‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 25 sur 226 · ORGANISATION MILITAIRE · texte numérisé non relu

ORGANISATION MILITAIRE

SiiM.MAiRE. — Vénalité des cbarges uiiliLaires, p. 64. — Indiscipline et désordres, p. 64. — Marches de troupes, p. 65. — Le tiers réclame la démolition des forteresses, p. 63.

Les États s'occupèrent à peine de l'organisation de l'armée : la noblesse y consacra quelques articles, mais beaucoup moins avec la pensée de réformer la composition des corps, qu'avec le désir de conserver ses propres privilèges.

Un seul point attira l'attention de tous les députés. La vénalité des charges militaires tendait à s'établir de plus en plus. Contre cet abus s'éleva en 1588 une protestation unanime, qui ne parvint à modifier ni la législation ni les mœurs '.

La discipline militaire fut, à vrai dire, l'unique pensée des trois ordres : la guerre civile et les désordres qui en sont le cortège rendaient ce besoin impérieux.

Afin d'éviter les fraudes qui se renouvelaient sans cesse, le tiers voulait que les maires et échevins fussent présents aux revues (T. 20-4). La noblesse préférait le choix, parmi les gentilshommes ayant servi, de dix-huit commissaires, dont l'inspection devait offrir de plus sérieuses garanties (N. 195).

Après quelques propositions du clergé et de la no-

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blesse pour n'-gler le recrutemenl, jusiiiralors abandonné à l'arl)itraire des capitaines (C. lM-148; X. :203j. la question du payement des troupes était l'objet des plus vives critiques du second ordre, qui voulait y atlectcr la totalité du tnillon (iN. 194). 11 insistait surtout pour l'acquittement direct de la solde entre les mains des gens d'armes, sans passer par l'intermédiaire des capitaines (N. Î10±j.

Les déplacements de tnnipes, (jui ollraicut aux gens de guerre le moyen de se livrer sur la route à toutes sortes de déprédations, attiraient l'attention du clergé et de la noblesse, qui réchunaient la présence d'un commissaire cbargé de fixer les étapes et d'ace» )mi);igner les régiments en marclie dans toute l'étendue des bailliages qu'ils traverseraient (G. 150; N. ilO). Le tiers proposait deux moyens de réprimer ce brigandage : en premier lieu, u pour obvier, disait-il, aux incursions, pilleries, exactions, et autres mauvais déportements des compagnies de gens de pied, qui causent la ruine et la perte entière de vos pauvres sujets, il soit permis à vos oiliciers assembler les communautés des villes et plat-pays, de les courir sus et les apprébender, pour leur faire leur procès » (T. iOH). 11 réclamait en outre une défense absolue aux babitants de rien acbeter aux gens de guerre (T. ^09;, et des peines sévères contre les receleurs (T. 210).

Enfin le tiers terminait ce chapitre en s'élevant contre le nombre de « citadelles nouvellement bâties ». Toutes colles ijui avaient été construites depuis les Etats d'Orléans lui semblaient devoir être sacrifiées, « les villes devant être ouvertes pour la commodité des habitants » (T. 213). La noblesse admettait la destruction des fortifications élevées depuis dix ans (N. 163 j, mais, en revanche, elle se montrait plus sévère pour les bourgs et villages, exigeant que la

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