurs avaient la collation de deux chapellenies fondées par les Taye et celle de l'office de sacristain. Le temple lui-même n'offre par de caractère saillant. C'est un édifice ogival de la dernière époque. La nef et le chœur y sont recouverts par des voûtes à nervures croisées, portant sur des bases placées de niveau avec le sommet des boiseries. La date 1663, inscrite dans un cartouche, au-dessus de la fenêtre du transsept méridional, rappelle sans doute l'époque d'une restauration. En 1611 , le curé Baudouin de Croy, vice-doyen de la chrétienté dans l'archevêché de Malines, de concert avec Gilles Moraulx, curé de Hamme, vendit quelques parties des propriétés de l'église, afin d'achever les voûtes, travail pour lequel les échafaudages nécessaires étaient déjà posés le 10 janvier. En 1845, la nef de l'église a été agrandie, et les collatéraux élevés à la hauteur de la nef principale.

Dans le chœur, on voit un tableau gothique, qui se trouvait, m'a-t-on dit, chez les Auguslins do Bruxelles; il représente Walter Yandernoot, conseiller des ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire, sa femme Digne de Grimberghe, et leurs huit enfants, agenouillés devant la Vierge et l'enfant Jésus. Plus loin , une table de marbre noir offre l'inscription suivante : épitaphe — de très noble et très illustre seigneur — mes-

SIRE — FRANÇOIS PHILIPPE TAYE, — MARQUIS DE WEMMEL ET DASSCHE, — GRAND GUIDON HÉRÉDITAIRE DU DUCHÉ DE BRADANT, — COMTE DE MARQUETTE ET DU SAINT EMPIRE, — BARON DE GOUY ET DE NEVERUE, — SEIGNEUR — DE CELLES, TEMPLE, VELPEN, CRABELS ET PULDERBOS, ETC.,— CY DEVANT — BRIGADIER GÉNÉRAL DES ARMÉES D'ESPAGNE , — COMMANDANT L'iNFAN- TERIE WALLONNE, — CHAMBELLAN — DE SA MAJESTÉ CATHOLIQUE, — ET — COMMANDEUR — DE SON ORDRE MILITAIRE DE SAINT-JACQUES, ETC., ETC., ETC., — DÉCÉDÉ LE 26 JUIN DE L'\N 1761 , — QUI ÉPOUSA L'AN 1726 — LA

TRÈS NOBLE ET TRÈS ILLUSTRE DEMOISELLE,— CATHERINE LOUISE DE COTE- REAU, — MARQUISE HÉRITIÈRE DASSCHE, ETC. — R. I. P. Depuis quelques

.innées, on a placé, vis-à-vis de celte tombe, une pierre bleue qui se trouvait au milieu du chœur, et qui recouvrait , à deux pieds au-dessus du niveau du sol, le caveau seigneurial, reconstruit en lb'lO. Elle est décorée de dessins entourant l'écusson des Taye. Dans le haut se dessine une banderole portant ces mots : lydt en gedraeckt (souffre et supporte), et en bas une autre, avec ceux-ci : die bidt verwint (qui prie, obtient). A Pentour est tracée, en caractères gothiques, la légende suivante :

HIER LIGGEN BEGRAVEN EDELE IIEERBN — HBNDMCK UER JACOP KAERLE ENDE JACOP GEHEETEN TAYE IIEERF.N VAN WEMMELE EN DE VAN GHOYCK— DEEN NAE DEN ANDEREN IN — REÇUT ER LINIEN GESUCCEDEERT , ENDE STERF DIE MERDE EN LESTE JACOP OP TEN DERDEN DACII — VAN JUNIO 1NT JAER ONS IIEEREN M Ve — XXVIII , DIDT VOR DE SIELEN. Tout près de CC vieux céno-

taphe, au-dessus des stalles, on remarque deux petits monuments de style renaissance, construits en pierres blanches : dans le premier, sous une arcade soutenue par des pilastres, est agenouillé un abbé ; le second consiste en trois parties, séparées l'une de l'autre par deux colonneltcs d'ordre ionique ; celles-ci supportent une arcade en plein cintre, dans laquelle on voit une Transfiguration en demi-relief; sur les côtés sont un seigneur et une dame, ayant près d'eux leurs saints patrons. Sur ce dernier cénotaphe on voit une double inscription à demi-effacée, et que l'on peut rétablir ainsi : (1°) nobilissimo generosoque viro dno

JACOBO.TAYE, — EQUITI.— TOPARCII.E DE WEMELE, S ART, STEEN EN COYCKE,

— DUCIBUS BURC. PHIL. — ET CAROLO ITEMQUE — MAXIMIL(tO/i)o AUSTRIACO A CUBICUL1S — A° 14î)l VITA FUNCTO. (2°) NOBIL1SSIM.* LECTISSIM<EQl E EJUS CONJUGI, — DNAE ISABELLE DE ENGHIEN, FI LUC J. TOPARC. — DE KESTERGATE, PHIL. VIC (?) Ul'CIS ^CONOM. — QUI DESI1T VIVERE Au 1485, — DNS ENGEL- BERTIS TAIE F.yt ES, D. DE — WEMELE , ETC. PRED1CTI D. JACOBI — AB3E-

pos, H. m. p. Sur le socle du monument on lit la date 1658. L'autre cénotaphe est consacré a la mémoire d'un membre de la famille Taye, qui prit l'habit religieux dans l'abbaye d'Ecnham , et devint ensuite abbé d'Audenbourg.

Citons encore, dans le cimetière, les deux inscriptions suivantes :

i° Cl GIT MESSIRE AMOUR — JOSEPH PHILIPPE TAYE, — MARQUIS DE WBMMBL ET D'ASSCHE, — SEIGNEUR DE NEUVE-RUE, DE WlTTERZÉE, VELPEN, ETC.,— LIEUTENANT DE LA SOUVERAINE COUR FÉODALE DE — BRABANT, DÉCÉDÉ LE i) DE DÉCEMBRE 171)2, — ÉPOUX DE MADAME — MARIE-ANGÉLIQUE-JOSÉPHINE,

— COMTESSE d'aRGENTEAU. 2° ICI REPOSENT — MESSIRE FRANÇOIS MARIE JOSEPH, — COMTE VANDERNOOT DE WEMMEL, — EX-DÉPUTÉ DES ÉTATS PRO- VINCIAUX, — MEMBRE DE L'ORDRE ÉQUESTRE DU BRABANT, — DÉCÉDÉ EN SON

CHATEAU DE WEMMEL, — LE 23 DÉCEMBRE 1837, — ET — SON ÉPOUSE DAME MARIE LOUISE, COMTESSE — VANDERNOOT, NÉE KEYAERTS, DÉCÉDÉE — LE 9 AOUT DE LA MÊME ANNÉE.

