BOURG DE LONGUEVILLE
Le bourg, ainsi resserré entre deux côtes très-voi- Mfies Tuse de l'autre , ne pouvait guère s'étendre que <lu B»idi au nord , le long de la rivière, et c est induliitàblenient à celte circonstance qq^i est redevable du nom de Longue Ville.
Quant à son surnom^ ce bourg le devait aux fiuiflard ou Giffard, Tune de nos plus illustres familles normandes, qui a long-teàips possédé cette terre.
Gaultier Guiffard, I®^ du nom, était fils d'Osbem de BolJiec , et d* une soeur delà ducbesse Gonnor. Il vivait en 992.
Gaultier Guiffard , son 61$ , 11^ du nom , fut comte de LongueviUe. En 1066, il suivit Guillàumele-Bâtard à la conquête de T Anglelerre, et se couvrit de gloire à la tête des bataillons normands , & la terrible journée d'Hastmgs. Il reçut, en récompense de ses Services, le comté de Buckingham. Ce fut lui qui Rt construire , à LonguevHIe , le prieuré connu sous le nom de Sainte-Foi, et* qu'il ne faut pas confondre aviec le Village du même nam , situé à peu de distance. Suivant la Chronique deFécamp, cette fondation eut lieu en 1095 ^. Le comte de LongueviUe plaça cet établissement sous la dépendance des religieux de Charité-sur-Loire.
1 Et non pat 4064; comme Ta dit le bénédictin Duplcssii, . tome I«r^ page 125.
Le père Dumontier, dans son précieux Neusiria Pia » s'est é/ça-
4 BOURG DE LONGUEYILLE.
Ce fut également Ganllier Goiffard qui 6t corntruire, sur le sommet de la montagne qui domine le bourg de Longueville k l'orient , le ehâteaa fort dont nous parlerons plus bas» et dont on Yoil encore les ruines au milieu d*un cbarmant pajsage.
Gaultier Guiffard mourut en Angleterre, le 15 juillet 1102. Son corps fut rapporté en» grande pompe en Normandie, et enterré dans le prieuré de Longuevilk. Agnèsde Ribemont (ou de Ribolcourt), sa femme, fut enterrée auprès de lui, ainsi que Gaultier Guiffard, leur 61s, IIP du nom, comte de Bnckingham et de Longueville. A Vépoque de la réTolution, on voyait encore leur tombeau. Il se tronyait au bas de la nef, près du grand portail, et à gauche en entrant. Ce mausolée était en pierre. Le fondateur du prieuré et sa femme étaient représentés couchés sur ie couvercle du sépulcre. Un jeune seigneur était étendu à leurs pieds : peut-être était-ce un frère cadet de Guiffard III.
Originairement, il y avait dans le prieuré de Longueville six offices claustraux. Ce prieuré possédait le patronage de vingt-deux cures et de cinq chapelles.
iement trompé en assîf^nant à la fondation du prieuré de Longue- Tille la date de 1012. Il ett probable qu'il a confondu ce prieuré, ifoà était dfi IWdre de Cluoy, avec oehii de Saint-Pierre de Longueville prés Vernon, diocèse d'Ërreux, lequel ^pembitt de l'abbaye de Juflriéges.
BOtIR€ DE LONGUEVILLK. 5
En i204, lors de la conqaète de k Normandie par Phil^pe-Augaste » lé chftteaa et le comté de Longaeville fuirent conBsqués et rèanig an domaine de la Couronne. L'administration eii^He et judiciaire de ce comté fut annexée à la vicomte d* Arques, sous la dépendance do grand bailliage de Gaux.
Philippe-Ie-Bel donna le comté de L<mgueville à Enguerrand de Ifarigny, son célèlire et infortuné nûnistre.
Après la Gn tragique d'Enguérrand, en 1315 / cette terre passa dans la maiscm descomtes é'Évreux , rois de Navarre.
Après la mort de Pfailîppe de Nafvarre, Cliarles V rèincorpora d'abord le comté de Longm^Ue au domaine de la Conronney ef lé donna ensuite, à titre de récompense militaorè « à son bon contestable le ^ magnanime Du Gueselin.
Le connétable n'ayant pas laissé d'enfants» ce fut Olivier Du GaescUn , son frère, qui bérita de toute sa fortune. C'est à ce dernier que le roi Charles VI racheta le comté de Longueville en 1591.
A l'époque de l'invasion anglase, en 1419, le comté de Longueville fut confisqué au profit de nos ennemis d'outre*mer.
Cependant, en 1443» Charles YII le donna, avec le comté de Mortain, au fameux Jean d'Orléans , comte de DoniMS , lequel était fils naturel de Louis
r» BOUBG DE LONGUEVILLR.
de Fraoce, duc d'Orléans. Les lettres- patentes, datées du mois de septembre 1443, forent conOrmées par d'autres lettres du 15 janvier 1444 et du mois de mars suivant.
