‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 8 sur 43 · IC · texte numérisé non relu

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de Gérard, en deux parties. Dans des localités où ils avaient la juridiction cl qui se trouvaient enclavées dans le patrimoine de la famille de Grimberghe, ils encouragèrent la formation de bourgeoisies richement dotées de privilèges, comme Lierre, Vilvorde,. Assche, Merchlcn, Capclle-au-Bois, et la construction de châteaux redoutables, relevant directement de leur cour féodale, comme Diepcsleyn, Bouchout, etc. Dans le même temps, afin de s'attacher davantage les Hcrthout de Matines, ils les soutinrent dans leurs contestations avec les evéques de Liège, au sujet de leurs droits respectifs sur cette ville. Enfin, des alliances ménagées probablement de longue main firent entrer la plus grande partie des possessions des Grimberghe dans des familles tirant leur origine de la dynastie ducale ou liées à elle par d'anciens souvenirs de fidélité et de dévouement. Au quatorzième siècle, toutes les branches considérables des Uerlhout, à l'exception de celle qui possédait Assche, avaient cessé d'exister, et il ne restait plus d'autre trace de leur puissance que quelques passages de manuscrits perdus dans les bibliothèques des monastères, et quelques chants populaires qui transmettaient d'Age en âge le récit de plus en plus altéré des anciennes luttes des seigneurs de Grimberghe pour leur indépendance.

La poésie flamande était alors pleine de vie : la langue des Francs, longtemps inculte et barbare, s'était polie à mesure que le peuple s'enrichissait. Dans nos cités amies du luxe, des arts, de tous les plaisirs de l'esprit, la littérature ne pouvait sommeiller longtemps : elle y inaugura son apparition par le poeme de Reynaert de Vos, cette satire allégorique si fine et si spirituelle; plus tard, et avant de devenir tout à fait moraliste et dogmatique, elle aborda un genre mixte, qui appartient surtout aux littératures jeunes. Elle fit de l'histoire et du ro'man en vers : à coté de la Bataille de Wœrimjen, de Jean Van Heelu, du Spiegel Historiael et des Drabantsche Yeesten , elle créa le poème de la guerre de Grimberghe, auvre immense, de plus de I2,0(X> vers, œuvre toute d'invention, écrite avec élégance, mais où le récit se traîne péniblement, chaîne fastidieuse d'assemblées féodales, et de combats, qui ne sont que des séries de joùtcs. Deux conditions essentielles lui manquent : l'intérêt, qui naît de la variété des situations, et la vie, que peuvent seules donner la peinture exacte d'une époque et une imagination fertile.

Traditions fabuleuses. — L'auteur du poeme de la guerre de Grimberghe remonte, pour trouver les causes de celte lutte héroïque, à l'union de Lambert de Louvain avec Gerberge, tille de Charles de France, duc de Lotharingie. On sait que Charles essaya en vain de reconquérir le trône de ses aïeux, usurpé par Hugues Capet, et qu'après la mort de

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