Dépendances de wemmel. — Il y avait à Wemmel un grand nombre de cours censales, qui toutes faisaient sceller et enregistrer par les échevins du village les actes passés devant elles. Telles étaient celles dites Trn- Obberghen, & Hertogheii, de Gaesborre, Te-Brachene, celle des pauvres de la paroisse de Sainte-Gudule à Bruxelles, de l'abbaye de Villers, des seigneurs de Bouchout Le 23 novembre 1520, Jeanne Van Malsen obtint de Charles-Quint l'autorisation de rétablir sa cour censale a Wemmel, qui depuis longtemps ne s'était plus réunie. Une cour censale que possédait, en 1474, Jean Timmcrmans, et, au dix-septième siècle, les Veldekens, relevait de la chàtellenie de Bruxelles, en même temps qu'une cour féodale de G hommages, un droit de quatrième gerbe sur 12 bonniers, et quelques biens. La cour censale de l'abbaye de Villers relevait du château de Rivieren, et les autres, pour la plupart, de celui de Wemmel. C'est Rodolphe Taye qui donna, le 28 juillet 13î>8, aux pauvres de Sainte Gudule, un fief à Wemmel, consistant en un droit de quatrième gerbe levé sur 28 bonniers et en cens.

Le fief de Ten-Obbcrghcn, duquel dépendaient 24 bonniers de terres, une cour censale, un cens, un droit de quatrième gerbe levé sur 7 bonniers, un terrage prélevé sur deux autres bonniers, le droit d'exiger, par corvée, le travail de huit fourches et le transport d'un chariot de fumier, appartint longtemps aux T'Sorclaes, puis, par moitié, a sire Florent T'Serclacs cl à messirc Nicolas Hoflman et à leurs descendants. Le 26 avril 1G8G, messire Jean de Alvcrado y Bracamonte et sa femme, Clnire-Pélronille Rubbens, acquirent une moitié de celte seigneurie du baron George- Joseph d'ittre de Castre, lils d'Anne-Adolphine TSerclaes, et y joignirent ensuite l'autre moitié, qu'ils achetèrent , par parties, aux héritiers des Iloffman : les Vallejo, les Miesses et res De Berrio. La ferme d'Obberghen passa ensuite, le 27 juin 1780 et en vertu d'un nouvel achat, des mains d'Antoinclle-Françoise, baronne de Reusschcnberg, en celles du marquis Amour-Joseph-Philippe Taye, qui la paya 15,320 florins de change, la fit démolir, et mit en vente ses dépendances, par parties. On la rebâtit presque aussitôt. Messire Denis-Joseph Jernau et sa femme Caroline-Julie baronne de Bayer, qui en devinrent propriétaires, le 9 mai 17UI, l'embellirent en lui annexant une maison de campagne. Celle-ci est un bâtiment à un seul étage, et extrêmement simple, mais qu'une curiosité archéologique rend intéressant. Sa partie centrale forme un avant-corps, aux angles duquel on a placé quatre colonnes de pierre de taille. Elles se composent chacune de quatre colonnctles adossées Tune à l'autre, et qui

HISTOinE

se divisent également en quatre parties dans le sens de la hauteur. Leurs bases sont très-élevées , leurs fûts lisses, dans leur partie inférieure ; couverts de losanges, de rinceaux, de moulures de la plus grande variété, dans la partie supérieure; et enfin, de chapiteaux euhiques, sans ornements. Ces débris, qui proviennent sans doute de l'ancien manoir d'Obberghen , datent évidemment du seizième siècle ; leur ornementation tourmentée et surchargée est due h l'école d'architecture qui décora de ses créations bizarres la bourse d'Anvers et le palais épiscopal de Liège.

Le fief de Brachene, dit aussi die Verberde stede, l'Habitation incendiée, reconnut longtemps pour maîtres les d'ittre. Jacques d'Ittre de Castre, baron de Bautersem, le céda, le H octobre 1675 et moyennant 14,000 florins, à sa femme Anne-Adolphine T'Serclaes. Il fut ensuite vendu, par décret du conseil de Brabant, à Jean-Baptiste de Cordes, seigneur d'Attenrode (2 janvier 1711), et, par l'alliance d'Anne-Maric de Cordes avec Nicolas de Mail , seigneur de Lennick, il passa à la famille des de Man, dont une branche porte encore le surnom de de Brachene.

Jean de Hertoghe et sa femme Christine Skeysers laissèrent la cour censale dite de Shertogen à leur fille Jeanne, femme de Guillaume Thoenis; les enfants de ceux-ci, par un accord conclu le 11 juillet 1587, l'abandonnèrent à leur parent, messire Alexandre Vandenbossche dit T'Sherloghen. Elle fut ensuite acquise par François Moeyensoen. dont la femme, Françoise de Creythem, dame, par héritage, du fief de Gaesborre, épousa en secondes noces Christophe Van Alen, dispensier major des archiducs Albert et Isabelle. Les Van Alen transmirent Gaesborre aux Pipenpoy, qui le vendirent, en 1770. Les Moeyensoen ont encore possédé, à Wcmmel, la seigneurie d'Âlsinghen, qui, en vertu d'un décret du conseil de Brabant, à charge des enfants de Jean-Baptiste Van Horenbekc, receveur général des domaines au quartier d'Anvers, fut transportée, le 14 mars 1713, à Gérard Norbert Eelkens, conseiller de Brabant, et à sa femme, Marianne Cuypers.

En 1770, un cultivateur nommé Van Haerdeweghc trouva à Wemmel un jeton de cuivre, de la grandeur de nos pièces de H) centimes. On y lisait : d'un côté, les initiales des mots gaamel, geesed, qui signifient, en hébreu, compassion, et, de l'autre côté, yesel bar achar, c'est-à-dire, Joseph, fils d'Assar. La découverte de ce jeton, espèce de méréau dont on se servait sans doute pour la distribution des secours dans quelque synagogue juive, est mentionnée dans une note conservée aux archives communales de Bruxelles , parmi les papiers provenant de l'ancien contrôleur des travaux de la ville, Fisco.

DES ENVIRONS DE UltlXELLES.

