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Remontrance des États de Normandie, art. XV. Voir Etats

pressante sommation, le conseil s'empressa de répondre que Sa Majesté y avait pourvu. En effet, l'assemblée des notables avait reçu communication du projet d'édit rédigé en IGlo : elle venait d'en approuver les termes '.

Le début de la déclaration royale appartient trop directement à notre sujet pour ne pas le citer. « Entre les remonstrances et réquisitions, dit le roi, qui nous ont esté faictes par les trois ordres et Estats généraux de nostre Royaume, assemblez en nostre bonne ville de Paris, il n'y en a point dont ils ayent fait poursuite avec plus grande instance, p(jur y obtenir prompte provision et remède, que de la révocation du droit annuel, interdiction de la vénalité de tous oflices.... Ce sainct et louable rlesir ayant aussi esté en nous des lors que nous sommes venus en aage de pouvoir discerner et cognoistre ce qui estoit utile et dommageable à nousmesme, à nos subjects et ;i nostre Estât : après avoir considéré ([ue par ce moyen le choix nous estoit osté d'élever aux charges, honneurs et dignités ceux qui par leur intégrité et suffisance s'cstoient rendus capables d'y parvenir, s"ils n'enq^loyent tous leurs biens et le plus souvent le crédit de leurs amis pour les achepter à un prix excessif, auquel le droict annuel les avoit fait monter... Cette assemblée d'Estats généraux ayant encore ajouté à leur supplication, tous ensemble d'une même voix et volonté, lorsqu'ils furent prêts de se séparer, qu'il nous pleust réformer tous lesdits abus au même instant et par un édict

Géiiéraiix, t. XVIII, p. 32. — Art. XVI. Édit. Beaurepaire. Soc. de IHist. de la Normandie, p. loi. Voir également p. HO, lal9« proposition faite à l'assemblée des notables, où le roi se justifie du relard qu'il a mis à accomplir ses promesses. Mémoires de Mathieu Mole, t. I, p. 210.

1. 19e et 20c propositions. États Généraux, t. XVIII, p. 110.

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particulier, sans attendre les autres responses... ce qui leur fust aussi accordé par nous, avec promesse solennelle d'en faire l'édict au mesme temps, et sans remise, comme il fust fait. » Mais, ajoute le roi, les officiers en charge protestèrent qu'ils étaient ruinés et firent valoir un édit daté du commencement du règne qui avait accordé la prorogation pour six ans du droit annuel. Par égard pour son propre engagement, Louis XIII leur avait promis de ne rien faire avant l'expiration de ce délai, pensant qu'on les trouverait prêts à accepter à cette époque la suppression de l'annuel. Loin de là, leur irritation s'étant réveillée, les mêmes protestations se renouvelèrent pendant l'assemblée de Rouen *. Cette fois, le roi tint bon. « Nous étions obligés, dit-il, de préférer à leur considération le bien général de nostre njyaume et de ne point perdre de vue que nous ne devons priver nos Estats Généraux du fruict et effect qu'ils ont espéré de leurs réquisitions et de nos promesses. »

Après ce préambule, le roi déclarait (jue, en attendant l'édit général sur les remontrances des États de Paris -, il révoquait la dispense des quarante jours et le droit annuel, promettant toutefois qu'il gratifierait sur le prix des charges les veuves et les enfants des officiers, lorsque ceux-ci viendraient à mourir sans avoir résigné leurs charges, ou moins de quarante jours après cet acte '.

Grâce à ces mesures, les offices cessaient d'être une

1. Le roi fait allusion à une démarche des grandes compagnies qui eut lieu le 23 décembre iXoxT Journal cVArn. d'Andilly, p. 339).

2. (> En attendant Fédit général que voulons faire publier dans peu de jours sur les cahiers et remontrances des Étals tenus à Paris. » — Il s'agit ^du projet d'édit de 1618, qui ne fut pas promulgué.

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