Labitte, Prédicateurs de la Ligue, Introduction, p. li
3. De juata reipubliop Chrislian/e in reges impios et hs-reticos a uclorita te ^ViWx'^w^ èLOwUlv3LUWveRose,évêque de Senlis,1590,r-
l'église bt l'état 369
Pondant la vie de Henri IV, les fureurs de la Ligue allèrent en s'é teignant; après sa mort, Firritation publique se porta aussitôt sur les défenseurs d'une doctrine mise en action pour la seconde fois depuis vingt ans. Le nom de Mariana *, qui avait soutenu qu'en certains cas il était permis de tuer les princes, vola de bouche en bouche ; on établit une sorte de complicité morale entre la Compagnie de Jésus et l'auteur qui appartenait à cet ordre. Le cierge royaliste de Paris, auquel la réputation croissante des jésuites portait ombrage, laissa dire en chaire que le roi avait été tué à la Marianne *.
* Aucune révélation ne vint confirmer pendant le procès de Ravaillac ce soupçon populaire; mais peu importait que le coupable eût jamais lu le livre, la doctrine existait, et le Parlement crut qu'elle devait être condamnée en même temps que l'assassin. Le jour où l'arrêt de mort venait d'être publié, la cour rendit un arrêt ordonnant à la'Faculté de théologie de se réunir, afin d'examiner le décret du concile de Constance contre le régicide. Sur le rapport de la Faculté condamnant, en verti| des canons du concile," les propositions de Mariana,'le Parlement rendit, le 8 juin 1610, un arrêt qui livrait au bourreau, pour être brûlé devant le porche de Notre-Dame, le livre du religieux espagnol ^. Le Parlement et la Sorbonne ne furent pas seuls à censurer ces doctrines. Le général de la Compagnie de Jésus, le P. Acquaviva, lança
Jean Boucher, curé de Saint-Benoit. De jusla Uenrici III abdicatione e Francorum regno, Paris, lo89. — Ces deux prédicateurs, avant de publier des écrits contenant l'apologie du régicide, avaient maintes fois professé en chaire cette doctrine.