‹ Histoire des environs de Dieppe comprenant les cantons de Longueville, deChapitre 8 sur 10 · CANTON D»OFF BANVILLE. 4W · texte numérisé non relu

CANTON D»OFF BANVILLE. 4W

série de Sainl-EUenne , dont nous avons parlé plus haut, un Hôtel-Dieu ou hôpital civil pour les pauvres malades. Cet Hôtel-Dieu portait le nom de Saint-Julien. C'étaient les archevêques de R#tien qui en nommaient les administrateurs. En 1329, le [»rocuraur du Roi voulut contester ce patronage au prélat; un long procès s'engagea à ce sujet, mais un arrêt de l'échiquier de Normandie donna gain de cause à Tarchevèque en 1335 ^.

, £n 1360, la ville et le château d'Arqués avaient été cédés aux Anglais par le traité de Brétigny.

Bendu à la France, Arquas ne tarda pas à être menacé de nouveau par nos ennemis d'outre-mer* C'est dans son sein que les habitants deDieppe , me-* nacés par l'armée d'Edouard , vinrent se réfugier , en 1337, avec leurs mobtUers et leurs trésors.

Prise, enfin, en 1419, par Warwick et Talbof , cette place resta sous la domination anglaise jusqu'en l^i9 , époque où elle fut rendue à Charles VU par un des articles de la capitulation de Rouen .

En 1485, Arques fut pris de nouveau. Dessol**

1 Plusieurs foildciIruU par les fçuerrcs, rH/^U'i^^Dieti de Smini-Ju- Ii$n n'était j.lus^ en i 610, qu'une simple chapelle. Cette clhipelle existait encore en 1664; mais, trente ans après, un arrêt du consciI-d*état, diAé du 22 décembre HM , ordonna de la supprimer. Les biens et revenus de cet H6tcl-Dicu furent donne's par Louis XIV û riiôj)ital de Ja ville de Dieppe.

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dais, déguisés en matelols, s'étaol approchés des murs sans inspirer aucune défiance, forgèrent les sentinelles et se rendirent nallres de la place.

Durant les guerres de religion. Arques se fit re-- Marquer par le fanatisme de ses hafeilanls. €epeadant , à l'époi^ de Tinvasion du Prote^antisme , l'immense majorité de ces mêmes hakUants éiail catholique. En 1562, ils chassèrent de leur ville la poignée de protestants qui , là comme ailleurs , avaient semé le troubleet la division en insultant, de la manière la plus grossière, & la foi , au culle, aux mœurs du plus grand nombre. Menacés par les Dieppois, qai avaient embrassé avec enthousiasBu le parti des nouveaux sectaires, les^habitants d'Ar* ques élevèrent desretrancbementsducôtéde Dieppe et repoussèrent vigoureusement lelirs ennemis, qui étaient venus les attaquer avec trois pièces de ca« non. Peu de temps après, les protestants revinrent de nouveau et surprirent les Arquois, qui n'eurent que le temps àe m réfugier dans le chftteau et dans l'église. Les protestants, n'ayant pu parvenir à forcer dans leur retraite les catholiques, se retirèrent après avoir pillé et saccagé la ville d'Arqués. Quelques mois s'étaient à peine écoulés, que les disciples de Luther et de Calvin revinrent pour la troisième fois visiter les habitants d'Arqués. £ni<* ployant alors la plus infâme perfidie, la ruse la plus

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iitSeroale, ils finirent par triompher. Quelques-uns, ^^s'ëlant déguisés, acc^uriHit ép^rdus au milieu des "*-' rues el des carrefours d'Arquer, disant à ha«ite voix que Finc^dio est dans les environs; leurs cris : Au secours t volent de m^'son en maison , ^ répètent de boncèe en boucbe, et» en un instant, lout ce qu'il y avait dans Arques déjeunes gens et d'hommes vigourwx courent, n'écoutant que leur courage » à'ijlioilié vêtus , sans armes , ne sachant où , tomber dans une ancienne rue , espèce de ravine profonde, étroite et tortueuse, bordée d'un côté par un marais faqgpux, et de l'autre par des broussailles et d'immenses fosses remj^ies d'eau. Là, les malheureux Arquois se trouvent tout^^TK^oup enveloppés par leurs voisins de Dieppe, qui, sortant avec impétuosité des lieux oji ils se tenaient cachés^ les assaillent au milieu iles oQibres épaisses de la nuit, et les égorgeçt sans pitié. Tous les trésors amoncelés dans Féglise, Cirent pillés; vivres, habits, troupeaux, meubles, tout fut eplevé à Dieppe, et c'en était fait probableniept de la ville d'Arqués, devenue dés-lpps simple bourg , si le duc d'Aumak. ne fût accQuru au secqursde se^infortunés habitants. 14^ ce qu'il y avait de catholiques fut obligé d'abandonner cette contrée, pour se soustraire aux exactions, aux viols, aux iissassinats commis par les prétendus disciples dé la Réforme^ Pendant

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vingt ans, les religionnaires d'Arqués, de Dieppe et de NenfchAfel , réduisirent le pays de Caux et le pays de Bray an plus affreux état de misère dans lequel ces contrées se soient jamais trouvées.

Cependant, la cause de Henri lY finit par rapprocher qoelques catholiques des protestants. Le principe de la légitimité, source première de la famille, base unique de la société , et, par conséquent, seul fondement solide des états , était alors toutpuissant dans les cœurs. Devant ce principe, qui trois fois déjà avait sauvé la France, tous les autres principes devaient tomber. Pour lui, onfiitjusqiii'à oublier les haines religieuses, si viraces, si brûlantes, si implacables. Aussi , avec son seul nom de Bourbon et quelques hommes dévoués, Henri IV était-il plus fort, plus riche et plus redoutable, à lui seul, que ses nombreux ennemis, qui disposaient à leur gré de tous les trésors et'de toutes les ressources de rÉtat.

Malgré donc les dissentiments de religfon , les habitants d^Arques, d^fib et de Dieppe, restèrent fidèles au blanc panache du Béarnais. %n 1589, ces trois villes étaient les seules de la Normandie « ou, pour mieux dire, ^e la France entière, qui n'eussent pas adopté le parti de Ligue. Aussi étaitce dans ces parages, que Henri IV se plaisait le mieux à tenir la campiigne.

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Eofin » arriva le jour qai devait éite tout à-la-* foi&foUlr Arques et le dernier et le plus beau de ses aaMl^.

Ce fut là' qu'eut lieu, le 20 septembre 1589 Je combat où Henri IV vainquit Tarmée de la Lijgue, commandée par le» dues de Mayenne et de Nemours. Jlenri ne comptait sous ses drapeaux que 5,000 soldats» dont 600 cavaliers. Mayenne avait 25,000 hommes de pied et 8,000 chevaux* Son armée^ divisée iM» deux c^rps, était campée, moitié sous ses propres ordres, entre le village de TibermoiM et la paroisse de Neuville; et l'autre moitié, sous les ordres du duc de Nemours , entre Martin- Église et la vallée d' Arqpies. Au nord» et tout en face de ce bourg, on voit, de l'autre côté de la vallée, un coteau que courcmoe une ancienne chapelle; c'était la maladrerie de SainhÉlienne, dont nous avons déjà parié plus haut, et qui aujourd'hui n'est plus qu'une ferme. C'est sur Ja penîe de ce coteau, tout autour de cette chapelle, que le combat eut lieu^. La

1 Ainsi que nous Tavoiis dit précfklemment , la maladrerie de Saint- ]^ti«iDe existait en 1137. î>évaLstée par les guerres de Richard- Cœur-de-Lion et de Philippe-Auguste, elle ne fut r<$taL>lie que yers le nulieu du XI1I« siècle , par les soins du roi saint Louis, qui dota la nouyeUe cha(>elle de cet établissement de yingt-quatre acres de bois à prendre dans la forêt voisine. Cette chapelle fut dddide Icl2juiUetl2ii7.

La léproserie de Saint-Etienne était alori goayernée pur des reH- {;ieuz qui avaient soin des malades. Long-tem|)S les archevêques de Kouen , les administrateurs du duché de Normandie , et , enfin , les

Googk~

iM C4NT0N D*OFFRANyiLLE.

bataille s*engage» vers dix heures du matin et dora jusqa*à onze heures. Le commencenieat deTactioo avait été accompagné d'une petite pluie et d'un

babiUnU d'Arqiiet , le disputèrent le patronage de cette antique maladirerie. Cependant, une lentence du bailli de Caux donna dc'finitirement, au mois de i«hrrier 1364, gain de came au pn^t.

A celte dernière <$poqae, il y avait à peine un siècle que la maladrcrie de Saint-Etienne , comme nous venons de le voir , avait été complètement renouvek^ , et , cependant , elle était déjà retombée dans un état complet de dégradation , causé indubitablement par la coupable incurie de ses avides et rapaces administrateurs. On la remit de nouveau dans sa situation primitive ; mais , sous le prétettc qu'elle avait été gouvernée autrefois par des religieux , les archevêques de Rouen y introduisirent , malgré toutes les réclamations des habitants d*Arqoes, une société de clianoines ré|uliers^ sous Tobéissance d'un prieur. Quelques-uns de ces chanoines y étaient encore en 1492.

Cependant , cet établissement ne tarda pas â fêiêmiêr, dit Dom Toussaint Duplessis , sovs la puUtancê de je ne sçais queU titu' iairêê, qui 9$ mirent bientôt seuls en possession de la place; la com* munaulé fui dissipée ; le prieur commendaiaire s'empara de tout le revenu du bénéfice , et , par une conséquence nécessaire , le service dirin et les pauvres en sovffrirent,

\je jour de la bataille d'Arqués, en i 689, les bâtiments et la chapelle do la maladrcrie de Saint*E tienne furent d'abord occupés par les roya. listes. Bientôt elle tomba au pouvoir des ligueurs ; mais M. de Cliastilion , l'un des plus braves capitaines de l'armée royale , essaya de la reprendre. 11 l'attaqua vaillamment, l'emporta pour ainsi dire d'assaut, et massacra ou lit prisonniers tous ceux qu'il trouva ay-dedaQS àeê murs ; aucun poste ne fut plus vivement disputé que cette maladrerie pendant la liataille d'Arqués.

Depuis cette époque, la chapelle Saint-Etiemie , profanée et souillée , avait ét^ convertie en grange, lorsqu'en 1647, Loiiis XIV et sa mère, passant par Dieppe, voulurent visiter la vallée d'Arqués et le champ de bataille de Henri XV. « Les tranchées , quoique ouvertes depuis cinquante-huit ans, dit M. Vitet, existaient encore, soit sur le coteau de Saint-Eticnue, soit aux alentours du bourg. » Le roi voulut tout voir, et l'on assure qu'il demanda à un jésuite de

GAiSTOJ» D'OFFRAKVILLF. OH

brouillard si épais» que rartillerie du château 4*Ârques^ qui dominait tout le champ de bataille, était deveDUê inutile; mais , le brouillard s'étant dissipé» les canons de la vieille forteresse firent une décharge si juste » et d*un effet si terrible , que les ligueurs en furent ébranlés; quatre aulres volées s*étaiit succédé assez rapidement , le plus grand dé-

Dieppe pourquoi la maladrerie de Saint-Etîentie ne se trouvait pat dans un meilleur état Le fësuite allégua pour raisons, d*abortl, <|u*eUe avait été arrosée de sang humain, que les revenus de la coinmunauté ne suffiraient pas à son entretien , etc., etc. On ignore ce que rdpondit le roi ; mais ce que Ton sait, c*est que, quarante-s<*pt ans après cette visite , un arrêt du conseil-d'ëtat , date du 22 décembre 1694 « ordonna de supprimer totalement la maladrerie de Saint-Etienne , et de réunir à l'hôpital de Dieppe les revenus dont elle était dotée. Cependant, cet arrêt ne reçut pas d'exécution. Le titre de bénéfice ne fut éteint que le 38 décembre 1708^ par un décret de l'archevêque de Rouen , qui en donnna alors les revenus à la maison des jésuites de Dieppe , à condition , toutefois , que les rév^érends pères feraient célébrer toutes les semaines, à perpétuité, deux messes dans la chapelle de Saint-Etienne. Les jésuites se conformèrent d'abord à cette condition ; mais bientôt ils finirent par l'éluder, et> tout en leur laissant les biens de l'antique maladrerie, M. de Tressan , archevêque de Rouen, leur pennit, le 23 mai 1725, de n'y plus' célébrer l'office divin.

C'est à quelques pas seulement de la maladrerie deSaint'-Etienne, «ur la petite du coteau, et en /ace d'un admirable point de vue, que l'on a élevé , il y a dix ou douze ans , en commémoration de la bataille, un obélisque de pierre, qui, malgré son peu d'élévation, est aperçu de fort loin. Les inscriptions , rappelant que c'était en la présence et par la générosité de Mm« la duchesse de Berri que cet t>bélisque a été élevé à la gloire du bon aïeul de son fils , ont été arrachées et enlevées en 1S30 , comme le prouvent encore , quoi qu'en ait bien voulu dire M. Ludovic Vitet, les débris des gonds et kl place des fiches.

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sordre se mit dans Fatmèe ennemie, qui fut forcée de battre en retraite et d'abandonner le champ de bataille. Le duc de Mayenne perdit 600 hommes.

Après celte victoire, Henri IV se retira à Arques, et , suivant son usage, se rendit à Téglise pour y remercier le Dieu des armées. Là, les catholiques chantèrent un Te Deum, et les protestants récitèrent des psaumes. Quelques heures après , Henri écrivait à Tun de ses plus fidèles amis cette lettre 6i connue : Pends-toi ^ brave Crillon, car nous avons combattu à Arques, et tu n'y etms pas.

La victoire de Henri IV est le dernier fait d*armes dont le château d* Arques ait été témoin. Devenu depuis long-temps inutile par sa position , et surtout par les progrès qu'a faits Fart de la guerre, ce château, cependant, demeura à-pQu-prés intact jusqu'à la fin du XVHI® siècle , temps où l'on eommença à le détniire. Nous avons vu précédemment que c'est avec des pierres provenant de cette antique forteresse que le château de Deixhigny, apparlenant au célèbre De Clieu , fut construit. La permission de démolir , accordée -à cette époque par le ministère français , fut plusieurs fois renouvelée en faveur de diverses personnes, et notamment à Tégard des dames de l'abbaye d'Arqués, jusqu'en 1768. En 1771, ce droit fut accordé à tous les habitants de la ville en général, et, enfin, en 1780,

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il ne restait plus de la noble (prtecesse de nos ducs qu'une masse à-peu-prës infarme. Dépouilles de leurs revêtements, ces débris, quoique fort curieux encore , sont loin de pouvoir être comj^rés aux ruines, si belles et si poétiques, des châteaux de Gisors, d*Ândely et de Tancarville. Quoiqu'il soit encore très-facile de reconnattre les différents types de construction qu'a subis cette forteresse, et qui appartiennent tous aux XI®, XIP et Tiy^ siècles , aucuns vestiges ne laissent deviner aujourd'hui la distribution intérieure des anciens escaliers, des anciens corridors, des anciennes salles d'armes K

i M. SoUâkoff, naguère iuapectcur des douanes à Dieppe, a fait la découverte d'un mémoire qui donne Tëtat du château d'Arqués en i708. L'enceinte , de fnaçonnerie fort épaisse , était , comme au|ourd'hui , flanquée de quatone tours, tant grosses que petites , rondes ou carrées , mais la plupart comblées par les ruines des parapets supérieuft* A la grosse porte d*entrée du c6té de Dieppe , il existait des galeries pratiquées dans l'épaisseur des murs, lesquels oflraient un double rang de créneaux et de meurtrières ; il fallait donc, pour franchir cette muraille, passer entre deux foux. Le donjon, de forme carrée, était divisé, à l'intérieur, «n deux portions, par une muraille épais&ede cinq pieds : de chaque c6té se trouvaicut divers magasins, des chambres, des galeries , et , enfin, au-dessus de tout cela, une chapelle ; la dernière voûte supportait une plateforme dominant toutes les hauteurs environnantes.

