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HiSToim:
son fils Olhon, le gouvernement de la Basse-Lotharingie fui donné par l'empereur, non pas a Henri, fils de Lambert et de Gcrbcrgc, mais à un prince issu d'une famille dont la fidélité ne s'était jamais démentie : à (îodefroid d'Ardenne, comte d'Ecnham et de Verdun. Ceci arriva, selon le poète, en 885*
Les sires de Grimberghe, voyant Henri dépouillé de la France et de la Lotharingie, lui refusèrent l'hommage qu'ils lui devaient, exemple qui fut suivi par les seigneurs de Gaesheek et par plusieurs autres barons. Aussi longtemps que les descendant de Henri ne furent que comtes de Louvain, tous tinrent leurs lerres sans reconnaître de suzerain; mais, PU H 30, après cent ans environ, Godefroid le Rarbu, fils de Lambert de Louvain, fut mis en possession de la dignité ducale. Il obligea aussitôt tous les seigneurs du I. ni hier a venir lui jurer fidélité; la plupart obéirent, et, dans le nombre, les seigneurs de Hornes, de Gaesbeek, d'Knghien ; mais le plus puissant de tous, Arnoul de Grimberghe, refusa. Redoutable par ses alliances, il avait de plus, dans sa terre, une quantité de vassaux : chevaliers et écuyers; sa franchise cl sa domination s'étendaient en effet jusqu'à Postel, et il s'y trouvait maint bon village et plus d'une forteresse; à celte époque Ma Unes lui appartenait, et son château de Grimberghe était si fort et si vaste, qu'A bien des milles à l'entour on ne trouvait pas son pareil *.
Lorsque Godefroid le somma de comparaître devant lui, Arnoul répondit qu'il ne tenait rien en fief de qui que ce fût, sauf qu'il relevait de l'empereur le chemin entre Rruxellcs et Grimberghe. Le duc se plaignit de ce refus d'hommage à l'empereur, qui vint aussitôt à Bruxelles et convoqua une assemblée à AIHighem. A sa demande, Arnoul y envoya ses deux (ils, Walter Rerthoul et Gérard Dracckenbaert, et quelques-uns
1 Oie hndde m\n herc Arnout Mcni^hon riddor onde knapo In syn lant. goct \an ridders.jpe.
Die van hem hilden goct iMideleen ; Want syn vrihey t ginc ghemeen Tôt Poslole. onde syn hecrsrappie .
Dan haddi.liinncn m syn Imolgio.
Munich drtrp dat pool wns.
Endo menich huys. sytseker das.
Dat syn lieden hielden van home Tien tyt.als ic 't verneme.
Hiolt hy M^chcicndio stede, End» tn linmhorgen. dner stond mode Een hoirh sterc endo groot ; Mi^n wist haorre gcnoU In mi'inrh mylon verre no bv.
de scs chevaliers; puis, l'empereur sciant montré peu favorable à ses prétentions, il manda près de lui tous scs amis, allies et vassaux : le comle de Viandcn, le sire de Bréda, Gérard, sire d'Asschc, Arnoul d'Oycnbrugge, Godefroid de Schrcyhane, Arnoul de Ifombckc, Guillaume Tant, le châtelain de Grimbcrghc Guillaume Vandcrtiiomcn, Arnoul de Cobbcnbosch, Pierre d'Impie, Alard de Bcyghem, Sigcr Vandenmalc,Gauticr Vandcndamme,Guillaumc Vandcnbogardc, qui demeurait à llombcke, Jean Van Caelmont, Henri Hoestcn, Paridan d'Eppeghem, Paridan de Massenliovcn , Gérard d'Ophem, Gérard de Herlacr, Gérard de Lierc, etc. Après d'orageux débats et de longues contestations, ils résolurent tous de résister aux exigences du «lue. Arnoul d'Oyenbrugge, qui avait d'abord émis un avis contraire, mais qui était très-renommé pour sa prudence, fut chargé d'aller informer l'empereur cl le duc de celle décision.
Le duc dissimula son dépil, et resta longtemps encore en paix, mais en cherchant l'occasion de rompre avec Arnoul de Grimbcrghc. Enfin, il lit arrêter quelques sujets de ce seigneur, sous prétexte qu'ils avaient volé sur la voie publique. Sur son refus de leur rendre la liberté, Arnoul prit les armes, et pendant longtemps ce ne fut qu'une suite d'invasions, dans lesquelles chacun des deux partis parcourait les possessions de l'autre en y portant l'incendie et la mort. Tout le pays situé entre Giïmberghe d'une part, Bruxelles et Vilvorde de l'autre, fut entièrement dévasté, à l'exception de la forteresse de Nedelaer ou Neltclaer, appartenant au duc, cl qui élail située près de Slrombeck, ou, selon une opinion émise par le poète à la Un de son œuvre, enlrc Vilvorde et Eppeghcm * . Arnoul et scs vassaux, de leur côté, fortifièrent tous les passages qui donnaient accès dans leurs domaines, cl les garnirent d'archers; mais ils n'osèrent jamais livrer bataille a Godefroid, qui était plus fort qu'eux et qui avait pour lui l'empereur. D'ailleurs, il se trouvait à la cour du duc plusieurs seigneurs qui, en lui restant fidèles, n'avaient pas rompu tout lien d'amitié avec les Ber- Ihout, et qui travaillaient à rétablir la paix : de ce nombre étaient Arnoul de Wcmmel, Jean de Campcnhout, Gérard de Rode, Jean Vanderaa, el le seigneur d'Ilobosch.
« In deborch te SclUlatr Die Uherlogen wai itkerleU Endt aldaer *tont by Strombeke
Ailleurs, à la lin do son livre, le poète dit que Nettelaer se trouvait entre Vilvorde et Eppeghem, sur un»* hauteur que l'on voyait encore de son temps Dans ce cas. son emplacement serait le tumulus ap|>cle le Nolefoerrn benjh, dont nous aurons occasion de parler.
170 lUSTOinE
Après bien dos ravages et après qu'on eut plusieurs fois conclu des l rêves, Godcfroid mourut; son (ils, qui portail le même nom, continua les hostilités, mais avec moins d'habileté. Sa lin prématurée laissa le Brabant à un enfant encore au berceau, Godcfroid III. L'occasion était trop favorable pour qu'Arnoul n'essayât pas d'en profiter. Il attaqua aussitôt Nedelacr, qui fut emporté d'assaut, pillé et rasé. Sire Gérard de Herlaer, Henri d'Oyenbruggc et le châtelain de Grimbcrgbc sont cités comme étant montés les premiers a l'assaut de cette citadelle; les habitants des environs y avaient réfugié d'immenses richesses, qui devinrent la proie des vainqueurs. La tutelle du jeune prince avait été confiée à quatre seigneurs d'une sagesse éprouvée : Henri, sire de Diesl, Gérard de Wesemael, maréchal de Brabant, Jean de Bicrbekc et Arnoul de Wemmel. Le sire de Crainhcm, qu'ils chargèrent de secourir Nedelaer, arriva trop tard ; attaqué lui-même par les assiégeants, il fut vaincu et forcé de fuir. Les mambours ou tuteurs réunirent alors à Cortenberg les chevaliers et écuyers du Hrabant, et, de concert avec eux, ils appelèrent tous les habitants du pays sous l'étendard ducal. Bientôt les deux armées engagèrent un combat terrible. Malgré des prodiges de valeur, ceux de Grimberghe allaient être vaincus, lorsqu'une intervention inattendue les sauva : leurs paysans s'étaient armés, et, sous la conduit»' d'un noble peu fortuné, nommé Jean Van Massenhoven, ils s'avancèrent contre les Brabançons; les tireurs marchaient les premiers; venaient ensuite les piquiers, puis les hommes armés de glaives et de hallebardes 1 ; on voyait, sur leur drapeau noir, la représentation d'une église, peinte en blanc. Leur arrivée répandit la terreur chez les ennemis, car ils avaient la réputation de n'épargner ni rois ni comtes. Les tuteurs se retirèrent en frémissant d'indignation.
Arnoul vainqueur s'empara du village de Vilvorde, dont les habitants épouvantés avaient pris la fuite, et le brûla ainsi que le château et le donjon qui s'y trouvaient. Tandis que ses vassaux se dispersaient, emportant de riches dépouilles, les Brabançons se décidèrent à tenter un effort . vigoureux. Ils obtinrent du comte de Flandre, Baudouin, un secours de 700 cuirassiers (jdtitcn), et parurent devant Grimberghe, dont le seigneur n'avait eu que le temps (renvoyer des messagers à ses partisans. Comme il n'était accompagné que d'environ t>00 hommes, il ne réussit pas à défendre l'entrée de ses domaines, et il fut forcé de se retirer dans son château, où il avait fait entrer à la hâte quelques vivres. Le village fut pris, pillé cl brûlé, ainsi que l'abbaye, où habitaient encore, à cette époque, des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Dès le lendemain,
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DES ENVinONS DE BRUXELLES .
les tuteurs partirent pour tenter une attaque contre Malincs, mais cette ville étail'préparéc à un siège, et ils durent revenir à Grimberglie, pour fnire face aux nombreux guerriers qui étaient accourus au secours d'Arnoul. Parmi eux se trouvaient le sire de Koppcl, en Gucldrc, le seigneur d'Arckcl, en Hollande, le seigneur Moroel, le vaillant seigneur d'Utre, celui d'Isselstein, Conrad, seigneur de Burcn, les seigneurs de Moy en Artois, et de Châtillon, Guillaume, frère du comte de Saint-Pol, Eugelram de Coucy, les seigneurs de Montbazon , de Ham en Vcrmandois, de Bochi en Hainaut, etc., et un grand nombre de mercenaires soudoyés. D'un autre côté, tous les vassaux du Brabant avaient répondu à l'appel des tuteurs; on distinguait parmi eux les comtes de Los, de Namur et d'Acrschot.
Cependant, dans ce dernier camp, on n'était pas sans crainte sur l'issue de la bataille qui allait s'engager. Ce fut Godcfroid de Gacsbeek qui proposa d'amener à l'armée le jeune duc, afin que sa présence inspirât aux soldats une nouvelle ardeur. Une litière le transporta a Grimbcrglie, et lorsque l'armée se fut rangée dans les ebamps appelés de lamjehaeghc et de Priesterlinde velt (la longue haie cl le champ du Tilleul du prêtre), on le suspendit à un saule, à l'endroit appelé depuis de Weesenhaeghe (lu haie de V Orphelin). On adressa à Arnoul de Grimberglie une dernière sommation, a laquelle il ne répondit qu'avec mépris. Entouré de parents valeureux et de nombreux vassaux, il se croyait invincible, tandis qu'il était à la veille de sa perte. Le 15 août, sire Gérard Van Houmolen commença le combat, qui se prolongea jusqu'à la nuit; il était resté indécis, mais les Brabançons avaient perdu plus de monde. Leurs chefs tinrent conseil et, conformément à l'opinion de Baudouin de la Tour, envoyèrent demander aide et assistance au comte de Flandre; celui-ci n'y consentit qu'après avoir demandé que le duc de Brabant devint son vassal. Cette condition fut acceptée et les tuteurs se portèrent garants de son exécution. La bataille recommença ; cl comme ceux de Grimberglie avaient reçu de nouveaux renforts, cl que leur infanterie était plus nombreuse, ils allaient vaincre, lorsque les Flamands, sortant d'une prairie boisée (euselkcn), les attaquèrent par derrière. Pressés alors de toutes parts, ils essuyèrent une terrible défaite. Leur chef fut pris, cl mourut quelque lemps après de ses blessures; son lils Gérard fut tué, ainsi que le comte de Vierson, les seigneurs de Harcourl, de Montbazon, de Châtillon, de Coucy, d'Arckel, de Bronckhorst, de Keppele, d'isselslein, de Schoudebrocck, de Berbclgliem, etc.; et, du côté des Brabançons, les quatre tuteurs, les seigneurs de Marbais, de Lcefdacl, de Homes, de Rèves,de I)ongelbcrglie,de Pollacr,deGavre,de Heusden,dc Trazcgnics, de Wespelaer, etc.
t74 HISTOIRE
L'aîné des enfants du sire de Grimhcrghc, Waltcr Bcrthout, survécut au désastre qui frappa sa famille. Le due lui permit de sortir de prison et d'aller à la Terre-Sainle, a la eondition qu'il laisserait en otage son jeune frère, alors à peine âgé de douze ans. Sire VValter partit avee Paridan de Massenhovcu, et revint ensuite pour délivrer son frère; mais ayant appris que celui-ci était mort, il retourna de nouveau en Orient, où il périt devant Domicile. Quelques années après, l'empereur Frédéric vint en Bruiront pour négocier une réconciliation entre Godefroid et la famille de Grimberghe. Celle-ci avait alors pour chefs les deux fils de Waller, nommés Walter et Gérard. Ils durent se soumettre aux exigences du vainqueur; le château de Grimberghe fut détruit, avec défense de jamais le rebâtir. En outre, comme punition de ce que sire Waltcr avait laissé son frère cadet mourir captif, le duc exigea que dorénavant, dans le pays de Grimberghe, ce serait le plus jeune des frères qui hériterait des liefs paternels, et que Palné ou les aînés deviendraient ses vassaux1. En conséquence, Waller Beithoul reçut pour sa part Matines, qu'il releva de son frère Gérard, devenu seigneur de Grimberghe. Invités à choisir entre ces deux offres : ou de ne garder des meyssemede lieden que dans leur pays, ou d'avoir le droit de revendiquer leur juridiction sur eux jusque dans les domaines du duc, le tout a charge de réciprocité de la part de celui-ci, les deux Bcrthout choisirent la seconde.
11 y a dans ees dernières lignes un souvenir confus des transactions qui suivirent sans doute la guerre de Grimberghe: le droit rèeiproquediiduc el des seigneurs de Grimberghe sur leurs hommes de meyssetrie fut réglé en 1224. Quant aux détails relatifs à la succession des fiefs, ils ont pris leur origine dans une stipulation de la coutume de Grimberghe, qui date évidemment d'une époque beaucoup plus reculée. Des historiens mil ajouté que, dans la suite, Waller Berlhout ne voulut plus reconnaître la suzeraineté de Gérard, et qu'après quelques débals, il devint, en 1248, feudatairc immédiat du duché.
Lorsque Godefroid III eut atteint sa majorité, on lui fit connaître les obligations que les tuteurs avaient contractées en son nom envers le comte de Flandre. Il en fut désespéré, mais sa résolution fut bientôt prise. Il alla trouver le comte et lui dit : « Je mourrai plutôt que de € devenir voire vassal; prenez mon épéc et tranchez-moi la tète. Je i vous le pardonne d'avance. » Tant de grandeur daine loucha le lier Baudouin. Ses conseillers lui ayant représenté qu'il ne pouvait exiger
' A. Tnmo place en l'année 1 18î la date d'un décret du duc relatif à celle modification des régies ordinaires de succession.
qu'un duché devînt In licf de son comté, il renonça à ses prétentions, et se borna h nouer .entre les deux pays une étroite alliance, qui, depuis, comme le regrette hautement le poêle, fut violemment rompue.
Dans ses derniers vers, l'auteur de l'épopée dont nous venons de présenter une faible analyse, assigne à la guerre une durée de dix-neuf années, ce qui est exact, et déclare que le duc Godcfroid Ier donna le signal des hostilités en l'année 1142, ce qui est erroné.
Au fond, ce long tissu de fables n'est qu'une paraphrase des lignes suivantes de De Klerk :
« Son successeur, connu sous le nom de Godefroid III, n'avait qu'un « an à la mort de son père. L'empereur Conrad, d'après ce que je « trouve, confirma cet enfant dans la seigneurie et le pouvoir que lui « avaient transmis ses pères, et qu'eux-mêmes, comme on Ta vu plus « haut, avaient reçus de l'Empire. Plusieurs seigneurs voisins profitèrent « de l'enfance du nouveau prince pour lui ravir une grande partie de « ses revenus et de ses domaines. Quelques-uns eurent recours à la force « ouverte; de ce nombre furent Wnlter Berlhout, dont les livres exaltent « partout la noblesse et les sentiments élevés, et Gérard, seigneur de c Grimberghe. Ils détruisirent jusqu'aux fondements le château de « Nedelaer, près de Vilvorde, ainsi que ce village et le manoir (zale) « que le duc y possédait ; ils enlevèrent en même temps le bétail et les « biens qui se trouvèrent a leur portée. Un enfant ne pouvait leur « résister, mais ses barons se réunirent pour conserver à leur duc ses € domaines et son honneur. Ils levèrent des troupes et mirent le siège « devant la redoutable forteresse de Grimberghe, la plus grande qui ail « jamais existé, comme on peut s'en assurer en examinant la colline « qu'elle couvrait. Les barons poussèrent vivement le siège avec toute « leur puissance et emportèrent de vive force le château, qui fut détruit « de fond en comble et n'a jamais été rebâti. Les barons s'avisèrent de • faire porter leur duc dans son berceau sur le champ de bataille. « Quand les ennemis s'en aperçurent , ils se troublèrent tellement « (ainsi Dieu secourut le jeune duc), qu'ils perdirent tout courage et « s'estimèrent trop heureux de pouvoir se retirer sans combat '. »
Examen critique des traditions sir la guerre de Grimberghe. — Dans le sixième livre des Brabantsclie Yeesten *, le continuateur de De Klerk, qui travaillait sous la direction du pensionnaire de la ville de Bruxelles A Thymo, vers l'an 1 430, fait un récit plus détaillé de la même guerre, et reproduit les principaux épisodes du poëme, à l'exception de
1 Rrihanttrhe Yrtmtn, t. I", pp. 305 cl suiv. * Ibidem, t 11, pp. 85 il I0r , vers 2.305 ij 2.850. T. II.
' hommage prêté par les tuteurs au comte de Flandre, fait qui blessait sa susceptibilité nationale et qui n'est (railleurs qu'une fable sans vraisemblance. En effet, c'était Tbicrri d'Alsace et non un Baudouin qui régnait en Flandre au milieu du douzième siècle; et, ce qui est plus décisif encore, loin de se montrer favorable au jeune duc, il donna son appui à ses ennemis; d'ailleurs, pour inféoder le duché, il fallait obtenir le consentement de l'empereur : or Frédéric Barberousse n'aurait certainement pas consenti à cet acte d'avilissement. Que le récit du continuateur de De Klerk, traduit plus lard en latin par De Dynter, et analysé en français par l'amman Jean de Kcstcrgat', soit emprunté au porte des Bcrthout, c'est ce que l'entière identité de plusieurs passages établit parfaitement*. Ce poète vivait donc dans les dernières années du quatorzième siècle ou dans les premières du quinzième. Ses éloges de la valeur dos paysans trahissent un homme plein encore des souvenirs de Courtrai et de Mons-en-PuelIe ; la mention du château de Vilvorde, qui ne fut bâti qu'en 1375, l'emploi de certains prénoms s, et l'alliance étroite qu'il montre existante entre les Bcrthout et les seigneurs de Vianden, de Bréda et d'Arckcl, décèlent aussi son époque.