Uni ssegiiem-Oimiem-Ossel 1 . — Une fertilité peu ordinaire distingue le vaste territoire de la commune de Hrusseghem , <|ui forme un plateau trés-élevé, légèrement accidenté, et présentant en maint endroit des échappées pittoresques sur la contrée environnante, surtout dans sa partie occidentale. Là prennent naissance le ruisseau d'Ossel (la CuUtvvk ?) qui, grossi par ceux de llammeet «le \Vemmel,va se joindre ;'t la Senne, après avoir traversé Meysse et Grimberghc; celui de Woherlbefll, qui se réunit à taBollebeek ouEycke\liet, prés de Puers s, et la Jiusbeek, autre allluent de la Bollebeek.

Dans tout ce territoire, la haute justice appartenait, sans réserve, aux seigneurs de (irimbet ghe, de la branche de Nassau, qui, en 10 11), y levaient un cens de ô2 livres 8 sous "2 deniers de Louvain, 2 tournois, H sous 11 deniers payement, .r> autres deniers de l.ouvain, ô(JU lyi ehapons , (» oies, 2 poules, li llorins censaux, outre la yruot ou grule de la bière, qui rapportait alors 7 livres 10 sous par an.

Plus on examine son étal ancien, plus on y trouve des germes de fractionnement. Ainsi, sous le rapport religieux, il formait , non pas une seule paroisse, mais six juridictions différentes : les fermes de Nercm et de Pede ressortissuienl à la paroisse de liollebcek, et celle de Stccnbcrg,

1 Brusseghcm-Ophem-O.wlf/Irur^/i.'rM. !lrusen>jem. 1 205; îtrunegtm, 1313; llruyi

t$gk$m, 1486), commune «lu canton do Wolverthcm, à 2 lieues nu N.-O. de Bruxelles

Territoire, En 1080, mit une etemlue totale de I ,330 boiinicri. on y trouvait 1,127 I». de terres. 150 b. dfl (traîne», 50 li. tle bois, 3 b. d'étangs; le menu imposable s'y « levait a .»V,802 florins. En I S V<î . la commune comprenait 1,825 hectares, dont 937 h. cultives en a reaies. ISO h. cultives en plantes industrielles , 321 h. cultives en racines et fourrages, IV7 h. de prairies, 20 h. de vergers, 15 h. de jardins |*>tagcrs, 37 h. de bois, 1 h. de terrain essarte, 18 h. de cultures diverses. La verge linéaire avait a Brusseghcm et a ifcwcl 20 l|3, a Ophem 18 1/3 pieds de Bruxelles.

JVomèra dkabiiaifofU : En 1435, 160; en U80. 8V;Oii 1525. 58 (h Ossel); en 1080. 1 23 chaumières, plus V brasseries, 0 auberges, 2 boutiques, des fei mes, une maison de cani- |iagne;eu i8S0, 38i> maisons, dont i inhabitées.

Population; Kn 1186,703 habitants h Briisseghem. 230 ii Osselet 557 a Ophem ; eu l'an VIII, 6861 ltrusseghem, 100 a Ossel et 353 a Ophem ; au 31 décembre 1831 , 1.783; su 15 novembre 1810, 2,120. formant 370 ménages; 308 enrants recevaient l'iustruction et 301 personnes les secoure de la .bienfaisance.

Inltuirif . I moulin à vent, bâti en l'an 1020. I moulin a eau, le Keermolen ou Wfttrmolen. a Molhem ; V brasseries.

ttïpttulmu tf : Outre les localités mentionnées dans le tevle. nous citerons id le hameau de llotbtrli, I huf U Pointillé, Je Sirrcum, etc. Un ai te de I an 12il cite : m parrochm île Brwceghem, m loto c/tri dicilnr Raiardtmgala.

Les registres de l'état civil commencent, pour Ossel et Brusseghcm, en pour Ophem, en 1001.

: Ce cours d eau parait s'être appelé le museau du P iyt, la LitnilxUe (|5»V). T II

4fi IIISTOIIIF.

ainsi que le Xecrmoten et I hofte Cleyo, qui se trouve cependant très-loin vers le nord, sur le chemin de Wolverthcm à Merchlcn, dépendaient de Molliem; Ossel, Brusseghem, Amelghem, Ophem, avaient chacun leur oratoire particulier, ces deux derniers soumis à réalise de Meysse ; le premier, el le deuxième, qui était son annexe, n'étendaient leur autorité que sur un tiers de la commune. Mais, ce qu'il y a de remarquable, c'est que la paroisse de Londerzcel ligure, dans un diplôme de l'année 11ÔÎ), comme une annexe d'Ossel, dont elle est pourtant séparée par la commune de Wolverthcm. Peut-être faut-il reconnaître, qu'à une époque très-ancienne, Ossel a étendu également sa juridiction sur les quatre églises qui se trouvent dans ce dernier village : Wolvcrlhem, Mcuseghem, Rossem, Impde, et qui auront été soustraites desa domination spirituelle, par suite, peut-être, de l'influence des seigneurs du lieu, qui paraissent avoir déterminé l'autorité diocésaine à les donner A l'abbaye de Dilighem. La commune de Brusseghem, aujourd'hui encore, reconnaît l'autorité de quatre pasteurs différents : ceux de Molhem, d'Ossel, de Brusseghem et d'Ophem, qui sont soumis, le dernier au curé-doyen de Puera, lis trois autres à celui d'Assche. Sous le rapport féodal, même variété : les seigneurs de Grimberghe y comptaient un grand nombre de vassaux, tandis que d'autres feudataires reconnaissaient la suzeraineté des cours féodales de la seigneurie de Bigard, de l'abbaye d'AIllighem, de la seigneurie du monastère de Dilighem à Wolverthcm, etc. Une infinité de petites cours eensales y jugeaient les contestations relatives aux biens.

Le principe d'unité n'avait à Brusseghem d'autre représentant que l'échevinage, qui fut constitué par les seigneurs de Grimberghe, antérieurement A l'année 1365. Ce tribunal choisit pour résidence, non pas Ossel, où les habitations paraissent s'être agglomérées de bonne heure, prés du grand chemin d'Assche à Malines \ mais le village plus moderne, et alors moins important, de Brusseghem; il conserva toujours dans son sceau l'antique écu des Berlhotlt, a la fasec chargée d'un sautoir; la légende de ce sceau portail : s. scahlxoiu m de (lhuss<'g)nr.M. L'ancien greffe échcvinal, qui se trouve actuellement à Bruxelles, contient les re-

1 In patrochia <k Bniwgem initr ticum tcuJrntemde Mrrhliuta rcnui A%«-h« 1411

UF.S ENVIIIONS OE llItUXELLES. 47

gistrcs d'ndhérilanccs des échcvins, ù partir de l'année 1543, mais avec quelques lacunes; ceux intitulés terminatiouum ou des sentences, à partir de 1570 ; ceux intitulés contrucluum ou des contrats, depuis la même époque; un pelit registre, renfermant des actes de diverse nature, va de 1484 au 11) novembre 14'JO. Dans une lettre échevinale du 8 décembre ttill, on lit que le registre aux contrats, contenant les actes de l'année 1561, avait été perdu pendant les guerres de religion. Brusseglicm et Ossel payèrent, en 1033, 14 florins pour leur eole dans la NobéqtU d'Anvers; au quinzième siècle, Brusseghem était assujetti à cet impôt, mais non Ossel.

