Procès-verbal du tiers, 5 janvier
ARRÊT DU l'ARLLMKXT 209
théologiens prendraient parti pour le pape le jour où ils seraient mis en demeure de se prononcer. La plus sinipli- habiletr, ajoutait-il, exigeait qu'ils ne fussent pas pousst'-s à bout et <jue cette affaire si grosse de périls fût étouffée avant que les passions et les amours-propres fussent irrémédiablement blessés*.
A ce discours, la reine n'avait rien répondu; évidemment il fallait tenter de nouveaux efforts. Du moment où le Parlement entrait en lice avec ses vieilles ran(Hines et ses arrêts solennels, le tiers état devait paraître modéré : aussi le clergé, cherchant ù diviser ses ennemis, n'hésila-t-il pas à faiie des avances au tiers sans même attendre que cet ordre l'eût remercié de la visite du cardinal du Perron.
La chambre du tiers (lélil)éi"ait sur la conduite à tenir, lorsque, le 5 janvier 1015, dans la séance du matin, on lui annonça l'évéque de Màcon : iclui-ià venait apporter aux députés le projet d'article (jui leur avait été promis, et leur demander de se joindre au clergé pour protester contre les empiéleiuenls du parlement de Paris, qui osait porter atteinte à la liberté des États Généraux en se prononçant sur une matière contestée au moment même où deux des ordres la débattaient dans le sein de l'assemblée.
A peine l'évéque fut-il sorti, ({ue les murmures des députés laissèrent présager le sort des deux propositions. L'article rédigé par le clergé ne s'occupait que du régicide, afin de le flétrir, il est vrai, et d'appeler sur lui les peines éternelles, mais il ne contenait pas un mot sur le droit pour les papes de prononcer directement ou indirectement la déchéance des rois. Or c'était là surtout la question que le tiers voulait absolument voir résoudre. Quoique cet article ne