ROUEN
IlÉr.IT HISTORIQUE
SoMMAiiiE. — Nécessité derétabiir l'ordre dans les finances, p. 109. — Convocation des notables, p. MO. — Élections, p. 113. — Composition de l'assemblée, p. 114. — Discours de Henri IV, p. 114. — Ditision en trois chambres, p. 116. — Affaires financières, p. 116. — Avis au roi. p. 117. — Division des dépenses : variables et fixes, p. 118. — Conseil de raison, p. 119. — Sully conseille de tenter l'épreuve, p. 120. — Séparation des notables, p. 121. — Résultats de l'assemblée de Rouen, p. 122.
Au monionl où llonri 111 vonail d'expirer à Saint- Cloud, Henri IV avait promis aux seigneurs qui l'entouraient de convoquer les États Généraux. Nous avons vu comment la guerre civile et les difficultés de toute sorte (|ue rencontrait la politique du nouveau roi lui (Hèrent la pensée de réunir dans les premières années une assemblée de députés. Les États de la Ligue, dont nous venons de raconter l'histoire, n'étaient pas de nature à lui faire regretter une pru-^ dente abstention. Mais cet ajournement devait avoir un terme : le roi sentait trop ce que le concours de la nation pouvait donner de force à la royauté pour abandonner à tout jamais un instrument si précieux. Aussitôt que la paix intérieure lui parut rétablie, son premier soin fut de songer aux réformes et d'appliquer son esprit au rétablissement des finances. Depuis
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longtemps le pouvoir voulait accomplir cette tâche, mais cette fois le roi entendait guérir définitivement les maux dont souffrait le royaume. Il n"hésita pas à s'entourer pour cette grande œuvre des lumières d'une assemblée nationale.
Plusieurs partis s'oflraienl au prince : fallait-il réunir les États Généraux et leur découvrir la situation fâcheuse où la France se trouvait en 1596? ou bien devait-on attendre le jour où, le royaume reconstitué et enrichi, on pourrait convoquer avec fruit une grande assemblée de députés librement élus, en se bornant pour le moment à recueillir l'avis des hommes les plus expérimentés? Henri IV choisit ce dernier système. Il comprit, conmie d'Aubigné le rapporte, que « les troubles qui n'estoient pas esteints par la France ne permettoient une plus grande convocation; les cœurs des peuples n'estoient pas encore assez ployez à l'obéissance, comme il parut par les esmotions qui survinrent ' ». Il adressa le 25 juillet aux principaux personnages de chaque gouvernement et aux chefs des compagnies judiciaires une lettre de convocation par laquelle ils étaient mandés à Compiègne pour le 31 août : avant de partir, le roi priait les députés de « s'informer fort exactement de Testât » de la ville ou de la province, « de prendre l'advis de ses subjects, de ce à quoy il est besoing d'y pourveoir pour y establir un bon et asseuré repos, et aussy de ce dont nous pouvons estre secourus, et affin que nous ayons moyen d'empescher les désordres qui se voient maintenant en ce royaume... pour à quoy parvenir il n'y a chose que nous n'entreprenions et à laquelle nous ne résolvions ^ ».
1. D'Aubigné, liv. IV, chap. xiv, t. III, p. 382, édit. de 1620.