En 4402-1455, Henri Macliiels dit Guedens, maire de Brusseghem, ayant oublié d'exiger que des particuliers, entre lesquels s'était élevée une querelle, jurassent d'observer la trêve, et un meurtre ayant été la suite de sa négligence, fut condamné à faire un pèlerinage à Home ou à payer 20 florins du Rhin. En 1485, plusieurs assassinats ensanglantèrent le village. Jean Van llamme, Henri Van Hode et Arnoul Corens, tuèrent un nommé Gilles Cricx; se voyant poursuivis par les amis du défunt, ils consentirent à leur donner, afin qu'ils lissent dire 50U messes pour le repos de l'âme de leur victime, GO florins, payables, un tiers immédiatement, un second tiers le I" avril suivant, et le restant dix-sept semaines plus tard. Us s'engagèrent en outre à faire placer, à leurs frais, une croix de fer, dans le cimetière de Meysse ou sur le grand chemin, à Humbeek; une tierce personne devant garantir l'exécution de la convention, Jean Mueharys accomplit celte formalité, le 10 octobre 1485, devant les éclievins de Hrussegbem, et recul des amis des coupables la promesse que s'il en résultait pour lui quelque dommage, ils l'en indemniseraient. I n semblable accord fut conclu, le 18 octobre suivant, a l'occasion d'un meurtre commis par Jean Scockacrde sur In personne de Jean Vandcubossclie. Lorsque Mnximilicn (il sa joyeuse entrée à Bruxelles, en qualité de roi des Romains, plus de GO individus entrèrent dans cette ville à sa suite, grâce à l'intervention de mess ire Albert HoNnrt, receveur d'une troupe de soldats , cl du maréclial de l'hôtel du roi ; ils avaient promis à ces deux personnages 500 florins électoraux d'or, et leur payèrent aussitôt, en argent comptant, les deux tiers de cette somme. Parmi eux se trouvait, on ne sait pourquoi, le maire de Hrussegbem.

Les guerres du seizième siècle causèrent au village d'immenses dommages. Les actes du temps ne parlent que d'habitations incendiées ou ruinées; tel fui le sorl qu'éprouvèrent particulièrement Vhofftc Clcye, Ylioff te Vyclst, Cl Vhoff ten Sterne, où les llammes n'épargnèrent qu'un puits et une tour de pierre; encore celte dernière fut elle fort endommagée. Lu gilde du noble arc de Brusseghem, sous le patronage de

*s HISTOIIIE

Saint-Etienne, possédait mire la c ure et la pâture publique (rien gemeynm driessche). une maison qu'elle donna en location, le 0 septembre 1552, et moyennant 0 florins rarolus par an, ù la condition que, lorsqu'il y aurait à Wolverlhem un hndjuweel ou un autre tir, et aussi souvent que cela serait nécessaire, elle pourrait s'y réunir dans la chambre dite la chambre de la gilde. Le H décembre 1595, celle concession fui renouvelée, mais Brusseghem ne vit plus de landjuweel, et l'exercice de l'arc y fut insensiblement négligé, car on bàlil une brasserie, à l'endroit où s'élevait la perche servant au tir '.

Le 17 janvier 1084, les troupes de Louis XIV incendièrent ;'i Urusseghem la chambre de la gilde. la ferme de M. T'Seslich, celle du sieur Veldckcns, 1 brasserie et 10 autres habitations. Une déclaration faite par le maire et leséchevins. le 23 janvier 175M, ronstatc qu'il existait alors dans le village 104 ménages, 157 hommes, dont 11 veufs, 147 femmes, dont 1 1 veuves, i jeunes hommes. 2 jeunes filles, 120 jeunes garçons, 04 petites filles, 150 domestiques des deux sexes. Dans ces chiffres n'étaient pas compris le curé d'Ossel , son vicaire , son coadjufeur, le vicaire d'Ophem, M. Roland Ilagens. et le domestique de M. De Pape, l.a liste des pauvres comprenait 00 ménages, comptant 87 hommes, dont î* veufs, 96 femmes, dont 1 1 veuves, 88 jeunes garçons, 08 petites filles; il y avait donc 530 indigents sur une population de 1,019 individus. Tous les habitants appartenaient à la classe des cossaeten , sauf les prêtres, M. Ilagens, qui était noble, 10 fermiers ou fermières, 3 forgerons, 8 brasseurs. 15 petits fermiers, 0 aubergistes ou cabaretiers. I boutiquier, 1 charron, 8 charretiers ou conducteurs, 2 meuniers, I distillateur et le sacristain.

lin 1704, un dernier malheur vint frapper Ilrusseghem. Pendant que les troupes alliées se reliraient devant les armées de la république française, un paysan tua d'un coup de fusil le colonel d'un régiment anglais qui sortait du village. Cet acte insensé fut puni par lesac et l'incendie de Hrusseghem. I.a nouvelle délimitation adoptée en l'an IV fractionna celte localité en trois communes, qui furent de nouveau réunies en une seule par un décret impérial en date du 1 1 avril 1810.

Pf.de, Steenijerc.. — Une partie du village de Iîollebeek portait autrefois le nom de Neihrhem ou Xcrem, V Habitation inférieure, que l'on donnait aussi au moulin situé en cet endroit, et qui est resté ;'i une ferme voisine *. Elisabeth de Nederhem épousa, vers Tannée 1354, le chevalier (îuillaumc T Serarnls, et laissa ses biens à son neveu, le chevalier Jean

I h ii île ptatttt ahetiir Jt itippt tt iftfffl ptaeht, 3 juin I7î8.