Presque tous nos écrivains, et, entre autres, Meyer, Van Dicve, Vanderhaer, Van Baerland, parmi les anciens, Dewcz, Desroches, Warnk(r-nig, Moke, David, De Smct, parmi les modernes, ainsi que l'écrivain allemand Léo, ont admis sans réserve le récit des Brahuitsche Yeesten*. Deux hommes seulement, des plus remarquables, il est vrai, se sont séparés de l'opinion générale ; le savant Butkens, dont les Trophées de Brabant resteront toujours une œuvre justement estimée,
« Vovpz Dr. Dister, L. IV. p. 651. — Le fragment de Jean de Kestergnt, publié dans les Bulletins de la Commission d histoire, t. XIII, p. 290, a évidemment été emprunté à notre Ironie; on j remarque aussi l'omission des détails relatifs à l'hommage au comte de Flandre.
* Comparez, entre autres, les vers 4V4 à 40V du poème, et ceux 2,490 à 2,313 des Yeesten. 5 Par exemple, l'emploi du prénom Jean ne s'introduisit dans la famille des Aa qu'au
quatorzième siècle. On ne connaît que doux copies du poème sur la guerre de Grimberghe : L'une est conservée h Amsterdam; l'autre, dont le texte est infiniment plus altéré, a la bibliothèque ro>ale de Bruxelles, section des manuscrits. Il fut copie en l'année 1026. par Philippe de 1 Espinoy, et Taisait partie, au siècle dernier, de la bibliothèque de févéqoe d'Anvers De Nelis La Société des bibliophiles de Gand a commencé l'impression du texte du poème; il existe de cette œuvre plusieurs rédactions en prose flamande.
* M m m, . — Di\4.is. lier. Brabant , L. IX. p. 93. — llinih Chron. ducum Brabanl.. I. I", p. 224. — IhKLtxDUS. — DcsRuciitS, Kpilomr historia» Belgictr, t. 11, p 9'2. — Dtutz. Histoire générale île la Belgique, t. 11, p. 202. — Dt Ki.ifkex»er<;, Mémoires ji„ur servir <i l histoire des comtés de Hamaut, de Xamur et de Luxembourg, 1. 1«, p. 632. — David, Sur la râleur historique de la chronique rimée de la guerre de Grimberghe. dans les Mémoires de la Société littéraire de l université catholique de Loumin, 1" partie, pp. 226-240. — De S»it, Examen critique des anciens monuments sur lesquels les historiens ont fondé le récit de ta •jueire de Grimhrtgf, dans les M- moires de i Académie de Hru.Ttllr* I XV.
DES ENVIRONS DE RRtlXEU.ES.
et l'historien du Limbourg, Ernst, qui a déployé dans ses ouvrages une érudition pour ainsi dire fabuleuse, ne croient pas que Godcfroid 111 était enfant lorsqu'il succéda à son père
El cependant le texte de deux historiens contemporains est formel : « l'enfant Godcfroid était encore au berceau (puer quittent Godefridus « adhuc in cunis jacebat), » dit le moine d'Alllighem qui a continué Sigebert de Gcmbloux ; et, suivant le religieux de ce dernier monastère qui a également ajouté quelques pages à l'œuvre du même annaliste, Godcfroid n'avait qu'un an *. Ces assertions sont insoutenables; on en jugera par les faits suivants : Godefroid III assista, à Aix-la-Chapelle, le 1er avril 1147, au couronnement du jeune roi des Romains, Henri, et, le U mars 1152, à l'inauguration de Frédéric Barberoussc; le 29 décembre 1153, il se trouvait à Trêves et il y fut l'un des témoins de la continuation, par l'empereur, des privilèges de l'église de Cambrai. Il se maria en 1155 (à l'âge de treize ans!) cl il consomma immédiatement son union avec Marguerite de Limbourg, puisque, 17 ans après, il avait déjà un Cls assez âgé pour lui être associé dans l'administration du duché, et pour avoir mérité le surnom de célèbre (inclytws) \ En accordant sa fille à Godefroid, le duc de Limbourg lui céda de grands biens, et renonça à exercer l'autorité ducale dans la Basse-Lotharingie, autorité dont la possession divisait, depuis un demi-siècle, sa maison et celle de Louvain. Fait-on de pareilles conditions à un rival inexpérimenté, à un enfant mal obéi par ses propres vassaux? i> "est-il pas plus probable que Godefroid s'était déjà signalé sur les champs de bataille, de même qu'il était déjà intervenu dans des actes nombreux d'intérêt privé.
En 1143, le duc approuva une donation faite à l'abbaye de Grand- Bigard; en 1145, il confirma au monastère de Forêt ses possessions cl ses privilèges; en 1 147, l'an trois de son règne *, il autorisa l'église de Saint-Pierre à Liège à transférer à Herstal un de ses moulins; en 1148, il signa une charte concernant les religieux d'Alllighem; en 1151, il
• Er.ist. Histoire duLimbovry, t. III, p. 10V ; Bctke.hs, t. I", p. 1 18.— Dans l'Histoire de la ville d* Bruxelles, t, 1", p. 35, mou ami Henné et mot nous avons admis le jeune âge de Godefroid I«; aujourd'hui cette opinion n'est plus la mienne.
* Voyez aussi BiOMQIH de Nisove dans le Corpus Chronic. Flandr.,t. II. p. 70V.— M. De Smet cite encore l'inscription des fonts baptismaux do Saint-Germain à Tirlemont (aujourd'hui au Musée de Bruxelles), qui furent exécutes en 1 1 VJ, dominante marchion» septenni Godefrido ; mais l'expression stptenms n'exprime-l-e'lle pas ici la dun e du règne «lu duc? En effet, on n'a jamais eu I habitude de dater la construction d'un monument d'après l âge du prince, mais bien d'après l'époque de son avènement au trône.
J Histoire de Bruxelles, t. I", p. VO, note I. « Ersst, I. c, p tOo.
ratifia un échange fait entre la même communauté et le couvent de Coudenberg, A Bruxelles; en 1153, il accorda encore d'autres faveurs à AlUighem; enfin, en 4154, il confirma la donation faite à l'abbaye de .Saint-Bavon,àGand,d'unallcu situé à Bouchout près d'Anvers. En 1145, en 1148, en 1151 et en 1154, il scelle au cavalier, preuve évidente, malgré tout ce qu'on a dit, qu'il était majeur ; et si, en 1 1 43, en 1 1 45 et en 1155, il mentionne dans ses actes la présence de sa mère Lutgarde, c'est évidemment parce que, jeune encore, il aimait à prendre les conseils de celle qui avait élevé son enfance. L'intervention de celte princesse ou de ses tuteurs ne se manifeste pas dans les autres actes, bien qu'elle eût été de rigueur. En 1151, Godefroid déclare protéger les églises, « afin que la paix et l'abondance, le salut et la victoire, pussent < régner dans ses tours, c'est-à-dire dans ses forteresses 1 > . En 1 1 54, il s'intitule le zélateur «V Injustice et l'ami des églises de Dieu (einulator justicie et amator ecclesiarttm Dei); il invite le clergé et le peuple à attester la réalité de la donation et déclare joindre à la charte les noms des témoins faisant partie de la communauté gantoise ou dépendant d'elle, puis les noms des membres de sa cour (testes curie mee) ». Estce la le langage d'un enfant de dix ou douze ans? Concluons donc! Godefroid 111 n'était pas au berceau lorsque la guerre commença; si des contemporains l'ont dit, c'est peut-être parce qnc leurs ouvrages ont été interpolés. Dès lors se confirme l'origine brabançonne des derniers comtes de Mohn, Albert et Hugues, que le moine de Trois-Kontaines dit positivement avoir été fils de Godefroid 11.
« A Thymo, écrivain si exact, dit M. De Smcl, ajoutait plus tard la •< circonstance de la tutelle du jeune duc confiée à quelques barons par « les trois Étals du pays. Le texte d'A Thymo, continue le même hislo-
• rien, est si formel, et l'auteur si digne de confiancc,que l'on ne saurait, « à mon avis, conserver un doute raisonnable de la nomination des
• tuteurs ou mambours; » puis M. De Smel allègue encore le témoignage d'Edmond de Dyntcr, qui assure que les barons fidèles au duc, les chevaliers, les nobles, les vassaux, les bourgeois et les sujets du Brabant se réunirent en conseil et nommèrent à l'unanimité Henri de Diest, Gérard de VVesemael, Jean de Bicrbeke et Arnoul de Weminel, mambours, tuteurs et gouverneurs de Godefroid ; en note, le savant académicien déclare que cette cnumcralion des hommes qui composaient ce qu'x\ Thymo appelle les trois États du Brabant lui semble assez remarquable.
• Vi in (urri'ius quix/ur no$tm, mrum onilinnibus, pax et abuitJaniiu. iulu» nique xi< - Mrio. posunt vrtri.
» Cirtulaire de l abbaye de Samt-Uavun à Gan t, p. io.
Nous ne partageons en aucune façon l'opinion de M. De Smet. Comme nous l'avons dit ailleurs, nous accueillons avec empressement te témoignage de De Klcrk, de De Dynter, d'A Thymo, quand ces chroniqueurs racontent des faits de leur temps, mais non quand il s'agit d'une époque reculée. Quiconque a lu avec attention les deux premiers de ces auteurs doit convenir qu'ils ne savent presque rien de l'histoire du Brabant avant Jean Ier; quant a A Thymo, son ouvrage forme une belle collection de diplômes, mais les récits qu'il y a joints n'ont que peu d'étendue et presque aucune valeur; pour les temps anciens, ils sont remplis de fables. Dans le passage cité plus haut, De Dynter dénature tout à fait le caractère primitif de nos assemblées nationales, où l'on ne voyait, au douzième siècle, que les barons et les vassaux du prince, et quelquefois aussi des prêtres estimés pour leur sagesse ou des échevins des principales villes ; je ne sache pas qu'on y ail jamais établi de distinction entre les barons et les chevaliers, les nobles et les vassaux. Qu'est-ce que c'est que des c sujets? » Toutes ces expressions appartiennent au style pédantesque du quinzième siècle, et on les chercherait vainement dans les chartes du douzième. Quant aux trois États de Brabant, leur existence réelle ne date que des années 13NO à 1400.
Les quatre tuteurs inventés par notre vieux poète ne se rencontrent, chose singulière,' ou plutôt chose toute naturelle, dans aucun acte des trois Godcfroid. Ainsi, à celte époque, il y avait un seigneur de Diesl, mais il s'appelait Arnoul, el non pas Henri; un chevalier de Wemmel, mais il se nommait Walter et non pas Arnoul ; pour les Wcsemacl. qui ne paraissent d'ailleurs avoir commencé que vers l'an 1160, le prénom habituel était Arnoul ; les plus anciens d'entre eux se nomment tous ainsi. El puis comme c'est bien comprendre le système féodal el la hiérarchie antique, que de supposer que des nobles turbulents et jaloux auraient appelé ù les commander un arrière-vassal du duc, un sire de Wemmel, qui ne relevait sa seigneurie que du châtelain de Bruxelles.
C'élail sans doute l'usage, à cetle époque, de donner aux princes mineurs un conseil de régence composé de quelques-uns de leurs vassaux ? Pas le moins du monde : Richilde, Alix de llainaut et d'aulres princesses ont régné au nom de leurs fils; a défaut de la mère, on appelait à la tutelle des parents, comme on le (il en Flandre après la mort de Baudouin de Constantinople. Si la veuve du «lue de Brabant Henri III, Aleyde de Bourgogne, ne conserva pas seule le gouvernement des états de son mari, c'est que l'époque de son administration fui remplie d'orages elde troubles. L'initiation du pays à la liberté politique entraîna alors les esprits dans un système de défiance à l'égard des princesses étrangères, qui ordinairement ne comprenaient rien à nos mœurs ni à nos lois. Aussi
Marguerite d'York, veuve de Jean II, et Élisabclh de Gorlilz, veuve d'Antoine de Bourgogne, furent-elles exclues de toute participation aux affaires. Les écrivains contemporains d'Elisabeth auront cru que ce qui se pratiquait de leur temps avait toujours eu lieu.
En présence de ce que nous avons allégué plus haut, le stratagème des chefs brabançons, copié d'ailleurs d'un épisode des guerres de Macédoine, devient insoutenable. Nous ne contestons pas cependaut la possibilité de batailles sanglantes et indécises qui se seraient livrées pendant le cours de la guerre. Plusieurs localités semblent leur avoir emprunté leurnom: tellessont la Weesehaghe\ vaste champ qui s'étend au nord du village de Grimberghc, et la Wimpelbergh ou Montagne de V Etendard, chemin conduisant du village de Neder-IIecmbcck vers Strombcek, non loin du hameau de Ransbeek, où l'on place quelquefois la scène du combat qui décida la querelle *.
Relever les anachronismes cl les erreurs qui abondent dans les détails généalogiques et héraldiques du poème serait chose fastidieuse; Butkens s'en est déjà occupée! ou n'a pu réfuter aucune de ses assertions. Signalons seulement à ce propos un fait remarquable : les deux lils de Gérard I" de Grimberghe adoptèrent des armoiries tout à fait dissemblables. Wnlter et ses descendants portèrent, d'or aux trois pals de gueules, armoiries qui devinrent aussi celles de la ville de Malines; Gérard II (il graver sur son sceau un ca\alier avec l'épée à la main cl un écusson semblable à celui de la ville de Louvain : chargé d'une fasec; ses lils, Gérard III et Arnoul, surchargèrent cet écusson, le premier d'un sautoir brochant sur le tout, le second de trois tourteaux placés, deux en chef, un eu pointe. Lorsque l'héritage de Gérard cul passé aux Perwcz, la branche d'Arnoul prit les armoiries du père commun des deux lignées.
La btianciie aînée des Grimbergiie. — Les fils du second Gérard de Grimberghc se rallièrent franchement a la dynastie brabançonne.
1 In tut liai dit httl île Wttstha'fht ; acte do l'an 1 28i que j'ai vu en original.
* On cite comme une preuve sans réplique de la realite do la bataille du lirn eau, une charte de l'on 1 179. extraite du Ilitch mtt dm hairt. manusmtdes arrimes communale* de Bruxelles, et par laquelle les nmman. bourgmestre, échevins et conseillers de Bruxelles, ainsi que le conseil souverain de Rrahanl, autorisent la jurande des fabricants de piques et de harnais a exiger six vieux écus do tous ceux qui voudraient entrer dans le métier, cl cela. eu considération des grandes pertes quel» jurande avait éprouvées à la bataille de Ransbeke. pendant la guerre des Brabançons contre ceux de (înmherpho (RountiT. Hrurtllts tlluttrrt, t. Il, p 118). Cet acte ne se trouve ni dans le lîntck met iltn hairt, ni dans au<uD autre cartulaire do la commune. D'ailleurs, y avait-il, nu douzième siècle, a Bruxelles, des bourgmestres et des conseillers? Comptait-on alors par vieux écus?
Arnoul devint même l'homme lige du duc, son vassal, dans le sens le plus absolu *. Gérard III et Arnonl signèrent tous deux la charte de liberté accordée, en 1192, à la ville de Vilvorde, si voisine de leur résidence seigneuriale. Gérard fut l'un des vingt-deux otages que le duc Godefroid III promit au comte de Los, pour le cas où son fils n'exécuterait pas le traité conclu entre eux, par la médiation de l'archevêque de Cologne (1190). Le 28 juin 1 1 95, sous le nom de Gérard de Grintberc, il signa, ainsi que Henri Ier et Walter Berthout, le diplôme par lequel l'empereur Henri VI confirma les privilèges de l'archevêque de Cologne; et, le (î mars i 1 il représenta le duc Henri à l'assemblée où l'empereur déclara que le comté de Véluvvc devait lui appartenir, à la condition de le tenir en fief de l'évéché d'Utrecht. Cependant, au trailé ronclu à Hal, en 1194, entre le même duc et le comte de Flandre, il signa Baudouin de Ninive ou de Ninove; il avait donc suivi, en cette occasion, non les étendards du premier, mais ceux du second; il accompagna quelquefois à la guerre le fils de ce dernier, Baudouin de Constat)linople, et il fut présent au trailé de paix qu'il conclut avec le roi de France à Péronne, en janvier H 99-1 200. La même année, il mourut, trois ans après avoir partagé sa seigneurie de Grimbcrghe avec son frère Arnoul ?.
De sa femme Alice ou Adelisc, qui mourut en 1211, Gérard III eut deux fils : Waller Berthold, qui prit ensuite le nom de Gérard, et Guillaume, qui épousa Isabelle ou Elisabeth , héritière de la terre d'Assche. Gérard IV fut l'un des cinq otages que le duc donna, en 120(», au comte de Los, et l'un des témoins qui assistèrent, en 1215, à une convention conclue enlre le premier de ces princes et le seigneur de Bréda. A la terrible bataille de Bouvines, il fut pris par les bourgeois de Beauvais et incarcéré au Grand-Chalclct. On fixa sa rançon, paraît-il, à 2,000 livres, somme énorme pour le temps, et quatorze seigneurs français se portèrent ses cautions : Bobert de Braine, Thomas de Couci, Bobert de Dors, Adam Kerez, Michel de Melrenez, Jean de Fretin, Baudouin de Créqui et Gocell d'Épinay, chacun pour 100 livres; le comte de Snint-Pol, le sénéchal Hellin de Wavrin, Michel de Hai nes, Michel, connétable de Flandre, Hugues de Mirabclmont et Élenard de Sevinghem, chacun pour 200 livres ». En 1220, se trouvant à Alïlighem, il donna en toute propriété à celte abbaye les dîmes qu'elle tenait de lui en fief ; Jean, archi-
1 II ligure dans la familia durit. Oprrn dipl.. t I". p. 555.
* 1200. Slrrjf heer Cetratrdt. r«./"//if ran V,runherr)rn, — 111*7, trrrd 't lundi van Grimt*rytn grdrtli. Chrottycke ran Nfdertant, CltBC.
