‹ Histoire des États Généraux des Pays-BasChapitre 19 sur 19 · CHAPITRE DIXItHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXItHE

chaque aiiiiee, et aux états des provinces la latitude de se réunir toutes les fois qu'ils le jugeraient nécessaire. 11 était encore stipulé que les Pajs-Bas seraient unis et incorporés indivisiblement à la couronne de France. Enfin, le roi devait 8*engager à ratifier tout ce qui avait été fait par les états généraux.

Henri III ne se hâta nullement d'arrepter l'offre des Provinces-Unies. II iinit même par la refuser et donna une réponse négative le 8 mars, deux jours avant que Bruxelles se rendit aux Espagnols. On prétend que le roi de France, craignant le ressentiment de Philippe II, lui écrivit de sa main qu'il n'avait feint de prêter l'oreille aux propositions des députés des Pays-Bas que poui' les empêcher de se donner à l'Angleterre. Il est plus vrai que les Espagnols, en suscitant la Ligue contre Henri III, avaient enlevé à ce prince la possibilité de réunir les Pays-Bas À la couronne de France.

Informée de la détermination de Henri III, la reine d'Angleterre eut peur que les états généraux, dans leur découragement, ne consentissent à traiter avec les Espagnols. Avant la tin du mois de mars, Elisabeth fit savoir aux états qu'elle s'empresserait de venir à leur aide; elle les invitait en même temps à lui envoyer sans retard des députés munis de pleins pouvoirs. Les états généraux convoquèrent les états particuliers des provinces, pour avoir leur résolution et se mettre d'accord avec eux sur la négociation à ouvrir avec la reine* Elisabeth. Le 6 juin, les états généraux, s'étant de nouveau réunis, décidèrent qu'ils offHraient à la reine d'Angleterre Toption entre la

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souveiaineté des Pays-Bas ei le piuteclorai de ces provinces. Le 18 juin, des envoyés des Provinces-Unies firent voile pour l'Angleterre et, le 9 juillet, ils lurent reçus à Greenwich par la reine. Parmi ces envoyés, on remarquait encore des représentants du Brabant et de la Flandre.

Élisabeth refusa la souveraineté des Pays-Bas; elle consentit seulement, moyennant certaines garanties, à les aider contre leurs ennemis. Un traité fut conclu le 10 août. Il avait été convenu spécialement que la reine se hâterait d*enTojer 4,000 piétons au secours d*Ânyers. Mais déjà il était trop tard. L'ancienne métropole des ProYinces*Unies, vaillanmient et noblement défendue par Marnix de Sainte-Aldejzuiide, dut capituler le 16 août, après avoir résiste' pendant quatorze mois à l'élite des forces de l'Espagne.

En vertu du traité conclu avec Élisabeth et ratifié par les états, le comte de Leicester, désigné pour gouverner les Provinces-Unies, débarqua, le 19 décembre, à Flessingue. Le 1" février 1586, il lîit reconnu par les états généraux, assemblés à La Haye, gouverneur général des provinces qui appartenaient encore à la confédération : c'étaient le duché de Gueldre, le comté de Zutphen, les comtés et pays de Flandre, de Hollande, de West-Frise, de Zélande et de Frise. Mais la Flandre n*était là que pour mémoire; la confédération ne possédait plus qu'un reste de Flandre.

La séparation du Nord et du Midi des Pays-Bas était accomplie. Sept provinces allaient bientôt former la vigoureuse et triomphante république des Provinces-

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( *uiea. Les dix autres, moins heureuses, devaient, pour avoir failli à leurs destinées, subir de nouveau, et pendant plus de deux siècles, la domination étrangère.

FIN Dl TOBIt: PRDMIEK.

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