4 Mohutltnnm itictum If Xtrlrrhnn . \ Xu — Thn(T ir .Yovm. l.'.'.t'.V — Xnrhem. 17:57

DES ENVIRONS DE BRUXELLES, i'.i

d'Ophem, qui les vendit, ainsi que d'autres biens acquis de la dame de Batcnborch, à Jean T'Serclaes, archidiacre de Hainaul, et plus tard évéque de Cambrai. La petite-nièce de celui-ci, Béatrix T'Serclaes, et son mari Henri de Sclioonhoven possédaient à Bollebeek, sous Brusseghcm, rhof te Pee ou te Pede, à laquelle était annexée une cour censale, qui suivait la coutume d'L'ccle. Maître Arnoul Van Gliynderboven dit Vanderbeken en était possesseur en 1474. Elle revint ensuite aux T'Serclaes. Weneeslas T'Serclaes, qui fut échevin de Bruxellesen Uîli et en 1517,1a laissa a son lils Charles, hors de la prise de Bruxelles, en 1583, Arlus T'Serclaes ayant continue à habiter en Hollande, ses biens furent mis sous séquestre, et la ferme et maison de campagne de Pede, louée, moyennant 140 livres, au prolit du roi. Le lî) octobre 1f>00, les archiducs la donnèrent à l'église de Sainte-Gudule à Bruxelles, mais, à l'occasion delà trêve de douze ans, ils la restituèrent aux anciens propriétaires. Berlhoudt Van Sweden, femme de messire Florent T'Serclaes, qui demeurait à Ulrecht et qui était (ils de messire Charles T'Serclaes, la vendit, le 11) août 1600, et moyennant 14,000 florins, â Jacques Manrieques, seigneur de Busloppel, qui ne put l'acquérir qu'en vertu d'un octroi des archiducs, parce qu'il habitait La Haye (19 septembre IC09). Il la revendit, le 19 mai 1011, à Clémence Hoylema, veuve d'Igram Van Aehelen, président du grand conseil de Malines.

La ferme de Sleenberg porte, dans quelques anciennes cartes, le nom «le Velasco ou de Spangaerls hofy la ferme de l'Fxpugnat, parce qu'elle appartint à don Diégo-Fernandez de Velasco, « majordom général de « l'bospital de sa majesté d'Espaigne. » .\ la suite du décret de vente des biens de Jean de Fraye, décret qui porte la date du 1-2 marsIîi'JS, ce seigneur acheta : 1" un cens levé à Molhcm et aux environs, le X. liernuerts clteyuft ou cens de saint Bernard, qui rapportait Ifi muids île seigle, mesure d'Assche; 2° un moulin ruiné, le Meennoten, qu'il s'empressa de faire reconstruire. Un de ses successeurs légua » la sei- « gneurie de Steenberg, son beau château avec sa chapelle, ses trois « fontaines jaillissantes, sa ferme, son pigeonnier, ses dépendances, son « livre féodal, son moulin à eau, » à Walter Silvorts, sous-pasteur de l'église de Notre-Dame a Malines. pour une moitié, et à Egide Daems, chapelain et receveur de celte église, pour l'autre moitié. Ces deux ecclésiastiques vendirent la seigneurie à messire Pierre-Albert de Lindicq, seigneur de Bautersem, membre de la chambre des comptes , et à sa femme Amélie de la Biestrate (1(5 septembre 10*7). Léopold-Joscph de Lindick, seigneur de Steenbeigbcii, lils de Charles et pelit-lils de Pierre- Albert, mort le 28 jan\ier 1704. est enseveli à Molhem, ainsi que son fils Emmanuel-Joseph de Lindick, mort le 28 septembre 17%,

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et ses trois lillcs, mortes, la première, le 25 mars 1810, la secontle, le 20 mars 1831, cl la troisième, le 19 janvier I827. Le greffe de Bruxelles possède un rôle processal, allant du 11 décembre 1710 au 17 février 1781), et une farde d'adhéritances, allant du II mars 16911 au 25 janvier 1794, tous deux provenant de la cour foncière de Steenbcrg, qui avait déjà un sceau commun, il y a un siècle et demi, t'n champ appelé le Strylund ou le terrain du Combat se trouve non loin de Steenberg, près du chemin de Merclilen.

Ossf.l — Kn l'année 1 159, l'évéquc de Cambrai, Nicolas, donna à l'abbaye d'AIllighem, «. libres cl sans personne, . plusieurs églises, cl entre autres celle d'Oseselle et son annexe Londcrzeel * ; plus tard, faute de maison pastorale, le curé d'Ossel alla résider à llrusseghem, et prit alors le titre de euré d'Ossele, desservant de lîrusseghem (jmstur in Ossele il desemtor de Brusseyhem): mais, en 171)8, le curé Jean Montana, de Druxelles,se construisit une cure dans l'ancien centre de la paroisse 5. Il percevait le tiers de la dime et le monastère les deux autres tiers. Alllighem avait reçu une dime, vers l'année 1220, de Marguerite, dame de Termonde, qui l'avait achetée, et qui la donna, pour le repos de l'Ame de ses parents, de ses ancêtres, de sa sœur et de tous les (idèles. h église d'Ossel ou de la liouverie (os, bœuf; scie, demeure,) esl dédiée à saint Jean-Baptiste ; c'est un petit édifice bâti dans le style du «juin zième siècle, sauf les collatéraux de la nef, qui ont été reconstruits il y 74 ans, ainsi que nous rapprennent la date 1770, placée au-dessus de l'entrée du chœur, et l'inscription suivante, qui se lit sur une des pierres

• Osesrlta, 1139; OlUUeUa, 1118; Ourle, Il V7. Ili9.

» In nomme sancte et iridi\iduo Trinilatis. Nicholaus divina misorntiono Cameraeou- Mum epiflCOpilS, tain ftituris ijuani presontibus m |M?rpotuum. Si jitstis (idelium petitionibus, prout dignnni est. adijuiescinuis, procul dubio remuneralionis corum parlieipes nos lieri ooiilidimus. Nus i^itur Afllip-nien<em ecclesiam, religionis titiilo pollentem. (pre)decessorum noslronim munilkentia locuplelatam. amplillcaro et cvaltarcdocerncntes, fralns nostn Pétri venerabilia ejusdem eeelesie abbatis pie supptiealioni, acrepto capituli sui devoliutiisaOeelu, prout decuit, eondescendimus. At.pie pro anime nostro memoria, altaria subsi^uala, sahis nostns et ministrorum noslrorum debilis, liltcra et sine personis. prcfale erelesie eoitcedimus. Osesellani seilicet runi appendicio suo Lundersolla, Pudeseelam, (|uc estdimidia ecelesia, Liousellam. que est cailla, Bascerodam, que est capclla.