* Do» Uoigi f.T. fifrufil de* hUtoritUA de Franre. I. XVII. pp. 101 Cl 103. — Cour Piiinppr. Mnrssrs. vers i2,1.'i3. 1. il. p. 373
IJISTOIIIC
diacre de Cambrai on Brnbant, et Godcscolc, doyen de lu chrétienté à Bruxelles, reçurent, au nom de l'évéque G ode froid, celle donation, qui se (it du consci 1 1 emen l d'Agnès, femme de Gérard. Lors de l'apparition du Taux Baudouin, lui et son frère Guillaume restèrent fidèles à la comtesse Jeanne de Flandre, que presque tous ses sujets délaissèrent alors; le duc Henri, au contraire, se montra favorable aux prétenlions de l'aventurier. Vers le même temps, quelques contestations s'élevèrent entre le duc et les Grimberghe, cl principalement entre le premier et Gérard, au sujet de la tenurc que celui-ci devait relever de Henri, et que son père avait possédée, depuis qu'il avait partagé avec Waller Rerlhoul. D'après la décision des quatre arbitres : Arnoul d'Audenarde , Guillaume, frère de Gérard, Arnoul de Wesemalc et Gosuin de Gossoncourl, tout ce qui avait élé saisi (intercipere), de part et d'autre, devait être restitué; les hommes de l'avoucric du seigneur, demeurant dans les domaines du duc, devaient être échangés contre autant de sujets du duc, habitant la terre de Grimberghe, c'est-à-dire que les uns et les autres devaient changer de maître. Gérard réconcilia ensuite son cousin Arnoul avec sou suzerain, et, comme Guillaume de Grimberghe élail aussi en querelle avec celui-ci, il promit de s'enlre-mellre, pour opérer entre eux une réconciliation, de concert avec les trois autres arbitres cités plus haut, aussitôt que ceux-ci et Guillaume auraient terminé ses propres affaires. C'est à Bruxelles, le 27 mars 1225-1224, que Gérard approuva ces arrangements, et c'csl â Vilvorde, le mardi après le jour de Pâques suivant, que la sentence des arbitres dut être prononcée
Gérard mourut le 12 novembre 1225, à Kumpsl *. Ses dépouilles mortelles furent ensevelies à Ninove, où l'on enterra aussi sa femme Agnès, fille de Thomas de IJeveren , qu'il avait épousée en 1214; celle dame posa, en 1225, la première pierre de l'église paroissiale de Ninove, de concert avec le curé André. Les deux époux donnèrent à l'abbaye de la même ville, à charge de célébrer leur anniversaire et afin d'augmenter la ration de poisson et de vin que les religieux recevaient , une rente de 40 sous de Flandre, rachclable au denier 10, qui se prélevait sur le produit du vv inage perçu à .Ninove le jour de la Purification (novembre 1225). De leurs deux filles, l une, Alice, porta en mariage les beaux domaines de Grimberghe cl de Ninove à Godefroid, sire de Pervvez; l'autre, Agnès, eul en partage l'alleu de Dongelberg, que sou mari, Eoguerrand de Perwex, prit ensuite en fief du duc Henri II.
1 Jiri.cs de StWT-GUMlS, Hiiloirt dA aeowrfef en Betgiqui, p. 215. * CAro.ii.on Italdmni Nmivtnm, I. c . ,.. 7il. - Chronyd.e van Nchrl,,„l ai „nnu n Jîîfl - Dt Suct, I. C, p 8iD
Les Perwez *. — L'alliance d'Alice el de Godefroid eut évidemment pour but et pour résultat de resserrer, d'une manière indissoluble, les liens, jusqu'alors très-fragiles , qui rattachaient les seigneurs de Grimberglie aux souverains du Brabant ; Godefroid, en effet, appartenait à la famille ducale; son père Guillaume était né du duc Godefroid 111, et il se montra toujours lidèlc à ses doubles devoirs de sujet el de parent. Il fut l'un des arbitres qui négocièrent en 1258, une convention entre Henri II et Waller Berlliout; après avoir pris part à la conquête du pays de Daelhem , il ligura dans les traités qui suivirent, et où le due le qualifie de « son cher parent • (25 février 1245-1244). En 1248, il ligura à la fois, et dans Pacle de confédéral ion, signé à Walsherghe, par I évoque de Liège, le duc Henri III, le comte de Gueldreel le comte de Los, cl dans des diplômes émanés du roi Guillaume de Hollande, pendant le siège de Nimègue. Lors du congrès qui se tint à Bruxelles, en I2ÏM», on le désigna pour examiner si la conduite tenue par l'évéque de Liège à l'égard des habitants de Saint-Trond était conforme à la dernière paix conclue à Bruxelles, entre Henri deGueldre et Henri III, el, le 15 oclobre, il promit d'observer le trailé qui venait de réconcilier, du moins en apparence, les d'Avesnes et les Dampierre.
En 1247, lui et sa femme Alice substituèrent à Hallul le droit de meilleur catel à celui de mainmorte. Ils donnèrent à PiibbayedcNinovcct à Saint Corneille, son patron, tous leurs serfs et serves habitant dans m village, et les libérèrent de toute exaction, aussi longtemps qu'ils continueraient à séjourner a Hallut, cl à la condition de payer. chacun au monastère 2 deniers par an, G deniers lors de leur mariage, el 12 deniers à leur mort, outre, dans ce dernier cas, le meilleur catel, qui appartenait au seigneur*. Ces conditions étaient médiocrement libérales, Godefroid d'ailleurs affichait peu de scrupule, et sa conscience était chargée de nombreuses spoliations, car, en février 1255-1254, avec le consentement de son fils Guillaume et par l'intermédiaire de Godefroid <lc Louvain, seigneur de Gaesbeek, il abandonna 40 bonniers de terre situés à Lceuw-Saint-Pierre, aux abbayes d'Afllighem el de Villers, à la condition qu'elles indemniseraient ceux h qui il avait porté dommage et qu'elles feraient prier pour le repos de son âme et de celle de sa femme (acte daté de Tervueren). Afflighem seul distribua des indemnités pour 500 livres environ. Déjà, en 1244, Godefroid avait restitué aux religieuses de Cortenberg leurs dîmes de Cortenberg, d'Erps et de Campenhout, dont il s'était emparé. Il mourut en 1257 el sa femme Alice en 1250;
1 Rptress a donné des détails longs el exarts sur 1rs seigneurs nV Grimberplie, île la maison de Perwei, dans son tome I", pp. 8W et suivantes » D» S**T, Corpu* chron Flantir . 1 r . p 000
T II. M
celle-ci scellait d'une dame à cheval tenant de la main droite la bride et ayant sur le poing de la main gauche un faucon; le contre-scel contenait un écusson charge d'une fasce et la légende : secret cm domina in grimberg; sur le scel de son mari on voyait un cavalier, l'épée a la main, et portant sur la poitrine un écu également a une fasce, avec ces mots : s. godefridi de perweys; dans le contre-scel , le même écusson et les mois : ii.ec est clavis sigilli.
Alice de Grimberghe donna au seigneur de Perwez cinq enfants : Gérard, qui mourut très-jeune; Guillaume, qui prit le nom du précédent en recevantlesacrementdeconlirmation; Godefroid II; Marie, femme de Philippe dcVianden,et Ade,qui mourut sans avoir eu d'enfants de Gérard de Ma rbais. Gérard (Guillaumc)cessa de vivre en 4259. Peu de temps avant sa mort, il avait donné à l'église de Grimberghe, «pour la rémission de « ses péchés et en mémoire de ses parents et de son frère Gérard, » une rente de 13 muids de seigle à prélever sur le produit de la dtme de Havesdonck et de Hingene (mercredi après le jour de saint Luc 4259). Il avait fait vœu de se rendre à la Terre-Sainte; mais, dans l'impossibilité d'accomplir ce pèlerinage, il légua aux abbés d'Afllighem et de Grimberghe 400 livres de Louvain, a charge de les remettre à un chevalier honnête, « qui accompagnerait le premier passage au delà de la mer » (veille du jour de tous les Saints 4259). Ces deux actes furent signés à Rumpsl, et parmi les témoins du second figurèrent le cuisinier Waller et un autre serviteur de Gérard.
Godefroid II, son frère et son héritier, fut chargé d'administrer le duché de Brabant, pendant la minorité des enfants du duc Henri III, de concert avec Waller Berthoul, seigneur de Malines. Il n'exerça toutefois que fort peu de temps ces importantes fonctions, car il mourut eu 4265, et non pas, comme le dit Butkens, le 51 juillet 4204 ». 11 était présent lorsque le comte de Flandre, Guy de Dampierre, fit hommage à l'évéque de Liège pour ses terres de Bornhem et de Grammont, qu'il avait jusque-là tenues en alleu; il fut aussi l'un des témoins de l'acte par lequel l'évéque de Liège, du consentement de Baudouin II, empereur de Constantinople, investit le nîéme comte de Flandre du fief de Sanson (veille du jour de saint Jacques ap6lre,en4263). Par son testament, qui est daté du jour de saint Jacques et de saint Christophe, au mois de seval ou juillet 4204, il destina, « pour remède de ses forfaits, » 4,200 livres de Louvain en la terré de Grimberghe, 200 livres provenant de la première coupe qui aurait lieu dans ses bois à Schelle, et tottl ce qu'il
* Chronycke ran iïfdcrlant, cité*-. — En effet, au mois d'avril 1265, Godefroid, seigneur de Perwez, exempta les religieux de l'abba)6 de Saint-Bernard des tonlieux levés sur la navigation dans sos domaines lUjiotrr dr*. charte* dépotée* en Van 1500. f» 381, v.
tenait en fief à Leeuw de son cousin Henri, seigneur de Gaesbcck; 500 autres livres, à prendre sur le produit de ses bois à Buggcnhout et sur ses revenus h Ninove, devaient servir h entretenir un chevalier ou un écuyer, qui se rendrait pour lui en Palestine , comme il s'y était engagé en prenant la croix.
La vie de ce seigneur de Grimbcrghe ne fut pas, à ce qu'il semble, moins souillée de violences que celle de son père. En outre, après avoir épousé Marie d'Audcnarde, il la répudia, et, tandis qu'elle s'unissait à Jean de Nesle, seigneur de Faluy, il s'allia en secondes noces à Félicité i de Traynel, veuve de Godefroid, seigneur de Clutlcau-Porcien. Les deux enfants qu'il eut de celle-ci : Henri et Alcyde, ne furent point, sans doute, considérés comme légitimes, puisque ce ne fut pas eux, niais leur tante, la comtesse de Vianden, qui se mit en possession de leur héritage, à la faveur, peut-être, des troubles qui agitaient alors le Brahant '. Félicité de Traynel ne conserva que Hoboken et Eeckcren, terres qui retournèrent bientôt aux Vianden, ses enfants étant morts jeunes. Elle fut l'une des principales bienfaitrices du couvent de Val-Duchesse à Audcrghem, et mourut le 18 octobre 1283.
Les Vianden. — C'était également la violence qui avait mis Philippe de Vianden en possession de la terre dont il portait le nom. Il se l'était appropriée au préjudice de son neveu Henri, mais celui-ci, dès qu'il eut atteint sa majorité, l'attaqua, le prit et l'enferma dans le château de Schôneck. Godefroid languissait en prison depuis plusieurs années, lorsqu'un autre de ses frères, qui était évéque d'Utreeht, 3C déclara en sa faveur, et parvint à déterminer le comte de Luxembourg h prendre les armes pour sa délivrance, en lui promettant que Philippe se reconnaîtrait son vassal, aussitôt qu'il aurait été mis en possession de la terre de Vianden. Attaqué par des ennemis redoutables, Henri fut bientôt forcé de céder et de se contenter d'un apanage (1204)*. Le comte victorieux, à peine sorti de la forteresse de Schôneck, s'engagea dans une autre querelle qui lui coûta aussi sa liberté. Il fut pris, ainsi que le comte de Luxembourg, a la bataille de Pigny, livrée par ce prince au comte Thihaud de Par, le 17 septembre 1266. La paix s'élant faite, par les soins de Perron le chambellan, envoyé du roi de France Louis IX5, le comte de Vianden revint a Grimberghe, où il approuva, au mois de mai 1267, dans une assemblée tenue sur le cimetière de l'église, une
* Marie se qualifiait déjà de damo de Grimberglie en 1i(i5. le jour de la Chaire de saint Pierre, m Cathedra l'etri.
* Dictionnaire géographique de la prorince de Luxembourg, publié par MM. V«lt»CltXtM.tl et Meisser, art. Vanna.
* Joisvule. — Dichksxk, Histoire de la maiion te Luxembourg.
insromt'.
donation de 8 bonniers de terre, faite à l'abbaye de Grimberghe par Guillaume de Ledcberg, donation qui avait d'abord été faite par-devant
sa femme, durant sa captivité (PhiUppo tune tvmpore in captivitate
Uarrennis cvmitis exùstente). Là se trouvèrent son bailli Jean de Pcnsenglicm, ses vassaux Henri, seigneur d'Assche, Rodolphe de Wilre, Hugues deSceplaken, Baudouin d'Esken, Jean de Gant, Arnoul de Lyre, Jean de Lent, elievaliers; cinq éclicvins de Grimbergbe, trois de Ledcberg ou de Pamele, les préires Jean de Castre et Goloy de Wilre, et le chevalier Jean d'Assche '.En 1272, peu après avoir fait hommage de son comté de Vianden au comte de Luxembourg, Philippe mourut, et sa femme ne lui survécut que de quelques années; ils laissèrent quatre enfants : Henri, mort en 1280; Godefroid, mort en 1312; Philippe, et Marguerite, femme du comte de Chiny Arnoul.
Il faut sans doute attribuer à la nécessité où se trouvèrent les nouveaux seigneurs de Grimberghe de se créer des appuis, l'inféodation de Buggenhoul à Henri d'Assche, faite au mois de juin 120G, au moment où Philippe allait partir pour la guerre de Bar, ainsi que les améliorations introduites par eux dans le sort de leurs sujets. Eu 1275, les deux seigneurs de Grimberghe promulguèrent une landtchartcr ou ceurboeck (charte du pays ou livre de la ceure), dont nous ne possédons malheureusement qu'un texte remanié, en 15Ô6, par Guillaume le Taciturne et Ferry de Glymes, leurs échevins et leurs hommes de lief. C'était une loi criminelle, du même genre que celle dont on dota la seigneurie de Gaesbeck en 1284 et que uous avons longuement analysée; elle prononce la peine du talion contre le coupable de mutilation, punit de mort et de la confiscation desbiensceluiqui frappe ses parents ou qui enlève et viole une jeune tille, lixe la manière de régler les trêves, et déclare qu'on peut tuer impunément celui qui ne les observe pas, que ses biens doivent être saisis, et que, s'il est pris, son corps sera écartelé et ses membres exposés sur des poteaux aux différentes limites du pays. Quelle que soit la sévérité de cette législation, ou doit savoir gré aux barons de Grimberghe d'avoir, les premiers on Brabant, substitué des dispositions formelles à l'arbitraire qui avait présidé jusque-là, dans les juridictions seigneuriales, à l'application des peines contre les malfaiteurs *,
Pour mieux préciser l'étendue du service que les habitants de la seigneurie devaient en cas de guerre, et lour position vis-à-vis du duc et des barons, une convention fut conclue le lundi avant la Conversion de saint Paul, en janvier 1292-1293, entre le duc, d'une part, Godefroid, comte
« De S»i:t, 1 c, p. <*22.
* Voyei ocs roulumcs dans tes Costuymen ean Brahant, I* dttl. ht 3.Î.».
de Vianden, el Gérard d'Aa, d'autre part. Les seigneurs de Grimberghe devaient prendre les armes a la réquisition du due; si In guerre était une guerre commune ou guerre nationale, ils servaient à leurs frais; pour les chevauchées, on les soldait. Le meysemedenum ou vassal du duc, habitant dans leurs domaines et âgé de moins de 60 ans, qui ne répondait pas à l'appel du souverain ou qui quittait l'armée sans permission, payait une amende, moitié au profil du duc, moitié au profil des seigneurs : 10 escalins s'il était un cavalier, 10 sous, quand il combattait à pied; de plus, il lui fallait reprendre immédiatement les armes. Sur le champ de bataille, les seigneurs et leurs vassaux combattaient en première ligne; pendant la marche, ils formaient l'arrière-garde. Lorsque les premiers partaient pour une expédition, ils pouvaient emprunter des chevaux à leurs sujets et les distribuer à leurs chevaliers et à leurs écuyers; le duc n'avait pas le même droit, et il ne lui était pas permis d'exiger de l'abbaye de Grimberghe d'autre service que le gîte ou le logement de ses chiens, pendant un jour et une nuit, dans le monastère et dans celles de ses fermes qui étaient situées dans la seigneurie.
Pour être considéré comme meysemedentan, on devait prouver qu'on descendait par les femmes d'une personne de celle qualité; si un meysemedetnan ou un bourgeois d'une des villes du duc, mais demeurant dans la seigneurie, encourait la peine de mort ou la confiscation des biens, le seigneur faisait livrer son corps et ses meubles à son suzerain, mais il jouissait des revenus de ses immeubles, fiefs ou alleux, jusqu'au moment de sa mort ou jusqu'à ce qu'il fût gracié. On agissait de même, mais vice versa, quand le coupable était un vassal des seigneurs habitant les domaines du duc. Il étail défendu d'opérer une arrestation, au nom de celui-ci, dans la baronnie, en l'absence des officiers des seigneurs, sauf toutefois les cas extraordinaires. Celui qui entrait dans la bourgeoisie de Vilvorde ou dans celle de Capelle-au-Bois (Ter Capellen) était tenu d'y faire constater, par les échcvins,ladaledesa réception ; si les seigneurs le réclamaient dans l'année, il restait soumis envers eux à toutes ses obligations antérieures. Les biens d'un bourgeois domicilié hors de la baronnie contribuaient dans les aides payées aux seigneurs en cas de mariage, de chevalerie el de captivité. Les comtes de Vianden, en particulier, pouvaient tolérer des lombards dans leurs terres ' .
