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fession, que ce qui leur estoit permis et accordé lors du décès du feu roi, et casser et annuler tout ce qu'ils auroieat obtenu ou entrepris durant le temps de sa minorité » l'G. ^71 j .
Ainsi le (•I(■l•,^■é [)r(icl;uiic le [iriiicipc ciiiiiiiic p;ir imc s(»rle de dcvoii- envers sa conscience, puis restreint tout aussitôt ses demandes à l'abolition des récentes concessions '. L'enseml)le de ces vonix, tel que les cahiers du clergé nous le montrent, indique suffisamment qu'il se tenait à égale distance entre le renouvellement des guerres religieuses et une complète tolérance qui lui paraissait injurieuse pour sa foi.
En cllet, le clergé ne demande ni poursuite légale, ni une peine contre les protestants, ni même l'abolition formelle de l'édit, mais il réclame la séparation des deux cultes : il veut (ju'il soit défendu aux protestants de convertir les églises en temples (G. loO, i27i, 278), d'enterrer dans les cimetières catholiques (G. 273, 274) et de prêcher assez près des églises pour que la voix des ministres puisse parvenir jusqu'aux oreilles des assistants (G. 280, 283, 2!Jlj. Le clergé insiste pour (pie tout protestant soit privé du droit de collation (G. 28i), aussi bien que de la jouissance d un bénéfice (G 285). Se préoccupant de la liberté du culte catholique dans les lieux où les huguenots sont en majorité, il réclame la défense de lever des contributions destinées au nouveau culte (G. 281), et en même temps il est forcé de demander aux protestants la tolérance qui lui coûte si fort à accorder (G. 277). Ne concevant pas la réciprocité des droits, il veut interdire à tout ministre protestant l'entrée des hôpitaux, même pour y visitera un malade de sa reli-
1. Voir le délail de ces concessions : Drion, Ilist. du on. d>l'Église prol. de France. Édit de Nantes.
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gion » (G. 27(3). Enfin, s'il ne propose pas d'abolir régalitc des droits civils, il demande du moins que la mère protestante devenue veuve n'ait jamais la garde de ses enfants catholiques, faisant ainsi passer la différence du culte avant les droits et les devoirs de la famille (G. 2t)3).
Le clergé sollicite également diverses mesures pour établir dans la justice la même démarcation et empêcher avant tout que les protestants ne soient juges des catholiques '. Toutes ces questions, qu'avait su résoudre la tolérance de Henri IV, étaient presque insolubles pour les ecclésiastiques. Les députés du clergé sentaient les premiers condjien étaient inapplicables les règles qu'ils proposaient au pouvoir. Eux-mêmes reculaient parfois devant l'accomplissement de cette tâche, et rien ne fera mieux comprendre le trouble de leur esprit que de rapporter un article qui formait le plus étrange contraste avec l'intolérance dont nous venons de constater les traces :
« Desquelles choses cy dessus, dit le caliier du clergé, et .autres points qui en dépendent, Y. M., s'il luy plaist, fera un Edit contenant règlement général entre lesdits catholiques, etceux de ladite Religion prétendue Réformée, afin qu'ils puissent vivre en paix, union et tranquillité, sans entreprendre les uns sur les autres et sans appréhension, envie, ny jalousie. » (G. 113.)
Ainsi tous les sentiments se rencontrent dans le cahier du clergé, depuis la persécution jusqu'à la tolérance chrétienne. En somme, il est certain que les députés n'étaient plus inspirés par le détestable esprit de haine qui les animait sous la Ligue.
Le tiers ne parla pas des huguenots; la noblesse
1. Clergé, 27'.), 287 et suiv. Ortl. 162".t, 104 et suis'. Rapprocher égalemeal C. 288 de la cléclaruliou du 2 janvier 1626. Ane. lois franc.
rappela un tète du cahier le serment du sacre par lequel le roi promettait d'extirper l'hérésie. Le maréchal de Bois-Dauphin vint, de la part du roi, demander soit la radiation de l'article, soit l'addition d'une réserve en faveur des édits de pacification. Le président de la noljlesse répondit « que la compagnie pour maintenir la paix n'avoit voulu pei-mettre (|u'on employât aucun article dans le cahier qui concernât tant soit peu M" de la Religion prétendue réformée », mais qu'étant catholiques ils ne pouvaient pas se dispenser de demander le maintien de la Religion.
Cette déclaration, qui donne au silence du cahier sa véritahlc signihcation, fut suivie d'une violente protestation du vidame de Chartres, qui se retira avec six députés huguenots '. On n"était disposé, ni de part ni d'autre, à recommencer les guerres religieuses. Les protestants obtinrent une déclaration royale portant que le serment du sacre ne s'appliquait pas aux huguenots ^. Le traité de Loudun (mai 1616) contint une confirmation expresse de l'édit de Nantes. Le projet d'édit de 1618 (art. 5) était non moins formel.
La religion catholique n'était pas rétablie dans toute la France. Le clergé prit l'initiative de doléances fort vives. Le Béarn, depuis Jeanne d'Albret, appartenait aux huguenots, la messe y était interdite depuis 1569 : les députés ecclésiastiques réclamaient le libre exercice de la religion, la restitution des biens confisqués, le recouvrement de la juridiction ecclésiastique usurpée par le conseil souverain de Pau, composé de protestants, et l'institution tout au moins
1. Procès-verhal de la noblesse, 20 janvier 1615. Arnauid d'Andilly raconte la scène avec force détails (Juurnal, p. 54).
2. Déclaration du 22 mai 1616 (Isamberl lui donne par erreur la date du 20 juillet). Voir Docum. inédits : Conférences de Loudun, p. 784.
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d'iino cliainlii'o mi-partie '. Pour alteindrY-, ce but que les assemblées du clergé avaient en vain poursuivi depuis vingt ans, le premier ordre ne craignait pas de s'appuyer sur les édits de pacification et demandait la réunion inséparable du Béarn à la couronne -; il prit la résolution de solliciter l'action connnune de la noblesse et du tiers.
Le tiers état s'en était occupé déjà : il avait examiné la portée des édits de Henri IV, qui avait ordonné cette réunion ^ ; il bésitait à agir, quand la démarche du clergé le décida h s'unir à lui. La noblesse, saisie depuis le '2-4 janvier par Boutcville Montmorency d'une proposition qu'elle avait adoptée, se joignit tout d'une voix à la sollicitation du clergé, et les trois ordres portèrent leur requête au roi *. Richelieu insista sur ce point dans sa harangue ^; deux ans après, l'assemblée du clergé (1617) étant revenue à la (."harge, le roi ordonna le rétablissement de la religion catholique dans le Béarn et la restitution des biens du clergé ^; enfin, en 1():20, la réunion de la Basse- Navarre et de la souveraineté de Béarn fut définitivement accomplie ^
Ainsi la pacification se faisait peu à peu, douze années de gouvernement sensé avaient fait entrer dans
I. Clerg.i, 138, 139, 140, 141, 142. L'article 140 est à noter, dans lequel le clergé invoque l'Édit de Nantes et les droits accordés aux protestants pour revendiquer les mêmes au profit des catholiques du Béarn.
■2. Disc, de l'arch. d'Audi. 19 février 1613. Procès-verbal du clergé.