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États Généraux, t. XVIII, p

2. La séance d'ouverlure n'eut pas lieu le même jour, parce que les Parlements de Bordeaux et de Grenoble étaient en désaccord sur leurs préséances. Le roi renvoya le difTérend aux premiers présidents et aux procureurs généraux, qui passèrent la journée du 1*' décembre à ouïr les parties et à opiner sur la matière. Assemblée des notables, p. 15 à 22.

3. Louis de Nogaret, cardinal de la Valette, archevêque de Toulouse, troisième fils du duc d'Épernou.

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telle était la composition de rassemblée, qui réunissait cinquante-cinq membres.

Le roi ouvrit la séance par quelques mots; ensuite le garde des sceaux de Marillac prononça le discours d'usage. Il rappela que, depuis 1558, les rois de France avaient convoqué fort souvent les personnages les plus importants du royaume; il énuméra successivement les États Généraux et les assemblées de notables, puis, après un éloge du roi, il en arriva à la situation du royaume. Les finances nécessitaient les remèdes les plus prompts. La guerre étrangère et les rébellions, disait-il, ont « consommé une grande partie du fonds et revenu ordinaire de l'État et endette le roi de plus de cinquante millions de livres, Sa Majesté aimant mieux prendre sur son propre fonds les moyens de repousser les ennemis dedans et dehors, que de surcharger son peuple ni incommoder ses sujets en quelque sorte que ce soit; car vous remarquerez, messieurs, ce que vous aurez grande peine à croire, ot la postérité ne l'entendra jamais sans admiration, ((uc le revenu ordinaire de l'État ne surpasse point seize millions de livres, et la dépense en a monté, en toutes les dernières années, à trentesix ou quarante millions par an; et néanmoins le roi n'a jamais accru les tailles qui se lèvent sur son peuple, ni retranché un quartier des rentes dues à ses sujets, ni des gages de ses officiers : ce qui ne se trouvera en aucun des siècles précédents.

a Mais d'autant que cette disproportion de la recette à la dépense donne lieu par la nécessité à beaucoup de moyens extraordinaires, Sa Majesté, désirant l'éviter ci-après, a estimé qu'il n'y avoit aucun meilleur moyen que d'égaler la recette à la dépense, augmentant l'une et diminuant l'autre.

« Pour diminuer \a dépense, il ne se peut faire que

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par retranchemens. Le roi a résolu de retrancher lui-même la dépense de sa propre maison et de ce qui en dépend, pour donner exemple à ses sujets; et afin qu'ils aient plus d'occasion de se retrancher euxmêmes, il a fait son édit des loix somptuaires; il a aussi déchargé son peuple de six cent mille livres sur les tailles de l'année prochaine

« Sa Majesté pense encore à d'autres grands retranchemens; aux garnisons, aux gens de guerre de la campagne, par le rasement de plusieurs places qui ne servent que de dépense inutile et de moyen d'opprimer le peuple, et engager le roi à entretenir les armées dans les provinces, sitôt qu'il y a des mouvcmens dans le royaume *.

« Vous aurez aussi à travailler sur l'établisseînent du commerce, comme au plus propre moyen d'enrichir le peuple et de réparer l'honneur de la France. »

Marillac passa en revue les différents maux qui produisaient la « léthargie » du commerce : les pirates venant ravager nos côtes, la Méditerranée infestée par les Turcs, les pêcheries de Terre-Neuve inabordables, les constructions maritimes arrêtées; si elle demeure davantage « en cet endormissement », la France se perdra; « en quoi nous sommes d'autant plus blâmables, ajoute le garde des sceaux, qui parlait ainsi sous l'influence directe de Richelieu, que nous avons dans le royaume toutes les commodités nécessaires pour nous rendre forts sur la mer; jusques-là même que nous en fournissons à nos voisins, et avons encore, par les dispositions de la nature, des avantages tels, que nous pouvons assujettir tous nos voisins et les faire dépendre de nous.

1. États Généraux, t. XVlll, p. 218. Ass. des notables, p. 23.

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« Nous avons les grands bois et le fer pour la construction des vaisseaux; les toiles et les chanvres pour les voiles et cordages dont nous fournissons les provinces voisines. Nous avons les fromens pour les biscuits, le vin, le cidre, la bière, les matelots et mariniers en abondance, qui, pour n'être pas employés par nous, vont servir nos voisins. Nous avons les meilleurs ports de l'Europe ; et ce qui est grandement remarquable, nous tenons la clef de toutes les navigations de l'Est à l'Ouest et du Sud au Nord *. »

Pour priver l'Espagne de Tinfluence que lui assurait la possession de Gibraltar, Marillac parlait de la jonction de la Seine k la Saône qui unirait la Manche à la Méditerranée, « de sorte que toutes marchandises du levant seroient plus tôt et plus facilement à l'extrémité de la France qu'à l'entrée de l'Espagne, et rendrions la France le dépost commun de tout le commerce de la terre ». 11 n'hésitait pas à faire honneur de tous ces projets au cardinal de Richelieu, qui avait obtenu du roi « qu'il se résolût à mettre à bon escient la main au commerce ».

« Vous verrez aussi, continua-t-il, les règlements que Sa Majesté a fait dresser pour les gens de guerre, tant des garnisons que de la campagne ; l'ordre pour les faire vivre sans la foule du peuple ; la manière assurée pour régler leurs paicmens ; le moyen de faire que le nombre porté sur les états du roi soit effectif, et autres points importans que vous fera entendre M. le maréchal de Schomberg, à qui Sa Majesté en a donné la charge.

« Si, outre cela, vous avez à représenter à Sa Majesté quelque chose pour le bien de l'Église et de la

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