Les relations qui assujettissaient les comtes de Vianden, en qualité de seigneurs de Vianden aux comtes de Luxembourg, comme barons de Grimberghe aux ducs de Brabant, et comme seigneurs de Ninove aux comtes de Flandre, les exposaient à la confiscation d'une partie de leur
« Htruv. I r . p 3*7, el preuves, p tïî»
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patrimoine, chaque fois qu'une querelle s'élevait entre deux de ces princes. Pendant la longue guerre pour la succession au duché de Limbourg, Godcfroid de Vianden resta fidèle à Jean Ier; il combattit auprès de lui à Woeringen, a la tète d'un escadron redoutable, où figuraient plusieurs membres de la famille d'Asschc. Il eut quelques contestations avec Guy de Dampierre, comte de Flandre, au sujet des limites respectives de la terre de Corroy et du comté de Namur; il vendit ensuite à ce prince la terre de Ninove pour 10,340 livres de Flandre (50 novembre 1293), mais sans cesser d'être son vassal, du chef d'un fief de bourse, et avec l'obligation de servir le comte, en cas de besoin, avec 40 armures de fer *. En 1396, Jean H lui donna 600 livres payement en récompense de ce qu'il avait relevé de lui sa dime d'IIingenc. Plus tard, ee duc l'appela dans ses conseils, et, en 1505, lors du siège de Matines, il fut l'un des nobles brabançons qui arrêtèrent les conditions de la soumission de celte ville. A l'exemple de ses supérieurs, il constitua des fiefs, et en créa entre autres un, consistant en une rente de 100 sous de Louvain et en une redevance de 50 chapons, à prélever tous les ans sur son cens de Grimberghc, en faveur de Thierri Lose, bourgeois de Bruxelles, qui lui avait fait hommage (mardi après le jour de sainte Gertrude, en mars 1289-1290); sire Jacques de Bergues, baron de Grimberghc, acheta celle renie et cette redevance, en 1600.
La terre de Grimberghc subit, à celte époque, un nouveau morcellement : Rumpst, Boom, Willebroeck, Buysbroeck, Heyndonck en furent détachés pour former un (îef relevant de la tenure principale; ces villages, ainsi que la moitié de la seigneurie de Vianden, devinrent l'apanage de Philippe, frère de Godefroid, Godefroid de Vianden avait été marié deux fois : a Aleydc d'Audenarde, puis à Lulgarde, dame de Ligny. Les trois (ils qu'il eut de la première se transmirent successivement ses domaines. La signature du premier, Philippe, est npposèe à l'accord conclu entre Jean II et la ville de Malines, en 1505, et a la charte de Cortenberg, de l'année 1512; il affranchit, en 1508, les bourgeois de Vianden, et mourut vers l'an 1515, sans avoir eu de postérité d'Alice d'Arenberg. Son frère, Godefroid III, combattit vaillamment a Ten-Helleken, et fut ensuite chargé par le duc Jean III de défendre les frontières occidentales du Brabant, pendant qu'il allait secourir la ville de Bolduc. Il partit ensuite pour l'Orient avec le comte de Namur Philippe III, son beau-frère; mais, arrivés dans l'ile de Chypre, lui et le comte se livrèrent à tous les débordements d'une volupté effrénée, dans cette île que les anciens avaient consacrée à Vénus; leurs excès allèrent si loin que
1 W»mkO!.*ir.. I! it x'rc lr Finit Ire. t. 11. p 518.
les habitants de Famagouste se soulevèrent et les massacrèrent eux el 50 gentilshommes de leur suite, dans le mois de septembre 1 537 Henri de Viandeu lui l'un des signataires du traité conclu en 155fî entre le Brabant et la Flandre, au sujet de la ville de Malines. Il mourut vers Tan 4351, ne laissant d'Adélaïde de Fauqucmont, dame de Saint-Vith, que deux tilles : Marie, qui épousa Simon, comte de Spanheim, et, en secondes noces, Othon, sire d'Arckcl, et Aleyde, femme d'Othon , comte de Nassau. Le 14 mars 1535-1356, un mois environ avant leur inauguration, Wcnceslas et Jeanne, accompagnés du comte de Clèves, se trouvaient à (irimberghe f« La guerre ayant éclaté entre la Flandre et le Brabant, et l'armée du duc ayant été vaincue à Scheuf, les vassaux et les échevins de la terre de (irimberghe se soumirent à Louis de Maie (25 août 1356); mais le comte de Spanheim ayant refusé de suivre cet exemple, ses biens furent mis sous séquestre par Siger de Hectvclde, amman de Bruxelles, en vertu d'un ordre du comte de Flandre, daté du 4 octobre J. Simon et Elisabeth de Spanheim, enfants de Simon et de Marie, n'ayant pas laissé de postérité, leur héritage passa à Engelbert, (ils de Jean, comte de Nassau, et petit-fils d'Aleydc de Viandcn. Elisabeth , qui mourut en 1410, avait épousé Robert, duc de Bavière, comte palatin, mort en 1 595, puis Thierri, comte de la Marck, sire de Dinslaken, mort en 1412.
Les Nassau — Nos lecteurs ne doivent pas craindre que nous leur déroulions ici le tableau complet des actions des comtes de Nassau. L'histoire de celle famille est d'un intérêt européen, et se renfermerait diflieilement dans notre cadre. Nous nous bornerons donc à esquisser rapidement la biographie des premiers d'entre eux qui ont possédé la baronnicdcOrimberghc,deceux qui ont vécu en Brabant. Avec le célèbre Guillaume le Taciturne, la race des Nassau grandit en renommée; mais, à partir de celte époque, son histoire appartient a la république qui lui doit l'existence et qui esl devenue une monarchie, où ses descendants régnent encore aujourd'hui.
Ce fut le comte Engelbert qui alla chercher en Bohême la princesse Elisabeth de Gorlilz, seconde femme du duc Antoine. Il avait accompagné le duc en France en 4408; il retourna dans ce pays en 4410, à la téle de 412 cavaliers, lorsque le duc de Bourgogne Jean sans Peur marcha
' Z»STFUET. — ttmiOT. Histoire du comté de Samur, t. Il, p. 83. * BUTKSM, l. 11. p. 331.
5 Brabantêch* Yrestcn, t. Il, p. SOI. — Jitts t>t Smr-Gfcftoi*, Inventaire i*t charte» des comtts de Flandre, p. iH'J
4 Sur les Nassau, voyez De Fiusqci;*. Histoire gim-rale de la maison royale des Pai/s- 1HÎ7, in-l"; — et Mrscri, Grsrl.ichte des hanses Xassau-Oranien. 3 vol. ui-8».
contre les Armagnacs. Parti de Sanlhovcn près d'Anvers, le 24 août, il y revint le 11 novembre; on lui paya, à celle occasion, sur le produit de l aide votée par les Étals de Brabant, 1602 couronnes. Le duc Antoine voulut vers le même temps faire reconnaître son autorité dans le Luxembourg; Engelbcrt y alla, au mois de décembre 141 1, répugna le Brabant eu février suivant, repartit de nouveau en juin 1412, et encore une fois, en 1414. A la mort du duc, il fut chargé, lui et Henri de Borgnes, de sceller les chambres, les armoires et les coffres du palais et de la maisondu premier chambellan, Guillaume Ulondeel, qui avait la garde des joyaux du prince. Tous deux signèrent l'acted'alliance conclu peu de jours après, par les États du duché, et, en 1416, ils allèrent h La Haye négocier l'union de Jean IV et de Jacqueline de Bavière. Le trésorier Vandenberghc réussit à rendre Engelbert suspect à Jean IV qui, plus tard, lui attribua le bannissement du Brabant de ce favori et son assassinat. Cependant, lorsqu'il refusa de prêter serment à Jean de Bavière, l'usurpateur des droits de Jacqueline, mais qui était devenu l'ami du duc, celui-ci ne put lui refuser une promesse de l'indemniser de ses pertes (18 mars 1418-1419) ; son fils Jean de Nassau avait, au contraire, pris le parti de Jean de Bavière, ce boucher des Liégeois si justement surnommé Sans Pitié4. Sa popularité se maintint pendant les événements de l'année 1421 ; mais, en 1422, nous le voyons, on ne sait pourquoi, refuser de signer le nouveau règlement pour l'administration du duché, arrêté par le duc et par les États le 12 mai 1422. Une charte du duc, du î) avril 1423, et une résolution des États, du 10, lui pardonnèrent ce refus d'obéissance aux lois du pays «. En 1424, il fut désigné avec Jean de Scboonvorst, pour commander l'armée que le duc envoya en Hainaut, et on lui abandonna, pour huit années, l'administration du pays de Malines, dont les habitants étaient accablés de dettes. 11 était alors l'un des conseillers de Jean IV; il le fut aussi de Philippe de Sainl-Pol, puis, en 1430, de Philippe le Bon. En 1427, lorsqu'on décida en Brabant la levée d'une grandeaide, il fut l'un des sept nobleschargés de déterminer, de concert avec sept députés des villes, les dettes (pie l'on payerait avec le produit de l'impôt. Il figura avec 86 chevaux dans le cortège qui accompagna le duc de Bourgogne à Arras, le 23 juillet 1424, et, au congrès qui se tint dans cette ville, il fut l'un des négociateurs chargés de dérendre les intérêts de Philippe.
Lors de la grande famine de l'année 1438, les drossards de Grimberghe, Philippe Van Maeyghem et Libert Van Houtcm, refusèrent d'obéir
' Y** Mir lus, Charlerboek ran Hollnwl. IV' </«•/. ht. V75. » hhni. p. (.70.
aux ordres que l'amman et la \ ille de Bruxelles leur transmirent au sujet de l'exportation des grains, exportation qui fut alors prohibée sous des peines très-sévères; le 28 septembre 1438, ils furent condamnés, pour ce fait, à un pèlerinage à Home ou à une amende de 20 llorius, et, le même jour, le clerc ou greffier de Crimbcighe reçut ordre d'aller habiter pendant une année au delù des moûts (c'est-à-dire eu Italie), injonction à laquelle il obéit, comme en témoigne une attestation portant la date du 4 avril 1440 '. En celle dernière année, un oflicierdu pays de Crimberghe, nommé Henri Steenberg, blessa cl jeta en prison AdamVanderbeken, bourgeois de Bruxelles; les magistrats de celte ville le tirent immédiatement arrêter, et confièrent sa garde aux maires de la seigneurie, (pli l'incarcérèrent dans la prison de Meysse. Henri élanl parvenu à s'enfuir, les maires furent sommés, le 14 juin 1440, de comparaître devant le conseil de la commune, mais ils échappèrent à toute punition, parce que le coupable fui repris et incarcéré de nouveau, comme le maire et deux des écbevins de Meysse vinrent l'attester *.
Jean de Nassau (seigneur de Crimberghe par relief du G mai 1442), qui était né de l'héritière de Bréda, Jeanne de lu Leck, épousa Marie de Los, dame de llcrslal, Gangelt, Mille, Yucht, etc., dont il eul lîngelbcrt II, Jean, à qui il laissa ses domaines d'oulre-ltliin, et plusieurs filles. Sa carrière ne présente qu'une longue suite de services rendus à la maison de Bourgogne. A peine nommé drossard ou sénéchal de Brubanl (21) août 1 430), le dumoisel de Nassau, qui était déjà conseiller et chambellan du duc, reçut ordre de forcer à lu soumission la ville de Bois-lc-l)uc, qui ne voulait pas se soumettre à une nouvelle répartition des aides, décrétée par les Étals de Brabant; il réussit complètement dans sa mission. Bois-le-Duc paya une amende de 3,000 philippus, dont le cinquième fui abandonné par le duc à Nassau, en indemnité des dépenses et du travail que lui avait causés cette expédition (18 novembre 1438). 11 alla ensuite, à plusieurs reprises, dans le Luxembourg, pour y faire respecter l'autorité de Philippe le Bon, ce qui lui valut de nouveau un don de 3,%1 livres de 40 gros de Flandre (acte de décharge donné au receveur des aides de Brabant, le 10 octobre 1440). Chargé,, en 1432, de conduire les vassaux du Brabant contre les Gantois révoltés, il se distingua dans la campagne qui se termina par la bataille de Gavre; puis, il reçut l'ordre d'accompagner dans le Luxembourg le sire de Croy, « qui devait résister aux attaques de ceux « qui disoient appartenir au sire Laucelot el à divers nobles du Luxem- « bourg. » Il y entretint à ses frais 100 hommes d'armes el de Irait,
• U if rorm lif bon h V 6f> v». — * Zmrtbofck, f" 158.
pour lesquels on lui paya, pour deux mois, du 15 juillet au 12 septembre 1 4o5, 2,400 francs de 32 gros de Flandre, soit 1,920 livres de Flandre (acte de décharge en date du 20 octobre suivant). Nassau s'étanl rendu à Liège avec d'autres envoyés, à l'occasion des troubles qui précédèrent et suivirent l'élection de l'évéque Louis de Bourbon, il lui fut payé une indemnité de 420 livres (lî> mars 1459-1460). Enfin, lorsque l'administration déplorable de Louis força les Liégeois à une insurrection à main armée, le comte les vainquit à Montenaken, et plaça à Léau et dans d'autres forteresses des frontières brabançonnes, du 22 octobre au 20 novembre 146î>, des garnisons, dont l'entretien coûta 2,?>ir> livres. A la bataille de Brusthem, le 28 octobre 1407, il commandait une compagnie de 138 hommes, et, dans l'armée qui détruisit Liège en 14f»8, son (ils aîné Engelbcrl avait sous ses ordres 113 combattants.
Pour raconter d'une manière complète la biographie d'Engelbert 11 (seigneur de Grimbcrgbe par relief du 5 novembre 1481), il faudrait retracer toute l'histoire des Pays-Bas, pendant les règnes de Charles le Téméraire, de Maximilien d'Autriehe et de Philippe le Beau. Dès l'année 1475, ce seigneur fut revêtu de l'ordre de la Toison d'or, dans un chapitre tenu à Valcnciennes. Après la funeste journée de Moral et tandis que les États de Flandre et de Brabant refusaient des secours à leur belliqueux souverain, Engelbert et le comte de Chimai réunirent autant de soldats qu'ils purent, et les conduisirent à Charles le Téméraire, à qui ils conseillèrent vainement de se retirer dans le Luxembourg; aussi courageux que dévoués, ils ne voulurent, pas l'abandonner, et assistèrent au siège de Nancy, que leur arrivée avait rendu possible, et qui se termina malheureusement par un combat où le duc fut lue et eux pris. Le comte de Nassau obtint sa liberté, mais en payant une énorme rançon, qu'il ne put se procurer qu'en cédant à son frère une partie de ses biens. Après le mariage de Marie de Bourgogne et de Maximilien d'Autriche, il tint téte à la fois aux ennemis du dedans et à ceux du dehors. Envoyé à Louvain pour réprimer la sédition de Loenkens, il rançonna impitoyablement les habitants de cette ville. A la bataille deGuinegate, où la chevalerie belge fut mise en déroute, tandis que l'infanterie, composée de gens des communes, enfonçait le centre de l'armée française, le comte combattit à pied, dans les rangs des bourgeois flamands ».
A peine la paix d'Arras était-elle conclue, que les troubles recommencèrent en Belgique; Engelbert, à qui les États de Brabant votèrent un don de 5,000 livres en 1483, reprit aussitôt les armes pour défendre les droits de son maître. Les domaines de Crimbcrghe, ainsi que presque
1 Pinurpi. ni. Cxwttsrs, Mrmmrfu. I. VI. <• r».
(oui le pays s'étendant entre la Flandre et la Senne, furent alors dévastés par les Gantois ; mais, peu de temps après, le comte attaqua, à la tète de 2,000 mercenaires suisses, la ville de Ninovc, la prit et la brûla (1 185), Les notables de Bruges lui ouvrirent ensuite les portes de celte métropole commerciale, où, il eut bientôt à comprimer une insurrection. Lorsque Maximilien fut reçu à Gand, il marchait en têfe du cortège, t le premier en front comme les autres, la pique sur le col ; • une émeute ayant éclaté le soir dans le redoutable populaire de la capitale de la Flandre, il veilla toute la nuit à la tête de sa compagnie '. L'archiduc le récompensa en lui donnant les biens du seigneur de Gruytbuyse, et, en 4486, lui laissa, à lui et à Philippe de Clèves, le commandement militaire des Pays-Bas, pendant son voyage en Allemagne. Le 2U juillet 1487, ayant essayé de s'emparer de Béthune, il tomba luimême dans une embuscade et fut fait prisonnier; à celte occasion les habitants de Grimberghe, de Meysse, de Brusseghcm, de Londerzeel, de Beyghem et d'Eppeghem s'imposèrent, ainsi qu'ils l'avaient fait une première fois après la journée de Nancy, afin de l'aider à payer sa rançon, qui s'éleva h 80,000 couronnes.
En 1488, les Bruxellois, révoltés contre Maximilien, s'emparèrent du château de Grimberghe, que le duc Albert de Saxe, lieutenant général du roi, vint assiéger l'année suivante, pendant que Philippe de Clèves, le chef du parti opposé, était retourné en Flandre. Une vigoureuse canonnade força la garnison de la forteresse à se rendre i\ discrétion, la veille de la Saint-Paul; les commandants Ncufchatel et Picrrequin de Wardonnc furent jetés en prison, et le château lui-même rasé jusqu'aux fondements». Les habitants de la seigneurie souffrirent beaucoup de ces hostilités, bien qu'ils eussent obtenu des deux partis une déclaration de neutralité; on leur délivra, plus lard, des lettres patentes, qui leur accordaient la remise d'un quart du montant de leur cote dans l'aide volée par les États, en 1491 ; ce quart s'élevait à 91 livres. Quelques-uns des serviteurs ou des vassaux des maisons de Nassau et de Bergues embrassèrent cependant avec ardeur la cause du roi, entre autres, Goly Vanderlommen, le maire de Grimberghe Henri Vliege, et le maître d'hôtel du seigneur de Walhain; ils en furent récompensés par la donation de lerres et de rentes confisquées. Le premier reçut la renie de 0 florins d'or que Jean de Bouehout levait sur les biens de son frère, et une redevance en blé appartenant aux Vandermeeren (8 décembre 1488); le deuxième, la rente de il) florins électoraux, hypothéquée à Georges de
• OuviEn de 14 Marche. Mémnirr» introduction. H I. 11. c. Il et 12 » BcffTEMM — Moii*rT.
