AVERTISSEMENT
gnalées depuis l'impression du premier volume. Voici rénumération de ces sessions inédites :
1357, Dole.
4381, juin, Vesoul.
1396, juillet ou août.
1403, mars (n. st.).
1408, janvier ou février (n. st.).
1430, Salins.
1433, 7 août, Dole.
1435, août.
1436, Dole.
1451, 18 juillet, Dole.
1452, avril, Gray ; septembre, Besançon.
1455, 4 janvier (n. st.), Arbois ; 15 avril, Poligny.
1458, Salins.
1460, 17 août, Salins.
1462, 24 février (n. st.), Dole.
1463, 20 juillet, Dole.
1464, 8 mars {n. sL), Dole.
1527, 10 avril (n. st.), Salins.
On trouvera quelques détails sur ces diverses sessions dans rinlroduction des Procès-verbaux inédits des Étals de Franche- Comti y que publiera prochainement la Société d'Émulation du Jura (1), pour servir de complément à l'œuvre magistrale du regretté président Clerc.
Bernard PROST.
Paris, le i5 novembre i88i.
(1) Voir ci-deyant, tome II, p. 371.
En apprenant loin de Besançon la mort de cet homme de bien, Tun des meilleurs que notre siècle ait produits et des plus distingués que la Franche-Comté ait donnés à notre siècle, il me semble que dans cette vieille province tous les cœurs ont été comme le mien envahis par un deuil public, et que la religion, la magistrature et les belles-lettres se sont senties frappées et atteintes du même coup.
M. le président Clerc naquit à Besançon le 26 juillet 1801 . C'était faire son entrée dans le monde à une époque heureuse, avec le concordat et le code civil, comme pour voir renaître en France toutes les grandes choses qui avaient péri dans Tabime révolutionnaire. Personne n'a senti comme ce magistrat qu'il était appelé à les honorer et à les servir. Il a assez vécu pour les voir fleurir avec la gloire du pays ; il a trop vécu puisqu'il a assisté à leur déclin ; mais il est mort conCant dans l'avenir de la France et dans les immortelles destinées de l'Église. Ses quatrevingts ans sont comme une image fidèle des vertus et des exemples que ses contemporains devaient donner au monde.
Il était né à bonne école. Son père, qui était par l'âge un des derniers avocats du parlement de Franche-Comté, devint, par le mérite de sa parole et l'intégrité de sa vie, l'avocat le plus considéré de sa province au retour de la religion et de l'ordre public. Il avait disputé les prêtres à la
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gaillotine sous la Terreur et sous le Directoire ; il porta son fils au baptême i la réouverture de nos églises, Féleva en lui expliquant les nouveaux codes et lui apprit de bonne heure à cultiver à son exemple la piété, le droit et les belles-lettres. Heureux père, qui a vu son fils continuer fidèlement ses traces et ajout ^.r encore à la gloire de son nom ! Il le quitta pour un meilleur monde en 1848, le laissant en pleine possession de l'héritage qu'il lui avait fait par ses exemples, et jouissant déjà de la plus haute considération publique où puisse atteindre la vertu. On confondait déjà dans un même sentiment d'estime le père et le fils. Un étranger témoin des obsèques du père s'arrêta en s'écriant : C'est donc l'enterrement d'un prince ? — Non, répondit une femme du peuple, c'est l'enterrement d'un homme de bien.
