‹ Histoire des environs de Dieppe comprenant les cantons de Longueville, deChapitre 7 sur 10 · CANTON IVOFFR AN VILLE · texte numérisé non relu

CANTON IVOFFR AN VILLE

dans les pêcheries d* Arques, l'église et lésdtmes de Muchedeot, une portion de la terre da Tôt (patrie moine de Goscelin) , elc * .

Au deuxième, il donna : 1®, une forêt située enfre la rivière deVarenne et la Scie, et tout le terrain défriché qui en dépendait; 2<>, Téglise de Manéhouville, avec un domaine et un moulin ; 5® , plusieurs propriétés à Monvilie, à Edettes, à Fresqoienne, à TËpinay et à Cardouville ; 40, la terre , le village et la forêt de Malaunay , etc ^ .

Quelques auteurs ont prétendu que c'e§t dans ce dernier moua»tère que le vicomte Goscelin termina

1 u In paya Taîlov, dit le duc Robert I^r dani la charte de confirmation, villam vnam quœ ab incolis dicitur Kanehen, In eodem 0tittm paya , FUI are cum tribus molendinis et una ecclesia , cum omnibus videlicet qum ad ipsam vident ur appenditia» In ipso quoque paya prœdium ad viVam Caldecota pertinens , cum omnibus appendiiiis suis, idest saUnis^ terra in Humectis maritimis, et in campis, et in silvis, pascuis. Eccfcsiam unam supra mare positam cum triyinia ses fuyeribus, et copellam de Appavilla , et unum fisiyardum in Dieppa, efapudportum ipsitts Dieppœ quinque satinas et qvinque mansvrn:!e quœ soltvnt pei' sinyu'os annos quinque miliia kaleHum s dies dominicos piscariœ de jérchis ; ecclesiam de Mucedent , vi'lœ etiam quœ dicitur Tôt par temillam que ad Goscelii,umpertinebat, etc.

3 « Conccdimus etiam supradicto monasterio aylvam illam quœ habetur inter aquas, scilicet Garennam et Sedum, cvm terra culta quœ pertimet ai eam , cum omnibus svpradictisi etiam totum dominium quod hactonus tenuimus in Manehousvilla , lœtanter prœdicto loco concedimus cum ecclesia et molendino; et quicquid habuimus in Montvilla^ prceter ecclenam^ et in Esletis^ ift in Freschennis, et in Car don villa : tandem supradiciis sanctis concedimus villam qna di( itur Spinetum cum his quœ pertinent ad if son, videlicet cum tena. vnius rarrucœ , ei cvm teionio,» »

iH CANTON lyOFFIUNVILLE.

ses jours, après y avoir embrassé la vie religieuse^ P^aulfes prMendeiil ifu'il n'avait eo qu'une fille ^ nommée Béatrix, laquelle avait également embrassé, avec Emmeliiie sa mèrd, la vie religieuse da|is Tab-? )>aye de Saint- Amand, à Rpuen.

Cependant, une charte de Guillanme-le-Conqoévant, donnée en fisvanr de l'abbaye de Saiot*6eorge8 de Bo0eberv9te , cile un Richard , 6k de Goscelin « tandis que, de l'autfe côté , les archives de l'abbaye de Fécamp mentionnent un Renaud, vicomte d'Âr* ques. Ce dernier vivait vers Fan 1040; il donna à ce monastère le patronage et les dîmes de plusieurs églises situées dans le voisinage de la ville d'Arqués.