Ad areendas i^iliir quorunilibet importuuitates. data conservaloribus boaedicUono, m prevaneatorcs. quoad resipuerint, excommuuieationem promulgamus, et eanonica suhsignntione. ligtlli quoqtie nostri impressions, liane derreti uostri paginam conlirmam is S Teoderici.eorumdein altaruiin archidîaconî. S. Johannis. Alardi, Teoderici, archîdiaeonorum. S. Gerardi decam et arclndiaeoni. S. Gualtcri, Itemgothi , Gerardi, (Juerimboldi , sneerdotum; Guerimboldi, Guilelmi, lewtaruni, llugonis. Eustatii. Anselli, Radulfi, Gualten. Hugonis, Rotberti, canonicorum. Actum auno lucarnati Vcrbi MCXXXIX, prcsulatus domim Nieholai III.

3 Goycrs, Van (JcUcI annoté.

DES ENVinOXS DE BRUXELLES. SI

de In façade : ill. card. arcihep. ,— deda pr,ep. hafflig., — j. e. Montana rv s t.,— placido syndico, — AMPLiATiM 1778. On voyait autrefois dans CC temple l'épilaphe de noble homme Roland Hagen, fils de messirc Jean Hagen, cl de dame Marie-Jeanne Cocquillc, mort le 7 août 1 704 ; et eelledn maire de Brusseghcm, Josse-lluhert Vandcnvyvcre, (ils de messire Edouard, chevalier du Saint-Empire, ehef-drossard du pays et de la prin eipanté de Grimberghe, intendant général (h* l'illustre maison de Bcrgiies, mort le 10 août 174!), et de sa femme Cornélie-Calherine Noeys, morte le 13 juillet 1710. Une pAture située à Osscl portait le nom de ( hnjsc ou Y Ermitage.

D'anciens diplômes mentionnent Lambert d'Ossele, « homme libre, • qui, antérieurement à l'année 1 147, se donna lui, son alleu et ses serfs, A l'abbaye de Grimberghe; Berner d'Ossele, cilé en l'an H 49 environ;^ Arnoiil d'Osselle, mentionné vers l'an M 00, et le chevalier Jean d'Ossele, qui scella, en 1278, avec un sceau portant des armoiries semblables A celles des De Mol de Bruxelles, cinq losanges posés en croix, et qui se distingua à la bataille de Wocringen. Plusieurs siècles après, nous trouvons ïhu/f't Os&elc vendu par Anne de Wayenberch, veuve de Jean Yandcrslachmolen, et ses enfants, Pierre, vicaire de l'église de Sainte-Catherine à Bruxelles, Libert et Barbe, à Godefroid Ilagcns, receveur général de l'artillerie du roi (-2 mai 1024). La famille Ilagcns possède encore la maison de campagne voisine de l'église et qu'un petit bois entoure.

Plus loin est une autre habitation féodale, surmontée d'un toit à la mansarde, et à laquelle on a accès par une porte isolée, bùlie en forme de tour carrée, recouverte d'un petit dome et datant de l'année 1701. C'est là, sans doute, « la belle maison de campagne, ornée de peintures, de « glaces, de bosquets, de terrasses, d'étangs et d'allées, située près de « l'église, » que messire Edouard Vandenvyvere, grellier de la principauté de Grimberghe, et sa sœur Joséphine-Hélène, femme de Léopold-Joseph de Lindick, vendirent, en 1752, à Albertine de Wynanls. Celle-ci la céda, moyennant 1 1,500 llorins de change, à Philippe-Marie-Xavier de Pape de Wacrbcck cl A sa femme Marie De Decker, de qui le baron Guillaume Van Ilaren T'Hans, député des étals généraux des Provinces-l'nies à la cour de Bruxelles, et sa femme, Catherine-Louise de Natalis, l'acquirent, le 5."5 juin 17G4, moyennant 14,550 florins de change. La famille De Nachlegael en a aujourd'hui la propriété. Elle constituait autrefois un fief de l'abbaye de Dilighem, et est probablement identique à l'héritage appelé de Lubbe , que l'on mentionne, en 1015, comme situé derrière I église d'Ossel, et à l'hof ter Logicn du livre censal du domaine, de l'année 1008.

Plusieurs communautés religieuses possédaient jadis des biens à Ossel.

ut nmouiE

L'abbaye d'Alllighcm y acquit de celle de Grimberghc, à charge d'un cens annuel de ô deniers, trois bonniers de terres, deux gerbes de la d'une et une ferme. Foret y reçut en don, du duc (iodefroid 11, deux manscs et demi et un bois. L'abbaye de Saint-Michel à Anvers y cul une ferme, cl le chapitre d'Anderlechl une seigneurie foncière, qu'il acquit de Jean de Walsche, le lit août 1509. Le roi Maximilien, par un édil en date du 20 janvier I il) 1-141)2, et le comte de Nassau, seigneur de Grimberghe, par un octroi en datedu ti mars IS07-lu08, confirmèrent à cette dernière seigneurie le droit d'avoir une cour censale. En vertu d'un oclroi du souverain, l'abbaye de Grand Itigard vendit, en 157tf, moyennant iî.(RM) florins, un terrage seigneurial et 17 bonniers de terre, à Antoine Van Ghindcrlaclen, dont les ancêtres les tenaient depuis longtemps en location. Celle cession fut ratifiée par un acte passé à Bruxelles, le N novembre 1381, dans une maison de la Longue rue des Chevaliers (ou de l'Kcuyer), où logeaient alors les religieuses. Antoine avait déjà en tel endroit une seigneurie censale, lenueen fief du seigneur de Bigard, et une ferme, Itet Ikrchuys ou t hof't Oppersele, près de laquelle se trouvait un monticule et un jardin de plaisance entourés d'eau. Les Cruyningen acquirent celle propriété en IG71», et la vendirent à Albert-Pierre-Adrien de Piermans, seigneur de Fleschières, et A sa femme (6 septembre 1742). ta ferme fut abattue peu avant l'année 1774.

Bnt'SSEGIIBM. — L'église de Sainl-Kliennc à Drusseghem, que l'on aperçoit au sommet du plateau, à peu de distance d'Ossel, est une belle construction de style ogival. La tour, placée en tète de l'édifice, s'élève avec grâce; une \oùic formée de nervures croisées, s'appuyant à des consoles ornées de figures grimaçantes, la soutient à l'intérieur. Dans la nef, que quatre colonnes cylindriques partagent en trois parties, ce sont des consoles portant à faux qui servent d'appuis à la retombée des voûtes. Les petites nefs et le clueur sont moins anciens; la voûle du dernier est a ares doubleaux ; au collatéral septentrional on voit une porte aujourd'hui condamnée, qui est décorée d'un are cintré orné de télés humaines. A l'exception d'un Crucifiement, place sur le maître autel, le temple paroissial de Brusseghem ne contient aucun objet d'arl remarquable. Il a un curé particulier depuis l'année I7.*>8; par sentence de l'official, en date de l'année 1750, la chapellcnie de Sainte-Anne y avait été unie à la vicairiedu curé titulaire d'Ossel. Autrefois, l'abbaye d'Alllighcm, le curé et celle chapellcnie prélevaient chacun une part des dîmes ; réalise levait une ilime à Ossel et une autre, appelée lu dime de Suint-Èlieum, Sint-Sttveu» thiende, a Cobbeghem et liollebeek.

