‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 158 sur 226 · II. — Discipline · texte numérisé non relu

II. — Discipline

I. Ordre général. — Le clergé réclame la réception du concile, p. 32o. — Il l'avait obtenue aux États de la Ligue (7 août 1593), p. 326. — 11 la demande de nouveau en 1614, p. 328. — Discussion dans le sein du tiers état, p. 328. — Le clergé prend le parti de promulguer les canons du concile sans l'appui du pouvoir civil, p. 320. — Traité de Loudun, p. 330. — Le clergé organise les assemblées provinciales, p. 331.

II. Discipline du clergé sécidier. — Le devoir de la résidence mal accompli, p. 331. — Les États demandent des mesures (|ui ont uu plein succès, p. 332. — Ils s'inquiètent peu de la pluralité des bonélices, p. 333. — Interdiction des confidences et commendes, p. 333. — Visites triennales des évèques, p. 3.34.

III. Disripline du clergé régulier, p. .334. — Les évèques sont chargés de veiller à la iliscipline des couvents et de vériiier la vocation des novices, p. 336. — Capacité légale des religieux au point de vue de leurs biens, p. 3.36.

IV. Discipline morale et religieuse, — Séminaires diocésains, p. 337. — Le tiers état demande et obtient, d'accord avec les autres ordres, la fondation de séminaires, p. 338.

I. (UuuiE Géni':ral. — Cinquante ans s'étaient écoulés depuis l'époque (u'i le coucile de Trente avait terminé ses solennelles didil^'-ralioiis : aux trente années de ^uerrt's qui avaieni di''e|iir('' la France, avait suceT'dé une période de paix : le calme était rentré dans les .âmes et l'ordre renaissait dans le clergé, qui avait été si longtemps l'instrument et le complice des passions populaires. Pour assurer et développer les réformes de la discipline, pour leur donner une pleine autorité, il fallait recevoir en France les actes du concile de Trente.

:{2('. ÉTATS ET NOTABLES, i(il4-lC2n

Xitus nvon^; vu la résistance muftto o|>|if)sr'r' par la r-ouronnc aux priùrcs du clergé en lo7(i, cl aux VŒ'UX des trois ordres en loS8; cinq ans plus tard, la question s'était imposé aux Etats de la Ligue; mais cette assemblée était dominée par les passions violentes qui ont enlevé toute influence aux rares décisions qu'elle a prises. Le président le Maitre, et du Yair, conseiller au parlement de Paris, furent chargés d'examiner les décrets du concile; ils présentèrent aux États un mémoire dans lequel étaient discutés tous les points qui touchaient de près ou de loin àces libertés de l'Eglise gallicane dont les magistrats s'étaient constitués les gardiens '. Malgré les remontrances du Parlement, les ligueurs, sous linfluence du légat du saint-siège et du cardinal de Pellevé, décidèrent, le 30 juillet Lo93, que le concile de Trente serait « accepté purement et simplement, selon sa teneur ». Cette formule si nette convenait au clergé, mais l'esprit gallican qui animait une partie de la Ligue ne pouvait s'en accommoder; aussi la chambre du tiers état ajoutait-elle que « Sa Sainteté seroit suppliée de laisser jouir le roy de France des privilèges et libériez de quoy il jouist en son royaume à cause de l'Église gallicane. Et à ceste fin que articles seroient dressez pour les présenter à M. le légat, afin qu'il permette que le roy et le royaume jouisse d'iceux articles, selon ce qui s'estoit

1. Voyez ce document dans les Procès-verhau-r des Etats Généraux de lois recueilli!! et publiés par M. Aug. Bernard (Doc. inéd. de l'hist. de France, Paris, p. 146). Vingt-deux articles sont signalés dans ce mémoire comme portant atteinte aux droits de la couronne, à la jurisprudence du parlement et aux usages reçus en France. On ne sait pas exactement si ce travail, qui fut réimprimé plusieurs fois en 1614, doit être attribué à le Maitre ou à du Vair.

passé par les Estais tenus en 1570 et 1588 \ » La noblesse s'unit à ce mouvement par une délibération analogue -. Pendant que les réserves contenues dans les cabiers des Etats de Blois reparaissent, il intervenait dans le sein du clergé une transaction entre les prélats et les députés des cbapitres. Les évêques promirent aux abbés, s'ils consentaient à admettre le concile sans modilieations, de se joindre à eux aussitôt après les Etats, pour obtenir du saint-siège le maintien des exemptions des chapitres. A la faveur de cet accommodement, l'entente fut complète. Le 7 et le 8 août, les décrets du concile ^ furent solennellemenl reeus, sans qu'une réserve ({uelconque y eût été introduite. La décision si longtemps soubaitée par l'Église de France était en tin rendue, mais elle allait être enveloppée dans la nullité générale qui devait fi'apper les délibérations des Etats de la Ligue '*.

Lorsque Henri IV monta sur le trône, on put croire un instant que le eonrnle allait être reçu ^ Le pape

1. Relation delà séance de la chambre du tiers état, 30 juillet 1393, par Odel Soret, Procès-verhaux des États Généraux de i3fl3, p. 667.

2. Le 3 août, la chambre de la noblesse envoya cette délibération à celle du tiers état : « La noblesse, ayant esté bien et duement esclaircie de tous les points et articles contenus au sainct concile de Trente, a accordé et accorde la réception et emologatioii d'icelluy purement et simplement, et afin qu'il ne soit rien préjudicié aux droicts du roy et de la noblesse, franchises et privilèges de l'I^^giise gallicane, il sera fait registre à part, et très humble supplication à Sa Saincteté de les con- -^erver, et maintenir, et confirmer en iceux. » (Doc. inéd., p. 837.)

3. Voyez la Résolution n'ialire à la réception du concile de Trente (Doc. inéd., p. 34 i; Discussion du clergé, p. 395 à 400).

4. Un mois après le s^acre de Henri IV, quelques jours à peine après son entrée à Paris, le Parlement, toutes chambres assemblées, annula tous les arrêts, décrets, ordonnances et autres actes de la Ligue, comprenant dans cette annulation générale 1rs décisions des 7Jre/«?»(/i^? États du royaume. — 30 mars 1594.

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