Ce Renaud étant venu à mourir à son tour, vers l'an 1048, sans laisser, à ce qu'il parait, d'héritiers miles , la vicomte d'Arqués retourna au domaine ducal. Avec un peu de prudence, nécessitée, d'ailleurs, par les coupables tentatives d'une foule de seigneurs et de barons, dont l'ambition effrénée rendit si orageuses et la minorité et les premières années du règne de Guillaume, celui-ci eât dA conserver , sous son autorité et à sa disposition , la ville d'Arqués, que son importance et sa situation naturelles rendaient fort précieuses. Malheureusement, il n'en fut pas ainsi. Le jeune duc eut la faiblesse de remettre cette place aux mains de son oncle, déjà comte du Talou. Il voulait, par cette

CANTON IVOFFllANVILLE. 477

Bouvetle preave de confiance et de générosité, s*aS' sorer^ sinon Tappui , du moins la neutralité da per-fide Guillaume, mais son imprudence faillit lui coûter cher ^ . Le frère de Robert-le-DiaUe était un homme avide et au^cienx ; il paya son jeune et trop confiant neveu de la plus noire ingratitude.

A peine se fut-il mis en possession de la ville d* Arques, qu il se hâta de faire construire» sur le sommet de la haute collinequi la commande du couchant au raidi , un château de formidable défense : Arcas casintm in pago Tellau pûmus skOuit , dit 1^ Chronique de Fontenelle. C'est donc lui qui fut le premier et véritable fondateur de la forteresse d<mt il existe encore aujourd'hui de si imposantes ruines. Suivant Guillaume de Poitiers, historien contemporain, cette construction lui coûta d'immenses travaux : OperO'^ sissime, dit-^ilt eitstruxit in prœaUi montis Arcanim cacumine.

Lorsque tout fut terminé , le comte de Talou se

1 Voici comment Robert Wace s'exprime au sujet de celte donation : '

Pur heavr de^siin parenté £ pur avcir sa feeltë , ~^ Li a li dus en fieu dune

Archet â TaiUoule cvnAé.

Le poèt9 ajoute ëgalupcnt ^Me ce fut Toncle de GMJImime-le* Conquérant qui fit construire le château d'Arqués :

Pur dangier frre à son srigr.cur Fist desiis Arches unr tnr.

17S • GANTON D'OFFRANVILLE.

déclara hautement contre s<m bienfaiteur. Le jeune duc se saisit rapidement de la forteresse d'Arqués » et y plaça une nombreuse garnison.

Malbeureusement , le comte du Talou parvint à séduire les officiers de son neveu» et une guerre affreuse menaça le duché.

Cependant» le bitard de Falaise, le futur conquérant de l'Angleterre , ne se laissa pas abattre par le danger. En 1053» il vint lui-même assiéger le château d'Arqués. La famii^ força les rebelles à se rendre : ils avaient été réduits à l'état te plus affreux. Voyant qu'il n'était que faiblement secouru par son allié le roi de Fraace» dont l'armée, campée à Saint- Aubin-le-Gauf » venait d'être en partie détruite par les troupes du jeune duc , le fils de Papie reconnut ses torts; il demanda grâce à son neveu, et celui-ci lui pardonna généreusement. Honteux • cependant, d«^ son exécrable conduite , il quitta la Normandie , volontairement selon les uns, forcément selcm les antres, et s'en alla, avec sa femme, finir ses jours auprès d'Ëustache, comte de Boulogne.

Après Vavoir retirée à son oncle , le duc de Normandie donna la vicomte d' Arques à un autre seigneur, nommé également GutUaonie . Ce dernier étai t fils de Godefroy Guiffard , fils pntné d'Osbern Guiffnrd , sire de Bolbec , et d'Ameline , sœur de la duchesse Gonnor; c'était, par conséquent, la branche

CANTON O'OPFRANVILLE. n?>

cadette des Longueville de Normandie et des Guif-* fard'Buckingbam d'Angleterre.

