‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 153 sur 208 · II. — Discipline · texte numérisé non relu

II. — Discipline

I. Ordre général. — Le clergé réclame la réception du concile, p. 325. — Il Tavait obtenue aux États de la Ligue (7 août i593), p. 326. — Il la demande de nouveau en 1614, p. 328. — Discussion dans le sein du tiers état, p. 328. — Le clergé prend le parti de promulguer les canons du concile sans l'appui du pouvoir civil, p. 320. — Traité de Loudun, p. 330. — Le clergé organise les assemblées provinciales, p. 331.

II. Discipline du clergé séculier, — Le devoir de la résidence mal accompli, p. 331. — Les États demandent des mesures qui ont un plein succès, p. 332. — Ils s'inquiètent peu de la pluralité des bénéfices, p. 333. — Interdiction des confidences et commendes, p. 333. — Visites triennales des évoques, p. 334.

III. Discipline du clergé régulier^ p. 334. — Les évoques sont chargés de veiller à la discipline des couvents et de vérifier la vocation des novices, p. 336. — Capacité légale des religieux au point de vue de leurs biens, p. 336.

IV. Discipline morale et religieuse, — Séminaires diocésains, p. 337. — Le tiers état demande et obtient, d'accord avec les autres ordres, la fondation de séminaires, p. 338.

I. Ordre général. — Cinquante ans s'étaient écoulés depuis Tépoque où le concile de Trente avait terminé ses solennelles délibérations : aux trente années de guerres qui avaient déchiré la France, avait succédé une période de paix : le calme était rentré dans les âmes et l'ordre renaissait dans le clergé, qui avait été si longtemps l'instrument et le complice des passions populaires. Pour assurer et développer les réformes de la discipline, pour leur donner une pleine autorité, il fallait recevoir en France les actes du concile de Trente.

32<i ÉTATS ET NOTABLES, 1614-1620

Nous avons vu la résistance muette opposée par la couronne aux prières du clergé en 1576, et aax vœux des trois ordres en 1588 ; cinq ans plus tard, la question s'était imposé aux États de la Ligue; mais cette assemblée était dominée par les passions violentes qui ont enlevé toute influence aux rares décisions qu'elle a prises. Le président le Maître, et du Vair, conseiller au parlement de Paris, furent chargés d'examiner les décrets du concile; ils présentèrent aux États un mémoire dans lequel étaient discutés tous les points qui touchaient de près ou de loin à ces libertés de l'Église gallicane dont les magistrats s'étaient constitués les gardiens *. Malgré les remontrances du Parlement, les ligueurs, sous l'influence du légat du saint-siège et du cardinal de Pelle vé, décidèrent, le 30 juillet 1593, que le concile de Trente serait « accepté purement et simplement, selon sa teneur ». Cette formule si nette convenait au clergé, mais l'esprit gallican qui animait une partie de la Ligue ne pouvait s'en accommoder; aussi la chambre du tiers état ajoutait-elle que « Sa Sainteté seroit suppliée de laisser jouir le roy de France des privilèges et libériez de quoy il jouist en son royaume à cause de l'Eglise gallicane. Et à ceste fin que articles seroient dressez pour les présenter à M. le légat, afin qu'il permette que le roy et le royaume jouisse d'ic(Hix articles, selon ce qui s'estoit

\. Voyez ce document dans les Procès-ver bau.r des États Généraux dp /o7f'i rpcueillis et publiés j)ar M. Aug. Bernard (Doo. inéd. de l'hist. de France, Paris, p. l'»6). Vingt-deux articles sont signalés dans ce mémoire comme portant atteinte aux droits do la couronne, à la jurisprudence du parlement et aux usages reçus en France. On ne sait pas exactement si ce travail, qui fut réimprimé plusieurs fois en 1614, doit être attribué à le 3laitre ou à du S'a\T.

passé par les Estais tenus en 1576 et 1588 *. » La noblesse s'unit à ce mouvement par une délibération analogue '. Pendant que les réserves contenues dans les cahiers des États de Blois reparaissent, il intervenait dans le sein du clergé une transaction entre les prélats et les députés des chapitres. Les évêques promirent aux abbés, s'ils consentaient à admettre le concile sans modifications, de se joindre à eux aussitôt après les États, pour obteni^ du saint-siège le maintien des exemptions des chapitres. A la faveur de cet accommodement, Tentente fut complète. Le 7 et le 8 août, les décrets du concile ' furent solennellement reçus, sans qu'une réserve quelconque y eût été introduite. La décision si longtemps souhaitée par rÉglise de France était enfin rendue, mais elle allait être enveloppée dans la nullité générale qui devait frapper les délibérations des Etats de la Ligue *.

Lorsque Henri IV monta sur le trône, on put croire un instant que le concile allait être reçu ^. Le pape

1. Relation delà séance de la chambre du tiers état, 30 juillet 1593, par Odet Soret, Procès-verbaux des États Généraux de

2. Le 3 août, la chambre de la noblesse envoya cette délibération à celle du tiers état : a La noblesse, ayant esté bien et duement esclaircie de tous les points et articles contenus au sainct concile de Trente, a accordé et accorde la réception et emologatiou d'icelluy purement et simplement, et afin qu'il ne soit rien préjudicié aux droicts du roy et de la noblesse, franchises et privilèges de l'Église gallicane, il sera fait registre à part, et très humble supplication à Sa Saincteté de les conserver, et maintenir, et confirmer en iceux. » (Doc. inéd., p. 837.)

3. Voyez la Résolution relative à la réception du concile de Trente (Doc. inéd., p. 344; Discussion du clergé, p. 395 à 400).

4. Un mois après le sacre de Henri IV, quelques jours à peine après son entrée à Paris, le Parlement, toutes chambres assemblées, annula tous les arrêts, décrets, ordonnances et autres actes de la Ligue, comprenant dans cette annulation générale les décisions des pi^é tendus ÈlSiis du royaume. — 30 mars 1594.

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