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œuvre de réforme, qui rencontrait tant d'obstacles, Sully trouvait derrière lui, comme l'expression du vœu national, l'exemple de l'assemblée des notables. Ce souvenir partout répandu fut loin d'être inutile au ministre et au prince dont la féconde alliance fit triompher les principes d'une bonne administration financière.

Ce résultat de l'assemblée ne peut être révoqué en doute : M. Poirson, dont le jugement sur les notables était si sévère dans son histoire de Henri IV, est revenu récemment sur sa première opinion. Il reconnaît que Sully n'a pas été juste envers cette assemblée. « Il nous paraît évident, ajoute M. Poirson, que ce grand ministre puisa dans le règlement général des notables la première idée, sinon de la portion la plus relevée et la plus décisive de ses grandes innovations, au moins d'une partie très considérable encore de ses réformes financières. De plus, il tira son point d'appui de l'autorité de cette assemblée nationale, dans le combat qu'il eut à livrer à la multitude des agents du fisc, aux usurpateurs de la noblesse et surtout aux grands seigneurs, pour détruire les abus et les désordres *. »

Réformes financières de Henri IV.

La perception des impôts améliorée, les dépenses réduites et les recettes augmentées, tel fut le triple progrés que l'administration financière dut à Sully soutenu par la confiance énergique de Henri IV.

Le premier soin du ministre fut de recouvrer la perception des impôts, donnée en gage à tous ceux

i. Mémoire sur l'assemblée des notables lu à l'Académie des sciences morales et politiques par M. Poirson. — Comptes rendus de l'Académie, année 1868, p. 266.

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qui avaient prêté au trésor : non seulement un nombre considérable de princes et de seigneurs français levciient certaines taxes, mais des banquiers italiens et, chose plus étrange encore, la reine d'Angleterre, les cantons suisses, quelques princes d'Allemagne, les Provinces-Unies et la république de Venise se mêlaient de percevoir en France des impôts qui représentaient les intérêts de leurs prêts ou servaient à payer leurs services ^ Malgré les clameurs des personnages qu'enrichissait cette perception, Sully parvint à faire rentrer en la main du roi cette vaste administration et à réaliser ainsi un bénéfice considérable.

Les revenus qui n'avaient jamais cessé d'appartenir au prince n'étaient pas mieux administrés : les trésoriers de France accordaient à vil prix les fermes aux fermiers généraux, qui cédaient eux-mêmes au rabais la perception à des sous-fermiers : grâce à une surveillance minutieuse fondée sur des calculs précis. Sully parvint à découvrir ces fraudes, et, faisant venir devant lui les sous-fermiers, il leur annonça qu'ils devraient désormais verser directement enti-e ses mains le montant de leurs baux ; puis il annula les adjudications dérisoires consenties par les trésoriers généraux, restituant ainsi au roi les sommes que détournait chaque année la cupidité des financiers. Enfin il fit procéder à de nouvelles adjudications qui augmentèrent aussitôt dans une proportion considérable les recettes du royaume -.

Dès l'année qui suivit l'assemblée des notables, la comptabilité fut l'objet des soins de Sully : les assignations de dépenses sur les receveurs généraux qui

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