‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 179 sur 226 · Trognon, Hist. de France, t. III, p · texte numérisé non relu

Trognon, Hist. de France, t. III, p

2. Procès-ierhaux du clergé, t. I, p. 653. Edit. 1767. Les proteslations sont presiiue passées sous silence.

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calholi([uc devait-elle être rétaWie dans les villes de sûreté, et les ec(;lésiastiques devaient-ils être exemptés de la juridiction des chambres de l'Edit. Le Parlement l'oLtinl, ainsi (ju'nne liste des conseillers plus favoralile aux catliiili([ues '. La douleur des officiers du roi était profonde : le premier président de la Chambre des Comptes dit au roi ([ue les meml)res de la chambre ne pouvaient « jeter les yeux sur cet édit qu'avec les ressentimens d'une extrême tristesse, les soupirs au co'ur et les larmes aux yeux * ».

Au premier moment, toutes les passions endormies de la Ligue parurent se réveiller, mais cet efl'ort permit de voir combien les rangs étaient éclaircis : si quelques prédicateurs fulminèrent du haut des chaires contre cet acte qu'ils traitaient d'impie, leur voix demeura sans écho et leur ardeur fut impuissante à émouvoir la nation.

La sagesse du roi offrait des garanties suffisantes aux catholiques : ils ne se laissèrent pas séduire, par des excitations factieuses. Le pape lui-même, un instant inquiet, se rassura bientôt en voyant le roi de France imposer aux fougueux prolcslants du Midi la tolérance qu'il exigeait des catholiques, et tout le règne de Henri IV nous montre la reconnaissance profonde du clergé pourle prince qui rendait à l'Église sa puissance morale en l'épurant.

Si le corps du clergé garda vis-à-vis de l'édit di- Nantes et des protestants un silence respectueux pour

1. Benoist, Ilist. de rÊdit di; Nantes, t. I, p. 272 et siiiv.

2. C'est dans l'une de ces entrevues que le roi dit à la députation de la Chaudjrc des Comptes « (pi'il avoit eu envie de faire deux mariages en France : le premier de sa sœur unique, et l'autre, de ses sujets les uns avec les autres », qu'il avait l'ait le premier et quil entendait exécuter le second. A. de Boislisle, Les premiers présid. de lu Vh. des Comptes, \n-'t°, p. 245-248.

LIBERTÉ RELIGIEUSE 'iHti

le roi, s'il se montra satisfait de retrouver sous Henri IV la protection royale à laquelle il attachait tant de prix, on ne doit pas croire qu'au fond de son cœur il ait jamais abdiqué l'espérance de l'unité religieuse qui demeurait le but et le couronnement de ses efforts. L'édit de Nantes était à ses yeux une concession nécessaire aux difficultés du moment et jusqu'à un certain point la fin des luttes violentes entre catholiques et huguenots, mais il était loin de penser que cette transaction dût constituer l'état définitif et permanent du droit politique. 11 attendait de la bonté de Dieu et des révolutions humaines la disparition d'une religion dont l'exerrire public lui avait toujours paru constituer un scandale '.

Après la mort de Henri IV, ces convictions apparu* rent avec une netteté qui ne laisse subsister aucun doute sur les desseins des partis.

Le cahier du clergé demande tout d'abord « que l'exercice de la prétendue Religion réformée soit interdit et défendu dans le royaume ». C'est le principe posé dans toute sa netteté, le vœu qui échappe du cœur même des ecclésiastiques; puis viennent au second plan les raisons politiques qui font plier la rigueur des principes : « au cas que, pour quelques considérations de l'Estat et repos public, le roi ne pust empêcher ledit exercice, qu'au moins e^ en attendant que la Bonté Divine y ait pourvu, il plaise à Sa Majesté ne rien permettre à ceux qui en font pro-

1. Pendant que les catholiques acceptaient cet acte comme un plus solennel édit de pacification ou la prolongation d'une suspension d"arnies, tout démontre que, de leur côté, les protestants n'entrevoyaient, dans la puissance redoutable dont ils étaient maîtres, qu'un moyen d'arriver à l'indépendance absolue qu'ils rêvaient. Ainsi la ijrande pensée de Henri IV était dénaturée par les deux partis, et la tolérance religieuse, que lui seul avait fondée, était méconnue dès sa naissance.

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