Edouard Clerc fit ses études sous les yeux de son père, au collège royal de Besançon. II commença et termina son droit i Dijon, et fut reçu avocat en 1822. D'illustres amitiés l'attendaient à l'École de droit. II y connut Foisset et le P. Lacordaire : l'un qui fut comme lui Torgueil de sa province, la lumière de la magistrature, rendit comme lui de grands services à l'histoire et demeura comme lui un des champions de la foi catholique ; l'autre» un moment égaré par l'impiété du jour, mais plein d'estime et d'admiration pour ses deux amis, et qui, en se convertissant» associait à ses pensées religieuses le souvenir de ces légistes qu'il avait vus croyants et pieux sans respect humain sur les bancs de l'École. Nous avons entendu Lacordaire dire au président Clerc : c Edouard, je n'ai rien oublié des années de droit que j'ai passées à Dijon avec vous. Mais vous, vous étiez sage, et moi je ne connaissais encore ni Dieu ni mes devoirs. »
Ce fut rincroyable bonheur du président Clerc d être resté sans reproche dans ses mœurs et de n'avoir pas eu un seul doute dans sa foi, une seule lacune dans ses pra-
tiques. Vers sa vingliéme année, il hésita une fois à se confesser ; l'hésitation ne dura que quelques jours : il la surmonta et fut comme confirmé en grâce pour le reste de sa vie.
Jeune avocat, il porta dans les salons une dignité précoce et une modestie touchante. Son succès fut de plaire à force de vertus jusque dans un monde où l'on n'accorde guère de sympathies qu'à une légèreté brillante et à des étourderies finement étudiées.
Nommé conseiller auditeur en 1825, il fut accueilli à la cour royale de Besançon avec toute la faveur que son nom méritait, avec toute la confiance qu'il commandait déjà par son caractère. Son père, devenu procureur général en 1828^ fut destitué par le gouvernement de juillet ; mais ce gouvernement répara son injustice en la commettant : il nomma le fils avocat général. Cette nomination est du 12 octobre 1830. Deux mois après, Edouard Clerc quittait le parquet et rentrait avec le titre de conseiller dans la magistrature inamovible. II fut nommé président de chambre en 1852. Quand la retraite lui fut imposée par l'âge et qu'il ne lui resta plus avec la cour que le lien de l'hono rariat, il y comptait quarante-six ans de service et il en était le doyen. 11 avait vu passer trois générations de magistrats,* ayant siégé sous la Reslauralion, le gouvernement de juillel, le second empire et les deux républiques de 1848 et de 1870. Aucun de ces régimes ne demanda à sa conscience le moindre sacrifice, tant on le savait honnête, équitable et profondément religieux. Les magistrats éminenls qui ont été dans ce siècle la gloire de la cour de Besançon, les Chiflct, les Bourqueney, les Monnot, les Golbéry, les Loiseau, les Blanc, les Bourgon, les Alvisetct les Jobard, se tenaient pour singulièrement honorés d'être ses collègues. 11 était leur égal par la connaissance du droit, l'application aux affaires, l'étude scrupuleuse des dossiers, l'attention qu'il apportait aux audiences, l'autorité avec
laquelle il donnait son avis, la lumineuse précision qu'il meltait dans ses arrêts. Un d'eux disait de lui : c On peut ne pas aimer le président Clerc, c'est affaire de sympathie personnelle, mais il n*est pas permis de l'estimer médiocrement : la haute estime qu'il mérite est un devoir imposé i la conscience publique. > C'était le sentiment de toute la province. Sa taille élevée, sa noble contenance, son grand air, sa parole solennelle, tout révélait en lui le magistrat pénétré de l'importance de sa tâche, et qui se dit chaque matin qu'il sera jugé au dernier jour autant de fois qu'il aura jugé les autres. Il était né pour marcher à la tête de sa compagnie. Quand il fut nommé président de , chambre, Monlalembert ne cacha point qu'il l'estimait capable de monter plus haut, c Si le garde des sceaux m'avait écouté, nous dit-il alors, on aurait fait d'Edouard Clerc le premier président de la cour de Besançon. ^