193 msTomn
Honl sur In seigneurie de Grimbcrghe, les biens de .Martin Vnndenpulte, de Guillaume Schnltcr, de sire Jean Vandernool et de beaucoup d'autres (2<i cl 29 janvier ! 488- 118» et la juin 1 480), cl le troisième toutes les dettes que les habitants de Grimbcrghe devaient i\ ceux de Bruxelles (21 juillet 1489). Les Malinois, qui montrèrent le plus grand dévouement h Maximilicn, inondèrent les environs de leur ville et établirent en différents endroits des postes fortifiés avec soin ; un de leurs magistrats, messire Philippe Kerrcmans, alors gouverneur du chsUcau de Ruppelmonde, défit près de f.rimbcrghc une troupe de soldats français et de Bruxellois
Le comte de Nassau combattait alors en Flandre, où il entretint pendant 18 mois 100 cavaliers et 500 piétons, ce qui lui coula -1 5,500 livres (acte de décharge du 12 août 1494)*. En poursuivant sans relâche la guerre contre les Brugeois, il satisfit librement sa haine contre le parti populaire et sa passion pour l'or : l'histoire l'accuse d'avoir bAli son magnifique palais de Bruxelles, aujourd'hui transformé eu musée, avec les dépouilles des Flamands 5. Dans plusieurs chapitres de In Toison d'or, on lui reprocha d'être trop dissolu dans ses mœurs, et, comme il persévérait dans ses débauches malgré toutes les réprimandes, on le menaça, en cas de récidive, de lui imposer une amende de 50 llorins, que le trésorier de l'Ordre distribuerait en aumônes *. Il ne laissa en effet qu'un enfant naturel, qu'il nvnit eu de Catherine Van Ilaeften; son union avec Lutgarde, fille du marquis de Bade, était restée stérile. Il fui le premier de sa famille qui posséda Diest, par suite d'un échange fait avec le duc de Juliers, en 1499, contre Mille, Gnngelt et Vuchl, près de Buremonde. Après avoir occupé un grand nombre d'emplois honorables et de missions importantes, après avoir, entre autres, présidé la régence qui gouverna les Pays-Bas pendant l'absence de Philippe le Beau, il mourut en 1504. On lui éleva un magnifique tombeau à Bréda, où il était né 53 ans auparavant, le 17 mai.
Messire Henri, comte de Nassau et de Yianden, hérita des domaines
» OuflIX de là MltcM, Wèmttirei, L. II. c. IV — GrscLr.cn-Tiirs, Addition* et rorrectinnn 0 la notice de M. Gâchant sur le* archim de Matines, t. |||, p. 83.
« Le trésor lui était redevable, suivant un règlement de compte arnHé le 7 mars H97- IV'JS. dv 37,000 livre».
1 Ces! ce «pie disent, sans y attacher une idée de Munie, les vers suivants :
lirttyenies i/n/e frrorru Prinapi* ad gremium tir ter renninttt, ah illit ftasmn llrujell» eamlriirlti futetur ut aula.
Jt'tfl < ISil.i s. Gentil Xa**uara- genealngia, aptul Mikch, t. I", p. 3iû.
« Pi RtirmicRc, UiUoirt de Y ordre de ta Toinm dor pp. 105 et 193.
DES ENVIIONS DE MUSELLES. tor.
de son oncle (relief du 18 juin 1303), et fut, In même année, gratifié du collier de la Toison d'or. « Ce comte, dit Brantôme fut aussy hou « capitaine, au moins fort estimé pour lors, et que l'empereur avmoit et « croyoit fort. Il espousa madamoyselle la princesse d'Orange (Claude ou < Claudine de Chàlons), qui esloit nourrie à la cour du roy (de France), « fort belle et lionneste princesse. Ce fut lors qu'il vint en France, de la « part de Charles d'Auslrice, qui l'aymoit fort familièrement, p rosier nu « roy la foi et hommages de la comté de Flandres et Artois, et autres « terres tenues de la couronne de France, ce qu'il fict, et traicta une « paix par le mariage du dict Charles et madame Renée de France ; mais « tout cela ce rompit. » A son retour de Paris, il fut nommé stadhouder de Hollande, de Zélande et de Frise.
Charles-Quint le mit ù la téte de l'armée qu'il envoya, en 1321 , contre Robert de la Marck, et qui envahit ensuite la France. Le comte Henri ne put parvenir à prendre Mézièrcs, qui était défendu par le fameux Bqyard,el il souilla son expédition par des cruautés inouïesj; il (it pendre, à ce que l'on prétend, plus de 10,000 personnes *; il est vrai que le pays de Liège était depuis longtemps livré à un aflfreux brigandage, ce qui n'excuse cependant pas l'atrocité de la répression. La seconde invasion de Henri en France, en 1530, n'eut d'autres résultats que la prise de quelques petites villes et châteaux; ce fut sans succès qu'il assiégea Péronne. « Estant venu devant la revue d'Hongrie, qui alors comman- « doit en tous ces Pays-Bas pour l'empereur son frère, elle se mit à * courroucer contre luy s'il n'avoit pas honte de n'avoir pu prendre ce « coulombier. — Ouy, de vray, respondit-il, madame, c'est un coulom- « hier, mais les pigeons qui estoient dedans, se scavoient bien défendre « et faire autre chose que s'envoller. Et par ainsy, ajoute Brantôme, il a « esté malheureux capitaine, encore qu'il fust brave et vaillant, comme € cela arrive à aucuns et autres non. » En 1531, le comte de Nassau entretenait une compagnie de 50 lances, pour laquelle on lui paya 51,800 livres (22 octobre 1331). 11 mourut en 1538.
Le 14 juillet 1530, Charles Carondelct, chevalier, seigneur de Pottelles, fit le relief du pays de Grimbcrghe et de la seigneurie de Rumpsl, au nom de René, en faveur de qui Henri, son père, avait renoncé à ces biens. A l'âge de douze ans, René releva le nom et les armes de sa mère, l'héritière de Châlons; plus tard, il fut nommé par Marie de Hongrie gouverneur du comté de Bourgogne. Lorsque le duc de dueldre (il envahir les Pays-Bas par son général Van Rossem, dont les succès prou-
• OBurm, t. j«, p. r,s.
: Mi *i:ic, I. r , p. 177, note.
vèreiil combien l'esprit militaire s'était éteint en Belgique, le prince d'Orange voulut le combattre; mais, surpris près de Brasschael, il fut mis en déroute et forcé de se réfugier à Anvers. L'année suivante, à la léte de 20,000 hommes, il conquit le pays de Julicrs; puis il délit les habitants de cette contrée, qui s'étaient soulevés et assiégeaient Hcynsberg. Il lit ensuite partie de l'armée qui pénétra, en 1544, en France, où un boulet de canon l'emporta au siège de Sainl-Dizier. Il n'était âgé que de 26 ans.
La mort prématurée de ce jeune héros et ses dernières volontés, qu'il avait dictées le 20 juin 1544, donnèrent pour seigneur à ses domaines son cousin le comte Guillaume de Nassau, devenu depuis si célèbre sous le nom de Guillaume le Taciturne. Comme il était encore fort jeune, ce fut le chevalier Jean, seigneur de Mérode, de Westerloo, deGheel, qui releva pour lui la terre de Grimberghe (25 janvier 1544-1545). Il plaça dans son écusson les armes écartclèes de Nassau, de Catzenellnbogen, de Viandcn et de Brunswick, à l'écu écartclé de Chàlons et d'orange sur le tout, et surchargé de Genève. Dans l'impossibilité de raconter ici, d'une manière convenable, la vie de ce grand homme, que d'ailleurs nos lecteurs connaissent sans doute déjà , nous la passerons sous silence. On sait qu'après sa fuite des Pays-Bas, à l'approche du duc d'Albe, ses biens furent séquestrés. Au mois de juillet 1576, les troupes espagnoles mutinées et contre lesquelles les grandes villes s'étaient armées, se dirigèrent sur Bruxelles, où elles voulaient s'emparer de l'autorité. Elles s'arrêtèrent à Grimberghe, et là le capitaine Montcdosca vint leur annoncer que leurs propositions n'avaient pas été accueillies; elles marchèrent ensuite vers Asschc, et de là vers Alost. Il y a encore a Grimberghe un lieu dit le Tilleul des Espagnols^ Itet Spaenjuerts linde, près du Mail (de Maillie), au sud du château, à l'endroit où le chemin de Beyghem à Bruxelles rejoint celui qui va de Grimberghe vers la même ville.
De 1577 à 1585, le pays de Grimberghe retourna h son propriétaire légitime; mais, à celte époque, il fut fréquemment parcouru par des troupes de soldats, pillé et dévasté. L'ancien greffe échevinal de Grimberghe comprend un petit volume où sont enregistrés les noms des habilanlsdc ce village, de Meysse, de Beyghem, dcStrombeek, de Brusseghem, qui demandèrent alors à jouir d'une sauvegarde; leurs déclarations commencent au 5 mars 1582 et vont jusqu'au mois de novembre de l'année suivante. Les translations fréquentes du siège de la rierschttre ou tribunal de Grimberghe indiquent aussi les inquiétudes qui agiclient les esprits. La vierscliarc se tint à Bruxelles, à l'auberge dite de .'/orc, le 9 février 1580; à Grimberghe, le 10 mai de la même année; à
Bruxelles, le 7 octobre et jours suivants; à Vilvorde, le 22 novembre; à Bruxelles, le 2G du même mois; le 51 mai et le 12 juin 158:2, dans le manoir d'Oyenbrugge, dont le propriétaire, Philippe-René d'Oyenbrugge, était alors drossard de Grimberghe; le 18 novembre 1585, jusqu'au 17 août 1584, à Bruxelles. Peu de jours après, entre le 19 et le 27 août, les troupes du prince de Parme s'emparèrent du château de Grimberghe; puis, le 6 septembre, elles prirent Vilvorde. Tout le pays environnant, reconnut alors l'autorité du roi Philippe II, et Bruxelles suivit son exemple au commencement de l'année suivante; le 10 novembre 1 584, un grand convoi qui amenait des vivres à celte ville avait été attaqué, sans succès, prés de Grimberghe, par 300 cavaliers de la garnison de Vilvorde.
La terre de Grimberghe, confisquée une seconde fois en 1585, et confiée alors à messire Antoine Longin, qui l'administra avec le titre de drossard, fut restituée, en 1599, a Philippe-Guillaume, fils aîné du Taciturne, et plus connu sous le nom de comte de Buren (relief du 50 juin 1604). Le duc d'Albe l'avait fait enlever de l'université de Louvain, où il continuait ses études, et l'avait envoyé en Espagne. Resté fidèle h la religion catholique, il vécut à la cour des archiducs Albert et Isabelle, comblé d'honneur, mais sans jouir d'aucune influence. A l'occasion de la trêve de 12 ans, il renonça, moyennant 500,000 florins, à ses droits sur le comté d'Alost et sur les biens des abbayes d'Afflighem et de Tronchiennes, que les États-Généraux avaient donnés a son père; tous les biens de sa famille en Brabant, en Flandre, dans le Luxembourg, dans la Bourgogne et en France, ainsi que la principauté d'Orange, restèrent sa propriété exclusive, et lui formèrent un revenu de plus d'un million de florins4.
Il épousa, le 24 novembre IfiOfi, Éléonore de Bourbon, fille du prince de Condé, et, à celte occasion, il demanda un don à ses vassaux; une réunion eut lieu, a ce sujet, le 17 septembre, mais les députés de Strombeek, de Beyghem, de Brusseglfem et de Londerzeel n'y comparurent pas, et ceux de Grimberghe, de Mcysse et d'Eppeghem déclarèrent que leurs commettants ne leur avaient pas donné mission de voler ce don. Le drossard protesta, mais sa protestation ne servit sans doute a rien. Le prince d'Orange mourut, sans laisser d'enfant, le 20 février Kil8, d'une blessure que son domestique lui fit au fondement, en lui administrant un remède*; son corps fut exposé sur un lit de parade, transporté à Dicst, et enseveli dans celte ville, dans l'église de Saint-Sulpice.
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- Ht WitL. t. Ul, p. 28i
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De son temps, la seigneurie de (irimberghe oui à la fois à souffrir de l'indiscipline «les troupes royales et «1rs ravages des ennemis. Kn 1(104, pendant que les soldats espagnols mutinés occupaient Tirlemniit, la terre de (irimberghe, par ordre des archiducs, fournil 01 hommes armés rpii servirent du 28 avril au 21 mai 1004 et (pli reçurent 1*> sous par jour; le village d'Kppoghcm ne contribua pas dans celle dépense, parce (pie ses habitants étaient spécialement chargés de garder les passages de la Senne (déclaration du drossard Antoine Longin, du 1 4 janvier 1005). Peu de temps après l'expédition de Tirlcmont, les soldats mutinés, alors retirés A Huremondc, sommèrent, sous menarc d'incendie, le pays de (irimberghe d'envoyer, le 30 juin 4(>(>4, des députés chargésdevenirs'enlcndrenveccux,pourli\cr la contribution que le pays devrait leur payer. Longin et le greftier, maître Nicolas Quisthout, furent chargés de celtcmission (2G juin). Les exactions de la soldatesque recommencèrent en 1000; au mois de décembre de cette année, « l'esqua- * dron, elelto el consiglio, » c'est-à-dire la troupe, son chef élu et le conseil des soldats mutinés à Diest ordonnèrent au pays de (irimberghc de se charger, à la décharge du quartier d'Ilércnthals, de l'entretien de 15 chevaux, de la fourniture de 13 lits et de la solde de 15 soldats, à un dcmi-réal par jour; le drossard el les échevins du pays n'étant pas tombés d'accord à ce sujet avec les députés du quartier d'Ilérenthals, les soldats leur imposèrent l'obligation de payer, pour la mairie de Louvain, l'entretien de 50 soldats ou la fourniture de 16 lils («janvier 1007), ou l'entretien de 50 soldats et la fourniture de 13 lits, pour la période allant du 13 octobre au 17 décembre, cl, A partir de cette époque, l'entretien de 30 soldats à un demi-réal par jour (8 janvier 1007), ce qui, avec les frais, s'élevait, au 15, à 1,909 florins 3 sous *.
Jean de Hertoghc, seigneur tic Fauquemont, releva Grimbcrghc au nom de Maurice de Nassau, prince d'Orange, stadhouder des Provinces-Unies (10 mars 1018), qui avait chargé maître Barthélémy Panhuys, sou trésorier, et maître Kric d'Immer, son svocflt, de se mettre en possession des domaines ayant appartenu à son frère, d'y nommer des magistrats, el de recevoir les serments de ceux-ci (La Haye, le 4 mars 1018). Les échevins de Grimberghe furent convoqués, le 20 février 1019, à la maison du maire Pierre de Gouy, pour procéder à l'accomplissement de celte dernière formalité. Ils jurèrent, non pas en attestant Dieu cl les saints, suivant la formule catholique, mais par Dieu et les saints Kvangilcs, cl en levantdeuxdoiglsde la main (soeltdpeon.i GodtendesymheylujeEnmgc-
» Petit t uhier amteunnt fa drlibrralton* priie* dam le» rénniom det >>/firirrs el mnqiUratt du pufjs de OrimbttQke, /'uur la annr* | G' > V a I00H.
tien, emle dit met opgcrechte ttcee vorste vingeren). La reprise des hoslilités entre lu Hollande et l'Espagne, en 1021, replaça Grimbcrghe sous le régime des confiscations. En 1022, la recette de ses revenus fut affermée pour un terme de 0 ans 4. L'infante Isabelle le donna, sous certaines réserves spécifiées dans des lettres patentes datées du 28 novembre 1020, à Jean , comte de Nassau, de Catzcnell nbogen , de Dictz, de Vianden , seigneur de Bilslein, petit-fils de Jean de Nassau, surnommé le Vieux et le Riche (relicfdu 2 décembre 1020); ce prince, après avoir vaillamment combattu dans la guerre contre les Turcs, servit sous les ordres de son cousin, le prince Frédéric-Henri, et commanda une compagnie de cavalerie ; mais le dépit que lui causa le refus d'un régiment wallon qu'il avait demandé, et la passion qu'il conçut pour Erncstine, fille de Lamoral, premier prince de Ligne, qu'il épousa en 1018, lui firent embrasser le parti du roi d'Espagne. Il devint mestre de camp général des armées impériales et espagnoles, capitaine général de la cavalerie, chevalier de laToison d'or*. Le 2 avril 1020, le drossard, ayant convoqué les députés des différents villages de la terre de Grimberghe, leur représenta que les barons étaient toujours gratifiés, à l'occasion de leur avènement, de 00» florins, et demanda pour le comlc de Nassau un don de 0,000 florins. Les députés se récrièrent contre l'énormité de celle somme, qui paraissait d'autant plus lourde que les circonstances étaient diflicilcs; ils ajoutèrent que las barons avaient la jouissance entière de la seigneurie, tandis «pie le comte ne possédait qu'à titre viager; toutefois, en considération des avantages que leur procurait sa protection, et surtout de ce qu'il pouvait les défendre contre les exactions des soldais, ils consentirent, le 21 décembre, à payer 4,000 florins, plus les frais de réception, qui s'élevèrent à 598 florins. Les 4,000 florins furent répartis comme suit : Grimberghe paya 1,000 florins, Strombeek 230, Beyghem 205, Meyssc 515, Brusseghem 820, Londerzccl 820, Bppeghera 410. Le comte Jean mourut en 1038.
Jean- François -Désiré- Fortuné de Nassau -Siegen, fils unique du comlc Jean, lui succéda (r. du 5 avril 1045); mais, après la paix de • Munster, la seigneurie reconnut pour mailres les enfants de Guillaume II, stalhouder de Hollande, mort en 1050, lils du prince Frédéric-Henri; leur mère, Augusta-Maric, princesse de la Grande-Bretagne, fil le relief en leur nom le 11 mars 1051 .Dans la suite, l'alné de ces enfants, nommé Guillaume, s'illustra par sa résistance aux armées de Louis XIV, souleva
1 Les Archive* du royaume possèdent le Compté de la set'jncwie de (iriwberuhe pour tannée allant :1e la Noël |6IU ti la So<l IC20 ; le màne, pour lanme Hiii; le même, pour les années IGîi *' H)2G.
* De RtiFFtJtOEBC, Mémoires du comte de Mérvdr d'Onnnye*. p. 38. T. 11.
IIISTOMF.
contre* ce monarque toute l'Europe, et occupa avec gloire, de lG89à 1702, le trône d'Angleterre.
Guillaume 111 n'était pas mort que d'avides héritiers se disputaient déjà sa riche succession. Le pclil-fiis de sa tante Alberlinc, Guillaume- Hyacinthe, prince de Nassau, comte de Catzenell n bogen, Vianden et Dietz, baron de Bilslcin et de Rcnaix, seigneur d'Useldangc, revendiquait son héritage, en vertu d'une institution de fidéieommis établie en 1618 par le prince Philippe-Guillaume, et, dès le 13 décembre 1700, il nomma l'avocat Jean-Baptiste Goulot, de Bruxelles, pour prendre possession et pour exercer tous les droits qui lui appartenaient. D'un autre côté, Frédéric Ier, roi de Prusse, fils de Louise, sœur aînée d'Alberline, alléguait le testament du prince René de Nassau-Orange, et celui du prince Frédéric-Henri, qui avait rétabli la succession et remis en vigueur les dispositions du précédent; il donna ses pleins pouvoirs à Frédéric, baron de Heyden, conseiller actuel de son conseil de guerre, général d'infanterie, gouverneur deWesel, drossard de Blanckenslein, et à Keinliarf, conseiller intime de son conseil de régence pour les comtés de Clèveset de la Marck ( Oranienbourg, le 20 octobre 1701). A peine la mort du roi d'Angleterre fut-elle connue, que Coulot fit faire le relief de la seigneurie, dans la cour féodale de Brabanl(28 février 1702), tandis que Gaspar-Guillaume Van Forell, docteur en droit, délégué par le conseiller Reinharl, se transportait à Grimberghe, à Paubergc de la CUf-Xoire (in den Su erlen Sleutel), et là, pendant que le drossard et les échevins siégeaient comme à l'ordinaire, il demanda à être mis en possession de la seigneurie, sauf le droit des tiers (mlvo jure cujuscumque). Il s'assit sur lesiége du drossard, frappa trois coups sur la table placée devant lui, et demanda si personne n'avait d'observation à présenter; personne n'ayant répondu, on lui donna acte de ce qui s'était passé et il se retira (C avril 1702).
