Séance du 23 janvier. V. le procès-verbal du clergé
2. Ce règlement a été inséré à la suite des cahiers dans le BeciieH des cahiers de 1614, p. 150 à 165.
CAUIERS DE LA NOBLESSi: 297
([u'oii recomincncerait la Ipctiire en srance génrrale : le cahier de l'Ile-de-France serait lu le preniiiM-. Aussitùt un article adopté, tout article semblable serait rayé sur les autres cahiers, ce qui abrégerait la tâche en évitant les redites. Toutes les atTaires concernant l'Eglise furent jugées suivant cette méthode, puis on passa au chapitre de la noblesse. Le IG janvier, le roi, en faisant prier les ordres de hâter la rédaction des cahiers, eut soin de marquer sa satisfaction à la noblesse, qui était plus avancée que le clergé et le tiers.
11 est vrai que le style et l'ordre de ce cahier sont 1res médiocres. S'il compte 441 articles, la brièveté et la sécheresse des vœux frappent le lecteur ^; le dernier ([uart du cahier est composé d'articles empruntés aux provinces et qui n'ont pas été remaniés; enfin l'ordre des matières est à peine suivi.
Le tiers travaillait à son cahier depuis un mois quand la noblesse avait commencé la rédaction du sien. Pour rendre compte de la procédure du tiers, suivons la marche adoptée par le gouvernement d'Orléans. Le 9 novembre, les députés de cette province s'assemblèrent sous la présidence de messi-re François de Beauharnois, lieutenant général du bailliage d'Orléans. Ce gouvernement comprenait alors 29 bailliages ^ Le cahier d'Orléans fut api)orté et lecture en fut donnée. A chaque article, la délibération s'ouvrait et le vote était mentionné; on mettait en marge : bon, on l'article était rayé. Il fut décidé que w ce qui
1. Taudis que le cahier du clergé a 165 pages, le cahier du tiers, 206, celui de la noblesse en a 103 seulement.
2. Voici les principaux : Orléans, GliarLres, Dreux, liantes, Gien, Montargis, le Perche, Blois, Houdan, Elampes, Dourdan, Vendôme, Loudun, Chatelleranit, la Rochelle, rAngoumois, le Poitou, l'Anjou, le Maine, la 'i'ouralne et le Berry.
•29H i:TATS ET NOTABLES, lt»)'j-1620
seroil Iroiivé Ixin ou rnyr sur Ip caliior d'Orléans seroit mar([uù sur les autres \n>i\v ne pas être mis de nouveau en délihérati(tn, afin de mieux user du temps ' », La minorité se plaignit : elle obtint qu'un vœu repoussé dans un gouvernement par la majorité des bailliages piU être repris sur la motion d'un autre gouvernement dans l'assemblée générale du tiers état.
En un mois, le travail lut achevé et les 103 cahiers du tiers réduits à douze. Il fallait fondre ces douze textes en un seul. Le 15 décembre, l'assemblée générale du tiers décida que le cahier de la province de l'Ile-de-France servirait de matière à la délibération. Des copies furent faites, pour que chaque gouvernement fût en mesure d'examiner les questions avant la séance générale -.
Quand les discussions étaient closes, le vote était recueilli par province et souvent les députés d'un gouvernement se retiraient dans une salle voisine pour arrêter l'opinion qui réunissait la majorité des bailliages. 11 arriva dans une discussion fort vive sur l'abus des grâces que les gouvernements furent partagés. Six défendaient l'article présenté par l'Ile-de- France, six le rejetaient. En vain les députés de Paris soutinrent que leur voix devait départager; l'article ne passa point dans le cahiei" ^.
Malgré l'assiduité des députés, le travail menaçait de se prolonger fort longtemps. Le 8 janvier, la Bourgogne proposa de former une commission de douze membres, à raison d'un député par gouvernement, qui serait chargée de poursuivre et de mener à terme la fusion du cahier. Ces délégations de pouvoir soulevaient toujours les scrupules des députés : la discus-
•1. Procès-verbal du tiers, 0 novembre, p. 40.