IV
satisfît personne, on ajourna sur ce point une solution nette, pour ne pas blesser le clergé. On se contenta de l'envoyer remercier et de lui faire savoir que, au gré du tiers, le Parlement ne semblait avoir rien entrepris contre la liberté des États, son arrêt étant conçu en termes généraux que les députés ne connaissaient même pas exactement.
Ainsi les dernières espérances du clergé étaient déçues : il ne trouvait les députés du troisième ordre ni moins ardents, ni moins résolus que les magistrats. Pour tout observateur attentif, il était évident que, si la majorité de la nation était demeurée au travers des luttes religieuses fidèle à la foi catholique, elle était sortie de ces terribles épreuves plus rebelle à la domination théocratique, qu'à aucune époque de notre histoire.
Pendant que le clergé échouait dans la chambre du tiers, quelques prélats faisaient une tentative analogue auprès de la noblesse. L'évêque de Luçon, chargé de porter la parole, prononçait une harangue contre les Parlements, qui prend dans sa bouche une autorité et un intérêt considérables. Il ne fallut pas moins que son éloquence pour déterminer les irrésolutions des gentilshommes. Après une vive discussion, la noblesse à une faible majorité se décida à faire cause commune avec le clergé ^
Enfin le o janvier, quelques instants après que le tiers eut déclaré qu'il ajournait sa réponse, les deux ordres privilégiés portèrent leurs plaintes aux pieds du roi. L'évêque d'Angers fit une harangue des plus énergiques, et les députés revinrent au lieu de leurs séances, persuadés qu'ils avaient réussi. En effet, le surlendemain, au moment où les membres du tiers se