Suivant Dom Toussaint Duplessis , les fondements du château d'Arqués reposaient sur de très-belles arcades, taillées pour la plupart dans le roc , hautes de 10 à 12 pieds , et de largeur suffisante pour laisser passer six hommes de front. « Le tcms ne les a point encore détruites , écrivait ce bénédictin en 1740. A leur extrémité , qui est bornée par une forlc muraille, l'eau de la rivière est reçue dans un granl réservoir de pierre, dont le principal usage est de servir

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Les vieux donjons ne sl^ëlèveiiC plus» pour ainsi dire, vers le deU que sur un»de leurs pans ; tout est troué» dépecé 9 disloqué. L'extérieur est dans un meilleur état de coo^ervarion. Là, le mur d*eAceinte, défendu par un vaste fossé et un énorme rempart dé gazon , présenlOt ainsi que la grande porte d'^itréë qui fait face à la ville de Dieppe, une physionomie et un caractère qui , du moins, en présence de tant d'af-» freux ravages, consolent un peu Tami de notre his-« toire et de" nos antiquités nationales. « Au temps de sa splendeur, dit un écrivain, Tenceinte du châ-» teau d'Arqués s'étendait beaucoup plus loin qu'au-> jourd'hui: des ouvrages avancés, un mur qui régnait aune grande distance, des fossés^ une porte qu'dn voyait encore il y a peu d'aiiuées# occupaient» au-^ tour du fort , un espace de terraln*quç la culture a revendiqué ^. Des plantations récentes ont eu lieu

a abreuver les chevaux de la garnison ^ quand il y en a une ». Dupicssis ajOtite que c'est de ces mêmes arcades , et non d'dn pOnt bâti sur la rivièt^ qiii arrose la vdUée voisine , que la ¥i]le et le château d'Arqués oht dû tirer leur nOin ! uoûs ne partageons tiUllement cette cdiljeéture. U est pH>bable, cependant, que les arcad<'S dont parle Duplessis^ et ^Ui doivent exist&r encore Ibus les fondements du ch&teail^ remontent à IVpoque gallo-romaine.

1 Quoiqu'en dise Pédrivâin que nous citons , ndus ne pensons pas que 1rs anciennes constructions dofat il parle aient jamais appartenu au château d'ArqueS. Il existe encore, au penchant de la colline où sMlèvc ce ch&teau,de nombreuses traces de retranchements, dont les lignes droites et parallèles , formées de fossés , aujourd'hui remplis, et de terrassements presque entirrement affacés , doivent remonter à une rjioquc 4;eaucoup plus ancienne que le moyen- âge.

CANTON D'OF* BANVILLE. ÎOl

âans les vastes cours du châleau; des pfetes-bandes y ont été allignées» des chemms tracés #0 «ordeau, des gazons disposés régulîëremenl ; sur un des points les plus élevés des ruines (à l'angk oriental iuehà^ (MU j , on a construit un pavillon demi-rustique « d*où Ton jouit du spectacle de trois vallons cou-^ ronnés de noires foréts« et lapissés de vastes prai-^ ries , qu'arrosait leurs trois riviéipes ^ ; de là • on

P<.uit-étrc tous cet objets provieimciit-iUd'une ville gauloise nommée Bel, que la tradition du pays place précisément dans remplacement qu'occupa depuis la forteresse d'Arqués. Cette dénomination de Bel est fort ancienne. Elle désignait originairement une iour^ un donjon^ une hastilh élevée exprès povr découvrir au loin le pays et transhteUrwdessiffnutfs. En langue teutOuique, ce mot désigne une cloche^ et c'est de Jà qu'est venu le nom de Beffroi, c'est-à-dire Belfroi ou Belfrid ^ clodie de la libet-té. Bellay^ Bellencorobrc et un grand nombre d'autres lieux en ont reçu leurs noms. A Criel prés la ville d'Eu ^ U existait u^e^^ise àppdéé SainULéone^d du Bel* Une des portes de la ville de Fécamp s'appelait porte du Bel. Suivant deux aveux des années 14^ et 4499, c'était aux seigneurs de Thiboutot^ fief situé sur la paroisse de Maniquerville, que devait être remike la garde de celte porte lorsque le roi visitait Fécamp. A Rouen , une des maisons de la Vieille-Tour portait le nom de ZojfMd« Btf/.Enfin, suivant une déclaration de l'an |433> il y avait sur Arques un fief dqnt le seigneur était tenu , en temps de guerre , de garder et défendre, pendant quarante jours, la première perte du Bel. Si à cette antique dénomination on ajoute le voisinage de la mer et de plusieurs vallées , la situation du cbâteau d'Arqués au milieu ^de plusieurs chaînes de coteaux , l'existence , < nfin , à quelques pas seulement de l'enceinte de ce château, de plusieurs terrassements, ouvrages avancés, pieds de murailles, fossés, portes, elc, etc., on verra que la tradition populaire n'est pas autant à dédaigner que ^quelques personnes pourraient le croire*

i Quoique aiTOsé par trois rivières , le territoire qui avoisine Arques est cependant privé de ce grand nonibre,d't'tablis»cineRts

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emlirasse lout le cocm d'une spacieuse et riante vallée, arroiëe par de bdles eaïuu enéadrée par des coUiaes moUeflieiit inclinées, et terminée, à Thonion, par Ja ville de Dieppe et la mer, qui se confond avec Taznr des ctenx. » Le château d* Arques était devenu , il y a quelques années , la |9ropriété d*un sieur Larcbevéque, marchand de bois, lequel Ta vendu, le 18 août 1836, pour la somme de 25,000 francs, à madame veuve Beiset, de Rouen. Placée désormais sous une telle sauve-garde , la vieille forfefesse de nos ducs, si long-temps témoin des hauts faits de Guillaume-le-iConquérant, de Bichard-Cœur-de-Lion, de Philippe-Àugusle , de

liydrauliqes qui oot rendu si célèbres les vallées de Déville et de Damétal prés Rouen.

11 y a peu d*ipnées encore, il n'existait, dinslputc cette contrée, qu'une seule filature à coton.

Au mois de février ISt2, les ouvrières employées dans cet ateli<T de filature lurent prises tout4-coup de nausées , de vertiges et de convulsions. Cey attaques spontanées produisirent un tel trouble dans leur cerveau , que bicntM elles crurent voir des spectres et autres monstres fantastiques s'élancer sur elles et les saisir à la gorge. Le peuple ne manqua pas de s'écrier, suivant sa «outume, ^'v» Mort avait été j^U sur la filaiur^^ et mille cérémontea ridicules fiirent faites pour chasser le susdit sort. D'après un mémoire de M. Nicolle, phacmacîen à Dieppe, ces affections spasmodiques provenaient du gas oxide de carbonne, résultant de la décomposition de l'huile par la chaleur d'un poêle de fonte , sur lequel on avait l'habitude de déposer plusieurs ifaêes de ce liquide. Ce produit ga« zeux est plus léger que l'atmosphère, et c'est ce qui explique pourquoi les femmes des étages supérieurs de l'atelier s'étaient trouvées successivement atteintes alors que leurs compagnes du rez-dechaussée n'avaient encore rien éprouvé.

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Henri-le-Béarnais et de tant d^autres héros , Thoniieur de leur pays et de leur siècle, estwainleDaDl assuré pour long-temps, il faut Te^érer du moins, çootre foutes les chances de destruction ^t d'oubli qui , dans outre malheureuse époque d'ingratitude et de cupidité, font disparaître si rapidement, de jour en jour, les plus belles, les plus sublimes pages de notre histoire ^.

En parlant » il y a quelques instants^ des démolitions qu a eues à subir le château d'Arqués , nous ayons dit qu'une partie des ntatériaux provenant de celte ancienne forteresse avait été concédée par les minisires du roi à. une communauté de damés religieuses. Cette communauté, de l'ordre de Ci* teaux, avait été établie à Arques^ en 1636, parles seigneurs de Guir^nde Dàmpierre. Approuvée d'à* bord par ua décret det'archévêque de Rouen, daté du 24 juin de cette même année, puis par des lel-

i A l^occasion des nombreuses Tisites que S. A. R. madame la ducfarsse de Berri aimait tant à fake sur le théâtre des emploit* de Henri IV, sur ce sol glorieux où, persécuté de toutes parts, accable par le nombre , le ^and aifenl de son fib , appuyé sur son droit et sur son nom , avait vaincu ceux qui lui avaient ravi 1» couroniie , on avait incrusté en différents endroits, dans les murs ctàTintérieur du château d^ Arques , quelques tablettes en marbre blanc , offrant les noms de Henri IV, de Henri V, etc. Sans respect pour les pru* priétés, comme pour les souvenirs des lieux, les mêmes mains, sans doute , qui ont arraché les inscriptions dont était décoré l'obélisque de la maladrerie de Saint-Etienne, se sont empressées de venir ûriscr ou mutiler ces derniers témoignages de Tamour du peuple pour ses anciens rios".

«14 CÀNtON i^OFFKANyiLLË.

lres*pateBies de Louis XIII t datées du moîs d'aoAt suivant^ ceMe maison fui érigée en abbaye le 7 mai 1637. L'église ée ce monastère était dédiée sous i*inYocation de Noêre^Dame et de SairU-Joseph. Louise de Guiran, religieuse professe du prieuré de Saint-Aubin près Goumay» en faveur de laquelle le monastère d'Arqués avait été fondé, n'en fut que directrice : ce fut Louise de Guiran » sa nièce, qui en fut la première abbesse. Cette dernière, présentée par Eusiache do Guiran , baron de Dampierre^ fut élue le 3 mars 1695.

Outre cette abbaye et les différents autres éta^ blissements religieux que nous avons mentionnés dans le courant de cette notice, il y avait encore sur le ierritoire d'Arqués» dli e6té de Dieppe, une antique chapelft dite ds SdintSninefofl. Mentionnée dans les titres de Tabbaye de Saint-Wandrille , et détruite en i56i par les protestants , cette chapelle dut être reconstruite vers 1607, car elle se retrouve maitionnée de nouveau dans un acte de 1609. On y allait en pèlerinage pour les maladies qui lais-^ saient peu d*espoir de guérison. On y déposait un cierge allunié , en prononçant à haute voix Tinvo* cation suivante : A saint Guinefortf pour la vie oupmt la mort ; ce qui signifie que le malade pour lequel on faisait le pèlerinage devait mourir, ou guérir de' suite , sans souffrir plus long^temps.

CANTON D*OFFRANVILL£. Wi

De toute son ancienne splendeur» Arques ne conserve plus aujourd'hui , avec les débris de sa vieille forteresse , qu'une charmante èglUe paromsiale , dédiée à la sainte Vierge. Ce monument , constrait en belles pierres de taille et orné d'une haute tour» date de plusieurs âges. Le chœur et quelques autres parties appartiennent au XV® siècle. Tout le reste de Téglise est dn XVl^. La nef est voûtée en bois { mais elle offre de beaux détaHs de l'époque de la Renaissance t dus à Tbabile ciseau de Nicolas Bedieu , qui , après les longues interruptions appor-^ tées par les guerres dans la construction de cette église , fut chargé de la terminer. On remarque « à l'enlrée du chœur , un élégant jubé , d'une conservation parfaite, et appartenant au style grec le pluii pur; l'escalier qpi y conduit est d'unélégéreté et d'une simplicité admirables. Les lambris des cha» pelles latérales, faits en 1613 , oflVent des sçulp^ tures et des découpures fort jolies. Iles vitraux qui garnissaient autrefois les magniftiues fenêtres de ce temple ont en partie disparu; ce qui en reste, quoique dans un mauvais état , mérite cependant encore de fixer l'attention. Un de ces vitraux présente le nom et les armes du petit-fils de cet intrépide Desmarets qui» en 1431 , chassa les Anglais de la ville de Dieppe, et, durant cinq mois, en 1442, empêcha cette ville, assiégée par toute Tarméc de.

Digitizec Ujv

Ck^gli^i

M( CANTON D'OFFRANVILLE.

Talbelt éefeCoinber au pouvoir de ces înmilaires. Il y a peu d^auoées ob voyait encore dans la chapelle qui se trouve à cAtt du cherar» vers le midi , un buBle de Henri IV, avec une inscriplion rappelant que c*était là^ et non dans le chœur même (où, en sa qualité de protestant > il ne lui était pas permis d'entrer), que le vainquonr de Mayenne vint remercier Dieu de la défaite de ses ennemis. La cha« pelle du côté du ndhl renferine la majeure partie de ce qui reste de vitraux à tout Tédifice. C'est aussi de ce éMi^f à peu de distance des marches d|i grand autel* que se rencontre la pierre tumulaire de l'ar* chitecte Nicolas Bediou. Cette pierre porte Fins-" criptîon suivante : CT gist nicolàs kbioc vivANt

M® MAÇON DR LB6USB DABQUES LEQUEL DECEDA LE 12^10UnDÉ DECBMME 1572«r PRJKZ DE LUY BONNE LI6UARD SA FEME LAQUELLE DECEDA LE 4^ FV^**. A,

quelques pas, est enterré un archer» nommé Loui$ MoUard, mort en 1626. Une des chapelles présente un médaillon portait la 4ate de 1570« Différents frontons, cartouches, etc., donnent les dates de 1566, 1&89 (6umie.dein bmlaUk d'Àrques), i61(K, etc. La tour du clocher date de 1628.

On remarque aussi dans le bourg d'Avques, sî piltoresquement Mli au penchant d'ime colline^ pludeurs maisons et édifices des XIV®, XV® et XVi.® siècles, doiH la distribution et l'architecture ne i^ont

CANTOi^ D'OFFRANVILLE. Î07

pas indignes d'intérêt. Qaelques-unesméme de ces constructions méritent d'être étudiées.