C'est à l'embouchure de la rivière d'Arqués, qui, suivant l'usage, généralement adopté en Normandie, d'appliquer aux rivières le nom des lieux qu'elles arrosent i, portait alors le nom de Dieppe, que Guillaume-le-Conquérant viol s'embarquer , le 6 dé-

t C'est aiitti que la rivière de Vulniont prend le nom de rivière lie Fecainp en passant p ir Fécamp ; que celle de la Bresle est appelée rivière d'Aiimak par les habitants d'Aumale , et rivière de Blangy par les habitants de Blangy : c'est ainsi que la Bv'tliune est appelée ruisseau de Saint-Saire à Saint-Saire-en-Bray et rivière de Neufchâtel en traversant Neufchàtel ; c'est ainsi que la Risle est appelée rivière de Bugle» par les habitants de Ru^les^ rivière de Bcauinont par les habitants de Beaumont-le-Koger, rivière de Brionue par tous les habitants des campagnes voisines de cette ville , et rivière de Pont-Audemer par tous les riverains depuis Appeyille-Anuehault jusqu'à la pointe de la Kocque ^ c'est ainsi, enfin , que la rivière de Vareune elie-inéme, qui n'est autre que eelle dont neus nous occcmpons en ce moment, a été appelée rivière d'Arqués par les habitants d'Arqués , et rivière de Dieppe par les habitants de Dieppe.

Cependant, malgré de si nombreuses et de si accablantes preuves, quelques auteurs se sont obstinés à dire que Dieppe est le nom de la rivière , et non pas celui de l'emplacement où s'est élevée la ville qui le porte aujourd'hui ; et, pour appuyer cette assertion , on uf- (irme que le mot Depp ou Diep , dont l'origine est danoise ou teutone, signifie un canal. Malii<*ureusement, cette circonstance prouve précisément tout le contraire de ce que l'on voulait prouver. Le mot caftai, en effet , dans sa naturelle et véritable acception, m; désigne pas une rivière , mais bien l'espace , le lit , 1ê terrain cacé ou creusé par où s'écoulent soit les eaux d'aune seule source , Soit celles de plusieurs sources réunies. Or , le nom Dieppe est exactement celui qui convenait, et qui a été effectivement donné, non pas à la rivière d'Arqués ou de Varenne , mais bien au lit , au sol creusé de la vallée par lequel les eaux de cette rivière , réunies à celles de r£aulnc et de la Béthune , vont se jeter dans l'océan.

180 C.UMON D'OFFRANVILLE.

cembre 1067, pour retourner en Angleterre : deinde sexla nocte decembriSf dit Orderic Vital , page 509, ad oêtium amnis Deppœ , tdlra oppidum Archas^, occessil^. Il est probable que c'est aux communications continuelles qui , à la suite de l'admirable conquête de l'Angleterre, s'établirent entre ce royaume et la Normandie, que le havre de Dieppe, offrant le plus court trajet entre les deux capitales , fut redevable de son accroissement Le fragment d'Orderic Vital prouve que ce lieu devait avoir déjà une certaine importance, puisque son port pouvait donner entrée et sortie aux navires qui portaient Guillaume-le- Conquérant et sa cour, presque toujours composée d'une nombreuse suite d'illustres barons.

Gomme le vicomte Goscelin, Guillaume d'Arqués n'avait eu aussi qu'une 611e . Elle se nommait Mahaud, c'est-à-dire Mathilde. Ce fut elle qui porta les biens de cette famille, et, en particulier, la terre de Monville près Rouen, dans l'illustre maison de Tancar-

1 Les mots 8ea?ia nocte , dont se sert ici rhistorien de Saint- Evroult pour exprimer le sixième jour, sont d'au tau t plus curieux, qu'ils rappcllentics t('nëbrcux mystères des druides et la vénération si profonde , si religieuse , qu'avait-nt les Gaulois pour les heures de la nuit. On sait , en effet ,,que c'est par nuits , et non par jours , que comptaient ces derniers ; et,.c*est indubitalement de cet usage, si antique , si sacré , que les habitants de nos campagnes ont conservé, jusqu'à répoque actuelle, l'habitude de dire à-nvit au lieu de aujourd'hui. I/expressioii à-nuii vient incontestablement du latin à noctCk

Ç\>ITO;V lyOFFR^iM VILLE. îM

ville , par son mariage avec Guillanine I** de Tancarville, grand-chambeilan de Normandie.

