‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 29 sur 226 · Déclaration de Henri IV en date du 3 août · texte numérisé non relu

Déclaration de Henri IV en date du 3 août

EMBARRAS l»l': MAYKNNE 71

solutions conlimielles, ainsi que les événements de l;i ^iieri'e. avaient également modifié le lieu de la i'éiini(tn : Mclun, Orléans, Reims et Soissons avaient été toiii' à toLir désignés. Au moment de prendre une déterminatiiui délinitive. iMayenne avait craint de voir le pouvoir lui échapper, et il avait toujours !'eculé, espérant obtenir la toute-puissance par ses intrigues. Cependant, les Espagnols ayant menacé de lui refuser les secours qu'il im[dorait s'il ne l'cunissait pas les Etats pour réledion d'un roi, le chel' de la Ligue avait cédé : il avait li\é la (•on\ocation au 20 décembre 151)2, à Paris, où il ccjmptait que les États, i)rotégés par ((uai'ante milli^ bourgeois armés, seraient à l'abri du r(iu|) de uiain (|ue le duc de l'arme rêvait i)oui" enlever leur-s Vdtes et assurer l'élection espagnole.

La situation de .Mayenne devenait de jour en jouimoins tolérable ; avec les malheui's du l'oyaume, les sentiments des politiques s'étaient réveillés : dans le pai'lement de Paris, au sein de cette bourgeoisie catlioli([ue, qui était royaliste au i'oud du ca-ur, un mouvenient général s'était produit vers le mois d'octobre 1502. On parlait vaguement de l'abjuration du roi : cette espérance, (|ui aurait porté un coup terrible à la Ligue en lui enlevant Unil prét(\\le. suflil à provoijuer plusieurs assemblées de bourgeois (jui sommèi-ent .Mayeiiu" d'entrer en négociation pour obtenii'la paix. Le {)arlenuMit se j(jignit à ces démonstrations : il envoya Mole ' poui" demander au duc de traiter et d'alTrancliir ainsi la ville d'une famine qui cdiumençait à la désoler.

1. Edouard Mole, né en 15.j8, mort eu 1614; il avait été contraint d'accepter en 1.j89, au sortir de la Bastille, le poste de procureur général, mais il demeura toujours renucmi des violents et des factieux,

72 KTATS DE LA LIGUK

A ces dangers intérieurs sejoigiiait le pr^gi-ès incessant des armées royales. Le duc de Lorraine venait d'être battu, ainsi que Joyeuse; le duc de Savoir était forcé d'évacuer la Provence pour se porter précipitamment sur Turin, menacé par Lesdiguiéres; Alexandre Farnèse expirait à Arras; la fortune de la Ligue baissait et les espérances de Philippe II étaient ébranlées. Pour relever les courages, il n"y avait qu'une voie de salut, rclablir luiiité d'action et placer en face du chef de la maisdu de Bom-bon un i-oi élu j)ai' la nation et maître d'organiseï- la lutte.

Au mois de décembre eurent lieu les élections : partout où les plus exaltés ligueurs avaient été nommés en 1591, on se borna à confirmer les anciennes élections. La Ligue était alors divisée en deux partis ennemis : les plus fougueux suivaient les inspirations de lEscui'ial, pendant que les modérés se rattachaient à Mayenne. Ces deux factions combattirent dans toutes les villes, et le choix des députés sortit de cette lutte, où l'or espagnol n'avait pas été plus épargné que les menaces.

Les députés n'arrivèrent pas à Paris avant la lin de décembre ou le commencement de janvier. Les brigues reprir.'ut tout aussitôt. « Depuis l'ai-rivée de quelques membres des États, dit l'Estoile, on voit nuit et jour dans les l'ues de Paris les agents des prétendants à la couronne, qui les vont visiter et briguer leurs suffrages '. » Les députés ne devaient savoir auquel entendre : on comptait au moins dix candidats : le roi d'Espagne et sa fille, quatre princes de la maison de Lorraine — Mayenne, Guise, le duc de Lorraine et le marquis de Pons, — deux prini-es

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