‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 77 sur 226 · Voir tome III, page 11, note · texte numérisé non relu

Voir tome III, page 11, note

3. Condé déclara que les élections avaient été faussées par les brigues. Documents inédits sur l'Histoire de France. Conférences de Loudun, p. 197.

4. Sur 192 députés, 131 sont titulaires d'offices. Voir sur cet abus, tome V, le chapitre des Elections.

COMPOSITION DE L'ASSEMBLÉF, 179

au conlrairo, siégeaient plusieurs prélats d'un grand mérite : les cardinaux de Joyeuse ' et du Perron *, révèquo de Bellev, Gauius, que son éloquence et sa liaison avec saint François de Sales ont rendu célèbre, étaient au nombre des députés; parmi les évèques, se tenait dans l'ombre, inconnu de la foule, un jeune prélat dont le nom devait être un des plus grands du XYir siècle : le clergé du Poitou avait député aux Ktats Généraux Richelieu, alors évcque de Luçon.

Le 2 octobre, le roi avait tenu au parlement un lit de justice dans lequel il avait été déclaré majeur ^. La reine lui avait remis solennellement l'exercice de l'autorité souveraine, et l'eniant de quatorze ans lui avait répondu en la priant « de continuer l'administration de ses afïaires ».

Peu de jours après cette cérémonie, qui, loin de diminuer la puissance de Marie de Médicis, n'avait l'ait (|ue l'accroître, on publia à son de trompe dans les rues de Paris que Sa Majesté entendait faire l'ouverture des États le 20 octobre, mais qu'en attendant les députés eussent à se réunir tous le 14, au couvent des Augustins, où le clergé siégerait dans la suite de la session, pendant que la noblesse irait aux Cordelicrs et le tiers état à l'hôtel de ville *.

1. l"ran(;ois de Joyeuse était le frère du favori de Henri IIL Nommé à vingt ans arclievêque de Narbonne, il mourut en 161o.

2. Jacijues Davy du Perron ou Duperron, né en duSG, fils d'un miuislrc protestant, abjura en 1576, devint un des plus savants controversistes et fut fait cardinal en 1600.

3. Il venait d'atteindre sa quatorzième année le 28 septembre.

4. Depuis 1603, les assemblées du clergé se tenaient dans une des vastes salles du couvent des Augustins, où le clergé avait ses archives et ses registres. Le couvent des Augustins était situé au milieu du quai des Grands-.\uguslins. Les Cordeliers étaient dans la rue de l'École-de-Médecine, qui s'appelait, alors la rue des Cordeliers. On voit qu'avec la distance

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Cette séparation des trois ordres mettait obstacle aux fréquentes communications qui devaient s'établir entre eux. Les députés s'en inquiétèrent et prièrent le roi de les réunir tous au couvent des Auguslins, où en effet trois salles particulières furent préparées.

C'est là que se passèrent les premiers débats intérieurs qui mirent aux prises dans le sein du tiers les rivalités des provinces et de Paris. La nomination du président, celle des greffiers, la forme des votes soulevèrent autant de discussions irritantes qui aigrirent les députés et les détournèrent de soins plus importants.

Le clergé choisit comme président le cardinal de Joyeuse, la noblesse le baron de Senecey, de la maison de Bauffremont, fils de celui qui avait présidé la noblesse en 1576, et le tiers état, Robert Miron. lu'évôt des marchands de Paris ^

La première semaine écoulée, commencèrent les visites des ordres entre eux. Le choix de chaque députation donnait lieu à un vote : on désignait un orateur chargé de présenter les compliments de la chambre quil représentait, puis on fixait avec le soin le plus minutieux l'étiquette des réceptions : tout était réglé d'avance, l'entrée et la sortie des députés. Au milieu de ces discussions futiles, il était déjà facile de deviner que les membres du tiers état étaient loin d'avoir la vigueur généreuse de leurs devanciers. La première question qui mit en présence les prétentions rivales du pouvoir et des États, fut résolue dans le sens contraire à la tradition léguée par les États de

qui séparait ces deux couvents de riiùlel de ville, les rapports entre les ordres, déjà si difficiles, se fussent encore compliqués. 1. Il ne faut pas confondre Robert .Miron avec son frère, François Miron. le prévôt des marchands sous Henri IV, qui s'occupa sous ce priuce des embellissements de Paris.

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