En 1472, Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne , veitfant de brûler Neufchâtel , se présenta devant Longaeville. Cette place , comme le Fay, et auhres plusieurs lieux et vlUàiges du baiUiage de Caukpf fut pillée et déva tée par les Bourguignons, qui , après j avoir coihmis dès excès inoais, la livrèrent aux flammés en se retirant.
Le comte de Dunois s* empressa de réparer le dé-* sastre, et, ((ix ans après, Longuevillé avait complètement oublié ses malheurs.
Le comte de Danois laissa pour héritier François d*Orléans , P^ du nom , qui fut comte de Longueville, de Tancarville, etc. Ce dernier épousa Agnès de Savoie, et mourut en 1491 .
François II d'Orléans, son fils« comte de Dunois, de LonguévUle, de Tancarville et de Montgommery, grànd-cliambelian de France, etc. , se couvrit de gloive danis la campagne d'Italie , où sa mère et lui avaient volontairement accompagné Charles VIII , Tun pour aider le roi de son épée, et l'autre de son argent.
De retour en France, Charles VIIÏ récompensa peu les services que le jeune comte de Danois et ses
BotJRc DE longuevillf; t
ancêtres avaient rendus à la patrie. Louis XII » plus généreux , érigea en sa faveur le comté de Longue ville en duché. Les lettreâ-paientes contenant cette érection furent signées à Blois au mois ie mai 1505, et enregistrées à Téchiquier de Bouen le 18 novembre de la même année. La Baronnie d'Auffay fut réunie à ce ducbé *.
Leduc dé Longuevîlle accompagna aus^LouisXII en Italie. Il mourut en 1513, sans laisser de postérité. Ce fut son frère , Louis d*Orléans, P' du nom, qui icli succéda.
a Depuis long-temps , dit M. Achille Deville, les Français avaient transporté le théâtre de la guerre en Italie. L'empereur Maximilien » voulant opérer une diversion , engagea le roi d'Angleterre , avec lequel il s'était ligué , à se jeter sur le nord de la France. Henri VIII descendit à Calais avec trente mille hommes, auxquels ne tardèrent pas à se joindre vingt mille impériaux : l'alarme se répandit en France. »
Les châteaux de Longueville et de Tancarville
I Suivant Duplessis, cette érection eut lieu â charge de réversion à la Couronne au défaut d'hoirs mâles ; et qve tant que ledit François d' Orléans et ses deseené^tm^ mélês j&wifoiêmt dnditdvehé, lettre svjets du comté de Tancarville , et des seignevries de Gournay, P^aranguebec, Gaille- Fontaine, Etrepayniet Monville, ressortiroieni devant les Juges dudit duché; W qu'tmceu de rêver sien, ils ressortiruient devant les Juges par devant lesquels Vs^aveientcou* itime de ressortir.
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, BOUIG DE LONGUEVILLE. !)»
fils ijpii aidèrent It plo§, à 6Mr U yktdre mus retendait ^ FraAçM P'.
V^iJm^ tttnbfr Mdttde à 8M rétout d'Italie, il «K>iirat à BamgflD(9--siir-Loàre,ià l^^Mût 1516. IL Uismi Irwf la, OmÊèt à'Oflém, LouiaH dDrIéans et FrattSidi UI d'OrléaM. Les deux premiers, Tan après l'autrëi InLsbfacédèreiit éaw la poil^B»io& du duehé de. LèPgtaevffle et ia comté de TaneanriUe.*
Gkude d'Orléans momlit f^oirietisemeiit' en bur yrant la Irandiée au siège de Fayie» en i524. Il ne hissait <pi'mi fils naturel , qui épousa Marie de la Beissière*
Lottfô n d'Orléans mourut en 1^57 , laisssnt de Marie de LMn^nê , sa femme, Françds IV d'Or* léjms-LengiwriBe, né en iS3&.
Ce dernier «wnrut à son t^nr en 1551 , ê^ de seize ans, et ses biens retournèrent à son cousin ger* main Léonbr d'Orléans, fils de François lil d'Orléans et petil4is de Louis L''^
LécHlor d'Orléans» uni , parles liens dur sang ^ les intérêts aristocratiques, aux diefs du parti protestant, miienJ5tô>à la disposition de ce parti, ses ckâieaiKi de TancarTâlé et de LongœVille ; mais, effirayé Itiikntôt des ordres de CkarlesIX, il erdonim, q¥âi%^ semaines après, de litrer lés .deux i^aces eux oficiers du rot : ce qui eut Msii immédiatémewt.