Après la mort de Guillaume d'Arqués , le duc Robert H ( Courte -^Heuze) , voulant se créer un appui contre les nombreux ennemis qui le menaçaient, donna en 1089 à Hélie de Saint-Saëns, Qts de Lambert , sire de Saint-Saëns . sa fille naturelle en mariage , lui accordant à titre de dot, et pour qu'il pût défendre le comté du Talou, les châteaux d'Arqués et de Bures avec tout le territoire circonvoi^n.

Malheureusement, les événements terribles qui se préparaient ne devaient pas laisser long-temps Hélie en possession du comté d'Arqués.

Guillaume-le-Roux, roi d'Angleterre» non satisfait d'avoir ravi cette couronne à Robert Courte- Heuze , son frère atné , voulut encore lui enlever le duché de Normandie. A cet effet» il suscita dans cette province des troubles désastreux; bientôt quatre armées l'envahirent à-la-fois; toutes les places fortes qui , d'ailleurs , étaient vendues d'avance , se rendirent spontanément. Seul , Hélie de Snint-Saëns , fidèle aux intérêts de son beau-père , voulut faire quelque résistance; mais, comme tous les autres, il fut obligé de céder à la force. Sur ces entrefaites, le duc Robert, pour mettre fin aux tracasseries que lui suscitaient son în(»7[pér΀nce et sa légèreté, ne

iHl CANTON îrOFFRANVUXF..

crut mieiiK faire que d*acheler la paix dans son propre pays pour aller chercher la guerre da&s des contrées lointaines. Emporté par son bouillant courage, ou plulôl par son imagination a^idedV ventureset de hauts faits chevaleresques, il partit, en 1 OOO, pour la conqué!e de Jérusalem, après avoir engagé à Guillaume-le-Roux , pour cinq années et moyennant une somme de 10,000 marcs d'agent « son beau duché de Normandie.

A son retour, Robert voulut reprendre le royaume d'Angleterre, qui , après la mort de 6uillaume-le- Roux , était passé à Henri , le troisièn^ des fils de Guillaume- le- Conquérant. Frustré deux fois de cette couronne qui , par les droits du sang et les loi» générales de l'époque, n'appartenait qu'à lui seuU le malheureux Gourte-Heuze eut recours aux armes^ Après de longs combats , la victoire le trahit , et il tomba du trône dans les fers. Son barbare frère lui fil crever les yeux.

Craignant sans doute que le jeune Guillaume Cliton, fils de cet infortuné prince , dont l'éducatioA avait été confiée au brave et loyal sire de Saint- Saëns , ne vînt un jour à réclamer ses droits et à le renverser des deux trônes qu il avait usurpés, Henri I^*^ crut prudent d'arracher à son sage et vertueux précepteur l'unique et légitime héritier de la branche ainée de nos ducs. Hélie de Saint-Saëns, dont

CANTON D'OFFRAN VILLE. m

Guillaofiie CKton était en même temfps et le beaufrère et le pupille , refusa de le livrer aux mains de ses bourreaux. Henri envoya aussitôt une (roupe de ^(ellil€^ ,.sous la conduite du comte Guillaume de Varenne, pour arracher an courageux ami de son frère l'enfant dont la présence lui était si odieuse , et panir en même temps de la peine capitale le téméraire refus do précepteur. Cepradant , prérvenn à temps de l'arrivée de ses ennemis, le are de Saint-* Saëtts parvint à s'enfuir avec son élève. Tous deux trouvèrent à la cour de Flandre un asile protecteur, et Henri , pour tout moyen de vengeance , ne put que continuer , à son propre proDt » le système de confisi^tion si habilement commencé depuis longtemps déjà par son glorieux frère et prédécesseur GuiUaume-le-Roux , roi d* Angleterre. C'ei^t ainsi que ces deux princes, pour punir Hélié de Saint- Saëns de sa fidélité, le dépouillèrent tour*à4our de tout ce qu'il possédait : Roberto enim duci et Guillehno fUio ejm , dit Orderic Vital , semper fidelis fuit; et 9 snb duohns regibus GuUlklfM et Henrico , rmlta perluUl, hbf^es videlicet et eœheeredatimkeni, damna, exiliaœnwitapericula.

