‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 126 sur 208 · États Gcnéraiir, t. XVIII, p · texte numérisé non relu

États Gcnéraiir, t. XVIII, p

DISCOURS DE RICHKLIKU 270

justice et police du royaume, ou autrement, elle l'entendra bien volontiers *.

« Vous aurez encore à vous occuper de deux points, lesquels, combien qu'ils soient fort sévèrement punis par les ordonnances, ont besoin de nouvelles lois, et plus rigoureuses pour leur châtiment. Le premier point est : la licence effrénée d'abuser des deniers du roi, les retenir et se les approprier avec tant de subtilités et de finesses, que les lois introduites contre le péculat sont impuissantes et surmontées par l'avarice qui déguise et enveloppe ses larcins en tant de manières, qu'il est quasi impossible d'en convaincre les coupables.

« L'autre est, des fréquentes rébellions, soulevémens et conjurations contre l'Etat et de l'insupportable facilité à s'y engager, lesquelles se traitent par factions, liaisons et sermens, sous diverses couvertures, en telle sorte que l'on a peine de les découvrir. »

Après ce programme des travaux de l'assemblée, le maréchal de Schomberg exposa les affaires de la guerre : l'intention du roi était d'entretenir trente mille hommes d'armes, mais il fallait avant tout les bien payer; il ajouta qu'il était chargé de communiquer à l'assemblée des mémoires spéciaux, des projets de règlements sur la discipline, mais les meilleures mesures seraient vaines, si le payement des gens de guerre n'était assuré. Le véritable objet de l'assemblée est de chercher, dit en concluant le maréchal, les moyens de pourvoir à ces dépenses.

Le cardinal de Richelieu prit enfin la parole et annonça en peu de mots nets et précis ce qu'il attendait de l'assemblée des notables. «Les affaires, dit-il,

Page 1