Arques , maintenant si déchu de son aneieone puissance, possède cependant encore un marché le lundi de chaque semaine, et deux foires annuelles très-fréquentées. La première de ces foires se tient le 11 juin» et la seconde le 29 août; le principal commerce qui s'y fait consiste en bestiaux, vaches, porcs et moutons, et surtout en chevaux.

La population du bourg d'Ârques est de 911 habitants i.

i A environ une lîeue (ouest) d'Arqués, de l'autre côté de la colline , on trouve , dam la yaUée de la Sete , et sur la route de Eouen a Dieppe , l'antique commune de Saint- A«d)in , situ^ a 1 lieue 3/1 ( sud ) de cette dernière ville, et d/2 lieue (est) d'Ofiranville. Entre les années 1035 et 1040, Renaud, vicomte d'Arqués , donna aux moines de l'abbaye de Fécainp^le patronage et les «finies de l'église de Saint»Aubin-8ur-S^ , avec «ne terre noble située sur .la même paroisse , et à laquelle était attaché le patronage de six églises des environs. Cette donation fut confirmée en 1104 par le pape Pascal II. L'église de SaiatrAubin a été plusif*urs fois rebâtie ; elle n'offre rien d'intéressant, si ce n'est toutefois une jolie croix sculptée, adossée à la muraillle^ au-dessus éts fonts baptismaux^^tte croix provient de l'anciesne collégiale de Saucpieville; c'est le seul débris de cette charmante construction qui ait été sauvé. Il y avait aussi autrefois, à Saint- Aubin, une maladrerie ou ]R>spice pour les lépreux, et une chapelle connue sous le nom de Noirt-DavM dês Ftrivs. Cette chapelle, fondée le 25 mai 1637, par David Valle, bourgeois de Dieppe, ëtait à la présentation de l'abbaye de Fécamp ^ opii , à l'époque de la révolution, en touchait encore les revenus , ainsi que toutes les dîmes de la paroisse. — Quant à la léproserie, eHe appartenait tout i-la-fois aux habitants de Saint-Aubin et a ceux de la paroisse de Saint-Remi de J)ieppe. Elle se nommait SuMUê^Mnieleine de Jan^ va/, et existait dés 1157« Cent ans après, le roi saint Louis ia

20S CANTON D*OFFâANVILLE.

Arqtiei est la patrie de M. II.*M. Du Ootay de Blainyille, membre de Tlnstitut de France, Formé à Técole de Cuvier, qu*il suppléa dan9 ses leçons

rcUinit, à titre d'annexé et de succui*sale, à THÔtel-DieudeDiep] e^ comm alors tous le nom d*H6/nUd de la P'aê^, Deux tiédes s'ëcoulûrent ainai , niait, en 1407, lorsque cette yille, autoriaëe par lettres-patentes de Loais XI, commença à prendre Tadministration temporelle de son hôpital , les frères qui desservaient ce dernier établissement se retirèrent dans la léproserie de Janv^. Cette léproserie ayant été brùlëe par Henri IV., lors de la bataille d'Arqués, en 1689 , les religieux qui Thabîtaient retournèrent à Dieppe , et , réunis auj^ sœurs de U Cluuîté, s'eiiipresséreqt de donner leurs soins aux pauvres malades de la cité. Peu de temps après, Janval fut rétabli ; les frères hospitaliers y rerinrent ; mais , à l'époque de la rérolution , il y avait déjà long-temps que leur communauté n'existait plus. — Suivant un aveu du 12 août IS75 , c'était aussi en la paroisse de Saint-Àubin-sur-Scie , que se trouvait le chef-mois de la baronnie du Jardin , appartenant a l'abbaye de Fécamp. Cette baronnie , formée probablement de la terre qu'avait donnée en l'an 1035 ou 1040 le vicomte Renaud d'Arqués , procurait aux religieux de Fécamp le duoit de Qomner non-seulement les curérde Saint- Aubin-sur-vScie , mais encore ceux de Toinrville-la-Chapelle , de Bures , d'Intraville, de Maintru, d'Osmoy-sur-Varenne et de Saiiit- Yalery-en-Bray.— Enfin, c'est de Saint-Aubin-sur-Scie que dérivent à Dieppe , par des canaux souterrains , creusés dans toute l'épaisseur de la colline , les eaux qui alimentent les nombreuses fontaines , soit publiques , soit particulières de cette ville. Il est juste de dire , toutefois , que c'est sur Offranville que se trouve la source de ces eaux. Vaqueduc de SaintrAubili, commencé par ordre de François I«r, daté dn T7 février 1532 , ne fut complètement terminé qu'après vingt-cinq années de travaux et de sacrifices de tout genre, sous la direction d'un nommé Toutain, Ibntainier de Rouen. Cependant on en fit l'ouverture dès 1552. « Le clergé éci deux paroisses {^de la v%ll$ de Dieppe) , dit un auteur, s'yjrendit en procession , accompagné àe^ maire et échevins et d'un concours nom- Iveux d'habitants. A l'heure indiquée, l'eau jaillit avec force par les différents tuyaux de cette fontaine : aussitôt le.elergé entonn^4 W Te Ûcum m action dtr grâce , et tous les citoytenj rciwcrciri'eii^

CANTON D^0FFKANV1LLE> 200

au JardÎQ des Plantes et au Collège de France, M. de Blainville devînt bien^^ôl professeur-adjoint de zoologie, d'anatomie et de physiologie, à la Faculîé des Sciences. Cet illustre savant , travailleur infatigable, a fait connaître beaucoup défaits ignorés, et donné plusieurs classifications méthodiques. Il a continué plusieurs travaux commencés par Vicqd'Azîr. Il a publié, si. r différents sujets de zoologie et d'anatomie, un grand nombre de Mémoires , où l'on trouve des vaes très-profondes, mais quelquefois un peu hasardées. Du reste, M. de Blainville est un des savants les plus recommandables de FËu^-

Diea d'une arrivée si utile et si désirée. » — On exploite sur Saint- Aubin quelques carrières de pierre calcaire. — Le fameux abl)é Frilay était curé de cette paroisse. — La population de cette commune est de 482 habitants.

A peu de distance de SaInt-Aubin-sur-Scie, sur le sommet de la côte, au bord de la plaine, on rencontre le beau château de Miromcsnil, ancienne résidence du cbancclief de France de ce nom. On prétend même que c'est là que mourut, en 1796, ce garde-des-sceaux du roi mai'tyr ; on sait que c*est lui qui avait contresigné l'abolition de la torture. Ce château, quoique en présentant des réminiscences du KVIe siècle, semble appartenir au temps de Louis XIV. « L'ordonnance en est grandiose , surtout du côté de la cour, dit M. Vitet ; la corniche est surmontée de belles mansardes qui accompagnent le loit et déguisent son élévation : quatre jolies tourelles le flanquent aux quatre coins , et la brique et la pierre dont il est bâti se marient harmonieusement. Mais la principale beauté de cette demeure, ce sont les immenses plantations de hêtres dont elle est entourée . Le dessin de ces avenues est d'un bfau caractt're; elles doivent, ainsi que le château , avoir été conçues par un architecte distingué. Ce sont les proportions de Versailli^s , mais tvec la végétation de Normandie .. »

210 CANTON D'OFFRANVILLE.

rope. Admis à r Institut en 1825, il est aujourd'hui professeur en titre au Jardin d^ Plantes.

'^ Arques est aussi la résidence de M. Bebsomen , colonel de Tancienne armée , et chevalier de la légion-d'honneur. Noble et vieux défenseur de la France» amputé , sur les champs de bataille, de la jambe droite et du bras gauche, M. Rebsomen est parvenu à se créer, pour son usage personnel, la charmante /ItU€ solimane, qui a valu à son auteur Jes éloges de l'Académie Royale des Beaux- Arts (séance du i^juiUet 1822J et de la Société libre d'Émulation de Rouen (wnie 1823J.

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0our{t ïr'Cnufrmru.

• SiTn#. sur la rive droite de rEauloe* dans une contrée fertile et abondante en excellents pâturais, le bourg d'Envermeu se trouve à 3 lieues (est-sudest) de Dieppe, et 13 lieues (nord-nord-est) de Rouen.

Le nom d'Envenneu paraît formé de trois mots celtiques ou teutoniques. £n, dont on retrouve l'analogue dans Eme^ Ai$ne, Seine^ Varenne^ etc., désigne toujours une rivière. Wern ou Vemm, que Ton retrouve dans Fernon,F(frnm/,Fi?r«wr, etc., signifie jan amas, un monceau , une montagne. Eu on Oo , que Ton retrouve dans ilii&eu/*,Ou(la/€«, la ville à'Euy Oo près Caen , Oo en Angleterre^ etc. , sert toujours à exprimer une prairie , un marais. Toutefob, nos plus anciens titres français portent Envermeuil ou Etivermeur^ et non Envenneu. Presque toutes les charte» latines disent Anvermodium ou Evremodium.

Dès le commencement durXI^ siècle, il y avait à Envermeu une église paroissiale dite de Saint- Lau--

212 BOl'RG DFNVFRMEU.

rent. Le patronage de cette église appartenait aux sires d*Envermeu« et celte paroisse, comme on va le voir par ce qui suit , avait alors une étendue fort considérable.

En effet, Hugues d'Envermeu, frère de Turold d'Envermeu, qui fut fait évêque de Bayeux vers Tan 1098, et qui embrassa ensuite la vie monastique dansTabbaye du Bec, avait fondé, ^ers Tan 1 052 , en la;«paroisse dont nous parlons , et sur soft pâtrimoine,un riche etpuissantprieuré, dans lequel il plaça des chanoines. Il donna à ces chanoines Téglise Sainl-LauretUy avec tous les biens, dîmes ef revenus qui s'y trouvaient attachés. Hugues d* Amiens , archevêque de Rouen, confirma cette donation en 1 1 4 1 • Depuis cette époque , le prieuré d'Envermeu porta toujours le nom de Saint-Laurent.

Privés désormais de leur ^lise , devenue la propriété des moines, les habitants d'Envermeu se construisirent bientôt un nouveau temple. Ce dernier fut consacré sous l'invocation de Notre-Dame.

Mais, peu satisfaits de cette nouvelle église , ces mêmes habitants, tout dévoués, à ce qu'il paraît, au culte de saint Laurent leur ancien patron , qu'ils regrettaient, élevèrent , vers 1179, une chapelle en son honneur. C'est celle chapelle qui fut érigée depuis en seconde paroi«e On la nomma d'abord Saint -Laari'nt h Petit, pour ki dislingnor de la

BOURG jyENVERMEU. 213

grande église de prieuré. Elle se tronvait dans la vallée d'Eaalne , à peu de distance delà rivière , et a» couchant du bourg actuel. \

itije patronage et les dîmes de cestroisétabliss^ments religieux appartenaient àrabbayedu Bec, qui s'en fit confirmera possession en 1 1 84, parlé p^e Luce III. Vers le milieu du XIP siècle , l'abbé du Bec laissait au pvieur d'Envermeu la^acuhé de choiâr lui- B^ême les deux cjirés de cette vaste p^oisse ; ma^ cette faveur ne fut pas de longue durée. Le monastère du Bec était trop riche et trop puissant pour pouvoir abandonner ainsi ses droits de suprématie. On relira donc au prieur d'Envermeu le patronage des églises de Notre-Dame et de Saint-Laurent.

Depuis long-temps» ce prieuré n'existe plus. Complètement anéanti durant les guerres de la Ligue , ce n était plus, depuis deux cents ans, lorsque la révolution arriva , qu'un simple bénéfice appartenant à Tabbaye du Bec. Seulement, comme ce bénéfice rapportait encore, en 1726 , quatre mille livres de rente , on avait eu soin de lui conserver le titre de Collège «.

i Les mêmes biens qui, en f 726, rapportaient quatre mille livres de rente , en rapporteraient aujourd'hui 44,760. .

La plupart dei titres du prieuré de Saint-Laurent d'Envermeu, ayant été transférés à Dieppe , furenlîfléposés dans les combles ou grei^rs de la mairie de cette ville ^ on \fs y voit encore aujourd'hui confusément espars.

21 i BOURG D'EItVEKMEU.

Quant à Téglise Notre-Dame» qui est aujourd'hui là sè^W paroisse du bourgs c'est un des plus curieux monutnents qui nous soient restés du XVI^ siëclei Construite entre les années 1 507 et 1 525» cette églib^ présente un yaisseau divisé en trois nefs , dont tous les omenieots» corniches» cnls-de-lampe» 1^ reliefs» etc.» sont autant de chefs-d'œuvre d'élégance et de délicatesse. L'extérieur n'est pas moins smgné que intérieur» et les omemrats des f|n6tres» des piliers et du rond-point» ne le cèdent en rien à ceux de la tour du clocher» dont la forme fantastique produit ^ loin un siexcellent effet dansTensemble du paysage^.

t L'ëgliae Notre-Dame d'Envermea reoferme un charmant bénitier du Xyi« siècle , en pierre sculptée , et un assez grand nombre d'ÎDScriptions gothi4|uet , toutes relatives i des fondations* pieuses. La plus intéressante de ces inscriptions est celle qui se trouve dans la chapelle Saint-Nicolas , du côté de PEvangile. C'est une pièce de vers , portant date de 1566. Voici^ du reste, ce curieux monument du style funéraire de nos aïeux : nous regrettons de ne pouvoir donner ici une idée exacte de la manière bizarre avec laquelle les lignes et les mots ont été disposés et gravés sur la pierre :

deâne ^eribel , Cbotn«> ^orRoy »ô filt

phxt, pHit leurs tùxp% nestreq. cebre,

f^tit ^^e, Un (inq un» tivmxkitrt »ix,

trente ^oniain^ ^iM% auoiêt ^roilt be pxi^t,

Aur les 6ri{)on« , estant subiects be xttttt

pat cbflscun an au tbesor be crans ;

Ont (aict obit tinâtiesme H bec^re , "

tfOttUants tottrstôiOipitrier pùx les âeiès

So^. 3eâne, en l^ einq cens ^inqnite , ^

<)ut)trsme tiaoust, iour H lassttm{)tion ,

BOURG D'^NYERMEU. Il5

Ontre son prietiré et ses deux églises paroissiales Envermea renfermait encore : 1** , un hôpital , dit de Satnt-Nieolas; 2®, une chapelle connue sous le nom de Saint-Guilain; et3<>« un manoir seigneurial» appelé encore aujourd'hui le fief de la Motte,

L'hôpital Saint-Nicolas fut fondé à Envermeu par Michel îaupin et Âmeline Guillemette , sa femme.

g^9Mt t>e«(tt bes ans i^ivô^cuiite \ft corpj et ttsmt tu»t wj^axtiiion, iSoR eorp« « taict cy betuU ettuepulir, stê^Rttt xtmtxtttïô Uituvt ; «oit tls Cbô«ui ^t%it ()«tl («tilt niôti^ au mt»mt» lieu bewabe j^epultitre.

