‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 142 sur 208 · Procès-verbal du tiers, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal du tiers, p

qu'un corps assemblé est toujours moins méprisé que les membres séparés '. »

Le président fît remettre la députation au lendemain. Pendant ce temps, le clergé et la noblesse s'étaient rendus auprès du roi, pour requérir la continuation des États sans demander jour, et avaient reçu de bonnes promesses, mais fort vagues. Le lieutenant civil insista pour qu'on réclamât de Sa Majesté la fixation de la séance royale. En vain lui fît-on remarquer que « le roi prendroit le tiers état au mot pour le regard du jour », qu'on se trouverait joué et qu'en sortant de la séance, les membres des États ne seraient « plus que personnes privées, et sans autorité pour la réplique ». Ri%n n'y fit : la majorité avait perdu confiance et courage. Les insuccès lui avaient enlevé toute énergie, et, tœdio victi, les députés firent demander jour pour la présentation des cahiers.

C'était s'avouer vaincu et courir au-devant de la défaite. Dès que l'audience royale eut été accordée, le roi déclara que « lorsqu'on délibérerait sur les réponses, s'il y avoit lieu d'assembler les députés, il y pourvoiroit ».

Le clergé, qui avait montré depuis le début plus de fermeté et d'initiative, se borna à décider « que la compagnie ne devoit commettre aucun député pour la conférence des cahiers à moins que Sa Majesté ne consentît à la réunion des États après la présentation des doléances * ».

La rédaction d'articles généraux fut-elle abandonnée? Malgré son insuccès auprès du tiers, le clergé n'avait pas perdu courage, et pendant toute la session ^il avait entretenu de ce projet la noblesse :

i. Procès-verbal du tiers, p. 184.

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