Liv. Xlll, lettre III à M. de Harlay
2. Vincent Gelée, conseiller du roi, ajoute en 1594 des notes intéressantes au Guidon général des finances de Jean Hennequin, qui eut huit éditions de 1585 à 1644. Dans la dernière édition (Bibl. nat.), l'annotation que nous rapportons est à la page 173.
FINANCKS 53
et tailles cessoit. Ce que je désire rois fort estre observé si tosl qu'il aura pieu à Dieu mettre fin aux presens troubles ainsi qu'il fust accordé par le roy Philippe de Valois, tenant ses Estats, en ensuivant le privilège du roy Louis Hutin, et mesmes par le roy Henry troisième aux Estats tenus à Bloys au commencement de l'année 1589. Car je suis tesmoin avecques aucuns de Messieurs des Comptes et plusieurs autres luy avoir ouy dire aux députez des Estats, qu'il faisoit venir l'un après l'autre par devers luy, qu'il avoit intention, après que les Estats luy auroient accordé ce qui seroit nécessaire pour l'entretenement des despenses de sa maison et de son estai royal, payement des garnisons, et autres despences ordinaires : qu'il ne feroit aucune levée de tailles sur son peuple sans le consentement des Estats, et pour occasion de guerre survenant, laquelle linissant, cesseroit aussi la levée desdites tailles, et mesmes promit que les deniers ne seroient maniez par ses officiers et comptables, ains par ceux qui à ce seroient commis par les Estats. C'estoit certes une vraye et digne voix. Que s'il eust pieu à Dieu le conserver plus longuement en vie pour exécuter ceste bonne promesse, c'eust été un grand bien pour la France. ))*
Quelle que soit la défiance que doivent inspirer de telles paroles, il en ressort deux faits positifs : les Etats de 1588 contribuèrent à maintenir la tradition du libre vote de l'impôt, et l'un des rois les plus prodigues du xvi® siècle s'efforçait de faire croire ^ii'il était disposé après la guerre à se soumettre a cette vieille loi du royaume.