Autour on lit : qti iybigat domikys est ; au-dessous : attende tibi ( 1556 ) ET oocTEiKE ; et sur plusieurs points : byc m altym.

Cette autre inscription se trouye sur le premier pilier de la nef, au->dessou« du chœur, du c6të de réyangile :

en ùtuhxt le jour }iatiiet etfouairb , 9^tti;eit« fttmtnt nentit mort to«t pM»ét fin be tr«Dail , m^Skt à 9teit t%$tii^ (iutn plitiB ixM» biens lame t»i xuhpÏMt} Un p^pecebent «a femmf e«t treivpasAee tour jSaitict tinrent , tinc(f^ ^uarite et troy» î U^nt appro(l»oit 4|ttaiib , naine ht pensée , rendit lenpirit a Sesus roy be« ropp.

— f^bit eeans la i>etUe be Coussainets par un nome Cott»»ain« phxt , Ter fil) i fonb^; priai, por entre en ^ien côioi|tcts, yoy tenant anee eul» estre mis.

Toutes les autres inscriptions da;tent de 1525 , 1539 , d 535 ,*1554 , 4557, 1566 , 1567, 1598 ,1627 et 163i. Quelques-unes de ces inscriptions font mention de Notre-Dame de Envermeur.

BOURG D'Ei^iVERMEU. 2l7

cliâpelle , qui eiàste encore aujourd'hui . parfaitement conservée.

En 1562 9 tandis que la peste exerçait ses ravages dai^ la ville et les environs de Dieppe , une troupe* de protestants, sortie de cette ville, se répandit dans les alentours et y mit tout à feu et à sang. Les églises d'Ënvermeu, deBellengreville, d'Ancourt, des deux Sauchay, de Greiges, de Graincourt , d'Étran et de la Neuville, furent complètement pillées et dévastées par ces brigands.

En 1589, les églises d'Ënvermeu, et , en général , ' tontes celles des paroisses voisines de Dieppe, furent de nouveau pillées et saccagées par les ligueurs.

En 1740, Gouchaupré n'était encore qu'une succursale de Notre-Dame 4'Envermeu.

Envermeu avait aussi unesergenterie et une haute justice. Ce bourg était en même temps le chef-lieu d'un doyenné rural qui comprenait cinquante paroisses des environs, parmi lesquelles on remarquait celles de Dieppe (en partie) , le» Grandes -Ventes, Bailleul-sur-Eaulne, les trois paroisses d'Âliermont, celle de Bracquemont, etc., etc.

Aujourd'hui, on a réuni à Envernteu les anciennes paroisses de Saint-Laurent, Hybouvilleet.Aubervillc

Nous avoûs vu précédemment que , dans les temps anciens, la première de ces trois paroisses avait toujours fait partie du territoire d'Ënvermeu; elle forme

218 BOURG P'ENVERMÈU.

actuellement Tan de ses principaux hameaux i. Quant à Hyboaville , que ^elques vieux titres appellent indistinctement Saint '-Sauveur d'IholviUe » Noire-Dam d'YbonviUe, et , enfin, HuboviUe, ce hameau est situé au nord-ouest d'EuTermeu. Snivatit dom Toussaint Duplessis, son nom viendrait de ffu* baud ou Huboud , nom propre d'homme » en latin Hubaldus ou Huboldus. Quoi qu'il en sott de cette étymologie , il est certain que ce hameau est fort ancien. On y a trouvé» il y a quelques années , dans i'enceinte du cimetière, un grand nombre de vases romains ^. L'église appartenait aux moines de l'abbaye du Bec près Brionne. On remarque, sur cette

i En allant du boarg d'Envermeii au hameau de Saint-Laurent, on trouve, immédiatement après avoir passé la rivière, sur la droite du chemin , une forte motte , faite de main d'homme , laquelle pa* ralt correspondre avec une autre , placée à une certaine distance. On prétend que, sur la c6te de Tranquelcr, il existait un fort, des^ tiné à protéger un antique chemin connu sous le nom de Chavtée de Flandres et allant de Picardie à Kouen.

3 Les dmeticres dftS^int-Sulpice et d'Ancourt, paroisses voisines d'Envermeu, sont également remplis de vases antiques. Sur le territoire même d'Enverraeu , en faisant la* nouvelle route de Dieppe, il a été recueilli un ^and nombre de tuiles à reboirds. Nous devons à Tobligeance de M. Grout, notaire et maire de ce bourg, la commu* nication de quelques médailles de Faustine, Commode, Néron et Antonin, trouvées, ainsi qu'une infinité d'autres pièces semblables, depuis une vingtaine d'années, sur le même territoire d'Envermeu, dans une pièce de terre qui est située entre le hameau du Bue et la communs (VlntravUle, à peU d| distance du Boii Dai^êretur* Cette derrière dénomination est incontestablement un souvenir des Druides,et les noms deBuctid^Intratdlle ne sont pas moins anciens.

BOURG D'ENVEKMEU. 219

ancienne paroisse » le joli domaine appartenant à M. le comte Gallye d'Hybouville. La grande porte d*entrée de la conr du château est fort belle : cette porte date de 1657.

Auberville, sur la rive gauche de TEaulne» audessus et au sud-est d'Envermeu , est appelé , dans nos plus antiques chartes latines , Osberti t?tl/a. En 1141, Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen, confirma aux religieux de l'abbaye du Bec la possession de l'église de cette paroisse. Avant sa réunion à Envermeu, la commune d'Âuberville renfermait 172 habitants.

Dans un pré , sur la rive droite , et à peu de distance de la rivière d'Eaulne» on voit les restes de l'antique chftteau des sires d*Envermeu. On y remarque une motte connue dans le pays sous le nom Caiel ou Cartel.

Il se tient à Envermeu on marché le samedi de chaque semaine» et des foires le troisième samedi de juillet et le prunier samedi de novembre i. Le principal commerce dece bourg con^ste en toiles, grains» beurres et bestiaux.

i Les habitants d'Envermea furent successivement confirmés dans leurs droits de foires et marché par Henri V, roi d'Angleterre, le 30 mars 1422; par Charles Vil, roi de France, le 22 juin 4450; par Louis XI et Charles VUI, le 14 novembre 1463 et le 17 octobre 1483; et, enfin, par Louis XII et François I«r, les 24 mai 1502 et 26 février 1531 . Les lettre»^patentes de François I«r furent enregistrées au bailliage d'Arqués le 22 avril 1532.

^'îî > i ti ii iil ii^^^nfHftiift'

D'ENVERMEU.

\n d'Envermea était de 1 ,6 1 ment, un incendie dévora ce 1 siècle* et voilà pourquoi, n des trois autres communes population nes*élève encore ) individus.

VHnotxmm.

se de trente communes , et ants.

[ERMONTf à 3 lieues (sud-est) sud-ouest) d'Envermeu, tire [)ire qui s*étend entre les rî- Sethune , depuis Bailleul et d'Arqués. Ce terrain forme rge colline, dont le plateau , orèts , est , depuis plusieurs re. Toute cette contrée avait nt ou Alaeer Mons. <}ue ce liquerville, vienne des mots l, qui signifient habitalion de purement romain , comme ^rme latine ; quil soit dû à [ont l'un des descendants , alier, se trbuve encore men-

CANTON D»EIfVERMEU. 221

lionne, en 1398, dansuD aveu rendu par Jean d'Es^ touteyille; qu'il appartienne, en6n, conime celui de Valliquerville près Yvetot, à un seigneur du moyenâge, appelé Walker ou Vaucher : toujours est-ilque le sol qu*il désigne est habité depuis fort long-temps. Cinq paroisses y existaient avant 1150, et quatre de ces paroisses ont conservé le nom d*Âliermont; ce sont : 1^, Sainl-Nicdas d'Aliermonl; 2o, Saim- Jacques d'Aliermont *; 3®, Notre-Dame d'Altermont ^; et 4^, Sainte-Agathe d'Altermont. La cinquième, qui pourrait bien être la plus ancienne, est Saint-Etienne

1 Saint-Jacques d'Aliermont , que quelques vieux titres nojnment aussi Saint- James, possédait, dès ayant 11 50^ une église pa> roissiale. Outre cette église^ il y avait anciennement sur cette commune : lo, un liermitage ; 2o, une chapelle proprement dite ; et do, une maladrerie ou hospice pour les lépreux. L'bermitage connu sous le nom de Bosc-Alihermont ou bois d'Aliermont, devint une chapelle en titre, soui le nom de Saint^Bemi; c'étaient les moines du prieuré de LongueviUe qui «n nommaient les desservants en dl77 et encore en 1419. Quant à l'autre chapelle, que les registres de Tarchevôché de Kouen , de Van 1521, appcRent à tort Saint- Vved , elle était dédiée sous Tinvocation de saint Evroult , et était toujours en titre en 1543. Enfin, suivant les archives de l*ai*chevêché de Rouen, la léproserie de Saint-Jacques d'Aliermont existait en 1250; il ne s*y ti'ouvait plus de lépreux en d589. C'était aux archevêques de Kouen qu'appartenait le droit de nommer les desservants et administrateurs de ce dernier établissement , ainsi que les curés de l'église paroissiale. La population actuelle de Saint-Jacques d^Aliermont est de 342 habitants.

2 C'était aux archevêques de Rouen qu'appartenait le patronage* de l'église de Notre-Dame d'AUermont, ainsi que celui d'une chapelle dite de Saint- Jean, située sur la même paroisse. — La population de cette commune est de 553 habitants.

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m CANTON D'ENVERMEU.

, tk CroixdMe; cette deiniëre, comme celle de Sainte- Agathe , se trouve sur Tarrondissemeut de Neufchàtel-eu-Bray. Ces cinq paroisses, avec Dieppe , Louviers, Bouteilles et les moulins de Rouen, furent cédéesen 1 1 97, par Richard-Cœur-de-Lion à Tarche- Téque Gaultier de Coutances, pour terminer la fâcheuse querelle qui 8*étmt élevée entr'eux au sujet du terrain sur lequel Richardavait fait construire la forteresse d*Andely. Dans les vers latins gravé^isurles nombreuses croix de pierre qui furent élevées à cette occasion dans la cité rouennaise, Timmense territoire où se trouvent les cinq paroisses dont nous parlons est appelé. illacft> ManSf locus am(fnu$. Aujourd'hui, après bientôt six siècles et demi, ce pays est toujours le même. Les cinq paroisses communiquent entre elles par une large et magnifique veie, que sa recti-* tude d'alignement prouve appartenir , sinon à la période romaine elle-^méme, du moins aux premiers temps de la monarchie française. Cette voie, bordée dans toute sa longueur d'un double rang de maisons, régulièrement rangées comme les rues d' une graide ville, et alternativement coupées par des masnfs de pommiers en fleurs, par de jolis jardins, par de riantes métairies, par de riches campagnes chargées de moissons, s'étend, en traversant la vallée d'Eaulne, la forêt d'Arqués, les plaines d'^liermont, la forêt de Neufchâtel, les campagnes de Bival et de Beaussault,

CANTON D'ENVERiMEU. 223

depuis Dieppe jusqu'à Beanvais, en passant par Gaillefontaine et Songeons. — Quant à Saint-Nicolas d' Aliermont, il y avait autrefois sur cette commune^ outre Téglise paroissiale, une chapelle dite de Saint- Hubert. Elle se trouvait, dans la cour d'un ancien manoir appartenant à la famille de Grodalle ou Croixdalles , et existait encore en 1738. — C'est à Saint»-Nicolas d'Aliermont que naquit, vers la fin de ^ranné0kl684, le révérend pèreiMaugeard, supérieur des Augustins de Rouen , si connu par ses dis-* putes au sujet de la bulle Vnigenitus. Parmi les nom« breux écrits qu'il publia au sujet de cette fameuse bulle, depuis 1742 jusqu'en 1*250, on cite se^deux Letlres d'un disciple de saint Augustin à un grand prélat (1750). — On remarque à Saint-Nicolas d'Aliermont une fabriqife considérable de mouvements de pendules perfectionnés. C'est à l'honorable M. Pons, maire de cette commune , que le pays est redevable de ce précieux établissement, où Ton fabrique, chaque année , de cinq Sl six mille mouvements de pendules. — La population de Saint-Nicolas d'Aliermont est de 1 ,659 habitants.

Équiqueville , sur la Béthune, à 4 ligues 1/2 (sudest) de Dieppe , et 2 lieues 1/2 ( sud ) d'En\ermeu , est nommé dans les anciens titres Eq^ovilla . Ce nom , comm^ceux d'Écultot, Écuquetot, etc. , est d*ori-*

Î2i CANTON D»EWVERMEV.

gine gallo-romaine. Aa commencement de Vliinè' raire d'Anionin , il est fait mention d'un lieu appelé Ecucotilium. Si, d'un côté, cet e circonstance ne peut laisser de doute sur Tantiquité d'ÉquiquevHle , nous avons , de l'autre côté $ pour corroborer notre opinion, Timmense quantité de tuiles et d'objets romains dé toute nature que Ton retrouve chaque jour sur cette ancienne paroisse en labourant la plaine, du côté des Grandes- Ventes, au triage des IlauteletsâtiHau^' ielols. L'emplacement des ruines parait être fort considérable. Cependant, Guillaume de Jumiéges appelle Équiqueville Schechevilla. Cet historien nous apprend que c'est à^Équiquevtile , non loin de la ville d'Arqués ( haud procul ab oppido Arcarum , m villa quœ dicilur Schechevilla) , que le duc Richard P' connut pour la première fois , en 989 , la bel]ç..et célèbre Gonnor, qui , du sein d'une misérable chaumière, s'en alla briller au milieu d'une cour pompeuse et s'asseoir sur le trône de ces princes normands, qui allaient bientôt donner des rois à l'Angleterre, et dont l'alliance devait être si souvent briguée par les monarchies les plus puissantes. Richard était venu chasser à Équiqueville. La femme d'un de ses forestiers, nommée Sainfrie, lui ayantplu, le duc eomman^a au tiuiri un triste sacrifice. La femme du forestier substitua prudemment à sa place sa sœur Gonnor, jeune fille encore plus jolie qu'elle. Be duc,

CANTON D*£NVEKMEU. 225

ayant reconnu la fraude , se réjouit de ce quon lui avait épargné le sujet d'un repentir. Il aima tendrement Gonnor, l'épousa 9 et en eut plusieurs enfants , savoir : 1® , Richard II • qui fut duc de Normandie et aieul de Guillaume -le- Conquérant; 2^, Robert , archevêque de Rouen et comte d'Évreux ; 3® , Mauger , comte de Corbeil et père de Guillaume de Mortain ; V, Emma , reine d'Angleterre; 5î, Havoise, duchesse de Bretagne; et5*, Mathilde , comtesse de Chartres. — Originairement, la terre d'Ëquiqueville formait deux paroisses 9 Saint-- V(tast et SaifU-Pançrace ; la première , âtuée sur la rive droite de la Béthune; et la seconde, sur la rive gauche. C'est cette dernière que l'on désigne spé-^ cialement sous le nom d'Équiquevflle ; suivant un aveu du 25 avril 1419L, le patronage et les dtmes de cette paroisse» aujourd'hui supprimée» appartenaient aux moines du prieuré de Longueville. La population de ce village est de 169 habitants. — Quant à Saint-Vaast d'Éqoiqueville» il a conservé jusqu'à ce jour le titre de commune. Le patronage de son église paroissiale appartenait autrefois aux chanoines de la cathédrale de Rouen. La population de Saint-Vaast est de 362 habitants «.

