‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 191 sur 226 · IMPRIMERIE KT LIBRAIRIE · texte numérisé non relu

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sait pas le besoin de répression que réclamait alors la sûreté publique. Les pamphlets, si nombreux dans la seconde moitié du xvi" siècle, avaient reparu depuis la mort de Henri IV. 11 est difficile de se figurer ce qui s'imprima dans Paris de 1614 à 1624. Aux passions des députés répondit la licence des libelles; parfois des coups d'autorité frappaient un imprimeur : on venait d'en voir deux exemples pendant la session \ puis les pamphlets reparaissaient et jouissaient de l'impunité, jusqu'à hi prochaine saisie. Une déclaration de 1612 défcudant d"im[)rimer sans permission

1. Dans le récit de l.i session, on a vu comment l'imprimeur du Parlement avait été arrêté (p. 214). La seconde arrestation fit encore plus d'éclat. Depuis te commencement de janvier, la noblesse était saisie d'un projet de remboursement des oftices par Jean de Beaufort, qui olTrait de les remettre dans la main du roi en peu d'années. L'impression de ce projet se poursuivait à travers la mauvaise humeur du tiers et l'inquiétude des financiers mis en cause, lorsque le H février la noblesse apprit qu'une perquisition avait eu lieu chez l'imprimeur : plusieurs feuilles avaient été saisies, les formes brisées, Beaufort arrêté. Le sieur de Parassis vint se plaindre à la noblesse : « la liberté des États était blessée ». Aussitôt des mesures furent décidées : démarche auprès du chancelier et du roi; lecture du livre; protestations; avis aux ordres pour une action collective. Le clergé hésitait : « il y a tant de livres difTamans les familles particulières, allant grandement contre le service du roi >>, qu'il faut peut-être « retenir la liberté des esprits et les plumes des hommes de ce temps ». Le roi tient le même langage; mais la noblesse insiste, le livre est lu en épreuves; le chancelier l'absout. Beaufort est mis en liberté, l'impression achevée, et, le 18 février, 12 exemplaires sont portés à chaque chambre, de la part du chancelier, par le sieur de Fontis, lieutenant du prévôt de Paris, celui même qui avait fait la perquisition. Tout cet incident peint la licence et l'arbitraire auxquels étaient soumis les livres (voir le procèsverbal de la Noblesse, p. 186, 189, 190, 2U9, 210, 211, 213, 226, 234, 264, 269, 273, 278). Ce livre avait pour titre : Le trésor des trésors volé à la couronne.., descoiivert et présenté au roy en ses Étals Généraux par Jean de Beaufort, 161o. (Bibl. nat. L f. 76. u" 42.)

préalable n'avait pas été exécutée. Ce ne fut qu'au second ministère de Richelieu qu'une déclaration nouvelle vint arrêter la publication des pamphlets ''.

L'assemblée de 4620 fut saisie d'une proposition tendant à déclarer criminels d'Etat « les calomniateurs, auteurs de libelles difTamatoires et ceux qui les sèment, publient et impriment, et de tous autres discours imprimés ou à la main, concernant les affaires publiques et de l'Eslat, sans permission ou commandement sous le grand sceau - ». On demandait, sur cette proposition, l'avis de l'assemblée; les notables auraient voulu coimaitrc les peines portées contre les diffamateurs. Les uns assuraient que le fouet seul était applicable; on répondait qu'en décembre 1581 et en novembre loSfî deux auteurs de libelle avaient été condamnés à mort par le Parlement et exécutés pour offense contre Henri 111 ; on rappelait qu'en {(J-I'.l un arrêt du Parlement avait porté la peine capitale •'.

Les notables résolurent d'assimiler au crime de lèsemajesté le libelle diffamatoire *. Depuis l'année 10:27, les pamphlets devinrent beaucoup plus rares. •

Les livres venus de l'étranger préoccupaient vivement les députés : ils désiraient que l'ouverture des balles de livres n'eût lieu (pi'après apposition d'un visa « du juge royal du lieu sur l'examen de la facture et inventaire » (T. 126). Le clergé voulait quel'évèque diocésain donnât une approbation écrite de l'inventaire (C. 130). L'ordonnance prescrivit qu'aucun livre

1. 10 juillet 162i. Deux mois après l'enlrce aux affaires du cardinal. Ane. lois f'r., t. XVI, p. 146.

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