‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 43 sur 226 · IV · texte numérisé non relu

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114 ASSEMBLÉE DES NOTABLES, l'MG

s'établit ù Rouen dès le 14 octobre : il y reçut successivement tous les députés, les entretenant des afTaires particulières ou des intérêts généraux dont ils étaient chargés *. Malgré l'attention qu'il apportait à ces conférences, il se donna rpielques jours de loisir pour aller revoir les champs de bataille, théâtre de ses pi-emiers succès : il voulut visiter Arques, traversa Diepj)e et Yvetot en racontant à ceux qui l'entouraient les « grandes merveilles qui s'y estoient faictes », puis il rentra à Rouen, où tous les députés se trouvaient réunis.

Ils étaient au nombre de quatre-vingts ^ savoir : neuf du clergé, dix-neuf de la noblesse, cinquantedeux du tiers état ^. La majorité appartenait aux (»fiiciers de justice, délégués des parlements et des autres cours souveraines. Le 4 novembre devait se réunir pour la première fois l'assemblée : la séance eut lieu dans la maison abbatiale de Saint-Ouen ; le roi y parut entouré des princes et lit une harangue ({ui est demeurée tellement populaire que nous ne voulons pas manquer une nouvelle occasion d'en publier le texte exact :

« Si je voulois, dit le roi, acquérir le titre d'orateur, j'aurois appris quelque belle et longue harangue, et la vous prononcerois avec assés de gravité; mais,

d . Par ordre de Heuri IV, Chiverny était arrivé à Rouen quinze jours avant le roi, afin de préparer les travaux de l'Assemblée, et de conférer avec le premier président Groulart. (Floquet, Histoire du Parlemenl de Normandie, t. IV, p. 60.)

2. La liste des députés se trouve dans le Cérémonial françois. Voir également Étal-'! Généraux, t. XVI, p. 1. Enfin M. Poirson en a donné un texte exact : Documents nouveaux relatifs à l'histoire de France. Paris, Didier, décembre 1868. 97 notables avaient été convoqués, 80 comparurent.

3. Ce nom n'est pas donné au troisième ordre, qui comprenait 60 notables : 25 membres des cours souveraines; 18 trésoriers de France; 17 maires et échevins avaient été convoqués;

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messieufs, mon désir me poulse à deux plus glorieux tiltres, qui sont de m'appeller libérateur et restaurateur de cest Estât. Pour à quoy parvenir, je vous ay assemblez. Vous scavés à vos despens, comme moy aux miens, que lors([U(; Dieu m"a appelé à eeste couronne, j'ay treuvé la France non seulement <]uasy ruinée, mais presque toute perdue pour les François. Par la grâce divine, par les prières et bons conseils de mes serviteurs qui ne font profession des armes, par Tespée de ma brave et généreuse noblesse (de laquelle je ne distingue point les princes, pour estre nostre plus beau filtre, foy de gentilhomme 1), par mes peines et labeurs, je Tay sauvée de la perle : sauvons-la aslheure de la ruine. Participés, mes chers subjects, à cette seconde gloire avecques moy, comme vous avés faict à la première. Je ne vous ay point appeliez comme faisoient nu's prédécesseurs pour vous faire approuver leurs volontez; je vous ay assemblez pour recevoir vos conseils, pour les crere, pour les suivre, bref, pour me mettre en tutelle entre vos mains : envie qui ne prend guère aux roys, aux barbes grises et aux victorieux. Mais la violente amour que je porte à mes subjects et l'extrême envie que j'ay d'adjouster ces deux beaux tiltres à celuy de roy uic font treuver tout aysé et honorable. Mon chancelier vous fera entendre plusamplement ma volonté'. » Api'ès ce discours prononcé avec une sincérité que les princes ne « connaissent point » -, le chancelier Philipjjc de Chiverny exposa fort longuement la situation du royaume : il insista surtout sur les besoins du trésor, engagea les notables à étudier et à exposer les mesures qu'ils jugeraient propres à réformer l'État

1. LeUres missives ;i la date du 4 novembre lo96}> Manuscrit de Henri IV: appartenant à la Bibliothèque;

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