1 A une demi-lieue environ (nord-oneat) et au-desiout d'Ëquiqueville, on trouve, sur la rive gauche de la Béthune, la commune de Freulleville , laquelle avait des seigneurs particuliers dés 1490.

7M CANTON irENTEKMEU.

SAiirr-AcBiN-LB-CAUp ♦ sur la rive droite de la Béthime » à 2 Ueaes 1/2 ( sud^est ) de Dieppe , et 2 lieaes (sad-ouest) d'Envermeu, est appelé, dans quelques anciens titres , Smnt^Albin le Caouf, en latin Sanelus Albimis Cakus. Ce dernier mot , qui désigne ordinairement un lieu sauvage et inculte , une côte dépouillée de végétation , doit être ici un nom d'homme» suivant Duplesws. Richard leCauf était seigneur d'Épaignes près Cormeilles (Eure), en 1406. On a appelé aussi cette commune Saint-- Aubin- sur^Àrqaes et Saint-Aubin --siir-OsmonvtUe^ Lorsque le comte Guillaume du Talou se révolta , en 1053, contre r autorité de Guillaume-le-Bâtard son neveu, duc de Normandie* Henri P', roi de France, amena au secoifrs du prince rebelle , alors assiégé par le jeune due dans le château d' Arques , une armée » destinée tout à-Ia-fois à attaquer les assaillants et à introduire dans la place les vivres et les munitions dont elle avait un si pressant besoin Suivant Guillaume de Jumiéges et Robert Wace, ce fut

L*un de ces seigneurs disputait, en d256, à Tarcheyéque de Rouen, e patronage de ré|;lise de cette paroisse, dédiëe à Notre-Dame. En ^et, c'tftait au manoir seigneurial de FreuUeviUe qu'ëtait attache, de temps immc^morial, le droit de nommer les cures de cette églôe* La terre de FreuUeville était un quart de fief relevant de la baronnie de Cleyille , et appartenant aux sires d'Estouteville , châtelains de Valmont. En 1495 , ces seigneurs avaient aliéné la terre et le patronage cleFr§ulleville. La population actuelle de cette commune csl de «552 habitante.

C4NT0N D'£î«iyEBMEU. 227

à Saint-Aubhi-1e-Caaf que cette armée, sous le^ ordres du roi , vint placer son camp ( caslrametûri apud Sanctum Albinum jussit ). Â peine instruits de Tarrivée des Français, les chefs normands résolurent eux-mêmes de les attaquer, et , pour mieux réussir dans leur projet » ils employèrent la ruse. Ayant fait choix de tout ce que Tarmée du duc pouvait compter de plus fidèles et de plus intrépides chevaliers » ils placèrent ta moitié de leurs soldats en embuscade dans des lieux sombres et difficiles , et envoyèrent ensuite les autres en avant , avec ordre de rétro-grader aussitôt qu'ils se verraient approcher par les troupes françaises. Le stratagème réussit complètement. La majeure partie de Tarmée royale , ayant aperçu les Normands , marcha à leur rencontre^ Ceux-ci, pour tromper leurs ennemis, firent d'abord bonne contenance ; puis, fuyant tout-à-coup , entraînèrent au loin les Français sur leurs pas. Arrivés au lieu où se tenaient cachés leurs compagnons d'armes» les Normands s'arrêtent , font volte-face , et un combat meurtrier s'engage. Presque tous les soldats royaux furent taillés en pièces ou faits prisonniers. Ënguerrand II de Ponthieu , connu sous le nom de comte d'Abbeville, perdit la vie sur le champ de bataille, tandis que Hugues, surnommé Bardouf, s'en alla traîner la sienne dans les fers. A la nouvelle de ce désastre , le roi Henri se hâta d'abandonner les

2» CANTON D*ENVERMEU.

retranchements qu'il avait élevés à Saint-Aubin-le- Cauf , pais s'en retourna à Saint-Denis près Paris cacher sa honte et sa douleur. Dès son origine , la seigneurie de Saint-àubin-le-Cauf était un plein-fief de Haubert. En 1225, cette terre appartenait à Robert» comte de Dreux, qui, d'accord avec Âëoor ou Aliénor , sa femme , y fit construire , en cette même année , une chapelle à peu de distance du manoir* Cette terre» qui appartient aujourd'hui à M. le duc de Fitz-James, fut divisée vers 1577. En 1579» la moitié du fief était réunie à celui delà Gour-

> » le-Comte» situé sur Pieïre-le-Vieux. Cependant,

au mois de janvier 1603, Claude Groulard, premier président du Parlement de Rouen, obtint de Henri IV des lettres-patentes qui érigeaient en sa faveur le

. fief de Saint- Aubîn-le-Cauf en chàtellenie , avec droit

de fourches pcUibidaires à quatre piHerz. Dans un aveu du 15 mars suivant , le premier président déclare teÊiir du roi, à cause de la vicomte d'Arqués, la fleine chàteUenie et demi^fief de Haubert de Sainl- Auhin4e^Cauf. — Quant à l'église de ta paroisse , elle avait été donnée» dèi la première moitié du XI® siècle» à l'abbaj e de Saint- Wandrille par Robert P% drc de Normandie, surnommé le Diable. En 1474, 1564 et 1738, ce monastère présentait encore à la cure de Saint-Aubin-le-Cauf , mais ce patronage était exercé alternativement par les seigneurs du lieu;

CANTON D'ENVEKMEU. 229

en 1579, ce fat le seigneur de la Cour-ie Comte qui nomma le curé de Saint-Âubin; mais, en 1603, ce droit était revenu à la châtellenie dont nous venons de parler. L'églisedeSaint-Aubin-le-Caufn^oflre rien d'intéressant sous le rapport de l'art. La population de cette commune est de 595 habitants.

Bellengreville, sur la rivière d'Eaulne, à2 lieues (sud-est) de Dieppe, et 1 lieue (nord-ouest) d'Envermeu , est appelé , dans les anciens titres , Sainl- Germain de Berengenille (de Berengarii Villa) ; ce nom est incontestablement le véritable. Le patronage de Téglise de cette paroisse était attaché au (ief seigneurial de Bellengreville. En 1260, le sire de Bellengreville, sénéchal du comté d'Eu , nomma le curé de cette paroisse. Jean d'O, également seigneur de Bellengreville et sénéchal héréditaire du comté d*Eu , le nomma , à son tour, en 1556. En 1589 , le sire de Bellengreville fut député par les ligueurs de la ville d'Eu pour prier les royalistes de Dieppe de ne point les inquiéter durant la guerre civile. Un autre sire de Bellengreville, probablement fils du précédent, fut grand prévôt de France. Au moment de la bataille d'Ivry , il était gouverneur delavilledeMenlanpour Henri IV; il mourut vers 1603. En 1682, Bellengreville n'était plas.qu'un huitième defief. Outre l'église paroissiale, il y avait

236 CAMTOW D'ENVERMEU.

anciennement, sur cette commune, une chapelle dite de la Vecuivois ou Vaux-Veie (la yoie des vallons). Cette chapelle existait encore en 1738. La population de ^llengreville et de 162 habitants^.

Sauchay-le-Haut , ainsi nommé à cause de sa position dans une plaine élevée, se. trouve à 2 lieues (sud-^ud-est) de Dieppe, et 1 lieue 1/4 (nord-ouest) d' Enyermeu . Ce lieu était appelé anciennement Notre^ Dame du Bosc; quelques titres portent même la Ville du Bois. Sauchay, en effet, avait originairement une très-vaste étendue. Son territoire comprenait , d'un

I Saint^Sulpice , au sud-est de Bellengreville « sar la rive f^aucba de la rivière d'Eaulne , est appelé indistinctement , dans les anciens titres , Bérenffrevilleiie ou Bellengrevillêttê , SainUSulpice de Berêngrevillê , Saint-S^ppli» de Manneville ou Maiièouville , etc. Les deux premières dénominations prouvent que cette paroisse, aujourd'hui supprimée , faisait originairement partie de Bellengreville. Le comte Guillaume^d*£ssex avait donné, vers la fin du XII« siècle , i'éiglise de Saint-Sulpice à l'abbaye de Mortemer en Lions ; celte donation fut confirmée par sentence du bailli de Caux en 1315, Cependant, après de nombreux procès, les religieux de Mortemer finirent par être dépouillés du patronage de Saint-Sulpice^ lequel, ainsi que le fief seigneurial de cette paroisse , était réuni en 1495 à b baronnie de Manéhouyille. En 1582 , ce fut le duc de Longuevillc qui nomma le curé de Saint-Sulpice ; ce droit fut exercé en l65i) et 16C2 par le comte de Tancarville. Outre l'église , il y aygit andennement, k SctinUSupflis sur Elnê (sur Eaulne)^ une chapelle dite de Notre-Dame ; cette chapelle était encore sur pied en 1485 — On à recueilli à Saint-Sulpice , dans l'ancien cimetière de cette paroisse une grande quantité de poteries antiques ^ des médailles romaines^ des hachettes en "bronze, et, è quelques pas de là, deux lei-eueils en pierre calcaire des environs.

CAÎ>iTOiN D»ENVEKMEU. Ml

côté « totite la plaine qui s'étend depuis Grèges et Graineourt jusqu'à Touryille-la*Chapelle et IntraT ville et , de Tautre côté , tout l'espace qui se Irouvcf entre Ancourt et Bellengreville , sur la rive gauche de l'Ëaulne. Ce territoire fut divisé en deux paroisses : la première portion s'appela 5auchaj/-Ie^ Haal, et la deuxième portion, à cause de la i^llée, Sauchay4e'Ba8 0iï tkiÉtckay^n'Rioiére. Les seigneurd de Sauehay-le-Haut portaient le titre àerbaron$ hautjusticiers et connètdbles héréditaires du comté d'Eu. C'était à eux qu'appartenait, en 1266, le droit de choisir les curés des deux paroisses du nom de §auchay . En 1 500 et 1 56 1 , ce patronage était passé aux comtes d'Eu; mais, en 1738, il était revenu aux barons de Sauchay. Outre l'église paroissiale dédiée à' la sainte Vierge, il y avait autrefois sur Sauchay-le- Haut: 1^, une chapelle connue sous le nom de jPncauty laquelle existait en 1471 ;.et 2^, un prieuré app^\é Saint-Nicolas des Rendus. Eudes Rigault, archevêque de Kouen* avait dédié l'église de ce monastère le 13 juillet 1257. Ce prieuré relevait de l'abbaye dé Sery près Blangy ; les moines y exerçaient encore les fonctions curiales en 173S. La population actuelle de Sauchay-le-Haut est de 233 habitants. — Quant à Sauchay-le-Bas , maintenanl supprimé, il est appelé , dans quelques vieux titres, Saint-Martial de Saulchoy-sur-Eaulne, Son ancienne

»« CANTON D'EiîfVEKIlIEU. ^^

églm est assez curieuse. Le partâilest duXVf^^^k; un petit pampre, sculpté en relief, en décore le cintre. L*an§;le nord du chœur est du Xl^ siècle * ainsi cpie la crypte qui se ironve sous le sanctuaire. Cette crypte a été remaniée et décorée de peintures dans le XV* siècle. Entre Ancourt et Sauchay-le- Bas» on a recueilli, dans un petit vallon qui faisait autrefois partie de cette dernière piiroisse, une qnan*tité considérable de briques, de toiles et dé poteries romaines^.

1 A une lieue 1/4 ( uord-^tt) de Sauchay^en remontant ^ans ]a plaine , ver^ la ville d'Eu , on trouve la commune de Tourville-la- Chapelle, laquelle est appelée, dans quelques chartes, Notre-Dame de CatteviUê, En ii04 , le pape Pascal II confirma aux religieux de Tabbaye de Fécamp la possession du patronage et des dîmes de l'église de cette paroisse , qui , ainsi que nous l'avons dit ailleurs , était une dépendance de la baronnie du Jardin. La population de Tourv:lle-la-Chapelle est de 670 habitants. — Saint-Martin-en-Campagne, sur la route de la ville d'Eu à Bieppe, à % lieues (nord-nordouest ) d'Envermeu , dépendait anciennement de la baronnie de Bcrneval. Il y existait une église paroissiale avant 1068. Les reli^ gicux de Tabbaye royale de Saint-Denis la cédèrent , par échange , avec cette baronnie , à Guillaume de Calletot , seigneur de Montinelian près Paris. En d2$4, ce Guillaume de Calletot fonda, dans Téglise de Saint-Martin-en-Campagne, une chapelle connue sous le nom de Noire-Dame des Avoines ou Notre-Dame des Champarts, Lépatronage de cette chapelle , ainsi que celui de l'église , appartint toujours aux barons de Berneval. Guillaume de Calletot avait encore fait construire , en l2S4 , une autre chapelle sur Saint-Martin-en^ Campagne, du côté de Dercbigny et de Graincourt; cette chapelle pcirtait le nom de Saint-Denis de F'argemoni on f^ergemont. Il y avait en outre, sur Saint-Martin, une maladrerie appelée indistinctement dans nos anciens titres Sainte-Catka , Saint-Catal , Sancti Caihœi, Sanctus Cathaldus^ Sainte-Catho , etc. , dénominations qui

CANTON D'ENVERMEU. 1M

Penly, sar le botd de la mer ^ à 2 lienes 1 /2 (nordest) de Dieppe , et 2 lieues (nord-nord ouest) d*£nvermeu , a été successivement appelé Saim-Denis de Pceneli et Saint-Guy de Sentit. Ce nom est visiblement formé du mot celtique Pen ou Pent , pointe , hauteur, rocher élancé vers le ciel. Peut-être aussi vient-il du latin Pœnttenttale : alors il devrait son origine à une maison religieuse , à un couvent de pénitens. L*église de Penly appartenait autrefois à Tabbaye du Tréport. La population de cette commune est de 362 habitants. — Biville-sur-Mer, à environ une demie-lieue (est) dePexdy, et à peu de distance de la grande route d*£u à Dieppe, est ap^ pelé , dans les archives de Tarchevèché de Rouen , Satnt-Remt et Saint' Jean de Biville, En 1161, c'était à fabbaye d'Eu qu'appartenaient le patronage et les dîmes de Téglise de cette paroisse. La population de ' Biville-sur-Mer est de 51 9 habitants. — Guilmecourt, à 1 lieue (sud-est) de Biville, et 2 lieues (nord) d'Envermeu , tire visiblement son nom de celui de Guillaume (GuillelmiCuria) , oupeut-êtreaussideGuilmer ou Wilsmer, en latin Gislemarus. Il y avait ancienne

ne sont autre chose que la grossière altération du nom de Sainte- - Catherine. Cet établissement ayant été ruiné dans les guerres des Anglais , il n*en restait plus que la chapelle en 1488. Cette chapelle, comme celle de Saint-Denis de Vargemont, était à la présentation des barons de Bernerai. La population de Saint-Martin-en-Campngne rU de 679 habitants.

