Voir t. I, p. 322 et suiv
est le constant témoignage. De 1597 à 1609, il y eut une augmentation annuelle dans les revenus qui est entièrement due à la sage administration du surintendant.
Tous les impôts peuvent nous servir d'exemple.
La taille, qui pesait si cruellement sur le peuple, figurait pour seize millions en 1599 comme en 1597, mais, avant la reforme, plus de vingt millions étaient perçus, tandis que Sully abaissa la somme réellement exigée à seize millions deux cent trente mi 'le livres *. En 1609, il était parvenu à la réduire à quatorze millions environ : encore, sur ce chifl're, devons-nous retrancher deux millions destinés à couvrir des dépenses productives « qui tournoient à la décharge du peuple et facilité de son commerce '^ ».
Ainsi, en douze ans, la taille descendait de vingt à quatorze millions : ces chiffres, déjà surprenants en eux-mêmes, sont encore loin de répondre à la réalité. Vers la fin du régne des Valois, les taillables, dont le nombre était infiniment réduit par l'abus des exemptions, avaient vu leurs charges s'accroître dans une énorme proportion; les premières années du règne de Henri IV avaient encore augmenté le désordre : les exemptions chaque jour multipliées resserraient le champ sur lequel s'étendait l'impôt. Les allégements de Sully n'auraient donc presque rien produit, s'il n'avait résolu de changer l'assiette de la taille ; c'est une des questions dont l'assemblée des notables avait directement provoqué la solution ', et, moins de trois ans après le vœu émis, on vit rejeter
1. Poirson, t. III, p. 122, note. — Œconomies royales, chap. CLxxxvii. — Comparez au chap. lxxxiv.