ÉTATS ET NOTABLI'.S, 1 l'I i- 1 fi2ii
ment les meinhros <lcs Etats pendant près de i|u;itre mois.
Dès le 5 novembre, le clergé décida que les députés de chaque gouvernement, réunis en un bureau séparé, fondraient les cahiers de bailliages en un seul. Les après-diners, de deux heures à quatre, y seraient employées; les séances du inntin élaiciit réservées inw ailaires ,y;énérales '.
Les députés y mirent un zèle d'autant plus grand (jue l'assemblée du clergé avait hâte d'arriver à dresser des articles généraux -. Dés le 8. l'impatience devint telle que l'on résolut d'interrompre toutes les discussions pour se consacrer à l'achèvement des cahiers provinciaux.
Le 13 novembre, ]p cardinal de Sourdis annonça ([ue la tàciie était presque achevée. Comment lallaitil la poursuivre? Les uns voulaient que le cahier général fut compilé par une commission tirée de chaque gouvernement ; les autres préféraient que le travail se fit en assemblée générale. La discussion se prolongea deux jours; le 14 noveud>re. on décida que les douze cahiers provinciaux seraient lus en séance plénière, sauf à régler la suite du travail.
Le 15 novembre, on commença par lire les caliiers de l'Ile-de-France et de la Bourgogne ; les jours suivants, les lectures continuèrent. Le 20 novembre, les députés firent observer (jii'une commission seule pouvait mener à bien une si énorme compilation. D'ailleurs, un autre projet avait été mis en avant : le nombre des matières spirituelles ou tout au moins des questions mixtes soulevées par les cahiers de doléances était tel que les députés du clergé se pro-
i . Procès-verbal du clergé, o novembre, p. 89. 2. Voir plus haiU Ips efTorts du cler^jé, p. 182.
CAHIERS DU CLEUGi: 2'.lj
posaietiL de se former en concile national pnur di'esser un règlement. Trois besognes distinctes et pourtant rattachées entre elles s'imposaient donc à l'assemblée : fondre les douze cahiers en un seul, dresser un règlement ecclésiastique et extraire des doléances les articles généraux qu'on présenterait tout d'aboi'd au roi, après avoir essayé d'obtenir l'adhésion des ordres.
La première de ces tâches, la fusion des cahiers, fnt Confiée à une grande commission composée de deux délégués par gouvernement. A ces 2i députés furent adjoints () autres membres : il fut entenilu que tout député serait libre d'assister aux délibérations de la commission des trente.
Le 3 décend)re, la compilation des caliiers provinciaux était- achevée, mais il n'y avait pas moins de mille à onze cents articles : la confusion était grande et il fallait étal)lir un ordre. Le surlendemain, sur le rapport du cardinal de la Rochefoucault. la division en chapitres fut votée, et on décida que « les matinées seroient employées aux choix, discussion et aveu des articles définitifs ».
Les discussions générales traînaient en longueur : il fallut aviser : le 16 décembre, on recommanda aux gouvernements de se réunir séparément pour préparer la besogne par un examen préliminaire. Si l'accord se faisait pour adopter ou rejeter un voni, nul débat ne pourrait s'ouvrir, en séance générale; s'il y avait lieu à discussion, chacun devrait opiner avec brièveté .
Le i23 décembre, le clergé n'était guère plus avancé : une nouvelle commission de douze députés, à raison d'un par gouvernement, fut chargée des pleins pouvoirs pour réduire le cahier. Une foule de vœux portaient sur l'inexécution des dispositions des ordon-
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nances royales : on rcsolul <\e rédiger un article coUertif |)Our supplier le roi de tenir la main à l'exécution des édits. Ces recommandations ne suffirent pas et ou lut obligé de recourir à un nouveau procédé de travail. On était à la fin de janvier : il n'y avait plus de temps à perdre.
Trois commissions furent instituées : la première, composée des délégués des quatre premiers gouvernements, devait arrêter le cahier de l'Église ; la seconde, composée des délégués des quatre gouvernements suivants, devait remanier les (diapitres de la noblesse et des finances; enfin la dernière examinait la justice et la police '. Ces trois commissions terminèrent leur œuvre au milieu de février.
Le cahier du clergé, tel qu'il fut arrêté, comprenait 302 articles. Les matières purement ecclésiastiques furent l'objet d'un cahier en 36 articles, ayant pour titre : « Règlement spirituel que les prélats et ecclésiastiques supplient Votre Majesté authoriser. » Cette résolution du clergé constituait un acte d'émancipation : le clergé promulguait sa propre réforme ; il accomplissait dans la session des États Généraux l'œuvre du concile national ^
La noblesse, retardée par les débats de préséance et les querelles d'étiquette, se mit moins vite au travail. Ce ne fut qu'à la trente-neuvième séance que, le 2 décembre, on commença à lire en assemblée générale tous les cahiers particuliers de l'Ile-de-France. Les autres gouvernements avaient achevé la fusion des cahiers de bailliages de telle sorte que la lecture publique fut terminée le 19 décembre.
Après une assez longue discussion, il fut décidé