Henri l^^ entra donc en possession de la ville et du comté d'Arqués. C'était en 1118. L'vsnrpateur se voyant menacé delà guerre par Baudouin, comte de Flandre , s'empressa de remplir et cette forte-

tHi CANTOxN D'OFFRANVILLE.

resse et ses nôtres rkileaQx de garDÎsons nomhremeê et dévouées.

Bientôt t en effet t le comte de Flandres, indifoé de Tiiyastice dont était frappé le jeune prince qui était venu à sa cour demanda un asilct pénétra en Normandie k la tète d'une puissante armée, à laquelle^ rien ne résista. Il s'avança jusqu'au pied des mur» d'Arqués, et • en présence des troupes anglo-normandes» sous les yeux mêmes de Henri, il pilla et incendia toutes les places du Tdou. Suivant Guil^ laume de Malmesbruyi ce fut sous les remparts d' Ar-quesque le comte i» Flandre reçut la contusion dont les suites négligées le conduisirent au tombeau.

Effrayé i^ l'audace d« prince flamâid, Henri F' doubla et tripla la garnison du chiteau d'Arqués t et depuis lors on vît cette place tenir rang parmi les phis importiiititei du dudbé. De cette époque , son WOB marcba de pair avec ceux de Rouen, de BayeuXf de Coutances, de Falaise, etc.

£^ 1 1 19 1 lorsqu'eUe eut reçu toutes les répara-^ tions et augmentations dont elle pouvait être susceptible, la fmteresse d'Arqués devint la prison du farouche Otmond on Osmond , sire de Cbaumont , que Henri 1*^ venait de faiire prbonnter dans la bataille livrée par hii au roi de Fï'anee Louis-le-Gros , à BrenmuUe près Ëcouis. « Otmond , dit Orderic Vilal , était un vieux scélérat qui protégeait les

CANTON U'OI»RAAVIU.E. Utô

voleurs èi les brigands « et m rèugîsmt pM d'em-^ ployer tous les genres d'attaques contre les panYrtes* les veQT«ë et les kriHlante des monastères. » Une longue captivité ftii le juste prix de ses inltoeseai* ploits } il demeura renfermé daaas le cttâteau d* Arques jusqu'au traké de paix.

En 1 157, il existait à Arques* au kameau d'Ar-« cheHes^ qui depms fut érigé en paroisse ^^ une maladrerie ou kotfpice pour les lépreux , connue sous le nom de Saint-^Éitenne; nous en reparlerons plus bas.

£n 1144, le château d'Arqués avait pour gou^. vemeur un OM>ine flamand » qui fut tué impru^ demment par un des gens d'armes du fort.

Sept ans après , en 1 151 , Louis-k-leune, rot de France, étant ent^ sur les terres de Normandie, accompagné d'Eusfache de Boulogne , fils du rot Etienne , lequel réclamait à son tour la couronne de son père, l'armée française s'avança jusque sow les murs du château d'Arqués, au secours auquel Henri II , roi d'Angleterre, se l^to d'accourir.

i Le hameau d'ArcheHes , connu aussi sous le nom des Arqveiiê» (de Arculis, disent les aneiens titres), renfermait, dés ii2^, um; chapelle appelée successivement Notre-Dame, Saini^Clemênt , etc. C'est cette chapelle qui fut ëri^e en paroisse. Du reste, cette érection était fort moderne* Bn i6i0, c'étaient encore les curés 4*Arquet qui nommaient les desservants de Tt-glise d'Archelles , aujourd'hui supprimée.

IM CAl^TOBI p'OFFltANVlLLE.-

C*e0l «lors qa à Texcmple de son père , Henri II (il faire à la noble et vieille forteresse de notables réparations. Il Tau^eirta même d'un donfon et d*one MMiTelle encdnte de mnir^Ues , si nons en croyons Ridiert du Mont : Turte et m«ndta mim&î- /t/fr/îfmar«7, dit ce chroniqueur. La majeure partie des ruines que nous voyons aujourd'hui date incontestablement de cette dernière époque , et non de celle du comte Guillaume de Talou , comme l'ont cm quelques antiquaires.

