Lettres missives de Henri IV, t. IV, p
CONVOCATION DKS NOTABLES 111
Heni'i IV trace ensuite le programme des futures délibérations en un langage ([ue nous devons rappeler, parce qu'il prouve l'importance que le roi tient à donner à l'assemblée des notables: «Il faudra aussi adviser, dit-il dans cette circulaire, où se pourra recouvrer ailleui's ce qui ne se trouvera en nos finances, voulans espérez que tous nos bons subjects, qui cognoistront par elîect notre ferme résolution de faire despenser et employer tous les secours qui nous sera faict et ce ([ui sera advisé de prendre en nos finances, à la conservation de l'Estat et non ailleurs, suivant la résolution qui en sera prinse en ladicte assemblée, se disposeront volontiers à nrius accommoder pour un temps de (juebiue i)Clite partie de leurs moyens, pouisauver le surplus, avec leur patrie, de la conservation de laquelle despend celle de leurs honneurs, de leur vie, de leurs femmes et de leurs enfans, ce que nous eussions volontiers faict représenter en une pleine assemblée d'Estats Généraux de ce Royaume, si ces armées et efforts de nos ennemys permettoient que l'on peust différer plus longuement de pourveoir el remédier au mal (jui nous presse si violemment : ce que différant à un autre temps, nous vous dirons que nostre intention est, attendans la venue desdits Estats, de faire cesser tous ces désordres au mieux et le plus tost qu'il se pourra, et qu'en la convocation ([ue nous avons présentement ordonnée soient faicts les mesmes règlements et réformations en ce qui concerne principalement la police militante, l'ordre, distribution de nos finances, que si l'affaire estoit traictée en pleine assemblée desdicts Estais Genéraulx... Il fault maintenant que nous resveillions tous en nos cœurs l'ancienne vertu françoise ; que nostre noblesse se résolve avec nous de ne despouiller jamais les armes, que nous n'ayons eu raison de nos ennemys.
H2 ASSKMBLKli DES NOTABLES, lo'JtJ
ce qui semble n'estre point difficile, si aveoq la valeur (le nostre noblesse, l'ecclésiastique aide l'Estat de ce qui est de sa vocation et de ses moyens, et si nous sommes assistez de nos bonnes villes et plat pays selon les moyens que cliacun en aura, qui seront trop mieulx employez au payement d'une armée qui s'opposera courageusement à celle dcsdicts Espagnols, que si, par ce défault, l'ennemy ne trouvant point de forces à la campagne qui résistassent aux siennes, s'en faisoit le maistre, ravageoit le plat pays et saccageoit les villes comme bon luy sembleroit. Succédans à ceste Couronne, ainsi que chacun sait, nous y avons trouvé une extresme pauvreté. On ne peut dire que nous ayons jamais consenty, ny que nostre nature soit d'approuver que les revenus du Royaume soient mal mesnagez et employez en despenses volontaires et superflues. Nous désirons la réformation au faict de nos finances autant qu'ayt jamais faict prince qui ayt porté ceste Couronne. En tout ce qui escherra ou serons conseillez, nous commencerons volontiers la réformation par nous-mêmes, jugeans que l'ordre et bon mesnage dont il sera usé fera que l'on pourra satisfaire aux despenses nécessaires pour la conservation de nostre Estât, nous donnera moyen de soulager nos pauvres subjects, contribuables à la taille, dune partie des levées qui se font dessus eulx : ce que nous désirons de tout nostre cœur, et nous ne vivrons jamais contens que cestuy nostre désir n'ayt été tesmoigné par les effects ^ »
Ainsi le roi se soumettait d'avance aux décisions des notables. Loin de leur laisser le rôle subalterne qu'ils avaient toujours joué dans la monarchie, il leur accordait d'avance les mêmes droits qu'aux États Gé-