Le chapelain de Sainte-Anne desservait particulièrement une chapelle qui existe encore, entre le centre de la commune et Wolwrlhem. On y

disait jadis la messe, le mardi et le samedi. Suivant la tradition, elle fut fondée en mémoire de ce que, «il y a mille ou deux mille ans, » les progrès «le la peste, qui sévissait dans nos contrées, furent arrêtés en cet endroit par l'intercession de la Vierge. Au commencement du dix-septième siècle, ce petit édiGcc était encore construit de bois, bien que, de temps immémorial, il fût fréquenté par des pèlerins qui y venaient implorer sainte Anne, pour être préservés de la fièvre. Il fut bâti de pierres, en vertu d'une autorisation accordée par l'archevêque, le 17 juillet 1040. La chapelle actuelle date de l'année 1700; elle est construite de briques, auxquelles on a laissé leur couleur rouge; seulement on a peint en blanc les contours de la façade, ce qui produit un effet peu gracieux.

Les lettres échevinales mentionnent, comme situées à Brusseghem, un grand nombre de fermes, dont la plupart ont aujourd'hui perdu leurs anciens noms; telles sont: U hoffte Brusseghem ,1a même sans doute que l'on voit un peu au delà du village et qui s'appelle aussi den Toren; tien hwe Ten-Abbeele (ou au Peuplier), manoir avec cour censale, droit de eongé, etc., et qui appartenait, au seizième siècle, aux Vandernoot; 't hoff Van Albome ou Ten-Alboom, ancienne propriété de la famille Lonis (i486);'* hoff Ten-Vinckelberch (1611). Les fermes dites de Coecketberch, deLinthout, Ten-Suete et Te- Vyelst existent encore; 't hoff Te-Suete, que les Leyniers et les Van Veen ont successivement possédée, était ornée, au siècle dernier, de beaux jardins et d'une fontaine. Vyelst reconnaissait pour maîtres, a la fin du quatorzième siècle, les Trazcgnies; elle fut achetée, en 1 506, a une religieuse de l'abbaye de Grand-Bigard, Philippine Theunis, par la communauté dont elle faisait partie, et qui revendit ce bien 26 ans plus lard. Les Facuwcz en devinrent ensuite possesseurs, puis les Van Oncle, entre autres Anne-Françoise Van Oncle, femme d'un sieur Vandernere, sans doute le paysagiste de ce nom.

Amrlghem. — Le petit hameau d'Amelghem est un lieu très-ancien et dont les chartes parlent fréquemment. Son oratoire, dédié à la Vierge, fut donné par levêque de Cambrai, Nicolas, à l'abbaye de Crim lierghe, en 1155, et depuis lors on le considéra comme une dépendance de l'église de Meysse. Il est situé sur une éminence bordée de peupliers. Des fenêtres en anse de panier l'éclairent, des contre-forts sans ornements le soutiennent, et des nervures émisées, reposant sur des moulures portant à faux, forment sa voûte. L'abbé Oulers le reconstruisit en l'année 1657, et madame la comtesse de Beauiïorl, née De Roose, le fit restaurer en 1850.

Grâce à une dame nommée Volfundis, a Walter de Comparsum, « homme libre, » etàsesfeudataires, le chevalier Rothard et son fils Gérard, lesreli gicuxdcGrimberghese formèrent près de cette chapelle, audouzième siècle,

un domaine considérable. En janvier 1244, Godefroid d'Amelrcngheni ou

d'Amelghcm, du consentement de Godefroid, doyen de Sainle-Gudule à Bruxelles, el de sou chapitre, el de l'aveu aussi de son fils Henri et de son neveu Thierri, leur vendit tout re qu'il tenait a cens du chapitre de Saintc- Gudule, « dans la paroisse d'Amelghcm (in parrochia de Amelreiighem),* soit en propre, soit comme héritier de Henri, chantre de l'église de Sainle- Gudule. L'abbaye bâtit dans ces lieux deux grandes fermes, dont l'une, le P§titAmelghem,esls'H\ive dans la vallée, el Y*ulre,teGrandAmelghem,se trouve sur la hauteur, prés de la chapelle. La grange immense de cette dernière fut élevée, dit-on, par le diable, qui devait l'achever avant le jour, mais qui ne put fermer une ouverture que l'on voit encorcelque l'on essayerait vainement de boucher, à ce «pie disent les villageois. Elle a été aballue en 184Ô, mais avec des peines inlinies. Lorsque je visitai celle localité, il y a quelques années, l'énorme façade à pignon, qui la terminait du côté de l'ouest, élait encore debout.

Ophem. — La situation d'Ophem sur une colline d'où le regard peut librement s'étendre au loin, lui a valu son nom qui signilie l UabUution supérieure. Son église reconnaît saint Etienne pour patron. Elle est moderne, à l'exception de la tour. Cettesuecursaledu doyenné de Puers formait jadis une annexe de la paroisse de Meysse; mais, de temps immémorial, elle avait un cimetière et un baplistère. En 1666, l'abbé de Griniberghe, en sa qualité de collaient- de la cure de Meyssc, payait au vicaire d'Ophem une compétence annuelle de MO florins ; à celle époque, comme il y avait dans le village environ 150 communiants, les habitants demandèrent qu'il fût érigé en paroisse indépendante; l'abbé y consentit, et résolut d'augmenter de î>0 florins la compétence du vicaire, lorsque la mort vint l'empêcher de réaliser ses desseins, que ses successeurs abandonnèrent. Après le concordat, les habitants allouèrent un traitement à leur pasteur, et, en considération de l'éloignement des églises de nrusseghem et d'Ossel, on conserva à celle d'Ophem le rang d'annexé. Le chœur de ce temple renferme la tombe de Pierre Vanderschueren el de Laurence Jacobs aliàs Hellebeke, qui, vers l'an 1620, y fondèrent, à l'autel de Noire-Dame, une messe du mardi el d'autres services religieux, avec distributions aux pauvres.