La Prusse et les Provinces-Unies étant toutes deux entrées dans la coalition qui se forma à cette époque contre Louis XIV et contre son petit-fils Philippe V, roi d'Espagne, la terre de Grimberghe fut encore une fois saisie et confisquée. Dés que la bataille de Ramillics eut replacé Bruxelles sous la domination des alliés, le conseiller Reinhart se rendit à Grimberghe, y convoqua, à l'auberge dite Léopold les ofliciers de la terre, les échevins du village, et le receveur Fouller, et leur fil prêter serment à son mailre, tout en déclarant qu'il ne voulait préjudicier aux droits de personne (28 juin 170G); quelque temps après, le roi de Prusse ordonna aux ofliciers de la terre d'administrer leurs charges en son nom, de ne respecter aucun ordre que les siens, de s'opposer ù tout ce qu'on voudrait attenter contrairement à ses droits, « bien que
• sans cela, elle, ajoutait ce roi, en parlant de sa majesté, n'est nulle- « ment d'intention de se servir de main forte, mais d'attendre de la jus- « lice ordinaire la maintenue contre tous ceux qui y voudraient attenter « (Bruxelles, le 19 août 1706). » Mais les États-généraux des Provinces- Unies, en qualité d'exécuteurs testamentaires du prince Frédéric-Henri et du roi Guillaume 111, n'entendaient pas tolérer ces démarches prématurées. Le conseil spécial établi par eux lit relever la seigneurie, et défendit, à tous officiers, de reconnaître pour supérieur, soit le roi de Prusse, soit le prince de Nassau, mais seulement ses membres (21 août 170(i). Son délégué, maître Jacques Peslcrs, remercia de leurs services les anciens magistrats des villages de la barounie et les réintégra immédiatement dans leurs fonctions : il nomma : le 7 septembre, à Meysse, un bourgmestre et six éi devins; à Londerzeel, un bourgmestre et cinq échevins; le 10, ù Grimbergbe, un bourgmestre et deux éclievins (les mitres étaient à la nomination des de Bergues); à Slrombeek, un bourgmestre et six éclievins; le 13, à Korglit, un bourgmestre et 4 éclievins; à Bcygliein et à Eppeglicm, dans chacun, un bourgmestre cl six éclievins, cl enfin, a Brusseglicm, un bourgmestre et cinq échevins. Ce que l'on appelle ici bourgmestre n'étailen réalité que le premier échev in.
Le 23 août 1700, Amélie, princesse de Nassau et d'Anhalt, durhesse de Saxe, comtesse d'Ascanie, etc., (il relever Grimberghe au nom de son lils Jean-Guillaumc-Friso de Nassau, stutlioudcr de IYi.se, de Groniugue et des Ommclandes. A celui-ci succéda , en 1730, son lils Guillaume- Charles-Henri-l'riso, qu'il eut de Marie-Louise, landgravine de liesse, et qui épousa Anne, princesse de la Grande-Bretagne. Celle-ci releva Grimberghe pour elle et son (ils Guillaume V, slalhouder héréditaire, capitaine général et amiral des Provinces-Unies, le 13 décembre 1752, et céda la baronnie à Maximilienne-Thérése d'Ongnycs, comlesse de Coupigny, princesse de Bergues, qui en possédait déjà la moitié (r. du 28 février 1757).
La branche cadette des Grimrergub et les Aa. — Arnoul de Grimberghe , qui commença la branche cadelle des seigneurs de ce village, mourut en 1211. Il épousa Sophie, à qui son frère Thierri, seigneur d'Onthena ou Aliéna, assigna, pour sa dot, une somme d'argent, pour laquelle il lui engagea une partie de son alleu et, entre autres, une dlmc à Hufctnlunc (Ilaesdonck), Hinghene cl Bombe»; plus lard, Thierri paya la dol de sa sœur, qui se remaria à Léon Ier, châtelain de Bruxelles, et, avec le consentement de ces deux époux, il hypothéqua h l'abbaye
d'Afilighcm la d'une mentionnée ci-dessus, pour une somme de 504 livres 8 sous de Flandre *. Arnoul n'avait eu de Sophie qu'un fils, nommé comme lui Arnoul cl qui fut pris à la bataille de Bouvincs par les cnmmuniers de lirwris, puis incarcéré à Paris au Grand-Chalclel. Sa position, relativement au duc de Bradant, fut régularisé en 1244, par les soins de son cousin Gérard IV de Grimberglic, qui obtint pour lui la faculté de jouir de la convention faite par son père avec le duc, et un article stipulant la restitution réciproque de ce qui avait été enlevé de pari et d'autre. Il y avait donc eu entre Henri I» et Arnoul une contestation assez grave. Comme il possédait, en plusieurs endroits, la juridiction par indivis avec la famille ducale, lut et le prince Henri, fils aîné du duc, convinrent, « par le conseil d'hommes probes et prudents, de « donner à cens les wastines, bruyères cl autres lerres incultes, qui leur « appartenaient en commun.» Les acquéreurs devaient les défricher, cl les deux seigneurs percevoir le cens par parties égales, et se donner mutuellement aide et protection pour le cas où l'un d'eux serait inquiété h ce sujet (avril •.
Arnoul mourut sans postérité; sa tombe, que l'on voyait dans le ehœur «le l'église de Grimbcrghc, et où étaient représentés un chevalier, une dame et un enfant, rappelait, selon Sanderus 5, le souvenir de ce seigneur, de sa femme Adélieic et de son fils Arnoul, qui mourut jeune. Son patrimoine échut à sa sœur Sophie, qui épousa successivement Wallcr, seigneur d'Aa et de Pollaer, mort en 1230, el Siger II, châtelain de Gand; elle eut du premier un fils appelé Léon, qui avait pour tuteur, en 1240, Arnoul de Sleine; et, du second, deux enfants : le chevalier Siger de Gand et Isabcau ou Elisabeth. De concert avec Robert de Flandre et l'abbé de Sniut-Amand, le chevalier Léon d'Aa donna, eu l'année I2(>G, une ccure ou loi criminelle aux habitants de Baesrodo- SaiulrAmand. 11 fut marié deux fois : à une dame nommée Catherine , puis à Ymaine, veuve de Philippe, seigneur de Boulers. En I2;>8, le lendemain de lu Pentecôte, il déclara tenir en fief, du duc de Brabaut, tout ce qu'il possédait dans la terre de Grimbcrghc, même ce qui était considéré comme alleu ; il ajouta, qu'après sa mort, le tout devait passer à Alis, sa fille aînée, issue de son premier mariage, et il lui transporta immédiatement , en présence de son suzerain, un domaine rapportant par an 200 livres ».
• Cet arte. sjtis date, fut passa i?n prcMtieO tW» chevalier* liodVlïoul du llruxcllca. Im|n nus .lu Coiaui „u CoutlkN», el Juan do Savomltom. CarlmUin d âftigktm, l. l«s p. bu7
• RVTttCM, t I". p. et pivuws. ji "S.
• Sakdebiis, Chor>) intphui <n.r-i UraUtintir. t. [«. p J.il.
• Butkciw, t. U*, preuves, p. 97.
Alis ou Aelis n'ayant pas laissé de postérité, Léon, fils de Léon cl d'Yinaine, hérita de la terre de Pollacr. Gérard, son frère, devint seigneur de Grimberghe. Celui-ci aida, en 1202, l'évéquc de Cambrai à dompter ses sujets rebelles, et reçut l'ordre de la chevalerie à Woeringen, au moment où la bataille allait s'engager. Catherine, dame de Gruythuyse, lui donna deux iils : Jean, l'héritier des biens maternels, et Gérard II, qui reçut en partage ceux de son père. L'union de ce dernier et d'Elisabeth de Leefdale étant restée stérile, le seigneur de Gruvlhuyse réunit entre ses mains tout le patrimoine de ses parents ; en 1550, lorsque Louis de Maie envahit le Brabant, il s'empressa de lui faire hommage pour ceux de ses fiefs qu'il avait dans ce pays. Jean, l'ainédes Iils qui lui donna de Marguerite de Dutzcle *, devint sénéchal de Brabant, et, vers 1573, fut l'un des principaux conseillers des ducs Wcnceslas et Jeanne. Après avoir combattu ù Bastwei 1er et signé la charte de Corlenberg, en l'année 1572, il fut du nombre des députés que le duc chargea de se rendre à Braine-l'Alleud pour y conclure la paix avec les villes; on lui confia ensuite, à lui et au seigneur de Baulcrsem, le soin d'apaiser un différend assez sérieux qui s'était élevé entre le duché et le Hainaul (10 août 1574). 11 signa la charte que Wenccslas accorda à la ville de Louvnin le 8 septembre 1578, et qui provoqua de nouveaux troubles dans cette commune toujours si agitée. Enfin, ce seigneur, qu'on appelait constamment à intervenir pacifiquement, assisla encore au traité j>ur lequel Philippe le Hardi se réconcilia avec les Gantois (18 décembre 1583). Après s'être allié à Isabeau de Los, dame d'Agimont, qui lui laissa une lille nommée Jeanne, Jean d'Aa épousa, en 1580, Agnès d'Espierres, morte en 1458, mère de Jean, tige des seigneurs de Gruythuyse, princes de Stecnhuyse, cl de plusieurs lilles. Jeanne d'Aa porta en mariage les seigneuries de Grimberghe et de Walhain, à Henri de Baulcrsem, seigneur de Melin.
Les Dr Beugubs et les De Glymes. — Henri de Baulcrsem, que l'on appelait aussi Henri de Bcrgues, parce qu'il possédait la terre de Bergues ou Bcrg-op-Zooni, jouit pondant quelques années, en Brabant, d'une grande influence, qu'il devait autant à ses talents qu'à sa naissance cl à ses richesses. Le lîi'i août 1409, sous le règne du duc Antoine, il quitta Brainc-lc-Chàlcau. où les nobles du Brabant avaient reçu ordre de se réunir; à la tète de 12(> cavaliers, il alla occuper Saint-Denis, près de Paris, et ne revint à Bruxelles qu'à la Saint-Martin; 003 couronnes lui furent payées pour les frais de celle expédition, plus 505 couronnes, en indemnité des chevaux que lui cl sa suite avaient
1 En 133*. vsvaii le chevalier fScodulpbu ik» Grm thuyw frère de Jean «I Va
ioi histoire
perdus. En 1410, 025 couronnes furent comptées au seigneur de Wcscmale, qui se fendit également en France, du 24 août au H novembre, a>ec 127 chevaux et 50 valets. On voyait, dans sa troupe, un grand nombre de nobles Bruxellois, et, entre autres, sire Éverard et sire Wenceslas T'Serolaes, Arnoul Van Pcde, Ivvain De Mol, Simon d'Ophem, Jean de- Huldcnhcrghe, Jean Happaert, Ange Vandernoot, Henri De Le KHc ou Vanderkelen, Jean d'Oestvorst, Jean Boct, Giselbert Taye et Godefroid* de Bordeaux. Chacun d'eux comptait pour une geieye ou glaive, c'est-àdire pour un cavalier complètement armé, et avait avec lui 2 ou 5 combattants, également a cheval, et, le plus souvent, i valet à pied ou fantassin; quelques chariots, des chevaux de somme (sommier peert) et le trompette du duc accompagnaient cet escadron. En 1412, dans une assemblée des États tenue à Vilvorde, il fut l'un des députés choisis pour entendre les réclamations que les villes élevaient h la charge du duc Antoine; il était alors sénéchal ou drossard, c'est-à-dire premier officier de justice du duché. Lorsque le duc eut péri à Azincourt, les États instituèrent pour pourvoir à l'administration du pays, pendant la minorité de Jean IV, un conseil composé de deux nbbés, de trois barons, de deux chevaliers et de quatre députés des villes; Henri de Bergues, qui venait d'être nommé receveur de l'aide de 150,000 couronnes votées par les Étals, fut appelé à en faire partie; mais, â quelque temps de la, les villes provoquèrent sa destitution de ses fonctions de sénéchal. Il n'en servit pas moins sa patrie avec zèle lors du siège de la ville de Dordrerht, en 1418; par suite de l'incurie du trésorier Vandenberghe, qui était à cette époque tout-puissant à la cour de Bruxelles , l'arméebrabançonne ne pouvant se procurer le bois nécessaire pour la construction d'un pont ; De Bergues en fit acheter à ses frais. Les villes s'étant hautement déclarées contre ce favori, le duc considéra le sire de Bergues comme l'un des instigateurs de cette manifestation, et le fit arrêter, au lieu dit 't lîuysken, dans les prairies de Vilvorde, par une troupe de soldats, commandés par Jean Vandenvliet. Toutefois, Henri engagea sa parole qu'il se rendrait le lendemain à Hal, et qu'il ne sortirait de cette ville qu'avec l'agrément du duc; à cette condition, il fut relâché. Mais la nouvelle de son arrestation était déjà parvenue à Bruxelles, où elle excita une grande fermentation dans le peuple; l'évoque de Térouanne et son frère, le comte de Conversan, envoyés de Jean IV, qui se trouvaient alors a l'hôtel de ville, auraient couru de grands dangers s'ils n'avaient réussi à convaincre la multitude qu'ils étaient étrangers à cet attentat. Il leur fut permis de partir. Les magistrats résolurent alors de consigner De Bergues à la Vrunle, pour l'empêcher d'aller se livrer à ses ennemis, et, quelques jours après, on le laissa rentrer dans son hôtel; mais le
DES ENVIRONS DE BRUXELLES. iOT>
chagrin que ces événements lui causèrent ne tarda pas h l'enlever '.
Le seul enfant de Henri de Bergucs, sa fille Jeanne, avait relevé Grimberghe en 1401-1402; elle épousa, en 4418, Jean, seigneur de Glymes, qui était conseiller de Jean IV lorsque ce prince fonda l'université de Louvain, le seul beau souvenir d'un règne orageux. Le 7 octobre 1427, étant au lit de mort, dans sa forteresse de Woude, près de Bréda, il partagea ses nombreux domaines entre ses enfants; son aïeul, le sire de Glymes, son frère Baudouin, son oncle Rase de Grcz, Franc de Beersel, Arnoul de Cruyningen et Walter Pipenpoy de Bruxelles, furent désignés pour ses exécuteurs testamentaires. Jean de Glymes, qui prit le nom de de Bergues, eut pour sa part Bcrg-Op-Zoom, Glymes, etc.; Henri reçut Melin,Vleppe ou Velp, Brecht, etc.; Antoine fut destiné à devenir homme d'église; au plus jeune, nommé Philippe, on assigna Grimbcrghe; l'une de leurs sœurs, Gertrude, entra au couvent des Riches-Claires à Bruxelles ; les deux autres épousèrent : Jacqueline, Henri de Witthcm, seigneur de Beersel, et Elisabeth, Adrien, seigneur de Cruyningen.
Philippe de Glymes fut fait chevalier a la bataille d'Overmcire, au moment où l'armée du duc de Bourgogne allait en venir aux mains avec les Gantois (24 mai 1452). Il était conseiller et chambellan du duc, qui lui (il payer pour ses gages,en 1462,163 livres 16 sous. 11 eut de sa femme Jeanne de Hamel ou Hamal, fille de sire Arnoul de Hamal dit d'Eldercn, Philippe, seigneur de Grimberghe par relief du 8 octobre 1 464. qui se distingua au tournoi de Valcnciennes en 1473. L'année suivante, Charles le Téméraire lui confia le soin de ravitailler la ville de Lints, située au delà du Rhin, et que les Allemands assiégeaient, pendant que Charles lui-même attaquait Neuss. Cette entreprise fut conduite par Éverard de la Marck, qui connaissait le pays, et réussit parfaitement, mais sans retarder la prise de Lints *. Après avoir longtemps suivi a la guerre son belliqueux maître, Philippe perdit la vie à la bataille de Nancy. Son dévouement n'avait pas non plus fait faute au duc Charles dans les assemblées politiques, et, en 1467, il s'entremit activement à déjouer les intrigues qui avaient pour but de ravir le Brabant au fils do Philippe le Bon. Son frère Jacques lui succéda (r. du 18 juillet 1476), et épousa Elisabeth ou Isabelle de Boschuysen, dont il eut George, Roland (r. du 16 septembre 1486), et Jeanne, femme d'Adrien de Rymerswale, seigneur de Lodyck. Roland et sa femmeGomcrinnePranl n'ayant pas eu d'enfants, leur frère George hérita de leurs biens (r. du 25 septembre 1501)). Il engagea sa seigneurie de Grimberghe à son parent Jean, seigneur de
» Ui$toirt de Bruxelles, 1. 1«, pp. 189. 191. 193. 195. 196 — Dr. Dmn. pntsim. * Olivier or. u Mineur, L. Il, r. S.