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Lëonor d* Orléans , duc de Longoeville , s'^ètaff couvert de gloire à la funeste bataille Ae Sainf- Quentin et à celle de Monlconteur. il mourut à Biois, au mois d'aoM 1578. Il ayait épousé « ea 1563t Marie de Bourbon, damé de Sahit-Pol et d*EstouteVille« Cette princesse mourut à son tour en 1601 , et fut enterrée dans Tabbaye de ValmonC, que ses ancêtres maternels avaient fondée.
Henri P' d'Orléans » leur fik , fut duc de Longueville, gouverneur de la Picardie» elè. Ce fut lui qui conduisit, en 1589, un secours de quatre mille hommes à Henri IV, que les Ligueurs tenaient comme assiégé dans la ville de Dieppe. H mourut à Amiens, lé 29 avril 1595. Il avait ^Kmsé, en 1588, Catherine de Gonzagc^s, dame de Conlommiersr de laquelle il eut Hnri II drOrléans, duc de Longueville.
Ce dernier vint au monde quelques jours ayamt la mort de son père.. Henri IV voulut être son parrani , et lui donna son nom. Il fut duc de Longueville, comte de Tancarville, gouverneur do la Picardie, puis de la Noràiandte, etc. Marié en 1617, à Louise dé Bourbon-Soissons, morteen 1637, il épousa en secondes noces, en 1642, Anne-Geneviève de Bourbon-Condé. Cette dernière fut , pour aimd dire, le héros de la Fronde, dont son mari n était que l'un des chefs. Le duc, qui était gouver^
BOURG DE LONGUEVILLE. Il
neur de la Novmaadie » fit déclarer le Parlement de Rouen contre la cour» et livra en mèDse temp» an parti méc<Nitent ie^ forteresses de LongoeTilIe et de Tancarville. Quelque tempd après, le cardinal Mazarin le fit arrêter au Palais-Royal » lui» lé grand Condé et le prince deConti, et les envoya sons bonne escorte » dans la citadelle du Havre. Le jeune roi vint visiter la Normandie ; dès qu'il parut , toutes les places da duc de Longueville se rendirent.
Le duc sortit de prison en 1651 , après neuf mois de captivité. Il rentra en grâces auprès de la cour. On lui rendit toutes ses placée/ Tancailrille, Longueville , etc. Renonçant désormais aux intrigues et aux orages politiques» pour lesquels il n était pas né f il vécut paisiblement dans ses domaines, et é'y fit chérir de ses vassaux.
Quant à sa femme, n'ayai/a plus de Frondeurs à gouverner, dit M. Achille Deville , disse mit, faute de mieux , àlatHe des beaux esprits. Ne poucant pha conspirer contre Vital , elle se mit à conspirer peur le sonnet d'Uranie.
Le duc de Longueville mourut à Rotlen , le 1 1 mai 1663. Il laissait deux fils : 1^, Jean-L^s- Charles d'Orléans; et 2^ Charles-Paris d'Orléans.
L'aîné de ces deux frères, faible et imbécile , se fit abbé. Il céda à son putné tous les droits que lui assurait Tordre de sa naissance. Ce fut donc à
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4t BOUla DE LONGtJEVlLtK.
Ckarles-Parb q«e reviaréat le 4Mkè de Longue^ ^^ viUe eC les eomtéâ de Taneavville et de SaiiM-Pol.
C^rlei-Pwisd'OHéaiM.vifr in^éftaen, voyait là fortime lui soortre. Âa moment ofr les Polonais loi offraienl nne eooronne» i¥ se fit tuer au passage da Rkin r lo it jnîn 1672. Tons ses biens retoornërent alors à celni-là même ^ les kâ avait cédésc .
L*abbi d'Orténg iPÔdeviM done èat dé LongueviUe. U motnrt lel^ février t694 , daiÉ6 TâU^ye de Sdirt-Georges de BosehèrviHe, o i\ fanait sa résidence. Avec tài i^éteignil Pillnslre lignée des IHnKHS. A sa mort , le ducbé de LongneviHe, faute d*héritiers mâles, fut déclaré éfeint.
Toutefois, il lin restmt, du cété paternel, une sœutf Marie d'Orléans , veuve de Henri de Savoie, duc de Nemours, et fille de Lo«nse de Bourbon* Soissons. Ge fut à elle que passèrent les riches et noodyreuses, terra de la maison de LongueviHe, dont rimmense apanage s'était encore accru par tant d'alliances accumulées ^. Cette princesse aimait beaucoup les lettres, «t Les mémoires qu'elle a laissés , iKt M. Acbnie Deville , prouvent qu'elle aurait pu les cultiver avec succès. »
1 On dit encore aujour<rh«i, dans le pay^ que les pprinees d'Orlëans pouvaient aller de Longueville en Savoie sans sortir de leurs terres^
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