‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 55 sur 226 · Sully, Œconomies royales, cli. lxx · texte numérisé non relu

Sully, Œconomies royales, cli. lxx

de leur autorité ainsi limité, les notables faisaient la part du roi. Quinze millions de livres lui étaient également dévolus pour les dépenses de sa personne et de sa maison, pour les frais de la guerre, de l'artillerie, des fortifications, des ambassades, des dons et pensions et des bâtiments.

Voici d'ailleurs les calculs mêmes des notables, tels que nous les extrayons de Y Avis au roi * :

Du principal de la taille, laillou et crues 6 014 000 »

Des gabelles 886 116 40

Du sel de Peccais 180 000 »

De la ferme du sel de Drouage 38 000 »

De ce qui revient du Domaine i;j3 300 »

De ce qui revient des Aydes 36ij 000 »

De ce qui revient des grosses fermes 160 000 »

Des décimes 400 000 »

Des ventes des bois :J0 000 »

Des parties casuelles ;i0 000 »

Du sol pour escu du droit des collecteurs... SO 000 » De l'impost nouveau au lieu de la subvention des villes closes, et autres impositions qui se lèvent sur les rivières depuis l'année loSa,

la somme de 1 oOO 000 »

Somme totale de la recepte 9 870 410 40

Sa Majesté sera suppliée vouloir se contenter pour la despense de sa maison et estât, armées, gendarmerie, artillerie, vivres, munitions, garnisons et autres charges de l'Estat, de la somme de o 000 000 »

Et le surplus le laisser pour le payement des autres charges cy-après :

Pour les gaiges des officiers 1 348 416 »

Pour les rentes constituées 2 248 000 »

Pour les charges ordinaires 480 000 »

Et pour les justes debtes tant des traictez suisses que autres debtes qui se paieront après lesdictz gaiges et rentes et non

autrement, la somme de 600 000 »

Somme totale. ... 9816416 »

1. Advis au Roy..., p. 59. Les chifTres sont calculés en écus.

Voilà le partage des attributions tel que l'entendaient les notables : nous ne devons nous en occuper ici qu'au point de vue financier. Nous avons vu après quelles hésitalions le roi se décida à adopter ce plan, en prenant pour lui les gabelles, les anciennes aides, les traites, les subsides payés par les pays d'États, en un mot tous les impôts susceptibles d'accroissement ou tout au moins d'un revenu certain.

Dans le lot du conseil de raison, que nonmia luimême le roi en mai 1597, demeurèrent toutes les taxes d'une perception difficile : ce ne fut pas un des moindres obstacles de la pénible administration dont ce conseil avait assumé la cbarge. On sait comment il succomba suivant les prévisions de Sully; mais ce que l'irritation de ce grand ministre ne lui a pas permis de constater dans ses mémoires et ce que nous devons relever avec d'autant plus de soin que la postérité a été plus aveugle, c'est l'intelligence honnête et sagace de l'assemblée de Rouen au point de vue des mesures purement financières.

Si, en examinant le liègleruent génàxil des notables *, on le rapproche des systèmes qui avaient cours dans la première période du règne de Henri IV, on trouve un tel progrès, qu'il est permis d'affirmer que les réformes de la comptabilité et de la perception de l'impôt dues au génie de Sully ont trouvé dans l'assemblée de 1597 leur meilleur point d'appui. Le ministre de Henri IV n"a pas appliqué se>'vilement la pensée des notables, mais il a puisé dans leur volonté une partie de la force persévérante qu'il a dû déployer dans sa longue lutte contre cette multitude d'agents du fisc dont il fallait déraciner les pré-jugés, vaincre la routine et faire taire les intérêts froissés. Dans cette

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