Malg^ré toutes ces précautions , le prince Henri ati Gourt-Mantel »'étant révolté contre son père en f 173 , le château d'Arqués, comme ceux de Crournay , Neufchâtel , Aumale , etc. , to tiba e t resta jusqu'en 1174 au pouvoir du nouvel Absalon, lequel , il est vrai , était appuyé dte toutes les forces des comtes de Flandre et de Bourgogne. C'est en marchant vers Arques , dit Raoul de Diceto , que Mathieu, comte de Boulogne, fut blessé à mort, le 25 juillet 1173.

Henri II, cependant , finit bientôt par s'en rendre maître ; mais , en 1 189, Jean de Ponthieu , qui , à son tour, venait de lui déclarer la guerre, s'empara successîveraent des châteaux d' Aumale , de Neufc hâtel , d* Arques , etc. , et se mit ensuite à ravager toute cette partie de la Normandie.

Dans les guerres de Philippe-Augusfe avec Ri-

C\NTON D'aFFKANVlLLE. 187

ckard Cœ^u^'cle-LioD • le châleau d'Arqués eâf souvent ci lé.

D'apTësk IraHë conela an mois de janvier 1 193, entre le roi de France et les ministres p)émpote»-« tiaires de Richard « Neufdiitel et Arcpies devaient être mis en dépfil entre les mains de Tarcbevéquede Rheims. Cependant r c'est au roi de France que ceg deux places furent livrées , et Philippe-Auguste les remit à Jean-Sans-Terre , alors son allié II est vrai que le comté d'Arqués ne resta qm quelques mois au p€MiV€»r de ce dernier, puisque» dès. la fin de f 1 94, il était r^itré aux mains du monarque français.

L'année suivante » 1 f 95, le comté d'Eu et le château d'Arqués furent compris dans la constitution de dot d'Alix de France « sœur de Philippe- Auguste , lors du mariage de cetle princesse avec Guillaume IH, comte de Ponthieu. .

Bientôt , cependant « Richard^ Cœur- de - Lion voulut rentrer en possession de cette place, Tundes plus beaux fleurons de sa couronne ducale eiroyale, et il vint en faire le siège. Philippe, survenant t(Kità-coup avec six cents hommes d'élite, attaqua brusquement les assaillants, et, au pied même du château d'Arqués , mit en pleine déroute Tarmée du monarque anglo-normand. Peu satisfait de cette victoire , Philippe , pour mieux assouvir la haine dont il était dévoré contre Richard, s'en alla piller, ravager et

ibyGoosIe

4?» CAiNTOA DK>nr*RAiNVliLë.

brûler Dieppe , doM U enleva lei dépotfttles et emmena avec lui les habitants en esclavage.

Le traité d'Istèudon vin! nèunnoias changer Téfat ém choses.

Voyant que jamais il ne jdiiirait paisAlement du ebâteaa d*Arq«es , Chiillaonie de Ponthîeu vendit cette place, moyennant trois mille marcs d'ai^nf, à Phîlippe-AogUile son beaii*frëre , qni , à son tour, la remit à Richflrd-*Cœiir-de*Lton (1196).

MalhenreMBetnent , la gnerre ne tarda pas à se rallumer , et , en 1SM>2, Fhflippe , avec une nom^ breose armée « revint livrer à la vieille forteresse de nouvelles attaques. Dorant quinze jours , ses pierriers et ses machines battir^tt continuellement les murailles sans pouvoir y faire une seule brèche. Au bout de ce temps « les assiégés allai^it le contraindre à s*éloigner de leurs remparts, lorsque la nouvelle de la défaite et de la prise d'Arthur vfnt le forcer à lever précipitamment le siège el à se rendre en Tonratne.

