Advis au Roy..., p. 56. Chap. de la noblesse, § le
recompense de longs et signalez services, ou exploitz de guerre cogneus de Sa Majesté » (N. 2). Les usurpations de noms et de titres à la suite d'une acquisition de terre noble provoquaient également ses doléances. Elle voulait aggraver les défenses portées à Blois ' en interdisant non seulement aux non-nobles, mais même aux « roturiers privilégiés et aux nobles anoblis » achetant « les terres et seigneuries d'aulcunes des plus anciennes familles du royaume, de s'attribuer le nom et les armes d'icelies, ains qu'ilz continueront le nom de leur père, ayeul et prédécesseur » (N. 9). Enfin elle réclamait, au nombre des exemptions d'impôt, l'affranchissement de toutes les charges municipales, lorsque des gentilshommes viendraient habiter dans l'intérieur des villes (N. 4).
A ces vœux, les rédacteurs du chapitre consacré aux abus des tailles répondaient par des demandes toutes contraires. Le privilège de l'exemption des tailles devenait chaque jour plus exorbitant. Les plaintes que soulevait l'inégalité choquante de l'impôt s'accroissaient d'année en année. L'assemblée de Rouen, uniquement composée de privilégiés, eut l'honneur de faire entendre sur cette question le langage le plus ferme et le plus désintéressé qui ait retenti dans la seconde moitié du xvi'' siècle. Le cahier de doléances passe en revue toutes les causes d'exemption et il en réclame la revision la plus rigoureuse. Officiers de la maison du roi, gens des princes, anciens serviteurs de Charles IX et de Henri III, officiers des monnaies, présidents, lieutenants et contrôleurs des élections, devaient être inscrits en un tableau qui serait « envoyé au commencement de chaque année es cours de parlement, pour le privilège des