Je viens de citer Hontalembert. Les relations qu'il entretint avec notre président furent encore une des gloires de celte vie écoulée tout entière à Besançon et où venait le chercher l'amitié de l'illustre orateur. Ce fut l'étude de la Franche-Comté qui commença leur liaison. A peine Montalembert eut-il épousé notre province qu'elle l'attacha par ses sites^ par ses annales, par ses habitudes chrétiennes. On lui signala le jeune érudit qui avait entrepris de doter son pays d une histoire puisée aux sources, longuement méditée, et écrite avec toute la dignité qu'un magistrat peut donner à son style, Edouard Clerc avait été couronné par l'académie de Besançon en 1836 pour son étude sur les ouvrages historiques de Dunod. Quatre ans après, cette étude était devenue un livre, et le livre paraissait sous le titre d'Essai sur l'histoire de Franche-Comté. L'Institut le couronna et l'auteur prit rang parmi les historiens de France. Le second volume de Y Essai, publié en 1845, ajouta encore à la renommée d'Edouard Clerc et fit souhaiter plus que jamais l'achèvement de l'ouvrage. Mais le pré-
sîdent se détourna souvent de sa route pour glaner dans le champ de l'histoire ou de la biographie des gerbes glorieuses. Telles furent LaSéquanieà V époque romaine^ une Étude sur Alaise^ Le Président Boyvin. <l Je n*ai voulu lire votre Jean Boyvin qu'en Franche-Comté, lui écrivait Montalembert, et je m'en félicite, car j'en ai beaucoup plus joui que je n'eusse pu le faire à Paris. Cependant^ là comme ici, j'aurais apprécié le service réel et considérable que vous avez rendu par la publication de ce volume, non seulement à l'histoire de la Franche-Comté, mais à celle de l'âme humaine. > Il termine en l'invitant à venir le voir à Maîche : «l Nous parlerons surtout de cette pauvre Comté qui s'en va comme tout le reste, mais dont il reste assez pour que je me sente tout à fait enclin à dire comme votre héros : c Toute mon ambition se termine à vouloir estre tenu pour naïf et véritable Franc-Comtois. »
Cette ambition littéraire et patriotique était aussi celle d*Édouard Clerc. 11 contribua plus que personne, par ses recherches et par ses exemples, au réveil des éludes historiques dans notre province, consultant Weiss et Duvernoy, ces deux oracles de la science, et bientôt consulté à son tour par une foule de jeunes gens à qui ses livres avaient inspiré le goût de l'érudition et l'amour du pays. 11 s'en fit des amis autant que des disciples, il aida à la publication de leurs ouvrages, il jouit de leurs triomphes encore plus que de sa propre gloire. L'académie de Besançon, qui l'inscrivit dès 1837 au nombre de ses membres, n'a cessé de l'écouter et de l'applaudir dans ses séances publiques jusqu'à sa mort. Il fut élu quatre fois président de la compagnie. Cet honneur, auquel il était fort sensible, fut le dernier qu'il reçut en ce monde. L'année même où nous l'avons perdu, il acheva de présider en même temps que de vivre. La lecture qu'il avait préparée pour la séance de juillet, la Cmquêle de la Franche-Comté par Louis X/, fut confiée au vice-président de l'assemblée. Le jour où on la
fit en son nom, il était déjà cloué sur le lit de la douleur et de Tagonie.
Nous pourrions citer encore parmi les entreprises auxquelles il contribua pour la gloire de sa province, la Revue des deux Bourgognes et les Annales franc-comtoises y dont il fut l'un des collaborateurs, les Documents inédits sur Vhistoire de la Franche-Comté publiés par l'académie, le Musée archéx>logique de Besançon^ cet autre document de pierre, de marbre, de bois, recueilli avec tant de soin, auquel il apporta le tribut précieux de son temps, et qui sera pour M. J. Vuilleret et pour lui un de leurs meilleurs titres à la reconnaissance publique.
Tous ses livres seront recherchés à leur tour et lus avec un vif intérêt, tant qu'il existera un Comtois curieux et jaloux de l'honneur de sa province. Mais son Essai sur F histoire de la Franche-Comté le met au-dessus des autres érudits. Il sera cité d'âge en âge, comme Gollut Test depuis le XVI® siècle et Dunod depuis le XVIIIe. Le second volume de V Essai s'arrête en 1467. Il reste deux autres tomes à publier. Le troisième pourrait être mis sous presse dès aujourd'hui. Faisons des vœux pour qu'une main pieuse et savante rassemble toutes ces pages et en fasse jouir la postérité. Le président Clerc avait presque achevé, si je ne me trompe, une histoire de nos Franches-Montagnes et une Étude sur les états généraux de Franche-Comté, autres récits dont l'utilité égalera l'intérêt, et qui trouveront, si j'augure bien de mon pays, autant de lecteurs que de vrais Comtois.