En 1204 , Arques et Vemeuil étaient les deux seules places de la province de Normandie qui tinssent encore contre Philippe^Auguste, alors que ce prince, vainqueur et maitre de tout le resie du duché, menaçait de les écraser. Cependant, comme elles avaient formé avec Rou^i une seule et même confédération» elles obtinrent un article spécial

M.--' .^*^'Mt<

CANTON DH>FF1IAN\1LLE, lf(9

dans l^acfe de capitulation de cette dernière ville. Pressées forlement de se rendre , elles promirent d*obéir» si« dans le délai de trois jours» elles n'étaient secourues par le roi Jean. Ce prince, aussi lâche que dépravé» s'étant enfui honteusement à Londres • ne répondit point à Tappel de ses trop fidèles sujets» et » le 4 juin 1204» Arques et Verneuil, malgré leur profonde répugnance pour tout ce qui était français » étaient devenues villes françaises..

c< A partir de celte époque» dit M* A* Le Prevosf» Arques cesse d*occuper une place distinguée dans les annales de notre province; son nom» si familier aux historiens des rois normands et des Plantagenets» semble disparaître avec la domination de ses fondateurs. »

Il est juste de dire» cependant» que» comme elle Tavait été sous nos ducs» cette ville resta la seule dépositaire des étalons des poids et mesures qui devaient avoir cours dans la majeure partie de la province. Chef-lieu d'un bailliage royal dont la juridiction s'étendait sur les faubourgs de Dieppe » la Barre et le Pollet» ainsi que sur six bourgs du voisinage et plus de deux cents autres paroisses du pays de Caux et du pays de Bray» Arques avait encore une grnerie» une maîtrise particulière des eaux et forêts, etc., etc. La vicomte d'Arqués com-

im CANTON D»0FFRANV1LLE.

preaail qiia(re-\iBg(-oiize paroisses, et son élec* lioo deux cent vingt-une t. Tous ces endroits ayant leur centre commun à Arques, un (rès^grand nombre de routes, qu*on rencontre souvent à des distances fort éloignées de cette ville et de son territoire, ont conservé jusqu'à nos jours le nom de chemins d'Arqués. Il est probable que ce nom sera long-temps encore une des preuves de l'antique importance de cette place qui, durant tout le moyenâge, fut le principal, ou, pour mieux dire. Tunique boulevard do la Normandie , du côté du nord. En 1222, il existait à Arques, outre la lépro-

1 En Î59S, Dieppe s'agrantlissant toujours aux dépens de la yîile d'Arqués, on voulut trunsAfrer mi fautx>urfç chi Pottet le sit'ge de l'élection dont cette dernirre ville, depuis un temps imniénioriul^ avait toujours été le chef-lieu. Un arrêt de la cour des aides de Bouen s'opposa à cette prétention. Uannce suivante , le partcmcnt de Mormandie défendit, à son tour, que Ton changeât le lieu de résidence du lieutenant-général du baiUiage. Cependant , malgré toutes ces décisions , un arrêt du conieil vint tout^à-coup bris<-r l'ancien ordre de choses, et il fut arrêté que le siège de la juridiction d'Arqués se tiendrait désormais à Dieppe, au faubourg de la Barre. En 1633 , Cette jiuridietioa fut renvoyée à Arques; puis, peu de temps après , définitivement rétablie à Dieppe. C'est ainsi que , malgré toutes les réclamations de ses habitants , Arques s'est vu dépoiiilliT tour-à-tour de son élection^ de sa maîtrise particu* lière des eaux et forêts^ etc., etc., par sa voisine la ville de Dieppe, qui , semblable à une fille avide et dénaturée, a fini, poiur jouir en paix de ses dépouiUes, par égorger celle ifui lui aroit donné le four. Il.est vrai, cependant, qu'ici l'^n a encore agi avec plus de cruauté, car on a ajouté l'ironie à ra»8as:iinat. En effet, juiqu'en i789, Pélcction, la maîtrise et le bailliage , ifiioique fixés et établis à Diep|M ; portèrent toujours le nom de bailliage d' Arques , élec^it^i d 4^' ^mes , etc.

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