Les anciens actes mentionnent à Ophem un grand nombre de fermes, lelles que : 't hofîTen-Sleene, %l hoffC Ophem ou '( liove t'Oppetn, la Scolshof , quittait voisine de la précédente; f hof Ten-Berghe, quiselrouvail entre lO^iemcoi/fere el le ruisseau ; het hoff Ten-Damme, qui,auderniersiècle, était le patrimoine des Vau Bevcr; et la ferme dite Heelbeke, qui appartenait, en 1561, à M«« Van Hamme, dite Hellebeke, el, en 1664, à Marie Van Nyeuwenhuysen, veuve de messire Henri Vanderborght, communemestre dcMalines. Uhoff Ten-Steene fut entièrement brûlée pendant

DES ENVIRONS DE IHU XEI.LES. !&

les guerres de religion; il n'en restait, en 1586, qu'une tour et un puits construits de pierres; encore la première avait-elle été fort endommagée par l'incendie. C'est, parait-il , le bâtiment qui se trouve derrière le chœur de l'église. Il appartient actuellement à la famille de l'archevêque de Malincs, primat de Belgique, monseigneur Engelbert Slerclx, cardinal par création du 15 septembre 1858, qui y est né, le 2 novembre 1792. Une autre ferme a sa porte décorée d'un montant de bois sculpté avec art et portant la date de 1653 ; au milieu de la cour s'élève un puits surmonté d'un ouvrage de fer travaillé. Suivant la taxation des liefs en H74, la seigneurie d'Ophem devait fournir, en temps de guerre, deux combattants à pied; elle relevait du château de Graud-Bigard, et comprenait Vhove t'Oppem ou 't Uof COphtm, qui se trouvait auprès du cimetière (sans doute en face de l'église); une cour censale ayant droit d'adhériter et de déshériter, et une cour féodale, de laquelle dépendaient, entre autres, un manoir situé à Hasselt, près de Mejsse, et qui appartenait, en 1440, au chevalier Franc Rolibuck; 't hoff Tcn-Berghe, et enfin un journal de pâture, qui était voisin de la ferme, et qui constituait une tenure ayant elle-même plusieurs arrière-liefs.

Les généalogies de la famille d'Ophem, que Ton trouve dans les recueils formés par les amateurs d'héraldique, sont remplies d'erreurs et de fables. Elles attribuent son origine à un Wautier, dit le Noir, seigneur d'Ophem et gendre du sire de Leefdael qui alla à la première croisade avec Godefroid de Bouillon. Suivant elles, le fils de Wautier, le chevalier Paridan, épousa Fulgencc de Wanghe, dame de la tour de Marselaer, et mourut vers l'an 1 105, laissant trois fils : Gérard d'Ophem, qui fut tué A la bataille de Grimberghe par Jean de Dongelberghe ; Gilles, seigneur de la tour de Marselaer, et Jean, dit de Marselaer, qui fut le chef de la famille de ce nom. L'aîné des fils de Paridan, fils de Gilles, vendit la seigneurie d'Ophem et pritles armes contre son souverain, le duc de Brabant, ■ pour quelques mécontentements qu'il avait eus. » Son frère llcuneman fut père du chevalier Robert, qui rentra en possession des biens d'Ophem.

Les documents ne s'accordent pas avec ces détails, qui ne sont appuyés d'aucune preuve. Le plus ancien chevalier d'Ophem qu'ils citent se nommait Guillaume. Il mourut excommunié et ne reçut pas la sépulture en terre sainte; mais, â quelque temps de là, en l'année 1176, ou obtint que son corps fût inhumé dans le cimetière, et, à cette occasion, ses fils Amauri, surnommé Noi, Adam, Waller et Paridan, renoncèrent à leurs prétentions sur la dlme que l'abbaye de Nioove possédait à Ophem et à Meyssc. Plus tard, les fils de Guillaume élevèrent encore des difficultés au sujet de cette dlme; enfin, en 1199, de concert avec Gilles, fils d'Adam d'Ophem, ilsabandonnèrcnlde nouveau leurs droits. Guillaume

IIISTOlliF. DES ENVIRONS DE BRIXE1.LES.

avait sans doute épousé une demoiselle de la famille de Wcmmel, car Walter de Wemmel cl Iwain de Releghem intervinrent, comme oncles de ses enfants, dans l'acte de cession à l'abbaye d'Alfligheni d'unbonnicr d'alleu situé à Zcliick. Hanman d'Ophem fut témoin, en 1245, d'un accord conclu entre la même abbaye et le chevalier Sigcr Ilobosch ; Jean d'Ophem signa la fameuse charte de Cortenbcrg de l'année 1312, et fut l'un des seigneurs que le duc de Brabant chargea, en 1316, de renoncer en son nom aux alliances conclues entre son pays et le Hainaut; le chevalier Adam d'Ophcm assista, eu 153G, au traité de Termondc, conclu entre la Flandre et le Brabant; et, en 1339, le chevalier Lambert, seigneur d'Ophem, promit de suivre le duc Jean 111 à la guerre contre la France, h la conditionqu'il lui seraitpayé 30 livres de vieux gros. A partir de Corneille d'Ophem, qui, selon les généalogies, aurait été arrièrepelit-filsd'Arnoul, second fils d'Henneman, l'histoire du fief d'Ophem se dégage des ténèbres qui l'environnaient. 11 fut successivement possédé par Gérard, fils de Corneille (1440 environ), par Gérard, son fils, par le chevalier Michel, (ils du précédent, qui, à sa mort, en l'année 1525, reçut la sépulture dans l'église de Leefdael, devant l'autel de Saiut-IIuhert. Michel, le premier né des enfants de ce demier, vendit Ophem à maitre Arnoul Van Bakcrcn (octroi eu date du 28 mai 1535), et plus tard, celte seigneurie devint le patrimoine de la famille maliuoise des Van T'Sestigh. La famille d'Ophem avait des armoiries analogues à celles des Ossel.

Loveghem. — Dans la partie septentrionale de la commune de Brusseghem, entre celles de Merchlen et de \Volverlhem,on trouve le hameau de Loveghem. L'abbaye de Grimberghe y eut une belle ferme, de laquelle dépendaient 45 bonniers, et qu'elle vendit, le 4 mars 158«, à Nicolas Baert, conseiller de Brabant. Celui-ci l'hypothéqua a Martin Perez, qui en devint bientôt possesseur par défaut de payement (20 août 1588). On la divisa ensuite en deux parties à peu près égales : Vhoeve te Meuseghem, qui dépendait de la paroisse de Wolverthem, et Vhoff te Lovegem, qui fut achetée, en 1715, par les princes de la Tour-Taxis, puis aliénée par eux, en 1783, après que ses bâtiments curent été démolis.

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