Ce n'est pas encore là tout le président Clerc. Quelque digne que fût le magistrat, quelque érudit que fut l'historien, chez lui le chrétien était meilleur encore que tout le reste. Il aida son siècle et son pays à la pratique du christianisme, comme il avait aidé à la bonne administration de la justice et au réveil des études historiques. Plus heureux que la plupart de ses contemporains, il n'avait pas
oublié un seul jour le chemin de l'église. S'apercevail-il qu'il y était presque seul parmi ceux de son âge ? On les vit peu à peu revenir et se grouper autour de lui comme autour d*un chef ou d'un ami. Nombre de jeunes gens à qui leurs mères montraient le président Clerc comme un modèle à suivre ont donné à leurs mères la consolation de les voir comprendre comme lui les devoirs de la vie chrétienne.
La société de Saint-Vincent de Paul commença à Besançon sous ses auspices. 11 en fut longtemps l'âme et la vie. Il la recrutait, il la disciplinait, il la présidait, il la menait aux œuvres vivantes et à la pratique, sans affectation, mais sans respect humain, le front haut, mais le regard modeste, se félicitant des progrès que la religion faisait autour de lui, mais se gardant bien de faire marcher devant ses œuvres les trompettes de la renommée ; homme d'action et de persévémnce, mille fois préférable aux hommes de bruit dont le zèle se dissipe aussi vite qu'il éclate et qui excitent la haine des méchants au lieu de l'apaiser. Le président Clerc forma M. Belamy pour la direction de l'œuvre de Saint-François-Régis, M. Belamy, néophyte de la foi et de la charité, qui devint bientôt un maHrc à son tour, et qui fit réhabiliter plus de quinze cents mariages. Il contribua à la fondation des écoles du soir et des écoles militaires, les honorant par sa présence, les soutenant par ses bienfaits, les animant par sa parole. Il se délassa jusqu'à la fin de sa vie dans les soins affectueux et paternels qu'il donna aux œuvres de patronage ; c'était sa dernière fonction publique. Le conseil municipal, le bureau de bienfaisance, toutes les autres administrations s'étaient, sous l'empire des idées nouvelles, peu à peu privées de ses services comme pour se soustraire à la haute et légitime influence de cet homme de bien.
Je voudrais parler de ses derniers moments. Sa famille seule en a élc le témoin attristé par la douleur, mais con-
soie par la foi. Cette noble famille avait été pour lui depuis cinquante ans le sujet d*un légitime orgueil et d'une joie chrétienne. Son cœur tendre s'y trouvait à Taise et il en avait fait, après Dieu, toutes ses délices. Les objets de ses affections avaient de quoi charmer et remplir sa grande âme : une épouse digne de lui et associée à toutes ses bonnes œuvres ; un fils à qui la cour de Besançon avait fait le plus flatteur accueil ; quatre filles d'une instruction rare et d'une haute piété ; trois gendres qui Taimaient comme un père, qui partageaient sa foi et ses pratiques chrétiennes et dont deux appartenaient comme son fils i la magistrature franc-comtoise. Une de ses filles mourut il y a quatre ans bientôt, il en prit le deuil au fond de son âme et ne le quitta plus, en s'efibrçant d'élever un front serein au milieu des douleurs domestiques aggravées par les tribulations de l'Église et de la France. Mais sa blessure saignait toujours, et l'étude ne faisait plus à sa peine qu'une diversion imparfaite. 11 partit au mois de mai dernier pour sa maison des champs. Il y arriva à demi-renversé sur la route par une attaque d'apoplexie qui ne lui laissa plus que six mois à vivre. Ce furent six mois de souffrance et de langueur, mêlés de toutes les consolations de l'espérance chrétienne. Deux livres lui restaient dans les mains, quand il se vit hors d'état d'achever ses propres ouvrages. C'étaient YHistoire universelle de Bossuei et l'/mttaiùm de Jésus-Chrùl. Réduit à ne plus quitter sa demeure, il se sentait plus particulièrement affligé quand la cloche du village annonçait les offices du dimanche. Combien Dieu m'éprouve ! s'écriait-il. Quelques jours après, il est hors d'état de quitter son lit, mais la pensée qui le domine est toujours la même. Il se résigne, il fait son sacrifice^ il le renouvelle à chaque crise qui semble le rapprocher de sa fin. Sa principale invocation était un soupir de foi et d'amour. mon Père^ ô Jésus, je vous aime de loul mon cœur.