234 CANTON D'Er<VE»ME(J.

irtent deux églises à Gaîlmecourt , Tune sous le va-' cable de saint Amand , él l'autre sous le vocable der saint Vaast. En 1256, c'étaient les abbés du Tréport qui nommaient les curés de la première de ce$ deux églises; le patronage de la seconde appartenait aux seigneurs de Guilmecourt. En 1392,rabbaye de Saint'Wandrille voulait aussi exercer une partie de ce patronage. En 1406, il ne restait plus à Guilmecourt que l'église Saint-Amand , mais avec deux portions de cure. En 1683, Téglise Saint- Vaast avait été rétablie; elle existait encore en 1738. Sous le rapport de l'administration civile , cette dernière paroisse faisait partie de la vicomte d'Arqués, tandis que celle de Saint-Amand relevait de la vicomte d'Eu. Outre ces deux églises, il y avait autrefois. à Guilmecourt une maladrerieou hospice pour les lépreux : elle portait le nom de Sainl-Clauie; c'était aux seigneur i des Granges, quart de fief situé également sur Guilmecourt , qu'appartenait le droit de DDmmer les desservants et administrateurs de cette maladrerie. En 1694 , les biens et revenus de cet établissement furent donnés par Louis XIV à l'hôpital deCriel. Quant à la seigneurie de Guilmecourt proprement dite , c'était un plein-fief de Haubert , connu originairement sous le nom de baronnie de Cornillon. Les barons de Gornillon-Guilmecourt avaient fait à l'église Saint-Amand plusieurs donations im-

CANTON D'EKVEliMEU. 338

pcrtanies. Aujourd'hni la popalation de Gailmccourt est de 502 habitants > .

AvESNES , à 5 lîenes(est) de Dieppe, el 2 lieues 1/2 (est-nord-est) d'fenvermeu , est appelé indistinctement , dans les anciens litres , Sainl-Metton d*A^ vennti ( de Avena) , Satnt-Meslain d'AvesneseiAvesnes^ sous-'Agumont ( Acutô Monte ) . Cette dernière dénomination est probablement la plus ancienne ; prise dans la nature même des localités » elle désignait incontestablement la haute colline qui borne Avesnes à Te rient, comme un autre coteau le domine au cou*

i A une deii]i-lieuc(sud) de Guilmëcourt, dans une plaine coup<^ par de grands bois , on rencontre la commune de Grény, ^ui , des l'an 1147, possédait une église paroissiale dédiée à la sainte Vierge. Le patronage de cette église a successiTcraent appartenu aux religieux du Tréport , à Tabbaye de la ville d'Eu , et enfin aux comtes d'Eu. « Je soupçonne, dit en parlant de cette paroisse le bénédictin Duplcssis , que Ton a dit autrefois Guemi; et ce nom Tiendroit de Guerne^ qui signifie vn aune (arbre aquatique). » La population actuelle de Grény est de 272 habitants. — Saint-Quentin Ae^ Prés , a un quart de lieue (sud-est) de Greny, était appelé naguère Saint-^Qvêntin ai* Bosc, En il41 , Hugues d'Amiens , archevêque de Rouen ; confirma à l'abbaye du Bec la possession de l'église de Saint-Quentin, qui, du reste, n'appartenait à ce monastère que conune dépendance du prière d'Envermeu. C'était même le directeur de ce dernier établissement qui , dans le XIII< siècle , nommait encore les curés de Saint-Quentin En 1572, Charles de Goubervillefonda, dans l'église de cette paroisse, une chapelle dite de Saint-François et de Saint- Antoine, laquelle devait être desservie à perpétuité par deux chapelains à-la-fois. En 1726, la terre de Saint- Quentin appartenait à Nicolas de Caqueray. La populatioii actuelle de eettf commune est de 182 habitante.

Googk

chant : c'est un site sauvage qui semble faire partie d'un désert. L'église paroissiale d*Âvesnes, qui appartenait autrefois à l'abbaye de Tréport, n offre rien d'intéressant ; mais on remarque sur cette commune la propriété de M. A. Delestre. Les seigneurs d'Avesoes avaient le droit de ch(u$er à la grosse et à la p^te bêles dans toutes les forets du comté d*Eu : c'était sans doute pour cela qit'il étaient obligés de sonner du cor lorsque les princes allaient eux-mêmes y chasser. — On a réuni à Avesnes les anciennes paroisses de Saint-Aignan, Villy-le-IJaut et Caudecôte-Suce. Saint- Aignan , appelé autrefois Saint-' Agnan-sur-Sept'Meules, avait» en 1260» une église dédiée à la sainte Vierge c Le patronage de cette église, qui appartenait aux archevêques de Rouen, fut vivement disputé à ces prélats en 1308 et 1341 par plusieurs seigneurs. En 1666 , il était devenu alternatif entre les possesseursdu 6ef de Saint- Aignan et les religieux de l'abbaye du Lieu-Dieu ( diocèse d'Amiens) . Ce droit était venu à ces religieux à cause de la réunion à l'église de Saint Aigna% des biens et revenus d'un antique prieuré que possédait, sur cette même paroisse, l'abbaye du Lieu-Dieu. Ce prieuré se nommait Jupigny; mais ce nom , depuis plusieurs siècles, est complètement oublié dans le pays. Peutêtre cet établissement avait-il succédé à l'abbaye de dames qu une charte de Pépin-le-Bref , datée de

CANTOIf D'ENVERMEU. 237

fan 751, place sur Sepl-Meules. Par relte charte , que dom Mabillon nous a conservée dans sa diplomatique (page i90). Pépin , qui n'était pas encore monté sur le trône de France , mais qui allait bientôt l'occuper, confirme à l'abbaye royale de Saint-Denis près Paris, et en dépit de Reine (Ragana)% abbesse de 5eJP^Jfeu/e5,la propriété d*un village du Talou nommé alors Curhorius. — Villy-le-Haut , ainsi nommé à cause de sa situation au penchant d'une colline fort élevée , sur la rive droite et à peu de distance de la rivière d'Yères, est appelé, dans quelques titres, Saint'Martin de Vailli; le pouillé d'Eudes Rigauh , archevêque de Rouen, dit Verleium. Suivant un aveu du 14 décembre 1469, le patronage de l'église de Villy, attaché au fief seigneurial de cette paroisse, appartenait , ainsi que le fief lui-même , à l'abbaye du Tréportprès la ville d'Eu. Outre cette église , il y avait encore sur Villy, au hameau de Maisoncelle, une chapelle dite de Sainte-Nicolas. Suivant un aveu du mois de juillet 1713, c'était aux seigneurs de Caudecôte (qu'appartenait le droit de nommer les desservants de cette chapelle. — Caudecôte ( colline brûlante ) , et non pas Cottecote comme l'ont écrit quelques auteurs, tire son nom de la côte élevée sur le sommet de laquelle il est bâti. Quant à son surnom Suce^ ce n'est pas un nom d'homme : il devrait s'écrire sus, c'est-à-dire dessus Au reste , Caude-

21S CAMIOM JO'ETfYEftMEU.

cote était aoe paroisse fort moderae à l'époque de fa révolutioa« puisque, en 1738, elle a* était encore que l'annexe» que la succursale deVilly. — La popu- *lation actuelle d' Avesnes , y compris les différentes réunions dont nous venons de parler, s* élève à environ 470.babitants.

Bailly-en-Riviére , sur le petit ruisseau qui porte son nom, se trouve à 4 lieufs (est) de Dieppe, et 1 lieue 1/2 (nord-est) d'Envermeu. Son nom, comme ceux de Bailleuh Baillou^ BaiUolei^ etc., est formé du mot celtique Bali , qui désigne ordinairement une avenue d'arbres. Dès le XI^ siècle , il existait à Bailly une église paroissiale dédiée à mxiU Martin. Deux cents ans après, il y avait dans cette église trois portions de cure. L'un de ces bénéfices était à la présentation de l'abbaye de Saint- Wandrille, en 1230 ; la nomination du second était at« tachée à la présentation du fief, seigneurial de la paroisse, en 1392 et 1481 ; enfin, le patronage du troisième appartenait aux comtes d'Eu, en 1665. Outre ces trois bénéfices, il y avait encore à Baillyen-Rivière ; 1®, trois chapelles; 2®, un hôpital; et 3®, quatre fiefs ou manoirs seigneuriaux. — La chapelle Sdinl-Ntcolas de Monthuit se trouvait sur le fief du même nom; elle était en titre en 1477, et à ]a présenta! ion dos seigneurs de ce fief. La chapelle

• CANTOW D*£NYÏJtM£U. 2^

Notre-Dame de Moj se trouvait également Mt le fief aiosi dénominé: elle existait d'abord, en 1613» dans le cimelière de la paroisse ; mais différents actes 4es années 1667 et 1605 nous prouvant qu'elle avait été transférée dans le château saigneurial de la commune, car c'était au manoir de Moy qu'était attaché ce titre. EnQp , la chapelle Sainl^AiUoxM cie Pellevert ou Poloers se trouvait de même sur l'antique fief dont elle avait conservé le nom; elle étato en titré en 1516, et existait encore en 1694. -^ Quant à l'hôpital , il parait avoir été détruit dans les guerres des Anglais; sa chapelle seule était en* core en titre en 1505; c'étaient les seigneurs du fief de Tendos qui nommaient les desservants de cette chapelle. — La seigneurie de Bailly--en-Riviére était dans l'origine un plein-fief de Haubert , avec titre de chàtellenie. Cette terre ayant été divisée • le château devint la propriété de la maison de iVIoy ; cette portion prit le nom deMoy-BaiUy; elle appartenait, vers le milieu du XVI® siècle, à la famille Pimont. L'autre portion, étant passée à la famille Tendes, prit , de son côté, le nom deBailly-Tendos t de sorte que celle-ci était la terre, et l'autre lac/iâiellenie. François de Pimont , châtelain de Bailly, chevalier des ordres du roî , gouverneur de la ville et de la forteresse de Neufcliâlel, laissa, pour unique héritière, une fille nommée Madeleine. Celte

mÊ^ÊÊÊ

thù CAMTON 0*BIfYERM£U.

Madeteiae de Pimont époasa Joacliim ïe Thibermesirfl , geBtflhomme ordinaire de la chambre du foi, seigneur du Caule, de Franqueville, de Capval, de^ Noyers, etc. Elle veadil la châtellenie de Bailly le 18 mai 1587, à Adrien de Pardieu, écuyer, seigneur de Maucomble, de Saint-Aignan» etc. Jacques de Pardîeu, son fils, chevalier, marquis de Bailly, sire de Maucomble , vivait en 1663; il acheta , en 1667, de Guillaume Guiran , baron de Dampierre • six acres de prairies situées à Bailly-en-Riviëre. Marie-Catherine de Pardieu, petite-fille de Jacques de Pardieu , fut dame de Bailly-en-Rivière, de Hau* comble, du fief de Tendos, du fief deHonthuit, du fief de Polvers , de Pierrepont , de la Graverie , de Bréligny , de Saint- Aignan , etc., etc. Elle épousa Henri-Charles Le Veneur , chevalier , dont elle était veuve en 1766. C'est par contrat du 19 octobre de cette même année qu'elle fonda, sur la paroisse de Bailly-en-Riviére , une école gratuite pour les petites filles de Bailly, de Saint-Aignan et de Saint- Ouen-sous-Bailly ^ ; elle dota cet établissement de cent cinquante livres de rente, payables sur les États

1 Samt-Oocii-fous-BaiUj, à trois quarts de lieoe ( lud-ouett ) de Baillj-en-Rivière , dans la même vallée, avait dès le coimnenccment du XU« siècle, une église, dont Hugues d'Amiens, archevêque de Eouen , confirma en 1141 , la possession a l'abbaye du Bec, probablement à titre de dépendance du prieure d'Envermeu. A peu de distance de Saint-Oucn-sous- Bailly, au sommet d'une des côtes qui

de Bretagne. — Aujourd'hui Baîlly-en-Riyière esr une. espèce de petit bourg» fort agréable» dont la population est de 652 habitants.

DouvRBND; sur la rivière d*Eaulne, à 4 lieues 1/i (sud-est) de Dieppe, et 1 lieue 1/4 (sud-esl) d*Envermeu , paraît tirer son nom des mots celtiques ou teutoniques Durr ou Dour^ torrent, courant d'eau, et And ou End , montagne, colline ëleTée qui projette au loin son ombre. Le nom de Douvrend est d'autant plus curieux , que, comme celui de Londinières et celui de Wanchy-Capval, paroisses voisines de celle-ci, il semblerait annoncer qu'il y eut là, dans l'origine, une colonie d'Anglais, lesquels, en souvenir des lieux de leur naissance , Douvres et Londres , laissèrent ces noms aux lieux qu'ils étaientvenus habiter. Ceserait cependant une grave erreur. Londinières existait en 907 sous le nom de Nundmières; Wancky portait son nom dès le commencement du règne de Guillaume-le-BAtard, c'està-dire à mue époque où les peuples de la Grande- Bretagne, loin d'aller s'installer chez les autres, se renfermaient prudemment dans leur modeste coin de terre, et semblaient, par leur nonchalance et

xlominent la ToUée, on reniari|ue tic curieux terrassements qui ildvent provenir d'un camp nntiqiir. La populal'on (k* Saint-Oucn-sous Bailly est de 307 ba)>it-ints.

