‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 30 sur 226 · loiirnal An rèRno de Henri IV, t. 1, p · texte numérisé non relu

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(If la maison de Savoie — le duc Cliarles-Einmaiiuel cl le duc de Nemours ', — puis les membres catholiijues (U' la maison de Bourhoii. (Vest à travers le feu ernisé de toutes ces and)ilioiis rivales que v(Miaient se jeter les députés.

On avait ajourné au dernier moniciil les élections de Paris : elles eurent lieu le 1(> janvier. Le clerj^é nomma ses plus ardents pi'édicalcurs, à la tête desquels se ti'ouvait Boucher -. I.c tiers niniilra plus de sagesse : les politiques l'empoi-lèreut : sur les dduze députés ligueurs élus à Paris en ■Ti!)!, huit survivaient eu loî).'J. Dans h^s élections complémentaires (jui eurent lieu pour le (hoix de quatre députés, quati-e politiques furent nommés. L'opinion de Paris s'était pndondément modifiée. Les Seize avaient perdu leur prestige. On voulait la Ligue, mais à la condition qu'elle fiH française. Un graufl nombre de personnages influents de la bourgeoisie gantaient précieusement la foi royaliste : si la religion ((ue professait Henri IV leur faisait éprouver des scrupules, ils ne voulaient à aucun prix (|ue la France l'iU divisée ou asservie; ils regardaient comme des <( factieux et des eniu'mis du repos publie » la plupart des députés (pie les villes avaient envoyés. Ils rappelaient tout bas les souvenirs à jamais déplorables de cette assembh'M^ couvoquée à Paris par les Anglais pourconsacri'i- leurconquéte : ils prévoyaient quelqntî nouvelle ti'âhison.La défiance euvers les TJats réunis par Mayenne ('tait gi'uéi'ale.

1. Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nomoiirs. frère utérin du duc de Guise.

2. Jeau Bouclier, curé de Saint-Beuoîl et recteur de lUnivcrsité, n'avait cessé de prêcher la rébellion; c'était l'orateur le plus e.xalté et le plus intluent de la Lipue. l'rédiculeurs <lr la Lifjun, p. 161 .

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Ainsi une partie de la population parisiennne et la plupart des villes gémissaient en secret de i"oppressiciu des ligueurs. Le bon sens eommeuf-ait à se révolter contre la violence, la raison contre la force. On n'était toutefois qu'au début de ce réveil quand les députés se réunirent à Paris. Une grande procession fut faite le 16 janvier ', et quelques jours après les États Généraux s'assemblèrent au Louvre *.

La première séance eut lieu le 'Mi janvier, dans la grande salle. Des cent vingt-huit députés qui avaient été élus ^, il n'y en eut (juc cinquante ([ui répondirent ce jour-là à l'appel de leur nom. On était loin de ces grandes assemblées où le nombre des membres n'était jamais descendu au-dessous de trois cents. C'est en présence de ce petit groupe que le duc de Mayenne, entouré de toute la pompe de la royauté, prononça un discours. Après lui, le cardinal de Pellevé *, archevêque de Reims, prit la parole pour le remercier, et la session fut déclarée ouverte.

Ouels étaient les mandats qu'apportaient de leurs villes ceux qui siégeaient dans la salle du Louvre? Malgré la formule vague employée dans les lettres de convocation, il n'y avait pas un électeur qui ne sût qu'il s'agissait de choisir un roi. Les cahiers qui

1. Cette cérémonie prit le nom de l'rocession de la Ligue. La Satire Ménippée en a laissé une longue description, mais qni est peu exacte.

2. Les procès-vprhau.T des États de 1393 ont été publiés, eu 1842, par AL Aug. Bernard dans la collection des documents inédits. Nous renvoyons à cette publication, qui devrait servir de modèle pour toutes les sessions d'États.

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