‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 132 sur 208 · VS · texte numérisé non relu

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délibérations. La différence de traitemeat des négociants français à Tétranger, les droits sur les marchandises françaises variant suivant les temps et les pays, Tabsence complète de réciprocité entre la France et les nations voisines, enfin le défaut de sécurité des navigateurs préoccupaient à bon droit Richelieu, qui voulait imprimer un développement considérable au commerce maritime. Les notables approuvèrent dans les termes les plus énergiques tous les projets qui leur furent communiqués *.

L'armée occupa les dernières séances. Le cardinal parvint, non sans peine, à la faire maintenir au chiffre de 18000 hommes de pied et de 2000 chevaux. La détresse financière alarmait les notables, qui voulaient réduire l'armée en proportion du déficit. L'organisation qui leur était proposée constituait pour les provinces une aggravation de charges : il s'agissait de distribuer les troupes par garnisons dans les villes en proportion de leur importance, de donner aux régimonts le nom des cités auxquelles désormais ils appartiendruieni, et de mettre les dépenses de chaque corps à la charge de l'Ktat pour les deux tiers seulement, un tiers devant être acquitté sur les deniers municipaux de la ville qui servirait de garnison. L'accroissement des impôts fut quelque temps un obstacle au vote du projet, puis on fît valoir que, s'il était vrai que les campagnes fussent ruinées, la plupart des villes possédaient de grandes ressources et qu'en réalité les « gens du plat pays », qui étaient les plus malheureux, im verraient pas leurs charges augmentées.

L'ensemble des réponses aux propositions faites par le cardinal do Richelieu ne fut pas le seul docu-

J. Assemblée des aolablei^ vendredi 5 février, p. 178.

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ment rédigé par les notables. La noblesse s'était assemblée en dehors des séances, et, quoiqu'elle n'eût pas reçu de mandat des gentilshommes des provinces, elle rédigea une série de doléances en vingt-deux articles qui furent portés au roi le 10 février par le « maréchal de la Force qui fit la harangue, assisté du maréchal de Bassompierre et de toute la noblesse de l'assemblée * ».

Ce cahier, écrit sous Timpression d'une profonde inquiétude, nous montre la noblesse en proie aux appréhensions que lui inspire une exclusion de plus en plus marquée. Elle essaye encore une fois de regagner le terrain perdu : elle voudrait reprendre sa place dans l'Église, dans les parlements, dans les conseils, mais le service militaire excite surtout son ambition ; elle comprend qu'elle peut au prix de son sang conserver une part de son influence, et elle témoigne, par un ensemble de vœux remarquables, que les gentilshommes entendent sacrifier au roi leurs forces et leurs vies. Pour Tenfance, Tinstitution de collèges militaires; pour la jeunesse et Tàge mûr, Torganisalion dans chaque bailliage d'un censeur des nobles qui excitera les gentilshommes à Tétude et à la guerre; dans chaque province, un conseil, sorte de tribunal d'honneur surveillant la conduite des nobles; puis, dans la vieillesse, des pensions données par l'État aux gentilshommes sans ressources, afin de récompenser leurs services : tel était l'ensemble des institutions qui auraient transformé la noblesse française en une vaste hiérarchie militaire. Nous verrons plus loin quels furent les vœux admis par le pouvoir, qui cherchait à se servir des gentilshommes, tout en se gardant de leur donner une organisation perma-

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