Vkt CANTON. D'KNVERMEU.

leur inertie, invirer leurs Toisîûs à veair les con- (juërir. Quant à Douvrend, il est certain , comme nous allons le prouver, qu*il existait avant rétablissement de la monarchie française. Si donc la singulière concordance que Ton remarque entre les noms de ces trois communes et les noms dé Londres , de Douvres, etc. , prouve bien réellement la présence d*un même peuple; sur ces deux rivages, il en faut conclure que ces lieux ont été fondés, non pas pardes Anglais, mais bien par les Celtes ou Gaulois, qui , comme on le sait, occupaient originairement c^ contrées, ou peut-èlre encore par les pirates saxons, lorsqu'ils infestaieiitnoscôtes. Quoiqu'il en soit, il est certain queDouvreïid a uneoriginefort ancienne. Dans le voisinage d*une voie anliquequi, suivant une no!eque nous devons à Tobligeance de M. deDouvrcmlel, est encore connue aujourd'hui sous la double dénomination de Chemin de César et de (Jlmissie des Romains, on a trouvé à Douvrend, il y a environ vingt-six ans, dans un lieu que les traditions populaires relatives aux revenants- et fan* tomes ont décoré du nom de Clos-Blanc factuellement Clos-Billot) : 1^, quatorze ou quinze médailles de Gordien Pie et de Constantin, petit module, moyen-bronze; 2^, une petite hache et une pique; 3^, une urne et quelques fibules; et 4^, enfin, plusieurs tombeaux en plAtre ou en pierre calcaire ,

CANtcnf D*£WVERMEU. 243

ayant Ions là fonned^iiiieaage. Tous eeseereueils avaient la tête placée , soit à Torient « soit à Voceident , jde sorte que les pieds se trouvaient botit à bout^. Uy a peu d'années, la voie dont nons venons de parler offpait encore à Douvrend , sur upc ion* gueur de plus de cent vingt toises, un profond et solide encaissement, parfaitement intact. Celte voie

1 Depuis que cette notice est rëdigët*, et au moment âe la mettre sous presse, nous avons ajipris que Ton vient encore de trouver sur Douvrend {mois d'avril iS38 ), d^ubord , deux squelettes accom« pa^n^ de quelques poteries romaines; puis, plus de cinquante autres squelettes accompagnes également de poteries, d'armes, d'agrafes et de petits ornements eu verre, de diverses formes et grandeurs, ce II a été trouvé, dit une noie publiée dans le/ofiriic/ de Jtovén ( no du 20 avril ), une médaille en bronze , petit module, dans laquelle est passée un fil de laiton ; elle fut portée à l'aide de ce - fd. Cette médaille est de Clavde-le-Gothiqvz. Il n'en faut pas conclure que ces sépultures appartiennent précisément au temps de cet empereur, qui régna dans la seconde moitié du lll* siècle ; mais probablement elles en sont voisines.

« Les vases que l'on trouve avec les squelettes sont de fabrique plutôt germaine que romaine* Parmi les armes, il s'en Irouve aussi qui n'appai'tiennent pat aux légions. Elles ont dû être portées par des soldats germains. Mais , en supposant que les restes que l'on découvre à Douvrend viennent des troupes Impériales, les armes étrangères qui s'y trouveraient mêlées ne pourraient former une difficulté, car on sait qu'à l'époque dont il s'agit, les forces do l!eiu-' pire étaient formées eu grande {>artie d'hommes enrôlés chez ces nations dites harbares,

u Ces découyertes peuvent devenir fort intéressantes. On doit à M. Prudent Delacroix , qui habite Envcrmeti , d'avoir conlrilxpé beaucoup à la conservation des preinicTs objets trouvés. M. le fOuspréfet ( de Dieppe ) a donné depuis des in:itructioos à M. M; maire de Douvrend j'our la conservation de to»it ce que l'oa viendrait à découvrir, >»

GoQgk^

2U C\NTOiN D'ENVEHMEU.

691 celle dont nous aTonsdéjà puié aillrars » et qui allait de Beauvais à Dieppe, en passant par Formeriez Mortemer-sur^^Eaulne et Aneourt ; elle airait vingt-quatre pieds de largeur^. — L'église de Douvrend, dédiée à sainte Haéeleine, appartenait, de temps immémorial, aux arekeyéqaes de Rouen.

Cette église ajant été en partie détruite pendant les guerres des Anglais, on construisit, dans les premières années du XVI® siècle, celle que Ton voit aujourd'hui , en conservant néanmoins ce qui était demeuré intact de l'ancien édifice. Cette église ofTre de curieuses peintures, quelques restes de beaux vitraux, deux ou trois pendentifs ou culsde-lampe assez jolis, et un plancher en bois fort intéressant. Ce plancher, qui recouvre à pku toute l'étendue de la nef, est divisé en petits carrés offrant, sur un fond bleu semé d'étoiles, soit les chi£fres de Jésus et de Marie, soit des anges, des génies ou des amours, tenant dans leurs makis des banderolles chargées de devises latines en l'honneur de laYîerge;

I II y a peu d'années aussi, en creuiant une sabliciie à Boissay-sur- Eanlne , au tric{çe de Betfacncourt , au penchant de la rallée, et sur la rive droite de la rivière , on a dt^couyert un encaissement fort solide, ayant environ deux pieds et demi d'ëpaisseur ; c'était incontestaMemeut la voie romaine dont nous patrons. A Auberville, avant que Ton n'entreprit la route a|:tuellc, celle voie était tellement bien conservée , qœ pendant plus de trente ans on n'y fit aucunes réparations : mais à quelque distance de là, eHe était imprUicable, surtout pour 1rs ctievaux et les voilures.

CVMON U'ENVERMEL'. 7S6

sont des passages des Litanies, du Salve

. Ces peintures, quoique exécutées d*unc

rt médiocre, n*en soot pas moin^ dignes

iervées avec soin; et, cependant, nous

que le précieux plancher de Téglise de

va élre immédiatement détruit pour être

)ar une voûte de lattes et de mortier,

\ la moderne. Sur les murs de cette église,

ue un assez grand nombre d'inscriptions

ortant les dates de 1529, 1576, 1582,

14, etc. ; toutes sont relatives à des fon-

^uses, excepté la suivante, qui est pour

uous u un haut intérêt , et que nous avons copiée

littéralement. Elleest gravée sur une pierre en belles

leltres gothiques : Là de grâce mil cinq^^. vingt neuf,

h XIW io^. de may, mai$l^. Nicole de CùquimiUz ,

docteur en théologie t p,. la pmissib diuiè'euesq. de

Veriise^ mffragant et ^eaire en cette part de très reue-

rend père en Dim Môs^. larcheue^, de Roui, seignr.

et patron de ceste parroisic de Douorend , dédia ceUe

présente église. Et dôna a toufcathoUcquescrestiensqua-

râle jours de vraypardô, qui deuotement visiteront tous

les ans la dicte église, en y donnât et osmonût de leurs

biens, depuis les premières vespres de la veille de lad,

dedi^^.jusqza lendemain soleil couchant inclusiuement.

Et estoit pour lors cure de la dicte egse maistre Nicole

de Ciuile : mess^. Robert Langlois son vicaire, leq^-.

«♦5 C-L\TO?l D^EiWERMEr.

retUa lad. egiê : GuilU de la Boulloye, Raoul et San-

fraiiô 9 thuaufiêê. Apni prit$ Dieu pour les dessus

dictz eipaurious les irespasses. — Outre celle église»

il y avait autrefois à Douvrend : 1<>, une chapelle

dite de saint Antoine , fondée ou plutôt restaurée en

1652; et 2^» une maladrerie ou hospice pour les

u\ , située à quelques pas seulement de Téglise

lie : la chapelle de cette léproserie portait le

ie Notre-Dame ^. On remarquait aussi sur cette

Aune le fief noble de Douvrendel^ qui existe

c; Tantique propriété àeHumesnil^ attachée

Tois au domaine royal ; et , enfin , Timmense

I du Luxembourg, qui fut en partie donnée au

^nt des Capucins de pieppe. — A la fin du

siècle t Douvrend porlait le titre de bourg;

t le siège de deux tabellions (ou notaires), et

tenait une foire et un marché. Cette foire ,

encore lieu tous les ans , le 25 juillet , doit

rigine au cardinal de Boarbon , archevêque

uen , qui Tétablit, vers Tan 1576, en faveur

fabrique de Téglist^ paroissiale , à condition

8t probablement cette léproserie et le voisinage de son ciqui ont fait donner le nom de Chemin des Morts à la route

iuit de Pëglise de Douvrend à Baillj-en-Bivière : ce chemin

î presbyttVe de Douvrend. Peut-être aussi ce nom fait-il alla voie romaine, qui , ainsi que nous Tavons vu plus liaut«

iiivant Pusage grnéral Aes fils de Bomulus^ bordée crurues

rcnrils.

CANTON p'FNVtlVMKtJ. tif

que les Irésoriers de cette Tabrique (erafent faire chaque année, à eelte église et ao presbytère, (ouïes les réparations que les archevêques de Rouen, seigneurs et patrons de cette paroisse, avaient été tenus

eux-mêmes d'y faire faire jusqu*alors ♦. La foire de

i Nous sommcâ rctlcvabies tic ces renseignements à feu M. Tabbé Michel , cure de Douvrend. Dans lu course archëologique que nous fîmes en< cette commune au mois de mars 1837, ce Vf^nérablc prêtre, homme instruit et ami des arts , nous reçut chez lui avec toute la cordialité et la simplicité des siMes antiques. Le sieur Testn, instituteiHr à Douvrend, nous accompa^ait , ainsi que la jeune Êlisa Testn, sa fille. Tous nous prodiguèrent, à nous et à nos deux compagnons de voyage ( MM. Eugène Denise et Ernest Vienne ) , les soins les plus nobles et les plus désintéressés. Certes , nous nVtis* siens pas dit alors que huit mois plus tard, dans la nuit du 20 au 21 novembre dernier, le respectable et vertueux abbé Michel, âgé de 86 ans; le sieur Carpenticr, son beau-frère, âgé de C8 ans; la fille Lattenx, leur servante , âgée de 73 ans, périraient, massacrés de la manière la plus atroce, dans cette modeste demeure où jamais l'indigent , quelque fussent ses mœurs , sa foi ou sa patrie, n'était venu demander en vain le pain de la charité !.. Tous étaient baigna dans leur sang, tous avaient été broyés sous la main de fer de leurs assassins. Seule, Ëlisa Testu, âgée de 15 anS, avait, comme par miracle , échappé au fer de ses bourreaux ; il est vrai qu'ils l'avaient crue morte.

Ce n'est qu'après quatre mois d'efibrts inouis et presque prodigieux, que la justice a pu enfin saisir les coupables : c'étaient un bûcheron , puis un boucher , puis deux autres bouchers, puis trois femmes ou filles de bouch;Ts!..

Après huit jours et une nuit de débats terribles , dans lesquels ont été entendus près de cent quatre-vingts témoins, médecins ou experts , les nommes Jean-Nicolas- Toussaint Fournier, âgé de 35 ans, boucher à Saint-Martin-le-Gaillard ; Jean-Baptiste-Napoléon Gaudry, âgé de 28 ans, bûcheron à Saint-Martin-le-Gaillard; Nicolas Fournier père , âgé de 61 ans, boucher a Wanchy-Capval ; et, enfin , Jean-François Fournier , âgé de 33 ans, boucher a Sept- Meiih's, ont été atteints et convaincus, non-seulement d'avoir tué

Digitiz'ed by

Goagle

2;$ CANTON D'ENVERMEU.

Douvrend est une des plus fréquentées de Farrondissement de Dieppe; il s'y fakuo commerce considérable en bestiaux, surtout en chevaux et poulains : il s'y voi^d aussi quelques toiles et merceries. — La population actuelle deDouvrend est de 695 habitants.

les trois vieillards et attatsiné la jeune fille de Dotivrend, mais encore d*avoir antérieurement ëgorgë ou assommé : t«, la yeuye Lambert, de Saint-Pierre-des-Jonquiéres, âgée de 87 ans ; 42« , l*aU>é Lhermina, curé de Saint-Martin-le-Gaillard , âgé de 80 ans; 3*, la femme Céleste Paris, servante de ce vieillard , âgée de 40 ans ; et . 4o, enfin , la jeune Marie-Rose Cayeux , nièce de cette servante , âgée de iS ans. Déclarés coupables par le jury, ces infâmes assassins ont été condamnés , le 24 mars , à 2 heures du matin, par la cour d'assises du département de la Seine -Inférieure, à avoir la tête tran* cbéesur la place publique de Saint-Martin-le-Gaillard.Par leméme arrêt, Marie-Madeleine-Sophie Gaudry, femme de J.-N. -Toussaint Fournier, âgée de 32 ans, et complice de tous les crimes affreux qui ont jeté dans celte contrée une si profonde épouvante , n'a été con^ damnée , en vertu de circonstances atténuantes , qu'aux travaux forcés à perpétuité. Quant aux deux autres femmes , Marie-Marguerite-Justine* Guerin , âgée de 26 ans, femme de J.-B -Nicolas Gaudry, et Marie-Euphémie Gaudry, âgée de 21 ans , elles ont été acquittées, vu PinsufBsance des charges.

■O t' g»'»» ^. ^»«^>qi e ^*^t& ■ ^> i Of ^t i& ti g'' ^>^ie g>»^»^*^«^

6ourj| >f (Kcllntrombrr.

SiTci sur la rive gauche de la Yareone « dan« une de ees diarnianfes vallées qui se reoeoufrenl si fréquemmeot en Normandie, et qui sont comme un souvenir de celles de la Suisse , Bellencombre se trouve à 6 lieues 1/2 ( sud-sud-est) de Dieppe , et 7 lieues 1/2 (nord-nord-est) de Rouen.

Comme toute la contrée environnante » remplacement où s'élève aujourd'hui cette commune était, dans les temps anciens, occupé par une vaste forêt, dont les bois qui existent encore ne sont plus que les derniers vestiges.

La tradition do pays, les objets celtiques et ro^ mains que Ton a recueillis à différentes reprises sur cette commune, Texistence, enfin, de plusieurs retranchements anliques sur les hauteurs du voisinage, tout semble prouver que c'est aux ravages de la guerre, soir à Tépoque de la conquête des Gaules par les troupes de César, soit dans une des dyssensîons civiles qui désolèrent si souvent cette

t$0 BOIJBG DE BEI.LI NCOMBRE.

contrée, soit même lors des inyasions des barbares ( Hons, Saxons, Vandales ou Alemans ), que celle forêt aura été en partie détruite par les flammes; le fer aura fait le reste. Ce moyen , que les peuples anciens employaient presque toujours pour soumettre leurs ennemis , dut laisser dans le pays d.q longs et pénibles souvenirs , et c'est indubitablement à cette circonstance que le bourg qui fait le sujet de cette notice est redevable de son nom. Belhrni signifie guerre, et combri, dans le langage de la basse latinité, désigne toujours un encombremeni de boisabaUus^.

1 Suivant Dom Tonssaint Dupl«Mii, le mot bel est cl*origine teulone ; il dtUigne ordinairement un donjon, ou plutôt une tour destinée à recevoir et à transmettre des signaux. C'est de ce mot que 8*ett Ibrmë celui de bêlfred ou helfrid , c'est-à-dire beffroi. Dans ce dernier cas, Bellencombre remonterait au moins jusqu'à la premif^re race de nos rois , et son nom devrait se traduire en latin par Beilvs in i^ombris , c'est-à-dire vn beffroi^ un clocher^ placé au milieu de bois abattus ou essartés.