*ut histoiri:
Bergues (conlral en date du 15 juillet 1512, r. du 30 du môme mois). Cclui-ei, eu mariant sou second lils Antoine avec Jacqueline de Croy, lui assigna, du consentement de Philippe, son fils aîné, la seigneurie de Grimberghe, avec le droit d'en jouir, aussitôt après la consommation du mariage; une rente annuelle de 2,000 livres de 40 gros devait constituer le douaire delà fiancée, qui apportait dans la communauté 50,000 livres; on reconnut en outre a Jacqueline le droit de disposer d'un des châteaux de son mari, pour le cas où celui-ci mourrait avant elle sans laisser d'enfants (contrat en date du 12 mars 1520-1521, r. du 14 avril suivant). Antoine devint marquis de Berg-op-Zoom et comte de Wolhain, mais ne conserva pas Grimhcrghe, que George de Glymcs racheta (r. du 23 juillet 1356). Celui-ci mourut le 5 avril 1544. Philippote T'Serclaes lui avait donné cinq enfants : Pierre, mort sans postérité en 1582 ; Ferry ou Fcrnand, qui releva Grimhcrghe, le 27 avril 1542, avec son tuteur Corneille d'Espagne; Jérôme, abbé de Bergues-Saint-Winoe ; Jean, chanoine a Liège, et Marguerite, qui épousa Louis Stradio, puis Jean Psalmier. Ferry de Glymcs coopéra, avec Guillaume le Taciturne, eu 1550, h la refonte de l'ancienne ceure de Grimhcrghe, dont les termes avaient presque tous vieilli ou étaient tombés en oubli. 11 engagea ensuite ce que possédait le domaine dans les villages où il avait déjà la haute justice en tout ou en partie : à Buggcnhout, Maldercn, Lippeloo, Liezele, Sempst, Weerde, et, non content d'avoir ainsi augmenté l'importance de ses domaines, il voulut encore profiler des événements politiques pour les étendre. Lorsque les biens des Nassau furent confisqués par ordre du roi Philippe II, Ferry de Glymcs insista, à plusieurs reprises, auprès du gouvernement des Pays-Bas, pour qu'on lui vendit la seconde moitié de la terre de Grimberghe, mais la mort vint l'empêcher de poursuivre l'exécution de ce dessein, qui aurait d'ailleurs été annulée en 157(i, lorsque Nassau revint en Belgique plus puissant que jamais '.
Par une déclaration des échevins de Grimhcrghe, datée du 27 octobre 1590, nous apprenons que la baronne de Grimberghe, Anne Slerck, dame de Stabroeck, habitait alors le château depuis plus de 19 ans, comme l'avait fait son mari, et comme l'avait fait aussi son fils aîné, depuis son retour dans le pays. Anne avait relevé Grimberghe le 2 octobre 1571, en vertu du testament de Ferry , et le posséda jusqu'à sa mort, arrivée le 5 mars 1005. Ses enfants cessèrent de porter le nom de De Glymcs et adoptèrent celui de De Bergucs, la branche aînée de In famille étant éteinte. Le plus âgé, le chevalier Jacques de Glymes (r. du 25 octobre 1606), fut l'un des représentants de l'état noble de
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Brabant h l'inauguration d'Albert et d'Isabelle. De concert avec son frère Guillaume, archevêque de Cambrai, il fonda, en 1608, des bourses pour l'étude de la philosophie, de la théologie et du droit, bourses qui sont aujourd'hui annexées au collège Vandale, A Louvain, et dont la collation appartient encore aux possesseurs du eliAteau de Grimberghe. Le seigneur assistait autrefois, tous les ans, à la reddition des comptes de la fondation, et, A celte occasion, il lui était payé, pendant 4 jours, 8 florins par jour. Jacques de Bergues laissa Grimberghe, sous réserve d'usufruit, A son neveu Godefroid, lils unique de Gérard, seigneur de Slabroeck, gentilhomme de bouche de l'archiduc Mathias, et d'Anne de llamal (r. du 8 octobre 1624). Godefroid fut capitaine d'une compagnie d'infanterie wallonne, puis d'une compagnie de cuirassiers. ï.e roi Philippe IV érigea en sa faveur la terre de Walhain en comté; mais, avant «pie l'octroi eût été dépéché, il reçut en don la baronnie de Grimberghe, à laquelle le titre de comte fut alors attaché (15 février 162?>, r. du ô février 1626) ; la même année, le 23 avril, il fut créé baron d'Arquennes, terre que lui avait apportée sa femme Honorine de Hornes. Par son testament, en date du 29 décembre 1027, Jacques de Bergues, * n'ayant « pas de descendants de son corps, ni de frères, • institua son neveu, le comte de Grimberghe, baron d'Arquenncs, pour son héritier universel, à la condition de payer différents legs, de ne pas aliéner ou hypothéquer les biens provenant du testateur, même en vertu d'un octroi du prince, et à la condition aussi que ces biens, par dérogation A ledit perpétuel du 12 juillet 1611, qui restreignait à la troisième génération la durée des fidéicommis, constitueraient un majorât perpétuel; et que les fils aînés des seigneurs de Grimberghe recevraient pour leur entretien, tous les ans, dès qu'ils auraient atteint l'âge de 10 ans, 1,000 florins, et, à 20 ans, 2,000 florins. Jacques de Bergues avait laissé, entre autres, A ses neveux Gérard et Isabelle de Poelgeest,au premier, 9,600, A la seconde, 4,800 florins, pourvu qu'ils se soumissent A l'autorité du roi. L'abbé de Grimberghe, le drossard et lieutenant des fiefs, mess ire Jérôme Loerarnts, et le greffier de la baronnie, maître Nicolas Quisthout, furent ses exécuteurs testamentaires.
Presque toutes les alliances des De Bergues furent extrémemeni fécondes; Godefroid et Honorine n'eurent pas moins de 21 enfants, entre autres, Eugène-Ignace, prévôt de Clèvcs, et Alphonse, qui, en 1667, fut nommé évéque de Tournay, mais sans pouvoir prendre possession de son siège, la plus grande partie de son diocèse étant occupée parles troupes françaises; Alphonse de Bogues fut ensuite archevêque de Malines. De son frère Eugène (r. du ôO septembre lO'i.i), mort en 1670, et de Florence-Marguerite de Henesse, dame de Féluy et des Kraussines,
2<Xi HISTOIRE
naquit Philippe-François de Bcrgues (r. du 3 août 4 071.), dont nous avons déjà parlé à l'occasion de son mariage avec Jacqueline de Renesse, héritière de Gaesheek.
Vingt années de services constants, d'abord comme capitaine de cavalerie, puis comme mestre de camp d'un terec d'infanterie wallonne, et enfin comme sergent général de bataille (par promotion datée du mois de mars 4684), valurent à Philippe-François le litre de prince de Bergues, qu'on lui permit d'affecter sur la terre de Grimberghe (23 mai 4686, r. du 46 juillet suivant). En 4688, le gouverneur général le chargea d'aller complimenter le roi d'Angleterre Jacques II , sur la naissance du prince de Galles; il partit de Bruxelles le 25 juillet, accompagné de son frére, le comte de Bcrgues, capitaine de la compagnie des hallebardiers, du comte de Grobbendonck, député des Étals de Brabant, et de don Gaspar d'Espinosa; il s'embarqua à Ostendc, le 28, sur la frégate Notre-Dame de Grâces, que l'on avait frétée exprés pour lui et sa suite, et revint le 24 septembre Nommé, en 4690, bailli du Hainaul et gouverneur de Mons, il défendit, l'année suivante, cette ville contre Louis XIV en personne, qui poussa les attaques avec la plus grande activité. La garnison, forte de 5,000 hommes, se défendit vaillamment, mais les habitants, qui craignaient un bombardement, prirent les armes et la forcèrent h capituler *. Le prince devint ensuite gouverneur de Bruxelles, et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, qui arriva le 4 2 septembre 1704. Le roi Charles II lui donna, le 19 mai 1694, en même temps qu'au marquis de Wcsterloo et au prince de Chimai, le collier de l'ordre fie la Toison d'or.
Un des frères du prince de Bergues , George-Louis, devint évéque de Liège en 4724, et ne mourut qu'en 4743, à l'âge de 84 ans; sa sœur Maric-Josèphc fut élue abbesse de Nivelles et mourut en 4724, Agée de 77 ans. Le prince lui-même laissa cinq enfants : Alphonse-Dominique, d'abord colonel d'infanterie, puis brigadier des armées espagnoles, mort îi Bruxelles, le 4 avril 4720; Marie-Honoriue, morte à Paris en 1744, femme de Louis-Joseph, comte d'Albert de Luynes; Charlotte, femme de Ferdinand-Joseph d'Ongnyes, comte de Coupigny, baron de Blaesvclt, colonel d'infanterie et lieutenant général des armées espagnoles, mort en 1723; et Maric-Honorée, chanoinesse de Mons, maltresse de l'électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel, qui la maria à Joseph d'Albert de Werlingen-Hachenreiden , son grand écuyer, cl qui mourut a Compiègne le 17 mars 1715. Dés le 30 décembre 1687, le
• Htlatinn* véritable*.
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prince et sa femme assignèrent à leur fils, en se réservant toutefois la faculté de révoquer cette disposition et de disposer de leur fortune, ■ tous leurs biens, terres, seigneuries, et autres patrimoniaux ou ac- « quèts, possédés ou à posséder, eu quelque lieu qu'ils fussent situés, » à la condition qu'il payerait a sa sœar ainée une rente annuelle de 1 uni) florins ou de 2,000 livres tournois, et à chacune des trois autres (iOO florins par an, toutes ces rentes rachetables au denier 10; s'il venait ù mourir, leur patrimoine devait être partagé, mais de manière A ce que l'aînée des fi I les eût un tiers en sus de la part ordinaire.
Le second prince de Bcrgues (r. du 30 décembre 1704) resta fidèle à l'électeur de Bavière dans la mauvaise comme dans la bonne fortune. « En 1710, dit Saint-Simon, il revint de l'armée de Flandre, au commencement de la campagne, pour épouser une iille du duc de Rohnn ( Annellenriette de Rohan-Chabot), dont il voulait se défaire à bon marché; c'était un très-laid et vilain petit homme de corps et d'esprit, dont il avait fort peu, mais il avait une souir chanoinessc de Mons, belle et bien faite, d'un air fort noble, qui s'appelait mademoiselle de Montigny, qui n'avait rien, et dont l'électeur de Bavière devint amoureux après qu'il eut quitté madame d'Arco, mère du comte de Bavière, et l'a été jusqu'à sa mort. Il obtint pour le frère de sa maîtresse une compagnie des gardes du corps du roi d'Espagncà Bruxelles, l'ordre de la Toison d'or et enfin Iagrandesse (cette dernière, par décret du 13 avril 1708). » Ailleurs, le satirique marquis rend hommage au mérite et a la beauté d'Anne de Hohan
Son mari laissa ses affaires dans un tel délabrement que la mine de la famille parut imminente. Le 15 février 1723, Antoine Jacquier, chanoine du chapitre de Nivelles, mandataire de Marie-Josèphc de Bergues, chanoinesse de Nivelles (pour qui on avait relevé Grimbcrghe le !) du même mois), comparut devant les échevins de Grimberghc, accompagné de deux hommes de fief de Brabanl, et déclara venir prendre possession de la baronnie de Grimberghc et de tous les autres biens compris dans le majorât institué en 1<>27, ce qu'il accomplit le 17. L'évéquc de Liège en fit faire autant ; à cette dernière date, son mandataire demanda aux échevins si le testament de Jacques de Bergues était copié dans leurs registres et, sur leur réponse que ceux-ci avaient péri dans le bombardement de la ville de Bruxelles, il les pria de l'enregistrer. Par un acte du 1 1 juillet 1724, révèque renonça à ses droits sur Grimbcrghe, en faveur de sa sœur, t sans préjudice des prétentions des autres filles de la c maison de Bergues, à condition quelle ne se marierait pas sans son « c onsentement positif (en quoi, ajoute le prélat, nous ne serons obligés
• Mtmutrr». t XVI, p. 61. — Cui.f. le mt-mc. t. XXXIV. ,». 50.
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€ d'alléguer aucune raison de mécontentement), > que l'époux porterait le nom et les armes pleines de Bergues, et qu'il lui serait payé une somme de 42,000 florins. A celle époque, le comte d'Albert de Lu) nés, époux de Marie-Honorine de Bergues, résolut de relever la fortune de sa femme. Du consentement de sa tante et de l'évéque de Liège, et par un acte passé devant le notaire Dclporle le 1M juillet 1727, il reconnut à la veuve de son beau-frère un avoir de 40,000 florins, constituant le moulant de sa dol, s'obligea à lui payer les intérêts de celle somme pendant sa vie et à partir de la mort de son époux, et lui promit, en outre, une rente annuelle de 7,000 florins, pour le rachat de ses droits d'usufruit sur la lerre de Grimberghe; elle devait, de son côté, lui remettre les portraits et tableaux des membres de la famille de Bergues, et tout ce qui dépendait de la chapelle du château (r. du G septembre 1727). Devenu de la sorte propriétaire absolu de la baronnic, le comte obtint pour lui le renouvellement du litre de prince de Bergues ou de Grimberghe (Vienne, le 18 mai 1729)
La faveur du comte d'Albert fut longue et dura plus que la vie de celle qui en avait été l'origine, mais elle se termina enlin d'une manière désastreuse. L'électeur Maximilicn-Emmanuel l'avait nommé, dès l'année 1702, gentilhomme de sa chambre et maréchal de camp de ses armées, puis lieutenant général en 1712. Après son retour d'Espagne, en 1715, où il avait élé envoyé pour traiter des affaires d'une nature toute confidentielle, son protecteur lui conlia les fonctions de grand écuyer cl de conseiller d'étal actuel, lui fil des dons considérables et l'investit du fief de Werlingcn. On l'envoya plusieurs fois en France pour soigner la liquidation des intérêts financiers de l'électeur. Celui-ci le gratifia encore du titre de colonel de son régiment des gardes à pied, et son fils Charles lui assigna une somme de 250,000 livres, remplacée ensuite par une rente viagère de 5G,000 livres par an (lo avril 1752). Après la mort de l'empereur Charles VI, l'électeur de Bavière, devenu empereur sous le nom de Charles VII, mil encore toute sa confiance en lui, le créa conseiller d'étal intime impérial et prince du Saiul-Empire(l" septembre 17 42), son ambassadeur extraordinaire près du roi de France (1 1 septembre 1742), et enfin feld-maréehal (1745). Mais les succès des armées françaises, qui appuyaient les prétentions de l'électeur, ayant élé bientôt suivis de revers, Charles VII, déppuillé de ses étals, accablé de maladies que le chagrin aggravait, mourut en 1745. Son fils Maximilien-Joscph fut enlin forcé de se soumettre à Marie-Thérèse. Dés cet instant, le prince de Grimberghe tomba en disgrâce, par suite des intrigues du comle de
• Gnfli tcluanai de Grimhrr;he — iiejislre* aux chartes de la Chambre des compte*.
Seinsficim. Le dernier compte de sa gestion devait se solder par une somme de 145,000 livres; au lieu de cela, en 1741), la chambre destinantes le déclara débiteur de près de 5,000,000 de livres, lit séquestrer les rentes qu'il possédait sur l'hôtel de ville de Paris, et conlisqua Wertiugen et ses autres terres en Souabe. Le prince s'engagea alors dans des plaidoiries coûteuses1, et mourut le 8 novembre 1758, à 1 âge de 80 ans, n'ayant eu de sa femme qu'une lille, Thérèse, morte en couches à Surène près de Paris, un an après son mariage avec Marie-Cbarles-Louis d'Albert, duc de Luyncs et de Chevreuse.
Les Mérode. — Après la mort de Marie-Honorine de Bcrgucs, sa nièce Maximiiientic-Thérèse d'Ongnyes, comtesse de Coupigny, baronne de Blaesvcll, daine de Pamelc, avait relevé Grimbcrghc (r. du 24 novembre 1744); quelques années après, M. d'Albert céda ses droits sur Grimberghe, par une transaction signée, eu conseil de lirabant, le 22 décembre 1752, à Ferdinand-Gaston-Joseph- Alexandre, duc de Croy, comte de Rœulx, baron de IJeauraing, prince du Saint-Empire, chevalier de la Toison d'or, grand d'Espagne de première classe, petil-lils du duc Ferdinand-Gaslon-Lamoral de Croy et d'Anne-Antoinette de Bergucs, lille du comte Eugène. Au mois de décembre 1753, l'héritière de Coupigny et le duc Alexandre se marièrent, mais ils moururent sans laisser d'enfants, celui-ci en 1707, celle-là en 1774. La duchesse avait considérablement accru la valeur de la terre de Grimbcrghc eu réunissant à la partie de celte terre qui appartenait aux De Bcrgucs, celle dont les Nassau avaient été en possession et que la princesse douairière d'Orange lui céda, par acte passé devant le notaire Jean-Baptiste Nucvvens, le 5 février 1757, mais dont elle sépara une partie assez notable, le village de Londerzeel, qu'elle vendit eu 1704.
Par son testament, qui fut signé à Bruxelles, le 8 juin 1770, elle (il abandon de tout son patrimoine à son cousin Olhon-llcnri d'Ongnyes, comte de Mastaing et de Mersicourt, vicomte de Casliau, lils d'Anloinc- Ilenrî, cadet de la maison d'Ongnyes, cl de Maric-Paulinc-Josèphc de Jauehe, comtesse de Mastaing, baronne de Ilérimez, femme d'une forée étonnante el qui domptait les chevaux les plus rétifs *. Olhon-llcnri fut reçu aux Etals de Brabanl comme baron d'Arqueuues en 1772, et comme prince de Grimberghe en 1777, ce dernier litre ayant été renouvelé en sa faveur, par lettres patentes du 0 janvier de telle année; il
1 VOffll Uiuotui. Mt moire pour M. le prime de OrimUraheu, nnUnaul l analyse dis rompis*, ili/ilumi s. décrets et autres titres JuMififatij* île son administration, de >«i i r •<//«< légitime et privilégiée sur tes (un is et deniers de la succession Uumbarde. Francfort, chez \V.tirfriti.i|i|>. lil>r.nro, 1730, in-*».
* Sjutvmrs du comte Henri de Mrode sénateur du royattDU 1 l".
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avait fait, lu 15 juillet 1774, le relief de la seigneurie. Celle-ci étant chargée «l'un capital de 25(),0(M) florins, il céda, en garantie de celle somme, à Ad rien- Ange de Walekicrs, seigneur de Tronchieunes, le tiers des amendes, des morlemains, des forfaits et des aulres droits qu'il prélevait dans le pays de Crimberghe cl à Sainl-Amand (r. du 17 mai 1777); pour mettre Un à quelques contestations qu'il avait avec le vicomte de Crimberghe, il lui vendit toute la juridiction qu'il possédait au hameau de Borght; mais, par contre, il acheta l'importante terre de Buggcnhout cl sa belle forêt, ancien patrimoine des Bournonville. Le prince fut d'abord colonel au service des États Généraux des Provinces-Unis, puis conseiller d'étal actuel et chambellan de l'empereur, général-major, membre du conseil d'état aux Pays-Bas, grand veneur de Brabanl, grand écuyer faisant fondions de grand maître de la cour de Bruxelles. Il fut, en outre, lieutenant de la cour féodale de Brabanl et bailli du Wallon- Hrabant, et chevalier de la Toison d'or. Il était forl aimé du prince Charles, qui le traitait en ami, et avec qui il Ht, en qualité d'aide de -camp, quelqucs-uucs des grandes guerres du règne de Marie-Thérèse. En I78U, l'expulsion des Autrichiens l'affecta douloureusement, lui qui était en très-bonnes relations avec les gouverneurs généraux ; les événements de la lin de l'année 171K), si affligeants pour le parti aristocratique, l'achevèrent. Il mourut au mois de juin 1791, au moment où il s'habillait pour aller au-devanl de l'archiduchesse Marie-Christine, qui revenait à Bruxelles diriger l'administration du pays. Sa femme Marie- Philippine de Mérode, fille de Joachim-Maximilicn, marquis de Deynze, et de Thérèse-Jeanne-Philippine de Mérode de Houffalizc, morte de la pelilc-vérole le I** décembre I7(M, ne lui avait donné qu'une fille; il se remaria, en 1775, à une dame alsacienne, la baronne de Maltzen '.