A mesure que la fin approchait, il voulait se purifier davantage, demandant au prêtre de Tabsoudre encore, renouvelant ses sentiments de résignation et d'abandon complet à la volonté de Dieu. Il avait auprès de lui un prêtre dévoué qui servait de précepteur à ses petits-enfants. Ce prêtre fut comme l'ange de son agonie, et quand dans ses douloureuses angoisses le vénérable malade recherchait avec un scrupule extrême les moindres fautes de sa vie passée, la parole sacerdotale le ramenait à la confiance. Il s'écriait en baisant le crucifix : In te Domine speravi I
Aux longues heures d'angoisse et d'assoupissement succédèrent des heures de lucidité parfaite et de profonde paix. Dans son testament daté du 31 juillet, il avait déjà exprimé la pensée que la religion avait été la source du plus grand bonheur de sa vie. Cette pensée revint sur ses lèvres jusqu'à la fin dans toutes les recommandations qu'il fit à sa famille, dans tous lei^ adieux qu'il la chargea de porter à ses amis absents. Il leur souhaitait à tous d'être fidèles aux devoirs du christianisme et d'aimer l'Église mieux encore qu'il ne l'avait aimée lui-même.
Le dimanche 16 octobre, entouré de tous ses enfants, il reçut en pleine connaissance le sacrement de l'extrêmeonction. La cérémonie achevée^ il se pencha vers l'oreille de son confesseur et lui dit : c Que je suis heureux maintenant d'avoir cherché toute ma vie à faire le bien I Je meurs dans la foi catholique. Je crois et j'espère. Dites-le a tous mes amis, -dites-le à mes enfants, i II s'éteignit doucement le mardi 48^ à onze heures et demie du soir. Le matin même, interrogeant son confesseur d'une voix à demi éteinte : c Répétez-moi donc, lui disait-il, que Jésus- Christ soutient son Église. Je le sais, je le crois, mais dites-le moi encore. » Il s'endormit sous la main du prêtre, qui lui renouvela en ce moment suprême le bienfait de l'absolution et lai donna l'indulgence plénière.
Ainsi mourut le président Clerc, dans sa maison de
Chilly-Ie-Vignob1e, où il passait depuis trois ans la belle saison et où les habitants, qui avaient eu 'h peine le temps de le connaître, avaient déjà cependant le bonheur de l'apprécier. Ils mirent des gardes d'honneur autour de son cercueil, ils déposèrent sur le corps une couronne funèbre portant cette inscription : Souvenir des habitaïUs de Chilly ; les femmes pieuses communièrent à son intention le jour de ses obsèques ; toute la paroisse prit le deuil. Elle sentait, comme la cour, comme Tacadémie, comme toute la Comté, la grande perte qu'elle venait de faire.
J'ai voulu mêler de loin mes larmes et ma voix à cette foule qui a suivi le président Clerc dans l'église de Chilly, et ajouter quelques traits aux nobles discours qui ont été prononcés sur sa tombe dans le cimetière de Besançon. S'il m'est donné d'aller une fois encore prendre séance à l'académie, dont son indulgence m'a ouvert les portes il y a trente-cinq ans, je solliciterai l'honneur de faire son éloge et de payer la dette de la science, de la religion et de l'amitié.
f Louis, évêqtie de Nîmes, Uzès et Alais,