Si l'on en croyait l'auteur des Mémoires Chrotiologiques pour servit à l'histoire de Dieppe , ce serait dans i'emplaœment actuel de Bellencombre que Clotaire I«», fils de Clovis , poursuivi par Childebert son frère, se serait vu force , eu 537, de suspendre sa narche , et , dans la crainte d^étre surpris , d'élever, au milieu des bois, un camp , qu'il fortifia d'une immense quantité d'arbres qu'il fil abattre exprés Assurément on ne peut mieux expliquer l'origine dn nom de Bellencombre ; mais , malheureusement , l'auteur des Mémoires , dépourvu de toute espèce de critique , a confondu les bois de Bellencombre avec l'antique forêt à'Arelaunum , aujourd'hui de BriOonne. Voici , du reste, la manière curieuse dont cet écrivain exprime son opinion sur la situation du lieu où s'arrêta Clotaire j et sur la dénomination (\\ie portait ce lieu du temps de

BOIRG DE BEI.LENCOMBRE. 154

Après la coBquéle de la Normandie, en 1204» par Phflîppe-Augusfe, la châfellen'c de Beltencombre fui allachée an domaine royal. Elle y demeura réunie jusqn*en 1269* époque où le roi saint Louis, toujours fidèle à sa politique religieuse , donna le fief de Bellencombre à un clerc , c'est-à-dire à un homme d'église, nommé Richard Rorel , à la charge, par ce dernier, de mettre à exécution les condamnations à mort ou à peines afflictives, prononcées contre les criminels du pays , les blasphémateurs* elc, etc. Dans son zèle plus ardent que réfléchi , Yecclésiaitique Rorel marcha Yt(e en besogne. Toutefois , comme sa qualité de clerc , qui égalait presque celle de prêtre, alors si privilégiée, le dispensait d*exëcuter luirméme les nombreux coupables , il employa, à cet affreux métier ,' plusieurs valets dont il ne put obtenir les services qu'à prix d'or. Aussi , en 1260, Richard Rorel adressa-t-il au roi une réclamation , prétendant que la Couronne lui

Grégoire de Tours. « On l'appelloit, dit-il, de son temps, Bcllencomlire, à cause du grand nombre d*arbrps qui y avoient ëtë abattus, et il ëtoit entre Oromella et le fort iTJrelanum , à peu pies également éloigné de Tun et de l'autre, et entre les rivières de Varenne el A^Adetanvm. — Ces traits s'appliquent parfaitement au bourg sis sur la j>remi«Te de ers deux rivières , dans la forêt d'Eawy, à côté de celle dTaulne , à quatre lieues environ d'Orinesnil , qui est audessus , el d'Arqués qui est au-dessous. On le nomme encore aujourd'hui Bellencombre , sans qu'on puisse assigner à celte dénomination une antre époque que celle tie l'abatis de boi« fait par Clotairc. »

tSt BOLBG DE BELLENCOMB&E.

devait , pour chaque jour de Tannée, les vivres de tous ceux qu il employait. On ignore ce qo*îl advint de cette réclamation ; mais ce que Ton sait , c'est que le peuple» dans le dégoAt profond que lui inspiraient les officiers de sire Richard Borel , dolina aux valets le nom do maître, et que ce nom , volant de boucheen bouche par tout leroyaumede France, fut généralement adopté pour désigner l'exécuteur des hautes-CBuvres ; telle est, suivant plusieurs écrivains, Torigine du mot haurreau^.

Richard Rorel étant mort vers 1305, le roi Phi- |jppe-le-Rel , par acte du mois de mai 1309, céda a perpétuité à Rchert de la Heuze^ €hevàUer, la tnai^m el le ehàleau de Bellencombre , avec son usage en la faresl d'Yacy (Eawy) et la garde des kots, en recam^ pense de cflut de ttortemer^sur-Eaulne \

< Voyex à ce sujet la Collêctùm de pièces relaHves à l'Histoire de France^ publiée par M. Charles Leber, tome m , page 6«. — Voir aussi les Mémoires chronologiques pour servir â VHisUnre de Dieppe f etc., etc.

Du temps de Monstralet, on appelait encore hourrel Texëcuteur lies hautes-œurres : lesquels y par le hourrel , les uns et les autres eurent la tête coupée^ dit cet historien, tome icr de ses Chroniques, chapitre 47,

S Le château de Mortemer-sur-Eaulne, dont on voit encore d'im> portants ur le bord de la grande route de Neufdiâtel à

Aumale, i incien. Comme nous l'avons dit dans notre Des-

cription jue et historique de l'arrondissement de Neuf-

châtel ( f il et suivantes ), Mortemer était une place im-

portante ipoque où eut lieu la sanglante bataille de Mor-

temer, dans laquelle l'armée française fut taillée en pièces par les

by Gooç

BOVRG DE BELLEiNGOMBRR. S53

Ce Robert de la Heine,. devenu ainsi ckAtelain de Bellencambre, était fils de Richard de la Heuze, seigneur de Cressy, et de Marie de Moy , fille de Jean de Moy «En 1210, Henri de la Heuze, son grand-père, tenait de Philippe-Augusle les terres

Normands. Koger, gouverneur de celle place , ayant proté|;c la fuite de Raoul, comte de Mantes , Guillaunie-le-Conqu<h*ant loi retira auMit6t la chàtellenie de Mortemer et la donna, ayec tous les domaines, droits et prérogatives qui s'y trouvaient attachés , à Guillaume de Varenne, l'un de ses fidèles. Roger de Mortemer se reBdit religieux dans le prieuré de Saint-Victor^n-Caux. Ce fut même à sa prière que l'on érigea ce prieuré en abbaye , dans le concile tenu en 1074. Peu de temps après la donation qu'il lui en avait faite , Guillaume-le-Conquérant obtint de Guillaume de Varenne la résiliation de la châtellenie de Mortemer en faveur de Gui îer, comte dePonthieu, qui , après avoir été fait prisonnier à la bataille de Mortemer même et avoir passé à Bayeux deux ans de captivité, était devenu le vassal et l'ami de Guillaume* Cette cession eut lieu pour récompenser le comte Gui c^avoir livré au duc le fameux Harald, qui, venant exprès d'Angleterre en Normandie pour reprendre les otages donnés par Godwin , avait été jeté par une tempête sur les côtes du Ponthieu :

£ li dus li a feit aveir

Lez l'ewe d'Aine un bel maneir,

dit le poète Robert Wace dans son Jionuin de Jiou. Il parait que le comte de Ponthieu, à son tour, ne demeura pas long-temps en possession du château de Mortemer, et qu'il s'en dessaisit bientôt en laveur d'un autre seigneur noinmé Hugues. £n effet , dans la liste des chevaliers normands qui combattirent à Hastings en 1066 , nous trouvons un Hagues de Mortemer. Un autre sire de Mortemer , accompagné d'un de ae» parents , nommé Jean, suivit , en 4096, le duc Robert II ( Courte-Heuze ) à la conquête de la Terre- Sainte. Prise dès 1202 par Philippe-Auguste , cette châtellenie, comme celle de Gaillefontaine, fut réunie au domaine de la Cou^ ronne en 1204. Bientôt démembrée de ce domaine , pour être don-* née à la maison de la Hcuze, elle y fut de nouveau réunie en 1^9,

tS4 BOUAG DE B£U.ENCQMBaS.

de Qaevilly, Herbeville , etc, Ea 1222» ce Henri de la Heuze était aussi seigneur de Trouville.

Rgbert de la Heuze laissa Pierre de la Heuze, chevalier, lequel fut sire de Bellenc^bre et vivait en 1320.

Pierre de la Heuze laissa trois fils et une fille. L*alné des fils , nommé Robert , fut seigneur des Ventes et de Bellencombre ; nous en parlerons ciaprès. Le deuxième, nommé Jehan , et surnommé le Batêdran ou le Baudrain, fut chevalier, cham* bellan du roi , amiral de la mer, etc ^. Le troisième, appelé Guillaume, et connu sous le nom de Le Gallois, servit en Flandre sous les ordres du connétable de Gulnes, pendant les années 1337, 1358 et 1339; il est qualifié, dans différents actes des années 1349 et 1350, chevalier, seigneur de Goy , capilains souverain pour le roi en la vicomte de Thouars, gouverneur des terres de BeUeville et de Cliçon , etc.

comme nous venons de le voir. Dans la suite, cette châteUenie parta^;ea presque toujours les destinées de la vicomte de Neufciiârel. En 1420 , les Anglais occupaient le château de Mortemer-sui- Eaultie , etcVkt probablem"nt en 1472 que ce château , comme ceux de Blaugy, de Monchaux , de Torcy-le-Grand , etc., aura été détruit par Charles-le-Tëroéraire, duc de Bourgogne, lorsque ce prince s*en alla ptUer et brûler Neufchâti 1. Cependant, en l(k)3, et même postérieurement, la châteUenie de Mortemer jouissait o core d'aue juridiction fort étendue. ( Voir, pour plus de détail» , notre Description de l'arrondissement de NeufchÀtel ).

1 II avait fait ses premières armes sous les ortires du comte d*Eii. connétable de France. Créé amiral au mois d<* juin 1359, il mourut sans laisser de postérité , le 7 i 'ptc:iibr.' |3SG.

BOIEC DE BliLtENCOMME. 2i)5

Quant à la fiJIe de Pierre de la Heuxe, elle se nommait Alix; elle Tut mariée à Georges de Clères» baron de Clères , etc.

Robert de la Heiize, deuxième du nom , seigneur des Ventes et de Bel (encombre , était maréchal des gens d'armes du connestaMe de Guisnes.en la guerre de Guyenne et Languedocq pendatit les années 1337 et suivantes. Par acte du mois de mars de celte dernière année, le duc de Normandie lui fit don à perpétuité de quatre-vingt-deux acres de terre dans la forêt d'Eawy, dèchargezde tontesredevances. Il laissa : io, Pierre de la Heuze, II* du nom, dont Tartiele suit; et 2^, Jehan de la Heuze, sire de Quevilly. Pierre de la Heuze , deuxième du nom , surnommé Hector, fut chevalier^seignaur des Ventes, de Bellecombre, etc. En 1556, il était de garnison dans le château de Pont-Audemer, avec six écuyers sous ses ordres. Charles, dauphin de Viennois, lui donna , le 27 décembre 1360, quatre cens royaux d'or à litre de récompense militaire. Pierre de la Heuze vivait encore en 1397. Il avait eu deux fils de Jeanne de Tournebu , sa femme, fille du baron JeandeTournebuetde Jehanne Commin. L'aîné de ces lils se nommait Robert, et le deuxième Jacques. Robert de la Heuze , troisième du nom , suf^ nommé le Borgne » fut seigneur des Ventes et de Bellencombre, chevalier, conseiller et chaiûbelUn

ti6 EOURG B£ BELLENCOMBRE.

du roi, prévit de Paris^ gouverneur de la province de Normandie, etc. Il rendit de nombreux services aux rois Charles V et Charles VI, depuis 1378 jusqu*en 1413. 11 défendit Dieppe contre lesentreprises des Anglais, à une époque où presque tout le reste de la Normandie leur était déjà soumis par la Torce des armes. Sa fidélité à son roi et sa résistance aux ennemis de sa patrie attirèrent sur ce brave et loyal chevalier toute la fureur des insulaires conquérants. Tous ses domaines furent oi confisqués, ou piHés, ou livrés aux flammes. C'était sans doute pour le dédommager d*une partie de ces pertes, que le roi Charles VI lui donna , le 13 août 1389, la sùmms de deux cène francs d'or à prendre sur les deux mille esqueh Estiefme de la Fontaine , eh à Gisors , amîl été condem^nè. < Il est^ dit le père Anselme, dans son Histoire des grands officiers de la Couronne (tome vu, page 756), qualifié châtelain de Bellencombre dans un certificat qu'il donna le 15 novembre 1404, au sujet des revenus des prevostez de I Beliencombre. Le roi Tétablit capitaine et garde des ville , ehastel et chastellenie de Pontorson, par j lettres du 24 novembre 1407. Son père avait acheté i de Jean Crespin , seigneur de Magn j, les terres de - CTressy, de Saint-Bllier, et les prez de Saint-M.irlînsous-Belleneombre , et devoit au roi 180 livres i tournois 13 sols 3 deniers poiir les treizième et i

du

Bt)URG DE BELLENCOMBRE, 257

relief de ce fief noble...» Ed 14Ô8, Charles VI, qui Taimait beaucoup, lui fit remise de cette somme, assez coasidéralle pour Tépoque; peu de temps auparavant , ce même prince lui avait déjà donné mille livres de ren!e.

Robert III de la Heuze fit hommage au roi de ses terres des Ventes et de Bellencombre, le 16 mars 141 1. Il en donna le dénombrement en 1413. Ses biens étaient tellement considérables, qu'il fallut plus d*une année pour procéder à ce dénombrement. Ce seigneur étant mort sans enfants , toutes ses terres et châtellenies de Bellencombre, la Mailleraye, etc. , retournèrent à Jacques de la Heuze, son frère, sur- * nommé le Pelit liaudran.

Jacques de la Heuze, seigneur de Heuditot et de Rupière , fut un des plus braves chevaliers de son temps. Après avoir fait les guerres de Flandre , il fut pris par les Anglais , et retenu long-temps prisonnier loin de sa patrie. En récompense de ses services , le roi de France lui donna plusieurs gratifications importantes en 1385, 1389 et 1397. Jacques de la Heiize<avait épousé Jeann3 de Brionne de Heuditot , fille aînée de Raoul Morel-de-Brionne , seigneur de Heuditot et de Perronnelle d'Auvricher ( aujourd'hui Orcher , près Harlleur ) . Il ne laissa qu'une fille nommée Marguerite.

Marguerite de la Heuze , 'dame de Heuditot , de

t55 BOl'HG DE BELLËNCOMBB^E.

Belleneombre et de la llaiUeraye» épousa Charles le Brun de Néville, cheyalier, chambellan du Roi» etc. OUTéreotes pièces de cette époque iious prouyenl qu'eu 1415, ce seigneur était occupé à guerroyer contre les Anglais. Il est probable qu'il perdit la vie sur le champ de bataille d'Azincourt, car Blarguerite de la Heuie se remaria, vers 1453, à Gui de Moy, seigneur de Chin , auquel elle porta en dot les terres de Belleneombre et de la Mailleraye.

Jarques de Moy, baron de Moy et châtelain de Belleneombre , fut grand-mattre des eaux et forêts dans les provinces de Normandie et de Picardie , gouverneur d^ Saint-Quentin, et<;. Il mourut le 12 fémer 1519. Son corps fut enterré dans l'égUse collégiale de Moy, mais ses*entrailles furent déposées dans celle de Belleneombre , sous une petite tombe de cuivre que Ton voit encore et dont nous parlerons plus bas. Il avait épousé Jacqueline d'Ëstoutevillet dame châtelaine de Charlesmesnil , de Saint-D^sleThiboust, de Beauvais, etc.

Charles de Moy, son fils, seigneur de la MaiUeraye et châtelain de Belleneombre , fut vice-amiral de France et gouverneur du pays de Caux. Il épousa Charlotte de Preux, dame de Piorrecourt, dont il eut : 1**, Charles de Moy, dont Tarticlè suit; et 2^, Jacques de Moy, chevalier de Tordre du Sûnt- E^prit , con$eiller*d*éttt et capttdfiie de cinquante

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