La mère de Marie-Josèphe d'Ongnyes de Maslaing avait pour mère une Mérode et comptait trois aïeux, quatre bisaïeux et Irois Irisaïcux du même nom; en 1778, l'héritière de tant de branches différentes de la même famille épousa encore un Mérode : Guillaumc-Charlcs-Ghislaiu, comte de Mérode et du Saint-Empire, prince de Bubempré et d'Eversberg, marquis de Weslerloo, grand d'Espagne de première classe. Elle cul de lui quatre fils qui ont joué un rôle considérable dans les événements qui se sont passés en Belgique depuis vingt-deux ans : Henri, qui siégea au sénat jusqu'à sa mort, arrivée le 23 septembre 1847; Félix, comte deTrélon, ministre d élai, membre de la chambre des représentants, où il s'est fait une réputalion par ses saillies; Frédéric, blessé mortellement près de Lierre le 24 octobre 1830, dans un combat livré
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DES ENVIRONS DE BRUXELLES. |l|
par les volontaires belges aux troupes hollandaises, cl Wcrner, mort eu 1840, également membre de la chambre des représentants. Pendant les premiers jours du mois de septembre 1793, la princesse deGrimberghese lit recevoir solennellement dans ses domaines; cette cérémonie féodale, la dernière peut-être de son genre qui ait eu lieu en Belgique, sous l'ancien régime, fut pompeuse : une grande cavalcade vint à la rencontre de la princesse, dont la voiture était entourée d'heiduques; lorsqu'elle descendit de voiture, quatre enfants du village portèrent sa robe, et, à l'entrée de l'église, elle fut reçue par l'abbé et tous les religieux, vêtus de leurs robes blanches, puis on la conduisit au château1. La résidence des Berlhout a depuis lors clé abandonnée ; ses maîtres, après leur retour de l'émigration, préférèrent le séjour d'Eversberg, et son possesseur actuel a une prédilection marquée pour l'antique manoir de Wcsterloo, en Campine.
D'après les dispositions prises par le roi Guillaume, les titres de marquis de Westcrloo, de prince de Rubempré et d'Eversberg, et de prince de Grimberghe, devaient échoir, après la mort de. madame de Mastaing, au chef de la maison, tous les autres descendants portant le litre de comte ou de comtesse. Le roi Léopold, par un diplôme du 22 septembre 484G, a supprimé la qualification de prince d'Eversberg, et statué que dorénavant le (ils aîné du comte de Mérode, marquis de Westcrloo, prince de Rubempré et de Grimberghe, portera, du vivant de son père, le titre de prince de Rubempré, sans le faire précéder d'aucun autre litre, et écartcllera ses armes avec celles de Rubempré ; devenu chef de famille, il abandonnera le quartier de Rubempré et prendra toutes les qualiiicalions attribuées à son père. Celles^i appartiennent aujourd'hui à M. Charles-Antoinc-Ghislain de Mérode, membre de la chambre des représentants, lils du sénateur Henri et de Louise-Jeanne de Thésan, dame d'honneur de la reine Louise; sa sœur, Maric-Joséphine-Hilde* gonde-Ghislaine, s'est alliée, en 18U, à Adrien, marquis de Lcvis- Mirepoix.
Titres, prérogatives et droits des seigneurs de Grimrergue. — L'érection de Grimberghe en principauté, en ItiSti, ne lit que rétablir un titre que les plus anciens possesseurs de cette seigneurie avaient souvent pris. Pendant les premiers temps de la féodalité, les principaux seigneurs belges, ceux qui marchaient immédiatement après les ducs et les comtes, ceux qui jouissaient dans leurs terres de droits très-étendus, les seigneurs de Diest, de Termondc, d'Alosl, les châtelains de Tournai, se qualifièrent fréquemment de princes, et quelquefois, en se servant de l'expression :
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« par la gnke de Dieu, » ils scmblèrcntdéclarcr qu'ils ne reconnaissaient sur la terre aucune autorité supérieure à la leur. Il n'est pas étonnant que les redoutables barons de Grimberghe en aient fait autant 1 . En s'arrogeant le droit de grAcier ceux qui commettaient des crimes cl des délits dans leurs domaines, ils s'emparèrent du droit le plus sacré des souverains. Les lois criminelles régissant leurs vassaux furent promulguées en leur nom ; enfin, à eux appartenaient aussi la policede la voirie et des cours d'eau, la concession d'octrois pour rétablissement de moulins, le rjruytbier, impôt qui consistait en un pot prélevé sur chaque aime de bière importée et en une placquc de Brabant ou 24 miles sur chaque aime de bière brassée dans leurs domaines, etc.
La terre de Grimbcrghc comprenait : Grimberghe, où les deux familles seigneuriales nommaient en commun sept éclicvius jugeant toutes les causes réelles, et se partageaient les amendes, les compositions de crimes cl de délits; Meysse, où elles partageaient la haute justice avec les Bouchout, qui relevaient directement du duché de Brabant, et avec le seigneur de Meysse, vassal de ceux de Grimbcrghc; Slrombeck, Eppcghem, Brusseghem, Londcrzecl, où dominèrent exclusivement les Viauden, puis les Nassau ; Buggenhout, où il y avait deux échevinages : celui des Aa ou des De Bergues, cl celui des seigneurs de Buggenboul, feudalairesdela branche aînée ;Thissell,cl,en Flandre, Bacsrode-Saint-Amand, propriétés de la branche cadette; et en lin Willebroeck, Kuysbrocck , Hoyndonck, Boom et Bumpst, qui furent donnés en partage par Godefroid II de Vianden à son frère Philippe, et formèrent depuis le pays de Itump8t. Ajoutez à ces localités : Maldcrcn, Lippcloo, Liezele, où les De Bergues possédaient la haute juslicc par indivis avec les ducs deBrabanl; Sempst, Wcerdc, Baemsdonck, où ils avaient un éclieviuage et beaucoup de biens, et les domaines des Grimberghe présenteront une masse considérable, qui commandait les bords de la Senne, depuis Vilvorde jusqu'au Sennegat, le Bupcl, à partir de ce dernier endroit jusqu'à son confluent avec l'Escaut, et ce fleuve lui-même, jusque près de Termoudc.
Si, dans les espaces intermédiaires, les ducs avaient quelques biens, par contre les Grimberghe étendaient leur influence sur beaucoup d'autres villages, où ils avaient des liefs. Au quinzième siècle, 482 tenurcs ressortissaient à leur cour féodale, savoir : 125 (iefs, dont !>2 plcins-fiefs, relevant à la fois des deux seigneurs; 175 fiefs tenus des : Nassau, et 182 fiefs, dont 68 pleins-fiefs tenus des De Bergues. Dans la
« GtrarJmrt Arnold*», priwipe* de Grimheryhr, USX Gérard**, pmuep* Qrimbtrfftuli*. ItOTKC»*, t. Il, pp. 71 ot 7?.— Gernr lu*, nahthmimui Grimlternensium princ*p%, 1201. Oper/i dipl. t. Il, p. 728. — Gerurdu» , Dri palienliù. duhu de Urimhrryi*, prm epx inrtytm Gha «Ut, p
DES ENVIRONS DE BRUXELLES. il S
première catégorie se trouvaient des fiefs h Beygliem, Elewyt, Ramsdonck, Weerde, Meysse, et presque tous les petits châteaux qui couvraient, pour ainsi dire, le territoire du village de Grimberghe; dans la deuxième, les villages de Rumpst et de Heyndonck, la seigneurie de Blaesvelt, Haeght, dans le paysr de Rotselaer, avec une cour féodale de 18 pleins-fiefs et de 66 petits-fiefs; Buggenhout, la châtellenie de Grimberghe, la ferme des pauvres de la paroisse Saint-Nicolas de Bruxelles, A Grimberghe ; la seigneurie de Meysse, des fiefs à Laeken, Stromheek, Meysse, Brusseghem, Ossel, Hamme, Zellick, Molhcm, Bollebeek, Londerzeel, Eppeghcm, Sempst, Ramsdonck, Wilryck près d'Anvers; dans la troisième, les villages de Willebroeck et de Ruysbroeck, des fiefs à Mecchten, Steetihuffel , Malderen, Lippeloo, Liezele, etc.
les revenus fonciers des Grimberghe -Nassau se montèrent, en 1619-1620, à 1,650 livres 19 sous 6 deniers d'Artois, 956 1;2 et 1/5 chapons, 227 1/4 poules, 9 oies, 7 \fl quartauts de seigle, 2 muids 2 setiers 1 quartaut d'avoine et 5 livres de cire; en 1622, ils furent affermés, sauf ceux d'Eppeghem et de Meysse, à Michel et Jean Arys, pour la somme de 2,020 florins par an. Pour les revenus des De Bergues, nous possédons un document plus ancien ; c'est un compte de Jean Van Campenhoudt, commis, au nom de noble dame Jeanne, dame de Berg-op-Zoom,à la recette de ses biens dans le pays de Grimberghe, à Vossem,à Leefdael, àBoesdale,aTen-Broecke et aux environs, et du cens d'Overzenne, dont la moitié avait été engagée à Jeanne; ce compte va de la Noël 1429 à la Noël 1430, et solde par un déficit de 50 livres 12 deniers de gros, les dépenses s'étant élevées à 267 livres 9 sous 7 1/2 deniers'.
Lorsqu'on divisa le duché de Brabant en quartiers et en mairies, Rumpst et Boom, étant situés au nord du Rupel, furent compris dans le quartier d'Anvers, et joints, chose singulière, à la mairie de Turnhout. Le pays de Grimberghe et celui de Rumpst « en deçà de l'eau > (dessyde icuters) furent d'abord considérés comme des annexes de la mairie de Merchlen, ainsi que l'attestent les tableaux de la répartition des aides levées en Brabant en 1427 et en 1455 ; mais, plus tard, ils formèrent une mairie particulière, à laquelle on joignit la terre de DuiTel , et dont on sépara, par contre, Ruysbrocck, Willebroeck et Heyndonck. Cette mairie reconnaissait les drossardsdesdeuxseigneurspourpremiersofliciers, toutefois en matière administrative seulement; l'autorité judiciaire étaitdiflëreiiiment répartie suivant les localités, comme nous l avons dit plus haut.
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T. II. *~T
Coutumes locales, tribunaux, etc. — La ceure de Grimbcrghe ne stipula rien au sujet des biens, qui suivaient chacun des coutumes diverses. Les fiefs se divisaient entre les fils, à l'exclusion des tilles, et, par une coutume assez bizarre et que nous avons déjà essayé d'expliquer, au livre Ier, chapitre II, ils passaient au plus jeune fils en majeure partie, c'est-à-dire jusqu'à concurrence des deux tiers, et dansce lot devaient être comprises les forteresses et les juridictions; la part des autres fils ne se relevait pas de la part du cadet, mais formait immédiatement des tenures assujetties à prêter hommage au fief dominant. En ligne collatérale, les enfants des fils étaient préférés à ceux des filles. Les vassaux n'étaient pas tenus à demander la permission de céder ou d'hypothéquer leurs biens. Pour les affaires réelles, les échevins de Grimbcrghe, de Mcyssc, de Brusseghcm,de Londerzccl, allaient en appel à Uccle,et suivaient les coutumes de ce village, sauf que, dans les successions, le plus jeune frère héritait de l'habitation paternelle et de ce qui l'entourait, jusqu'à concurrence d'un demi-journal ; un autre demi-journal était donné, en échange, à chaque copartageant L'échcvinage de Grimherghc servait lui-même de chef de sens aux échevins de Buggenhout, de Bcyghcm, d'Eppeghem, de Thisselt, de Willebroerk, de Ruysbrocck, de Rumpst, de Heyndonck, deBlaesvelt,(rEeckeren,aux tenanciersdcsscigneursà Sempst, à un grand nombre de cours censales, et peut-être aussi aux échevins de Strombeek. En i45iM453, les échevins de (îrimberghc, en allant a chef de sens à Uecle, ayant mal exposé les prétentions des partiesctlesraisonsalléguécs par elles, furent condamnés à étudier de nouveau l'affaire et à payer au duc une amende deSOpeters.Dans le principe, ces magistrats, ainsi que ceux des villages voisins, tcnaientleurs^e«ec//'«« tous les quatorze jours, dans un endroit déterminé, et en présence des maires et des officiers de la seigneurie; plus tard, ils adoptèrent l'usage de se réunir entre eux, sans avoir égard au jour ni à l'heure, et de statuer dans ces asscmbléessur des affaires de toute nature, soit litigieuses, soit administratives. Comme ils n'yappelaient pluslcmairc François Brion, celui-ci s'enplaignitau conseil de Brabanl, qui, en effet, défendit aux échevins, sous peine de 12 réaux d'or pour chaque contrevenant et chaque contravention, de se réunir en assemblée privée ou extraordinaire, « de leur propre autorité, et sans le sçu du plaignant,» sauf l'assemblée qui se tenait les jours ordinaires de yenechte cl sauf aussi les cas de nécessité absolue (10 juin I6!)0).
De même que le pays de daesbeek, celui de Grimberghe avait deux classes d'habitants : des mei/sseitiers et des cossaeten. Les premiers.
' Les contint H'» tic (iriml ergiic ont ute imprimées dan.-» les Cmlnyinfn van Bniluinl, h dttl ; elles furent cm o> ces au conseil de Brabanl, de UiOo a 1607, mais ou DO l« • lionotogtia jamais
pour avoir droit à leurs prérogatives, devaient faire constater, par le témoignage de deux de leurs pairs, qu'ils y avaient droit par leur naissance et qu'ils étaient nés de parents unis par les liens du mariage. Leur principal privilège, parait-il, consistait dans l'exemption de la mainmorte et de toute corvée. Suivant une déclaration des échcvins de Grimhergiie, du 40 décembre 1466, lorsqu'ils devenaient veufs, la propriété absolue des meubles et des créances de la communauté leur était dévolue, à charge, par contre, de payer les dettes; usage qui, dans la suite, semble être tombé en désuétude1. Leurs prérogatives donnèrent fréquemment lieu à des contestations. En 1403-1404, les seigneurs demandèrent qu'on leur livrât, sans frais et sans dommages {costeloosen scadeloos), comme appartenant à leur meyssenie, Jean Den Mey, Gilles Den Mey et Jean Van Yenberghe, qui avaient été cités par-devant les échevins de Bruxelles, pour avoir assailli deux bourgeois de cette ville ; et on déféra à leur demande. Une convention conclue, le 8 avril 1450, entre Philippe le Bon et les deux seigneurs de Grimberghe , détermina , comme suit, la manière dont on devait agir à l'égard des meysseniers : On ne réclamera, on ne livrera dorénavant les meyssenû rs des seigneurs qui habitent jes domaines du duc et vice versâ, que quand il sera question d'un crime entraînant la perle de la vie ou d'un membre; s'il s'agit de dettes, de promesses, de contestations entre voisins, les magistrats du lieu seront seuls compétents pour juger, nonobstant toute coutume contraire. Lorsqu'on contestera à un individu de cette classe sa condition, jes ofliciers des deux juridictions se réuniront pour examiner l'affaire; celui qui veut prouver sa meyssenie comparaîtra devant un ofiirier cl un banc de sept (ou au moins de quatre) échcvins, dans la juridiction du seigneur donl il prétendra être meyssenier, et il amènera deux de ses pairs qui témoigneront du fait; lui d'abord et eux ensuite prêteront serinent, « sur la damnation de leur âme, » ou produiront des lettres dûment scellées; on payera, dans ces occasions, à l'oflicier 2 vieux gros, à chaque échevin \ vieux gros, et au clerc ou greffier i vieux gros. Lorsqu'il faudra attester la condition d'une personne arrêtée, celui qui la réclamera devra être lui-même meyssenier et venir prêter serment, avec quatre de ses pairs, devant un tribunal du seigneur sous qui l'arrestation a eu lieu. Il ne sera plus permis de choisir un autre seigneur; on devra, toute sa vie, reconnaître le même suzerain. Quand un meyssenier sera condamné à une amende, l'officier du lieu où la sentence aura été prononcée devra réclamer l'intervention du seigneur du coupable, et celui-ci, pour ce bon office, recevra le quart du montant de l'amende.
' M'tnm. ripta tt txempln m.inusrrit drs Ar< hi\es communales do Bruxelles, f» 7i.
il* HiSTOinE DES ENVIRONS DE BRUXELLES.
Enfin, afin d'éviter que des meysseniem arrêtés pour erimes ou pour délits, ne soient mis eu liberté avec trop de précipitation, les officiers «le justice seront dorénavant obligés de les garder en prison pendant trois jours au moins. Suivant une enquête ouverte par les échevins de Grimberghc, les meyssemedt Uede étaient exempts de loulieux dans un grand nombre de villes, entre autres, à Malincs, à Berg-op-Zoom, à Anvers, à Bruxelles, et, en outre, ils ne devaient point de corvées aux seigneurs dont ils habitaient les domaines (déclaration en date du 15 avril 1499- 1500)'.
Le pays de Grimberghe était jadis assujetti a payer l'impôt appelé le tiobel-gelt. En 1448-1449, il fut taxé, de ce cher, à 110 nobles, qui furent répartis comme suit : Grimberghe 7 nobles, Meyssc 3, Brusscgltem 5 1/2, Londerzeel 5, Beydeghem 041 Beyghem 1, Buggenhout 1 3/4, Tliisselt 1 noble 6 sous, Weerde l noble, Eppeghem i 1/2 ou 18 sous, Sempst 2 nobles. La nécessité de faire face à ces charges collectives avait habitué, sous l'ancien régime, les différents villages du pays de Grimberghe à des réunions fréquentes, qui, plus d'une fois, ainsi que nous l'avons vu, eurent pour résultat un refus de concourir à des demandes exagérées; leurs droits particuliers et leurs coutumes spéciales resserrèrent encore cette union, qui ne fut brisée que par la chute du régime féodal.
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